Sur le pas de ma porte… – 26° dimanche, Année C

 « Un pauvre, nommé Lazare, était couché devant le portail…». (Luc 16, 19-31)

Elle est dure cette parabole du riche et du pauvre Lazare. A la fin de sa vie terrestre, l’homme fortuné finit au séjour des morts en proie à une soif terrible. Pourquoi un tel châtiment ? Ce n’est pas sa richesse qui lui est reprochée. Pas non plus le fait qu’il n’ait pas secouru tous les pauvres de la terre. « Des pauvres, vous en aurez toujours parmi vous » (Matthieu 26,11), reconnaissait d’ailleurs le Christ. Non – ce qui est reproché au riche, c’est de ne pas avoir secouru ce malheureux-là, qui était couché devant sa porte. De ne pas avoir saisi qu’il était, lui aussi, un être humain. Avec un visage et un prénom : Lazare. Notons au passage que dans la parabole, c’est le riche qui n’a pas de prénom. Son égoïsme l’a dépouillé de toute humanité. C’est donc ce cœur de pierre qui l’a retranché du paradis et qui le torture comme une soif incessante.

Méditons cette parabole. Il ne nous est pas demandé de sauver le monde entier. Mais sur le pas de notre porte, des frères et sœurs attendent de notre part – qui un coup de main, qui un sourire, qui une parole d’encouragement, qui un geste de pardon, etc. Ne soyons pas aveugle comme ce riche. Conduisons-nous en chrétien – ou, tout au moins, en humain.    

Eloge de la curiosité de deux présidents de parlement

Vendredi 16 septembre, je suis invité au parlement de la communauté germanophone de Belgique, pour un colloque sur l’identité et l’avenir de la « DG » (Deutschsprachige Gemeinschaft Belgiens). La variété des invités me frappe. Venus de Flandre (dont l’éditorialiste Luc Vander Kelen et des politiciens NVA, comme Hendrik Vuye et Veerle Wouters, dont on a beaucoup parlé ces temps-ci), mais également de Wallonie et Bruxelles (Professeur Dumont et autres). Ainsi que des Allemands et Français. Et, bien sûr, des Belges germanophones. Toutes les langues se mélangent, ainsi que les appartenances politiques. Le maître de séance, Karl-Heinz Lamberts (PS), est un homme curieux de tout et qui ne s’arrête pas aux frontières. Celui qui discute avec lui, en sort enrichi. J’apprécie.

Mercredi 21 septembre, je représenté le diocèse de Liège à la rentrée académique de l’Ulg. Juste avant la séance académique, je croise un visage aussi familier qu’inattendu : Jan Peumans (NVA), président du parlement flamand. Il parle fort bien français, mais je l’aborde par politesse dans la langue de Vondel : « Vous ici ? », lui dis-je. « Oui », me répond-il, « j’essaie de régulièrement découvrir ce qui se fait en Wallonie… et d’ailleurs je trouve que je devrais le faire encore plus souvent ».

Eloge de la curiosité de deux présidents de parlement. Appartenant à deux communautés linguistiques différentes et à deux partis qui vivent la joute politique, à couteaux tirés. Mais unis par une commune volonté de découvrir l’autre, le voisin, le prochain. Je dis « bravo ».

Les Liégeois doivent comprendre qu’ils ont une énorme chance : celle d’être les Latins vivant le plus au nord de l’Europe. Qu’ils partagent la même curiosité de traverser les frontières et d’apprivoiser la langue et culture du voisin. Si Liège redevient un territoire multilingue – avec des citoyens maitrisant le français, le néerlandais, l’allemand et (of course) la nouvelle langue universelle qu’est devenu l’anglais – elle retrouvera pleinement son statut de carrefour au cœur de l’Europe, comme à l’époque de la Principauté.

 

 

 

Blog : bilan du mois d’août

En août 2012, ce blog recevait 3213 visites pour 5059 pages vues ; pour août 2013, pas de données ; en août 2014 3275 visites pour 3937 pages vues ; en août 2015 1052 visites pour 2876 pages vues. Ce mois d’août 2016, 1042 visites pour 4060 pages vues.

Le lectorat belge compte 1545 visites. Le Royaume-Uni suit avec 186 visites et les Etats-Unis dépassent la France suit avec 112 visites. Le monde anglo-saxon semble décidément s’intéresser à mes écrits.

L’article le plus fréquenté fut « Allumer le feu » du 12 août avec 408 visites. Vient ensuite « Le dieu païen n’est pas le Dieu chrétien » du 22 juillet avec 245 visites et  « Blog en vacances » du 22 juillet avec 179 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

Eloge du filou – 25° dimanche, Année C

 « Car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière ». (Luc 16, 1-13)

Une parabole n’est pas une allégorie. Il est souvent vain de rechercher des correspondances entre les personnages et Dieu. Il s’agit avant tout d’une anecdote, dont Jésus tire un message.

Ainsi, la parabole truculente de l’intendant qui vole son maître. Ce dernier s’en rend compte et lui annonce qu’il va le renvoyer. Le gredin met sa dernière journée de travail à profit  pour réduire les dettes des créanciers de son patron, afin que ceux-ci l’accueillent une fois qu’il sera au chômage. Quand son maître découvre l’ultime tromperie, il réagit de façon surprenante en faisant l’éloge du filou. Il se dit : « C’est un roublard – mais un roublard malin. Je vais le garder à mon service, car il me sera encore bien utile ».

Parabole immorale, s’il en est. Jésus fait-il donc l’éloge du vice ? Bien sûr que non. Mais Il nous force à réfléchir. Pour payer moins d’impôt, ou augmenter la rentabilité d’un patrimoine – les hommes redoublent de créativité. Mais lorsqu’il s’agit de se battre pour la justice, la paix ou l’annonce de l’Evangile, ils semblent démunis et dépassés : « C’est bien triste, mais le monde est ainsi fait. Que pouvons-nous y changer ? »  D’où la conclusion pleine d’humour que Jésus donne à sa parabole : Ah, si seulement les fils de la lumière avaient un peu de l’habilité des enfants de ce monde…

Procès Wesphael et « Boucherie médiatique »…

Je ne reprendrai pas à mon compte la formule de Bernard Wesphael, parlant de « boucherie médiatique » par rapport à son procès. La presse fait son job et – si on lui refile des « fuites » – comment résister à la tentation de ne pas publier ? Mais…

Mais – je ne comprends pas. Je suis sans doute un intellectuel déconnecté du « vrai monde » et prêtre de surcroît. Il n’empêche – JE NE COMPRENDS PAS. Moi, qui suis un passionné de presse écrite et qui lis deux quotidiens par jour, ainsi qu’une revue de presse du nord du pays, je ne comprends pas qu’elle est la valeur ajoutée en terme d’information d’un tel procès.

Chacun connaît les faits du drame d’Ostende et personne – sauf l’inculpé – ne possède la vérité de ce qui s’est passé ce soir-là. Soit Bernard Wesphael est coupable, soit il est innocent. Et c’est à une cour d’assise de dire la vérité judiciaire. Point. Au-delà de cela, qu’est-ce qu’un tel battage médiatique peut nous apprendre ? Mis à part nourrir notre voyeurisme, ou nous distraire de l’actualité économique morose avec tous ces licenciements, des réfugiés qui se noient dans la méditerranée ou des assiégés d’Alep qui attendent en vain les secours humanitaires. Alors que savoir ce qui s’est « vraiment » passé dans la chambre 602, ça par contre…. Ha, ha, haaaa !

Eh bien non. Si je pense et prie pour toutes les personnes mêlées à ce drame – je ne lis rien concernant cette affaire. Non pas par dédain, mais parce que  je n’arrive pas à m’y intéresser, ou plutôt à percevoir en quoi cela me regarde. Laissons la justice faire son boulot et faisons le nôtre.

 

La parabole du bon garçon – 24° dimanche, Année C

 « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi et ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait bien festoyer et se réjouir ». (Luc 15, 1-32)

Le personnage central n’est pas toujours celui que l’on croit. Le fils prodigue est un enfant gâté, qui dilapide la fortune familiale et revient parce qu’il a faim. Mais l’aîné, c’est le bon garçon que tout parent espère d’engendrer. Année après année, il se tue à la tâche sans se plaindre. Il n’a jamais rien réclamé. Il veut que ce père, tant admiré, soit fier de lui. Et le voilà qui rentre après une dure journée de labeur. Abasourdi, il entend : musique, danses, ripailles… Il s’approche et demande ce qui se passe. Un serviteur lui répond : « Ton jeune frère est rentré. Alors, ton père fait la fête ». Qui de nous ne réagirait pas de comme suit ? « Cela fait tant et tant d’années que je suis à ton service. Jamais je n’ai désobéi à tes ordres. (…) Mais quand celui-là revient, « ton fils  » qui a mangé ta fortune avec des prostituées, pour lui, tu tues le veau gras. » Ici advient la phrase la plus importante de la parabole : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi et ce qui est à moi est à toi » Avec cet ajout : « Mais il faut festoyer et se réjouir ». En effet, le vaurien est ton frère. Extérieurement, il prenait du bon temps. Intérieurement, il était mort. Son épreuve commence à le faire revivre. Alors – partage ma joie. En entendant ces paroles, le bon Belge pense : « C’est un peu facile ». Mais non. L’amour inconditionnel d’un père est ce qu’il y a de plus difficile. Demandez à Dieu.

Déclaration des Responsables des Cultes: Avec un cours de religion, c’est mieux …

Les Responsables Religieux des Communautés catholiques, orthodoxes, protestantes, évangéliques, anglicanes, israélites et musulmanes se sont réunis en urgence ce 6 septembre 2016 à Bruxelles.

A l’issue de leur rencontre portant sur les cours de religion dans l’enseignement primaire de l’enseignement officiel, ils souhaitent redire aux parents combien le cours de religion est important à leurs yeux. Ils partagent l’inquiétude des parents qui apprennent que, dans certaines écoles, le cours de religion n’est pas donné, ou que les professeurs de religion sont empêchés de rencontrer leurs élèves confinés dans des salles d’études. Ils sont persuadés de l’importance des cours de religion dans l’éducation des enfants et des jeunes. En effet, les valeurs de foi, de justice, de dialogue et de paix, que l’on retrouve dans toutes les convictions, permettent non seulement d’approfondir les racines de leur culture religieuse, mais sont aussi des leviers puissants pour construire le vivre ensemble.

Les réformes en cours dans l’enseignement officiel provoquent de grands bouleversements. A côté du cours d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté, les Responsables des Communautés Religieuses insistent pour que le cours de religion soit effectivement maintenu, en conformité avec la Constitution et les Décrets. Dans notre société, la liberté religieuse et la liberté d’expression sont des libertés fondamentales. Un cours de religion permet aux élèves de mieux connaitre le contenu de la foi et d’interroger ce contenu.  Il donne des critères et des grilles de lecture  pour exprimer leurs convictions dans une société multiculturelle et multiconvictionnelle.

A cet égard, les Responsables des Communautés religieuses regrettent la pression faite par la Fapeo sur les parents par un tract qui leur est distribué. Dans ce tract, nous lisons qu’il vaut mieux demander la dispense des cours de religion et de morale, afin de suivre deux heures d’éducation à la philosophie et à la citoyenneté. Les parents catholiques, musulmans, juifs, orthodoxes, protestants, évangéliques ont-ils été consultés pour rédiger ce tract ?  Comme tels, ils n’ont pas été respectés et nous souhaitons le dénoncer.

Mgr. J. De Kesel, Archevêque de Malines-Bruxelles
Le Métropolite Athenagoras, Eglise Orthodoxe en Belgique
Ph. Markiewicz, Président du Consistoire Central Israélite de Belgique
Pasteur S. Fuite, Président de l’Eglise protestante Unie de Belgique
Dr. Geert Lorein, Président du Synode Fédéral des Eglises Protestantes et Evangéliques,
Salah Echallaoui, Président de l’Exécutif Musulman de Belgique
Cannon Professeur Jack McDonald, Président du Comité Central de l’Eglise anglicane  de Belgique,

« Pas la fin du monde. Le début d’un monde nouveau » – 23° dimanche, Année C

 « Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut être mon disciple ». (Luc 14, 25-33)

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » L’Evangile de ce dimanche nous met mal à l’aise. Jésus serait-il un de ces illuminés qui – pour le suivre – exige de quitter femme et enfants ? Un de ces prophètes de l’apocalypse – comme on en croise à tous les carrefours ? Que du contraire. Plutôt que la fin du monde, Jésus inaugure un monde nouveau : le Royaume de Son Père – là, où l’Esprit règne dans les cœurs. Pour faire advenir ce règne, il s’agit de comprendre qu’aucun attachement humain – si beau soit-il – ne peut prendre toute la place dans mon cœur. Car si mon conjoint ou mes enfants deviennent mon dieu, ils seront idolâtrés et empêcheront ma croissance spirituelle. Ce n’est que dans la mesure où le Christ devient la pierre angulaire de ma vie, que toute réalité terrestre – conjoint, enfants, parents, fortune, carrière, etc. – trouvera sa juste place dans mon cœur. Alors, je goûterai la liberté spirituelle du disciple.

Tempête à la Fédération des maisons de la #laïcité – Mon commentaire

La nouvelle ci-dessous est parue dans la presse: « La Fédération des maisons de la laïcité (#FDML), qui regroupe une septantaine de maisons en Fédération Wallonie-Bruxelles, est en pleine tourmente. La semaine dernière, son président, a démissionné sans crier gare et sans en informer le conseil d’administration. Il faut dire qu’un déficit de plusieurs centaines de milliers aurait été découvert. »
 
Je n’ai qu’un seul commentaire à faire: Restant sauf la présomption d’innocence, ce genre de drame arrive dans toutes les « bonnes maisons » – dont l’Eglise catholique. Si j’aurai encore, à bien des occasions, l’occasion de croiser le fer avec mes amis laïques sur des débats de société – ou à les soutenir dans d’autres – dans ce cas précis, je les assure de mon entière solidarité et compréhension.
Cela arrive et arrivera encore – hélas – chez eux, comme chez nous. Cela fait mal. Mais cela n’est rien, par rapport à la générosité de tant de militants désintéressés. Ce sont eux nos réels trésors.