« En plein soleil » – 12° dimanche, Année A

 «Ne craignez pas…» (Matthieu 10,26-33)

La fin de l’année scolaire, politique, judiciaire, ou autre… s’annonce avec le début de l’été. Notre pays est baigné en plein soleil. Que nous partions en vacances ou non, profitons de ce temps où tout se ralentit pour faire le point. Si souvent, de petites peurs nous paralysent. « Que va-t-il penser, si je lui dis ceci ? » « Que va-t-il arriver, si je fais cela ? »  Arrêtons d’avoir peur de notre ombre. Apprenons à vivre au grand jour – en plein soleil.

« Ne craignez pas ! » dit le Christ. Vous êtes dans la main du Père. « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés ». La seule chose qui pourrait nous perdre, c’est de renoncer à cette dignité d’enfant de Dieu. Ou comme le rappelle Jésus : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais bien ceux qui pourraient vous faire perdre votre âme.

« Le Pain qui Christifie » – Fête du Corps et du Sang du Christ, Année A

 «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui». (Jean 6, 51-58)

Le dimanche de la fête du Corps et du Sang du Christ – appelé communément « la Fête-Dieu – est d’origine liégeoise. Comme le rappela le pape Paul VI en 1965 : « elle fut célébrée la première fois au diocèse de Liège, spécialement sous l’influence de la Servante de Dieu, sainte Julienne du MontCornillon, et Notre Prédécesseur Urbain IV l’étendit à l’Eglise universelle » (encyclique Mysterium Fidei n°63).

Plus de 750 ans plus tard, cette fête rappelle encore que l’Eucharistie est le sacrement qui – par excellence – exprime l’Eglise : Si le Christ se rend sacramentellement présent dans l’Eucharistie, c’est afin que ceux qui communient à Lui soient « Christifiés », c’est-à-dire qu’ils deviennent présence du Christ dans le monde. «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui», déclare Jésus. Ou, comme l’enseignait saint Augustin aux chrétiens qui participaient à l‘Eucharistie : « Deviens ce que tu contemples, contemple ce que tu reçois, reçois ce que tu es : le Corps du Christ ».

« Trois fois Saint » – Sainte Trinité, Année A

 «  Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique ». (Jean 3, 16-18)

La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Pourtant, comme l’amour ne s’additionne pas, mais se multiplie – ne dit-on pas le « Dieu trois fois Saint » ? – chacun peut vérifier que 1 X 1 X 1, cela fait toujours 1. La Trinité – c’est la foi chrétienne en un seul Dieu multiplié en trois Personnes. Bien au-delà d’une question de calcul, la Trinité est Mystère d’amour. Le peu que la révélation chrétienne nous ait donné de percevoir de l’infinité de Dieu, est que celui-ci est une éternelle Relation de Don : entre le Père qui est Source de tout Don, le Fils à Qui le Don est destiné et qui le rend au Père dans l’unité de l’Esprit – qui est Don. Le Don nous précède : « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique », mais l’homme est créé à l’image de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes des êtres relationnels et voilà pourquoi seul le Don de nous-mêmes nous fait rejoindre notre vérité profonde. Devenir disciple du Christ et vivre son baptême, c’est dans l’Esprit s’unir au don du Fils pour devenir enfant du Père.       

Blog : bilan du mois de mai

Ce mois de mai 2011, ce blog recevait 3322 visites et 5626 pages visionnées En mai 2012, il y eut 4895 visites pour 8100 pages vues. En mai 2013, 6693 visites pour 9284 pages vues. En mai 2014, 3582 visites pour 4319 pages vues. En mai 2015, il reçut 4383 visites pour 5305 pages vues. En mai 2016, il reçut 3085 visites pour 5638 pages vues. Ce mois de mai 2017, il reçut 2918 visites pour 4312 pages vues

Le lectorat belge compte 2294 visites. La France suit avec 192 visites, puis le Royaume-Uni avec 128 visites.

L’article le plus fréquenté fut « La religieuse et la colère » du 3 mai avec 410 visites. Vient ensuite « Ils ont refusé » du 28 mai avec 339 visites et « Blues Marine et Blanc Macron » du 7 mai avec 320 visites.

 

Merci aux lecteurs pour leur fidélité et commentaires.

 

Sans l’Esprit-Saint…

Sans l’Esprit-Saint, Dieu est loin,
le Christ reste dans le passé,
l’Évangile est une lettre morte,
l’Église une simple organisation,
l’autorité une domination,
la mission une propagande,
le culte une évocation,
et l’agir chrétien une morale d’esclave.
Mais avec l’Esprit-Saint,
le cosmos est soulevé
et gémit dans l’enfantement du Royaume,
le Christ ressuscité est là,
l’Évangile est puissance de vie,
l’Église signifie la communion trinitaire,
l’autorité est un service libérateur,
la mission est une Pentecôte,
la liturgie est mémorial et anticipation,
l’agir humain est déifié.
Ignace de Lattaquié (Métropolite orthodoxe)

« Souffle intérieur » – Pentecôte, Année A

« Il répandit sur eux son souffle et leur dit :  Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20 19-23)

Il y a quelques années, j’attendais sur le parvis d’une église du centre-ville que des funérailles commencent. Et je vis un petit enfant jouer devant le cercueil de son arrière-grand-père. Image d’une vie qui file comme l’air. Et chacun de se demander ce qui n’expire pas. La réponse est : « le souffle ». C’est le même air qui passait dans les poumons du défunt et de son arrière-petit-fils. Mais le souffle est surtout intérieur : celui de l’Esprit – cette Force d’En-Haut qui nous « inspire ». Comme le dit le chant traditionnel « Veni Creator Spiritus », l’Esprit est « l’hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur ». Le nombre de nos années est court. Vivons donc à pleins poumons spirituels. Demandons l’Esprit du Christ pour nous et pour tous ceux qui nous sont confiés. En ce dimanche de Pentecôte, demandons-Le tout particulièrement pour ces jeunes dans notre diocèse qui reçoivent le sacrement de la Confirmation – don spécial du Souffle intérieur.

Ils ont refusé…

Qui étaient ces 29 Coptes égyptiens qui se trouvaient dans l’autocar ? Des adultes et des jeunes. Des hommes et des femmes avec leurs qualités et leurs défauts. Avec les petits drames de toute histoire et son chapelet d’humaines mesquineries et disputes. Bref, rien qui fasse de ces 29-là, des êtres hors du commun.

Et pourtant, quand les hommes masqués leur ont demandé de renier leur foi pour avoir la vie sauve, ils ont refusé. Ce fut donc la balle dans la nuque. Tous ont témoigné de leur attachement au Christ au prix de leur vie, rejoignant l’immense foule de celles et ceux qui les ont précédés sur cette route de calvaire.

Le sang des martyrs est semence des chrétiens – disaient les anciens. Il ne s’agit pas de souhaiter que ce genre de tragédie se multiplie. Il ne convient pas, non plus, de tomber dans le piège que tendent ceux, qui voudraient attiser les brasiers pour que s’enflamme une nouvelle guerre de religion. Non – il y a simplement à souligner ce geste, tellement incompréhensible pour tant de nos contemporains post-modernes : Si ces gens ordinaires avaient prononcé une petite formule d’adhésion à l’islam (quitte à se rétracter ensuite), ils seraient aujourd’hui sains et saufs. Aucun n’a accepté. La foi de leur baptême était non-négociable.

Et en pensant à leur témoignage – humble et puissant, tout à la fois – me revient ce passage du « dialogue des Carmelites » (Bernanos), lorsque sœur Constance dit : « On ne meurt pas chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même les uns à la place des autres, qui sait ? » Puisse la mort, autant absurde que glorieuse, de ces 29 Coptes, réveiller la foi en chacun de nous. Face aux hommes masqués, comment réagirions-nous?

« Gloire à Dieu » – 7° dimanche de Pâques, Année A

 « Glorifie ton Fils, afin  que le Fils Te glorifie. » (Jean 17, 1-11)

Il y a quelques temps, un professeur d’université m’exprima son rejet d’un Dieu dont la « gloire » écraserait toute liberté humaine. Je lui répondis que, pour comprendre l’Evangile de son enfance, c’était sa représentation de la « gloire » qu’il lui fallait changer. La gloire de Dieu n’a, en effet, rien à voir avec le phantasme de toute-puissance qui écrase notre liberté. Au contraire, la gloire de Dieu est celle de l’amour qui triomphe. Ainsi – tout comme la gloire de parents, est de voir leurs enfants devenir des adultes responsables – de même, la gloire de Dieu est de nous aider à devenir des humains, tenant débout dans notre cœur et notre âme. L’Esprit du Ressuscité nous aide, en effet, à croître spirituellement. Au cours de cette ultime semaine qui nous sépare de la Pentecôte, prions donc chaque jour pour ce Don de l’Esprit qui – en nous libérant de nos peurs – glorifie notre Père du ciel.

Cours de religion à l’école – un cours résiduel ?

J’apprécie la qualité journalistique d’Eddy Caekelberghs et ses connaissances en matière religieuse. D’où ma totale surprise en écoutant son émission « Au bout du jour », hier soir dans ma voiture. Le sujet était le nouveau cours de « philosophie et de citoyenneté » face au cours de religion. Dans un domaine aussi sensible, je me serais attendu à un peu de retenue et à des points de vue diversifiés. Mais non – en fermant les yeux (ce qui n’est pas chose à faire au volant) – je me serai cru dans une émission concédée du Centre d’Action Laïque. Je résume ce que j’ai entendu (à chacun de vérifier en réécoutant le podcast) : La voie pédagogique à proposer par l’école, ce sont les deux heures de philosophie et citoyenneté. L’heure de religion doit devenir un choix explicite des parents, que l’on ne peut que regretter mais qu’il s’agit de tolérer, vu la constitution.

Il y a un aveuglement chez ceux qui portent pareil combat. Il consiste à oublier que l’humain possède deux partie de cerveaux : un rationnel et un émotionnel. « Scientia vicere tenebras »… Bien sûr – mais pas exclusivement. A côté de la science, il faut aussi la littérature, la poésie, la danse, le sport et… la spiritualité pour vaincre les ténèbres. Oui – il faut de la philosophie pour développer la question du sens de façon rationnelle. Mais tout autant de spiritualité, pour développer cette même question avec notre puissance émotionnelle. Et cela, un cours « neutre », ne pourra le faire. Pas plus qu’un cours de musique sans pratique musicale ne formera des musiciens. Des musicologues, peut-être. Pas des musiciens.

Pareil aveuglement enlèvera à l’école un outil de poids pour lutter contre le radicalisme et toutes les formes de fondamentalismes. La France laïque n’a pas de cours de religion à l’école. Trouve-t-on ce pays tellement mieux armé contre l’intolérance religieuse ? Chacun sait bien que « non », mais nos militants laïques éludent le sujet. D’origine française, le jeune professeur de religion musulmane Hicham Abdel Gawad ne dit pas autre chose. Celui qui fut dans sa jeunesse tenté par le salafisme, s’est remis en question quand il a commencé à étudier la théologie à l’université en Belgique. Depuis, il est devenu prof de religion musulmane et passe son temps à contextualiser le texte coranique.

Mesdames et Messieurs les zélateurs des Lumières, ne l’oubliez pas : l’Etat est neutre, mais non ses citoyens ; l’école est neutre, mais non ses élèves. Ne pas les éduquer à creuser concrètement leurs identités spirituelles et à les travailler, tant rationnellement que spirituellement, pour devenir pleinement citoyens de notre société multiculturelle démocratique, c’est laisser leur héritage religieux entre d’autres mains. Pas forcément les plus recommandables.

Je m’arrête ici, car je pense perdre mon temps. Ou plutôt, ne parler qu’aux convaincus. La suppression à terme des cours de religion à l’école, est un trophée idéologique. Il sera poursuivi, quels que soient les arguments déployés pour inviter à une remise en question.