Tempête à la Fédération des maisons de la #laïcité – Mon commentaire

La nouvelle ci-dessous est parue dans la presse: « La Fédération des maisons de la laïcité (#FDML), qui regroupe une septantaine de maisons en Fédération Wallonie-Bruxelles, est en pleine tourmente. La semaine dernière, son président, a démissionné sans crier gare et sans en informer le conseil d’administration. Il faut dire qu’un déficit de plusieurs centaines de milliers aurait été découvert. »
 
Je n’ai qu’un seul commentaire à faire: Restant sauf la présomption d’innocence, ce genre de drame arrive dans toutes les « bonnes maisons » – dont l’Eglise catholique. Si j’aurai encore, à bien des occasions, l’occasion de croiser le fer avec mes amis laïques sur des débats de société – ou à les soutenir dans d’autres – dans ce cas précis, je les assure de mon entière solidarité et compréhension.
Cela arrive et arrivera encore – hélas – chez eux, comme chez nous. Cela fait mal. Mais cela n’est rien, par rapport à la générosité de tant de militants désintéressés. Ce sont eux nos réels trésors.

« Bulletin de vie » – 22° dimanche, Année C

 « Qui s’élève sera abaissé. Qui s’abaisse sera élevé ». (Luc 14, 1-14)

En ce temps de rentrée scolaire, il est bon d’inviter nos têtes blondes à viser l’excellence académique. En effet, tous nous avons reçu une intelligence du Créateur. Il s’agit donc de la développer – chacun à notre mesure – afin de prendre notre place dans la société. Mais, malheur à nous, si nous enseignons que dans la vie, le but est d’occuper les meilleurs places – et tant pis pour les autres. Celui qui transmet cela, éduque son enfant à devenir un éternel envieux. Et l’envie – tel un feu – lui consumera le cœur et brûlera tous ceux qui s’approchent. Tel est l’antique sagesse que Christ rappelle : Ce qui a le plus de prix dans la vie d’un homme – l’amour, l’amitié, l’honneur, le bonheur, le respect,… – ne s’achète pas. C’est gratuit. Cela n’a donc pas de prix. Un peu comme cet homme de l’Evangile qui fait un banquet pour tous les paumés de son quartier. Ceux-ci ne peuvent le remercier que par des sourires. Ils n’en seront que plus vrais. « Tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre ».

« La porte des enfants » – 21° dimanche, Année C

 « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ». (Luc 13, 22-30)

Vous souvenez-vous du conte de Lewis Carroll ? Afin d’accéder au « Pays des Merveilles », la jeune Alice doit passer par une minuscule porte. Pour y parvenir, une seule solution : diminuer de taille. C’est un peu cela, le thème de la « porte étroite ». Le Christ avertit ceux qui se gonflent, parce que : « Nous avons mangé et bu en ta présence ». Confits d’orgueil, ces bienpensants sont trop gros pour passer la porte du Salut. Le Maître leur répondra : « Je ne sais pas d’où vous êtes. Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal ».

Comment faire alors ? Telle Alice au pays des merveilles, nous devons nous faire petits : « Amen, je vous le dis, si vous ne devenez pas comme les enfants, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux » (Matthieu 18, 3) Dieu est Père. Il ne faut pas de ticket d’entrée pour rencontrer son papa. Seulement un peu d’amour et beaucoup de confiance. Seul celui qui vient à la rencontre du Père en ouvrant les bras, tel un enfant – entrera par la porte étroite.      

Marie qui défait les nœuds – La Libre 13 août p.61

Ce samedi 13 août est parue dans le quotidien La Libre en p.61, ma chronique du mois, publiée à l’occasion de l’Assomption de la Vierge Marie.

Pour la lire, cliquez sur: « Marie qui défait les nœuds ».

Merci à la rédaction de La Libre de m’offrir cet espace d’expression.

 

Blog : bilan du mois de juillet

En juillet 2012, ce blog recevait 3502 visites pour 4158 pages vues ; en juillet 2013 3316 visites pour  4477 pages vues ; en juillet 2014 6696 visites pour 7864 pages vues ; en juillet 2015, il reçut 2762 visites pour 3428 pages vues. Ce mois de juillet 2016, il reçut 3033 visites pour 6296 pages vues.

Le lectorat belge compte 2296 visites. Le Royaume-Uni suit avec 346 visites et la France suit avec 196 visites.

L’article le plus fréquenté fut « Nice – bien sûr » du 15juillet avec 824 visites. Vient ensuite « Blog en vacances » du 22 juillet avec 503 visites et « 13° dimanche » du 24 juin avec 498 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

« Allumer le feu » – 20° dimanche, Année C

 « Je suis venu apporter un feu sur la terre… ». (Luc 12, 49-53)

S’il y a bien un cliché concernant les cathos qui a la vie dure, c’est celui qui veut que ceux-ci soient « gentils ». Le mot prend ici une connotation doucereuse. Celle que l’on retrouve avec la voix éthérée de quelques célébrants ou dans les sourires mièvres de plusieurs pieuses âmes. En ce sens-là, Jésus n’a rien d’un « gentil ». Le Christ est la bonté faite homme, mais sans rien de tiède ou de fade en lui. « Allumer le feu !»…  A la manière de la chanson de Johnny Halliday, le Fils de l’homme rappelle que sa parole n’est pas de la guimauve. Elle divise. Elle choque. Elle remue. « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division ». Pour celui qui le prend au sérieux, l’Evangile du Christ – ressemble au scalpel du chirurgien. Ca tranche. Ca fait mal. Mais ça guérit.         

Blog en vacances – Deux réflexions au cœur de l’été

A partir d’aujourd’hui et jusqu’à la mi-août, ce blog entre dans une période de repos. Merci à ces fidèles lecteurs, contributeurs, contradicteurs, correcteurs, etc. A la joie de vous retrouver pour la fête de l’Assomption.
En guise de réflexion sur l’actualité récente, je vous livre deux extraits signifiants.

Le premier est de l’économiste Bruno Colmant et fut publié dans le quotidien l’Echo, ce 20 juillet :
Nous avons cru échapper à une guerre domestique : nous nous sommes trompés. Nous la menions épisodiquement à l’étranger dans la certitude qu’elle resterait confinée à des méridiens lointains : nous nous sommes trompés. Nous postulions que notre participation à des coalitions internationales aux conséquences indécises légitimerait l’ordre géopolitique issu du partage du monde en 1945: nous nous sommes trompés. Nous pensions que l’empreinte civilisationnelle européenne, elle-même issue du schisme religieux du 16ème siècle suivi d’une laïcisation progressive de nos communautés, serait partagée : nous nous sommes trompés. Nous étions convaincus que la décolonisation nous avait disculpés de ce que d’autres considèrent désormais comme du néocolonialisme : nous nous sommes trompés. Il y a 30 ans, à peine nommé officier de réserve au sein de notre armée, je me disais que cet appel sous les drapeaux serait le dernier signe visible de temps anciens : à la vue de nos soldats dans les rues, j’ai compris que je m’étais trompé.
Aujourd’hui, nous sommes hébétés car nous sommes en guerre sur nos sols. Cette guerre ne respecte aucune formulation diplomatique. Nous sommes ahuris car, depuis vingt ans, les conflits lointains étaient menés à distance avec des drones et des victimes collatérales distraitement mentionnées. La guerre se limitait à des frappes qualifiées de chirurgicales, sans plus de reporters de guerre. Aujourd’hui, c’est celle de la terreur. C’est un sanglant corps à corps. Nous sommes épouvantés par des adversaires que nous n’avons pas vu se dresser et qui choisissent de mourir avec leurs victimes. De vivants anonymes, ils deviennent de saints morts. Nous comprenons désormais les hurlements de ces mères pleurant leurs proches dans des attentats au Moyen-Orient alors que nous les confinions à de lointaines informations ou à des prix de photographes de guerre. Cette guerre n’est pas, comme certains commentateurs l’ont exprimé après l’attentat de Nice, une violation de notre mode de vie et de notre bien-être. C’est une remise en question de nos choix de liberté individuelle et de nos adhésions collectives à  un modèle d’émancipation. Et nous sommes pétrifiés de ne plus comprendre le sens de l’Histoire.

Le second est du philosophe et homme des médias, Emmanuel Tourpe, publié comme contribution, ce 15 juillet, sur ma page Facebook – en réaction à certains commentaires chrétiens « identitaires », parlant de la défense de la « civilisation chrétienne » :
On ne parle pas de la même chose à mon sens – je pensais naïvement qu’une civilisation chrétienne était cette culture intégrative, qui a successivement accueilli pour s’en nourrir les poèmes égyptiens, les mythes babyloniens, les concepts grecs, puis les lois romaines – et même, comble d’horreur, la comptabilité, les sciences, les traductions, la cosmologie des Arabes musulmans ? Celle d’un saint François rencontrant Aladin en toute paix… Une civilisation de l’amour, une civilisation de l’amour d’autrui, la civilisation qui a débouché sur les fondements modernes de liberté, égalité et fraternité.
Nous nous sommes déjà rencontrés dans d’autres vies, vous vous nommiez Arnaud Amaury, nous étions Las Casas; vous étiez De Maistre et Bonald, nous étions Lamennais; vous étiez La Sapinière, nous étions Blondel et Raïssa Maritain.
Rien de neuf sous le soleil, le paganisme de la peur aime prendre les habits de l’ordre chrétien de l’Esprit qui va où il veut – sans voir que l’ordre chrétien est charité. Rien que Charité. Le reste est inutile et dangereux, relevant d’options politiques auxquelles on tente de rallier la religion.
Tout devient alors objet de haine pour ceux qui privilégient l’étroitesse glacée de l’âme au feu divin qui dévore toute limite du coeur; le progrès, les homos, les étrangers, le Pape qui ne pense pas la même chose… deviennent des cibles d’autant plus faciles qu’on préfère l’ordre moral à la civilisation de l’amour. Nous autres disciples du Christ et non de Maurras aimons, au coeur de notre adoration eucharistique et de notre fidélité au Magistère, la démocratie, le dialogue, le pape – nous sommes l’Eglise des humbles et des pauvres qui lavent les pieds des hommes quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. Nous ne sommes pas et ne voulons pas être des conservateurs psychorigides, passéistes, ayant peur de tout et détestant tout ce qui n’est pas nous. Nous sommes le peuple adorateur du Dieu amour et non du Baal haineux, plein de ressentiment, qui dévore les enfants du progrès et de l’esprit vivant. Certains ont probablement besoin de boucs émissaires pour alimenter ce qui les ronge, nous voulons le discernement, le dialogue, la paix, l’effort de construire, la difficile entente et pardessus tout la paix qui est le signe des temps messianiques.
Une civilisation de la peur et du jugement ne me semble être ni celle du Magistère, ni celle des docteurs, moins encore celle des Pères – et certainement pas du Christ dont le cœur ouvert révèle la miséricorde l’absolu de l’amour. J’ai lu un beau post récemment – de vous peut être ? : C’est parce qu’il est Amour que Dieu existe. C’est parce que le Mal existe que l’Homme n’aime pas. Vous aviez raison. Mais puis-je le terminer très logiquement ? « Supprimez L’amour, il ne reste que le mal ». En tout l’amour. Ce qui n’est pas amour n’est pas du Christ.

Bel été à chacun. Et que le Vent d’En-Haut vous porte.

EdB

 

« Le dieu païen n’est pas le Dieu chrétien» – 17° dimanche, Année C

 « Combien plus, le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ». (Luc 11, 1-13)

L’attitude religieuse primitive et païenne – celle des tribus sauvages et celle que nous avons naturellement en nous – considère dieu comme le « grand patron céleste ». Pour obtenir ce que l’on veut de lui, il s’agit de le séduire par toutes sortes de courbettes dévotes. Aujourd’hui encore, les marabouts en tous genres capitalisent sur pareille superstition. Pas étonnant, que nombre de nos contemporains aient renoncé à la foi – pour rejeter une divinité capricieuse et perverse. Ils n’ont pas compris que tel n’est pas le Dieu d’Israël que Jésus est venu nous révéler en plénitude. Celui-ci est « Père » et ne peut être prié que comme tel : « Que ton nom soit sanctifié » – c’est-à-dire que ta paternité ne soit pas confondue avec les caprices d’un dieu païen. « Que ton règne vienne » – c’est-à-dire que le rêve d’amour qui t’a fait créer toute chose, se réalise chaque jour davantage.

La prière n’est donc pas une technique de séduction d’un dieu capricieux, qu’il faudrait « acheter » à notre cause. Non – la prière est une respiration de l’âme, afin que notre volonté devienne – chaque jour davantage – celle du Père. La prière est efficace : « Demandez et vous recevrez » – à condition de demander la seule chose que Dieu  veuille nous donner sans condition : l’Esprit qui permet de vivre en enfant du Père. « Combien plus, le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ».       

« L’âme en repos » – 16° dimanche, Année C

 «Tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses». (Luc 10, 38-42)

L’Evangile de ce dimanche, raconte l’échange entre Marthe – qui aimerait que sa sœur cadette donne un coup de main à la cuisine – et Jésus, qui répond : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée ». Je m’imagine la suite : Marthe plantant là ses casseroles en disant – « Dans ce cas, Seigneur, tu iras te le préparer tout seul, ton repas… » Je plaisante, bien sûr. Jésus ne reproche pas à Marthe son dévouement et ses talents domestiques. Et Dieu sait qu’il en faut pour faire tourner une maison. Ce qu’Il rappelle, c’est qu’il n’est pas bon de vivre avec une âme inquiète, qui  s’agite pour mille et une choses – sans jamais se mettre au repos. Toutes les machines ont un bouton « off » et souvent même un bouton « pause ». Apprenons à laisser le monde parfois tourner sans nous. Mettons-nous l’âme en mode « pause », afin de revenir à l’Essentiel : Comme Marie, tenons-nous aux pieds de Jésus et écoutons sa parole. Le temps des vacances sert aussi à cela.

A l’occasion de la fête nationale qui vient, prions aussi pour notre pays, qui vient de traverser une année secouée. Que ces mois d’été lui donnent de retrouver la paix.

#Nice – Bien sûr…

Bien sûr que nous sommes choqués, révoltés et que notre cœur saigne avec Nice.
Bien sûr que nos pensées et prières rejoignent les victimes et leurs familles.
Bien sûr que notre gratitude va vers les services de secours, qui soignent et forces de l’ordre, qui protègent.
Bien sûr que nous savons qu’un nouvel attentat peut survenir n’importe où, n’importe quand.
Bien sûr que nous comprenons que ces terroristes de l’ombre frappent là où il y a la foule et la vie.
Bien sûr que nous saisissons qu’ils veulent nous terroriser en nous empêchant de vivre – tout simplement.
Mais – bien sûr, qu’après le temps du deuil et des larmes, nous recommencerons à nous rassembler pour rire, fêter ou travailler.
Car – bien sûr que, malgré ses failles et défauts, notre société démocratique est forte et solidaire.
Et – bien sûr que le terrorisme aveugle ne pourra abattre cela – ni à Nice, ni en France, ni ailleurs.