« Sans bruit, pousse la semence » – 11° dimanche, Année B

 «Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit». (Marc 4, 26-34)

Il y a un quart de siècle naissait le mouvement punk. Des jeunes en révolte criaient de rage contre la société. Leur credo était : « no future ». La plupart sont aujourd’hui mariés et parents. Quelques-uns sont cependant morts d’overdose ou de suicide. Aujourd’hui, le « no future » est plus diffus et généralisé. De récentes enquêtes nous l’enseignent : 8% des sondés belges entre 18 et 75 ans auraient déjà tenté de se suicider, 10% souffrirait d’angoisse ou de dépression, 57% sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants et le même % aurait besoin d’un accompagnement psychologique. Face à la crise et à la précarité, la foi chrétienne n’a pas de solution magique à proposer. Le christianisme n’est pas un opium qui sert à oublier et accepter. Cependant, la vie avec Christ nous construit intérieurement dans la confiance. Si une dose de stress fait partie de toute vie, l’Esprit du Ressuscité nous rappelle que rien – même pas la mort – ne peut vaincre la puissance de l’Amour. Celle-ci est croissance sans bruit – telle la petite graine de moutarde, qui devient un géant de la forêt. Alors, malgré les épreuves, abordons l’avenir avec confiance: «Nuit et jour, que le semeur dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit».

Cricket & Co – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression.

Les beaux jours reviennent. Avec eux, la jeunesse urbaine sort pour se défouler – bruyante – sur les places de nos villes. Le samedi soir, je célèbre régulièrement la Messe dans une collégiale millénaire du nord de Liège. Pour m’y rendre, je traverse une vaste place bordée d’arbres, en plein cœur d’un quartier populaire. Depuis peu, j’y observe une bande de jeunes – couleur café et jeans baskets. Bluffé, je constate : Ils jouent… au cricket.  Sans doute des immigrés (réfugiés ?) pakistanais, sri-lankais, birmans et/ou indiens.  Sont-ils hindous, musulmans, chrétiens, bouddhistes,… ? Je ne sais. Par contre, je puis vous assurer qu’ils disputent leur match avec la même passion que des fils de lord sur les pelouses d’Eton ou de Harrow. Les règles du cricket, tellement viscéralement britanniques, que ce sport n’a jamais pris pied sur le continent – n’ont apparemment pas de secrets pour ces gamins, issus des rues de Calcutta ou d’Islamabad.
Quel symbole de notre monde en voie de métissage. Je ne nie pas les difficultés causées par la venue de tant de primo-arrivants, souvent par des routes clandestines. Mais tout de même. Se dire que, si un jour la Belgique se dote d’une équipe nationale de cricket, ce sera grâce à ces gamins – cela donne à penser.  Sport des classes éduquées britanniques – importés par les colons de Sa Gracieuse Majesté aux confins de l’Empire – voilà que le cricket atterrit, par un curieux effet de boomerang, dans les rues de Liège. C’est cela aussi – l’intégration.

 

« Deviens ce que tu reçois » – Fête du Corps et du Sang du Christ, Année B

 «Ceci est mon corps… Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, répandu pour la multitude». (Marc 14, 12-26)

Le dimanche de la fête du Corps et du Sang du Christ – appelé communément « la Fête-Dieu – est d’origine liégeoise. Comme le rappela le pape Paul VI en 1965 : « elle fut célébrée la première fois au diocèse de Liège, spécialement sous l’influence de la Servante de Dieu, sainte Julienne du MontCornillon, et Notre Prédécesseur Urbain IV l’étendit à l’Eglise universelle » (encyclique Mysterium Fidei n°63).

Instituée au XIIIe siècle, cette fête rappelle que l’Eucharistie est le sacrement qui – par excellence – exprime l’Eglise : si le Christ se rend sacramentellement présent dans l’Eucharistie, c’est afin que ceux qui communient à Lui deviennent présence du Christ dans le monde. Comme l’enseignait saint Augustin aux chrétiens qui participaient à l‘Eucharistie : « Deviens ce que tu contemples, contemple ce que tu reçois, reçois ce que tu es : le Corps du Christ ».

« La foi, cette centrale nucléaire qu’on a dans le bide » – La Libre p.57

En p. 57 de La Libre de ce jour, une interview par Caroline Gourdin de Nans Thomassey et Guillaume Mouton (surnommés « Nans et Mouts »), les deux jeunes ingénieurs de l’INSA de Toulouse, qui animent l’émission « Nus et culottés ». Il s’agit d’une série documentaire de 57 minutes – dont le principe veut que nos deux joyeux aventuriers partent nus comme des vers et sans argent, pour atteindre un objectif lointain (comme « aller prendre le thé avec le roi des Belges » ou « dormir dans un château hanté en Ecosse »). Ils réussissent (parfois), à force de rencontre et d’accueil. Leur crédo est que la richesse réside dans les échanges, plus que dans la possession.

Extrait de l’interview :
Cette quête ludique est aussi une invitation à la confiance, selon Nans : « Quand on est seul, nu et vulnérable, dans la nature, on apprend l’humilité, mais on découvre aussi de sacrées ressources à l’intérieur de nous. On peut les contacter en se mettant en dehors de notre zone de confort. »
Mouts se montre plus philosophe encore : « On s’est aperçus qu’il y avait en nous un espace d’accueil inconditionnel de ce qui se passe, et notamment des galères. Il y a un endroit où on peut se placer où tout est OK, sans se cacher. Je me suis senti souvent en lien avec les croyants, indépendamment des religions auxquelles ils croient. La foi, cette centrale nucléaire qu’on a dans le bide, peut nous emmener au bout du monde, dans la mesure où on ne se laisse pas agripper par les difficultés quotidiennes. C’est comme une gymnastique spirituelle. Cela a sauvé notre voyage, et notre duo, en nous sortant parfois de difficultés relationnelles musclées. Cela me rend triste de voir cette société qui invente des technologies dans tous les sens, qui rajoute des béquilles alors qu’on est déjà suréquipés ! » Un petit manuel de lâcher-prise.

 

Blog : bilan du mois de mai

En mai 2011, ce blog recevait 3322 visites et 5626 pages visionnées ;  en mai 2012 4895 visites pour 8100 pages vues ; en mai 2013 6693 visites pour 9284 pages vues ; en mai 2014 3582 visites pour 4319 pages vues. Ce mois de mai 2015, il reçut 4383 visites pour 5305 pages vues.

Le lectorat belge compte 2816 visites. La France suit avec 330 visites et le Royaume-Uni avec 53 visites.

L’article le plus fréquenté fut « Le PS et les cathos » du 28 mai avec 833 visites. Vient ensuite « Succession archiépiscopale » du 6 mai avec 275 visites et « Fapeo – tu pousses le bouchon… » du 6 mai avec 267 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

La redécouverte de la « personne », de la « croyance » et de l’intériorité – Le Soir .

Intéressante interview aujourd’hui en p.23 du quotidien « le Soir », de Jean-Louis Servan-Schreiber, à l’occasion de la parution de son nouveau livre (« C’est la vie ! »). Selon moi, l’auteur y redécouvre la personne, la croyance et l’intériorité – toutes notions auxquelles est attachée la pensée chrétienne. Extraits :

(la personne, comme être de relation) Vous écrivez qu’il est temps de retrouver le « nous » ?

C’est un phénomène sociétal de notre siècle. Nous sommes allés tellement loin dans l’individualisme dans nos pays, que nous avons oublié ce qui, avant, était la règle pour tout le monde : nous faisons partie d’un ensemble humain. Cet individualisme est une illusion. Et Dieu sait que j’ai été pour, que j’ai participé au besoin de se dissocier de tous les grands systèmes… L’étape suivante, consiste à se dire : j’existe, mais où est-ce que je me situe ? Pour ma part, j’ai trouvé que le seul moyen de trouver un sens était d’être relié aux autres, mais d’une manière non contraignante

(la croyance, par-delà la raison) Mais notre vie est faite de choix ?

Ce qui fait qu’on choisit, ce n’est pas le destin mais le désir, l’intérêt, le tempérament personnel. Nous sommes là pour vivre ou survivre le plus longtemps possible. Comme nous ne pouvons pas comprendre le monde dans lequel nous vivons et qui est trop complexe, nous sommes obligés de prendre nos décisions de manière instinctive. Il n’y a pas de décision automatique, il n’y a pas de décision purement rationnelle. Tout est une affaire d’envie et de tempérament personnel.

(l’intériorité au cœur de nos solitudes) Vous écrivez aussi que « plus je m’affirme comme individu, plus je ressens la solitude »…

Absolument, parce que l’individu est seul par nature. On est seul dès la naissance… Cela m’a pris un certain temps pour m’en rendre compte, mais on se plaint de la solitude. C’est comme si on se plaignait de l’oxygène, quelle contrainte de devoir respirer toute la journée. C’est ça ou mourir. Quelle contrainte d’être seul. C’est ça ou ne pas naître. Cela a l’air simple et évident, mais qui le ressent profondément ? Je pars de la solitude comme un fait, et à partir de là je vis avec. Et aussi avec les autres qui ont le même problème que moi. La solitude crée de la solidarité.

Comme en écho, un article en p.10 du même quotidien, aborde ce sujet à partir de l’éducation affective de la jeunesse… et plaide pour une approche plus interpersonnelle. Extraits :

Pour Fabienne Glowacz, on retrouve dans la violence de couple entre ados les mêmes dynamiques que chez les adultes : insécurité, contrôle, domination. Des processus encore accentués dans la relation adolescente : « Les ados sont en pleine construction, plus fragiles, moins confiants , explique la psychothérapeute. Or le défi le plus important à l’adolescence est justement d’apprendre à construire son intimité et ses relations. Force est de constater que les jeunes n’ont dans ce domaine que peu de repères, et peu de modèles sains auxquels se référer. La restriction de contacts est perçue comme une preuve d’amour ! Ce n’est que quand la violence devient plus visible que l’adolescent prend conscience du problème.»  La psychothérapeute plaide pour qu’on aille au-delà de l’éducation sexuelle et affective telle qu’elle est dispensée à l’école actuellement : « Les jeunes manquent d’espace de réflexion pour aborder les notions de limites, de respect de soi. D’autant plus que l’adolescent a une vision plus fusionnelle de la relation. Il s’agit de le faire réfléchir : qu’est-ce qui est acceptable dans une relation et qu’est-ce qui ne l’est pas ?»

 

« Trois fois Saint » – Sainte Trinité, Année B

«  De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ». (Matthieu 28, 16-20)

La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Pourtant, comme l’amour ne s’additionne pas, mais se multiplie – ne dit-on pas le « Dieu trois fois Saint » ? – chacun peut vérifier que 1 X 1 X 1, cela fait toujours 1. La Trinité : 3 Personnes divines en un seul Dieu. Mais bien plus qu’un problème de mathématique, la Trinité est Mystère d’amour. Le peu que la révélation chrétienne nous ait donné de percevoir de l’infinité de Dieu, est que celui-ci est une éternelle Relation de Don : entre le Père qui est Source de tout Don, le Fils à Qui le Don est destiné et qui le rend au Père dans l’unité de l’Esprit – qui est Don.  La Bible nous enseigne que l’homme est créé à l’image de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes des êtres relationnels et voilà pourquoi seul le Don de nous-mêmes nous fait rejoindre notre vérité profonde. Devenir disciple du Christ et vivre son baptême, c’est dans l’Esprit s’unir au don du Fils pour devenir enfant du Père.       

Paul Magnette et les curés… Le PS et les cathos.

Je lis dans La Libre de ce jour (p.13), qu’à l’occasion de la sortie de son livre, Paul Magnette – ministre-président socialiste de la région wallonne – aurait déclaré « que les gens du PTB se comportaient comme “des donneurs de leçon”. “Ils me font penser à ces curés qui ne font pas l’amour mais qui disent aux autres comment ils doivent le faire. »

La boutade n’est pas bien méchante et je pourrais réagir sur le même ton, en faisant mine de comprendre que Paul Magnette invite les curés à voter PTB…. Cependant, je pense que cette phrase est suffisamment intéressante pour que je m’y arrête un peu plus sérieusement.

Imagine-t-on un seul instant un responsable politique socialiste faire pareille boutade à propos des rabbins ou des imams ? Non bien sûr. Mais avec les curés, ça passe – même si je n’en ai jamais rencontré un, qui expliquait aux gens comment faire l’amour – parce que cela flatte un vieux fond anticlérical qui survit au sein du PS. Je dis bien « un vieux fond », car je n’ai guère rencontré de responsable socialiste agressivement anticlérical. (Des second couteaux faisant du zèle, parfois jusqu’à l’absurde – ça oui).

Mais soyons francs, ce « vieux fond anticlérical » existe toujours au PS, malgré les efforts de la direction pour changer la donne. Alors que je connais nombre de catholiques (mêmes dans les couvents) qui m’ont confié voter pour ce parti, je ne connais guère de responsable socialiste de premier plan, se déclarant ouvertement catholique. Il y en a au CDH, bien entendu. On en trouve au MR, chez Ecolo et même au PTB. Au PS, la chose est vraiment rare. L’histoire du parti explique cela. Et une certaine rivalité mimétique : en Wallonie, le PS a quelque part pris la place de l’Eglise, en s’imposant comme le grand mouvement populaire, appelé à façonner l’identité wallonne.

Il n’empêche, pareil phénomène est devenu anachronique à l’échelle de l’Europe. Au Royaume-Uni, la cheffe faisant fonction du parti Labour, Harriet Harman, se déclare catholique et envoie son fils aîné à la très catholique école de l’Oratoire. En Italie, le premier ministre Matteo Renzi est catholique. En France, sans en faire état, Emmanuel Valls ne renie pas ses racines cathos. Etc. Je n’ai pas d’ordre à donner aux états-majors des partis politiques, mais je me permets un conseil : Un des chemin vers la modernisation du PS, me semble être de résolument s’aligner en la matière sur les partis frères du continent.

 

Il y a 75 ans… le 28 mai ‘40

Pour moi, la date symbolique qui marque l’avènement de la démocratie moderne, est le mardi 28 mai 1940. Ce soir-là – après 5 journées d’âpres luttes et contre l’avis d’une bonne part de l’estabishment des deux côtés de l’Atlantique – Churchill ar­rache au War cabinet la résolution de ne pas négocier avec l’Allemagne victorieuse. Si le grand homme avait été renversé ce soir-là (et il s’en est fallu de bien peu) Hitler aurait gagné la guerre.

Fin mai ‘40 il n’y avait plus grand monde pour parier un seul penny sur une victoire britannique. Le roi des Belges venait de déposer les armes. La France aspirait à l’armistice. Les Etats-Unis ne se voyaient pas voler à la rescousse de ceux que Jo Kennedy (père de JFK) – leur ambassadeur à Londres – considérait déjà comme des vaincus. Quant à Staline, trop seul pour combattre, il avait fini par sceller avec l’Allemagne un pacte du diable. Le seul qui semblait souhaiter du bien à l’Angleterre était Adolph Hitler. Ses offres de paix se voulaient généreuses. Le Führer n’y mettait qu’une condition : « Laissez-moi les mains libres à l’Est ».

Comment, dès lors, s’étonner qu’Albion hésitât à poursuivre la lutte ? A peine entrée dans le gouvernement d’union nationale, la Gauche y comptait pour peu. Dans l’Establishment, beaucoup auraient vu d’un œil favorable l’instauration en Grande-Bretagne d’un régime modérément fasciste. Quant au Ministre des affaires étrangères, peut-on le blâmer d’avoir cherché une porte de sortie honorable à la débâcle militaire ? Homme fort du gouvernement, lord Halifax tenta – entre les 24 et 28 mai – des négociations avec Mussolini. Si celles-ci échouèrent, ce fut un peu parce que le Duce brûlait d’en découdre à son tour avec les Alliés pour récolter sa part de dividendes du conflit. Mais davantage encore parce que toute velléité d’armistice fut torpillée par Churchill, premier ministre inattendu et improbable depuis deux petites semaines à peine. Celui que son parti considérait comme un aventurier plutôt que comme un homme d’état, le fit au risque de perdre le peu de confiance que les Tories avaient placée en lui. Et donc son poste à la tête du gouvernement. Durant ces jours de fin mai, l’homme au cigare temporisa – biaisa même – lors des débats au sein du War Cabinet, mais ce fut pour inlassablement resservir son paisible crédo : « Quoi qu’il advienne, nous nous battrons jusqu’au bout » (« to the bitter end »).

Ce fut le tournant de la guerre. La force d’âme du vieux Lion fut la première pièce sur l’échiquier qui finira par mettre la Bête en échec et mat.  Quelques aient été les défauts personnels ou les erreurs politiques du vieil Impérialiste, l’humanité ne le remerciera jamais assez pour la victoire qu’il remporta fin mai ’40 dans le huis-clos enfumé du War Cabinet. Une victoire du Sens contre les avocats de l’intérêt national du moment. Pour paraphraser le grand homme, je pense que jamais dans le domaine des conflits humains, tant d’hommes ont été tellement redevables au courage d’un seul.

 

Grande-Bretagne – le crépuscule ? – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression.

10 mai 2015 – 75e anniversaire de la nomination de Churchill, tombeur d’Hitler, au poste de premier ministre. 8 mai 2015 – 70e anniversaire de la victoire des Alliés, appelé ‘VE day’ au Royaume-Uni. Nulle autre nation européenne (sauf peut-être l’URSS) n’est sortie de la deuxième guerre mondiale avec autant de gloire et de fierté. Ni la France basculant de Pétain à de Gaulle, ni la Belgique et son roi prisonnier. Encore moins l’Italie ou  l’Allemagne. Cette gloire britannique lui coûta l’Empire, mais gagna aux sujets de Sa Gracieuse Majesté la reconnaissance éternelle des démocrates. Pour beaucoup – dont l’auteur de ces lignes – la Grande-Bretagne demeure une référence et comme une seconde patrie. 7 mai 2015 – élection générale au Royaume-Uni. Contrairement à toutes les prévisions, les Conservateurs recueillent la majorité absolue au parlement. Preuve de la stabilité du pays ? Pas sûr. Poussé par un vent europhobe, David Cameron a promis d’organiser en 2017 un référendum sur l’adhésion à l’Union européenne. D’où problème : Là où les Anglais semblent portés au « Brexit »,  les nationalistes écossais du SNP – fort de leur raz-de-marée électoral – ne veulent pas en entendre parler. Si le Royaume-Uni quitte l’Europe, il risque de le payer à terme par un autre référendum – celui qui scellera l’indépendance de l’Ecosse. Coincée entre une Irlande et une Ecosse profondément pro-européennes,  l’Angleterre deviendrait alors une sorte de ‘Norvège de l’Ouest’. La ‘Grande’-Bretagne aura vécu.