« En plein soleil » – 12° dimanche, Année A

 «Ne craignez pas…» (Matthieu 10,26-33)

La fin de l’année scolaire, politique, judiciaire, ou autre… s’annonce avec le début de l’été. Notre pays est baigné en plein soleil. Que nous partions en vacances ou non, profitons de ce temps où tout se ralentit pour faire le point. Si souvent, de petites peurs nous paralysent. « Que va-t-il penser, si je lui dis ceci ? » « Que va-t-il arriver, si je fais cela ? »  Arrêtons d’avoir peur de notre ombre. Apprenons à vivre au grand jour – en plein soleil.

« Ne craignez pas ! » dit le Christ. Vous êtes dans la main du Père. « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés ». La seule chose qui pourrait nous perdre, c’est de renoncer à cette dignité d’enfant de Dieu. Ou comme le rappelle Jésus : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais bien ceux qui pourraient vous faire perdre votre âme.

Est-il encore raisonnable d’appeler des jeunes au célibat consacré? – La Libre p.27

Ce lundi est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.27.
Merci à La Libre de m’offrir cet espace d’expression.

« Le Pain qui Christifie » – Fête du Corps et du Sang du Christ, Année A

 «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui». (Jean 6, 51-58)

Le dimanche de la fête du Corps et du Sang du Christ – appelé communément « la Fête-Dieu – est d’origine liégeoise. Comme le rappela le pape Paul VI en 1965 : « elle fut célébrée la première fois au diocèse de Liège, spécialement sous l’influence de la Servante de Dieu, sainte Julienne du MontCornillon, et Notre Prédécesseur Urbain IV l’étendit à l’Eglise universelle » (encyclique Mysterium Fidei n°63).

780 ans plus tard, cette fête rappelle encore que l’Eucharistie est le sacrement qui – par excellence – exprime l’Eglise : Si le Christ se rend sacramentellement présent dans l’Eucharistie, c’est afin que ceux qui communient à Lui soient « Christifiés », c’est-à-dire qu’ils deviennent présence du Christ dans le monde. «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui», déclare Jésus.

Ou, comme l’enseignait saint Augustin aux chrétiens qui participaient à l‘Eucharistie : « Deviens ce que tu contemples, contemple ce que tu reçois, reçois ce que tu es : le Corps du Christ ».

« Trois fois Saint » – Sainte Trinité, Année A

«  Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique ». (Jean 3, 16-18)

La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Pourtant, comme l’amour ne s’additionne pas, mais se multiplie – ne dit-on pas le « Dieu trois fois Saint » ? – chacun peut vérifier que 1 X 1 X 1, cela fait toujours 1. La Trinité – c’est la foi chrétienne en un seul Dieu multiplié en trois Personnes.

Bien au-delà d’une question de calcul, la Trinité est Mystère d’amour. Le peu que la révélation chrétienne nous ait donné de percevoir de l’infinité de Dieu, est que celui-ci est une éternelle Relation de Don : entre le Père qui est Source de tout Don, le Fils à Qui le Don est destiné et qui le rend au Père dans l’unité de l’Esprit – qui est Don.

Le Don nous précède : « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique ». L’homme est créé à l’image de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes des êtres relationnels et voilà pourquoi seul le Don de nous-mêmes nous fait rejoindre notre vérité profonde. Devenir disciple du Christ et vivre son baptême, c’est dans l’Esprit s’unir au don du Fils pour devenir enfant du Père.       

« Souffle intérieur » – Pentecôte, Année A

 « Il répandit sur eux son souffle et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20 19-23)

Il y a quelques années, j’attendais sur le parvis d’une église du centre-ville que des funérailles commencent. Et je vis un petit enfant jouer devant le cercueil de son arrière-grand-père. Image d’une vie qui file comme l’air. Et chacun de se demander ce qui n’expire pas. La réponse est : « le souffle ». C’est le même air qui passait dans les poumons du défunt et de son arrière-petit-fils.

Mais le souffle est surtout intérieur : celui de l’Esprit – cette Force d’En-Haut qui nous « inspire ». Comme le dit le chant traditionnel « Veni Creator Spiritus », l’Esprit est « l’hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur ». Le nombre de nos années est court. Vivons donc à pleins poumons spirituels. Demandons l’Esprit du Christ pour nous et pour tous ceux qui nous sont confiés.

En ce dimanche de Pentecôte, demandons-Le tout particulièrement pour ces jeunes dans notre diocèse qui reçoivent le sacrement de la Confirmation – don spécial du Souffle intérieur.

«  Gloire à Dieu » – 7° dimanche de Pâques, Année A

« Glorifie ton Fils, afin  que le Fils Te glorifie. » (Jean 17, 1-11)

Nombreux sont nos contemporains qui rejettent un Dieu dont la « gloire » écraserait toute liberté humaine. Pour comprendre l’Évangile, c’est cette représentation de la « gloire » qu’il s’agit de changer.

La gloire de Dieu n’a, en effet, rien à voir avec le phantasme de toute-puissance qui écrase notre liberté. Au contraire, la gloire de Dieu est celle de l’amour qui triomphe quand l’humain se libère. Tout comme la gloire de parents, est de voir leurs enfants devenir des adultes responsables – de même, la gloire de Dieu est de nous aider à devenir des humains, tenant débout dans notre cœur et notre âme. L’Esprit du Ressuscité nous aide, en effet, à croître spirituellement.

Au cours de cette ultime semaine qui nous sépare de la Pentecôte, prions donc chaque jour pour ce Don de l’Esprit qui – en nous libérant de nos peurs – glorifie notre Père du ciel.

«  Esprit de liberté » – Solennité de l’Ascension, Année A

« Et moi, Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 16-20)

Si le Ressuscité avait voulu nous garder sous sa coupe, Il se serait contenté d’apparaître de temps en temps dans les églises ou au coin des rues. Plus besoin d’Evangile, de Vatican, de curés et chacun serait convaincu…

Convaincu, oui. Croyant, non. Il faut être libre pour vivre l’aventure de la foi. Le Christ – qui est Liberté suprême – ne s’impose pas à notre conscience. Avec l’Ascension, Il retourne dans la gloire de Son Père et nous envoie Son Esprit. C’est cet Esprit de liberté qui nous guide vers toutes les nations, pour annoncer la Bonne Nouvelle et baptiser au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Neuf journées séparent l’Ascension de la Pentecôte – fête du don de l’Esprit. Prions chacune de ces neuf journées. Demandons que le Souffle de Dieu nous renouvelle.  Avec l’Esprit, le Christ « est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

« L’Esprit de vérité » – 6° dimanche de Pâques, Année A

« Le monde est incapable de Le recevoir, parce qu’il ne Le voit pas et ne Le connaît pas ; mais vous, vous Le connaissez, parce qu’Il demeure auprès de vous et qu’Il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins.» (Jean 14, 15-21)

La politique est importante, mais pas toute-puissante. En effet, la recherche laborieuse du bien commun, n’apporte pas le salut. Un politicien ne peut pas nous assurer une vie sans maladie avec la mort tout au bout.

Qui nous assurera la paix de l’âme ? Ceci est de l’ordre de l’Esprit – un Don que le Christ fait à ceux qui le Lui demandent. La vie de baptisé n’est pas bordée de promesses de bonheur terrestre. D’ailleurs, les chrétiens ne souffrent pas moins que les autres et Jésus, lui-même, a fini sa vie humaine sur une Croix.

Non – le Sauveur ne promet qu’une chose : l’Esprit de vérité. Qui accueille l’Esprit, n’est plus orphelin. Même au cœur de la détresse la plus noire, il goûte à une Présence d’amour infini.

«  Le miroir et l’icône » – 5° dimanche de Pâques, Année A

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie… Qui Me voit, voit le Père » (Jean 14, 1-12)

Nous ressemblons tous un peu à la belle-mère de Blanche-Neige, obsédés par notre image (notre look, disent les jeunes) : « Miroir, miroir – dis-moi si je suis le plus beau, la plus belle ? » Chercher à se rassurer en comblant notre besoin narcissique de plaire, est un des puissants ressorts de la société de consommation. Les publicités jouent à fond sur ce mécanisme : « Portez ces vêtements de marque… Roulez avec telle voiture… Votre look en sera amélioré. » Si nous n’y prenons garde, même Dieu en est réduit à devenir un miroir idéalisé. Les catholiques conservateurs prient un Dieu de l’ordre établi.  Les chrétiens progressistes invoquent un Jésus guérillero. Bref, dans les deux cas, une image du divin qui renforce les besoins narcissiques.

Le Christ, Lui, invite à une conversion – un renversement des perspectives. Si nous croisons Son regard en Esprit et Vérité, nous n’y verrons pas un miroir, mais une icône: « Qui Me voit, voit le Père ». Accepter de cheminer sous ce Regard de feu, c’est se décentrer de ses petites certitudes narcissiques, pour se recentrer sur notre Vérité profonde – celle d’enfant du Père. Et naître à la vie spirituelle : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».