« Casser la voix » – 2e dimanche de l’Avent, Année A

« A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur » (Matthieu 3, 1-12)

Jean-Baptiste est le compagnon des 2e et 3e dimanches de l’Avent. Habillé d’une tunique de chameau, d’une voix rauque il crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur ! » Gare aux bienpensants qui objectent qu’un boulevard est déjà prêt : « Nous avons Abraham pour père », ou encore « Nous sommes de bons chrétiens ». Ceux-là se feront traiter « d’engeance de vipères ».  Le temps de l’Avent n’est pas celui de la bonne conscience, mais bien de l’examen de conscience : Quels fruits spirituels produisons-nous ? Dans le désert de nos villes et de nos vies, une voix crie à s’en casser la voix.  Préparons donc les chemins du Seigneur, afin d’accueillir l’Enfant de la crèche. Lui – « baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ».

Blog: bilan du mois de novembre

En novembre 2011, il y eut 2679 visites pour 3915 pages visionnées. En novembre 2012, 3268 visites pour 5337 pages vues. En novembre 2013 3982 visites pour 6103 pages vues. En novembre 2014 6547 visites pour 7810 pages vues. Pas de chiffres pour novembre 2015. En novembre 2016 2892 visites pour 5407 pages vues.

Le lectorat belge compte 1966 visites. La France suit avec 334 visites et le Royaume-Uni avec 250 visites.

L’article le plus fréquenté fut « A Dieu, cher Leonard Cohen » du 11 novembre avec 431 visites. Vient ensuite « European dream » du 8 novembre avec 323 visites et « Crises et krach » du 11 novembre avec 278 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

Digne…

En cette époque qui voit les réseaux sociaux brasser les amalgames faciles et attiser les haines primales, je salue l’attitude du veuf de Jo Cox. «Notre famille ne répondra pas à la haine par la haine.» Visiblement très ému, le mari de la députée britannique Jo Cox, tuée par un extrémiste de droite en juin dernier, a commenté le verdict de la Cour criminelle de Londres. «Bien qu’elle soit morte, les idées et les valeurs qu’elle défendait si chèrement vont survivre», a-t-il ajouté, précisant n’éprouver «que de la pitié» pour Thomas Mair, le meurtrier de son épouse

Je ne sais pas si cet homme est croyant, mais voilà qui projette sur les ténèbres de la souffrance humaine, comme une lumière d’Evangile. Et me revient en mémoire la lecture du prophète Isaïe en ce premier dimanche de l’Avent : « Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de Yahvé sera établie en tête des montagnes et s’élèvera au-dessus des collines. Alors toutes les nations afflueront vers elle, alors viendront des peuples nombreux qui diront :  » Venez, montons à la montagne de Yahvé, à la maison du Dieu de Jacob, qu’il nous enseigne ses voies et que nous suivions ses sentiers.  » Car de Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole de Yahvé. Il jugera entre les nations, il sera l’arbitre de peuples nombreux. Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à faire la guerre. » (Isaïe 2, 2-4)

« La vie s’écoule » – 1er dimanche de l’Avent, Année A

«Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra!» (Matthieu 24, 37-44)

Avec le temps de l’Avent, s’ouvre une nouvelle année liturgique : nous quittons l’année durant laquelle l’Evangile selon saint Luc fut proposé chaque dimanche à l’église et entrons dans l’année consacrée à saint Matthieu. Plus immédiatement, l’Avent est le temps de quatre semaines qui nous prépare à la Nativité. Alors que les devantures de magasins annoncent la fête, l’Eglise prépare les cœurs à la venue de l’Enfant-Dieu. Ce serait dommage qu’arrivé la Messe de minuit, nous nous disions soudainement – comme surpris : « déjà Noël ». Tenez-vous prêts et veillez ! Tel est le message de l’Avent. Quand j’étais gosse, je pensais qu’à trente ans un homme était vieux. Mais la vie passe et – sans crier gare – voilà la cinquantaine. Et de se dire : « Qu’ai-je fait de ces années ? » La vie s’écoule. Ne la gâchons pas. Vivons pour ce qui ne passe pas. Le Seigneur viens. C’est cela, l’esprit de l’Avent : «Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où votre Seigneur viendra.»

Chou vert… n’est pas vert chou #EPC (Le Soir)

Lu ce matin dans les colonnes du quotidien bruxellois « le Soir » en p. 5, sous la plume de Pierre Bouillon :

« Les catholiques ont leur communion. Et les laïcs ont leur Fête de la jeunesse laïque. Elle est organisée par les Maisons de la laïcité, souvent en cheville avec les écoles, souvent en cheville avec le prof de morale. Un os : au primaire, la religion/morale a été réduite de moitié pour loger l’éducation à la philosophie et citoyenneté (EPC). Avec la réduction de la morale, le monde laïc voit faiblir un cours qui lui permettait de toucher la jeunesse. Idée : la Fête de la jeunesse laïque s’appellera désormais la… Fête laïque de la jeunesse.
A cette fête, tout le monde pourra y venir (laïcs, pas laïcs…). Et le Cedep (qui fédère les acteurs de l’école publique) compte sur l’appui des profs d’EPC (qui sont souvent d’anciens profs de morale). Christophe Bodart, porte-parole des profs de morale, voit rouge. « C’est au Cedep que l’on doit l’avis de la Cour constitutionnelle qui a dit que la morale n’était plus neutre. C’est grâce à cet avis que de nombreux profs de morale doivent désormais se partager en six, dix, douze écoles. C’est scandaleux. Et c’est du prosélytisme pur, leur fête. Après avoir mis la main sur le cours de morale, le mouvement laïc veut mettre la main sur l’EPC. C’est du foutage de gueule ! »
Nous, on connaît une fête qui démarre bien gaiement… »

Mon commentaire : Excellente idée, bien au contraire ! Je suggère, en outre, que – lors de l’EPC – les enseignants fassent également la promotion du catéchisme, qui est tout autant ouvert à tous les enfants, chrétiens ou non, désireux d’approfondir leur connaissance de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Plus sérieusement, je compatis avec les enseignants de morale et de religion(s), vivant douloureusement cette réforme dans l’enseignement fondamental, bientôt étendue au secondaire.

 

Le Roi humilié – Dimanche du Christ-Roi, 34e dimanche, Année C

Le peuple regardait…. Les chefs ricanaient… Les soldats se moquaient… L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait… (Luc 23, 35-43)

L’évangéliste Luc – qui nous accompagna tout au long de cette année liturgique – insiste souvent sur les sentiments des protagonistes. En ce dernier dimanche de l’année liturgique – dimanche du Christ-Roi – il souligne ainsi l’humiliation du Christ en croix. Rien n’est épargné au Fils de l’homme : indifférence de la foule, railleries des chefs des prêtres, insultes des soldats. Même un des co-suppliciés se moque de lui. Et pourtant – au plus profond de cette noire souffrance – paraît déjà une lueur de Pâques. « Jésus, souviens-toi de moi », lui lance le bon larron. Et c’est en Roi – déjà vainqueur de la mort et du péché – que le Verbe supplicié lui répond : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ».

Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître : Servir pareil Roi ne nous épargnera pas humiliation et moqueries. Mais même le plus petit geste inspiré par Son Esprit, inaugure – dès à présent – un Royaume plus durable que le péché. Et la mort même.

Crises et krachs – 33° dimanche, Année C

 « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre ». (Luc 21, 5-19)

En cette fin d’année liturgique (dimanche prochain, c’est le « Christ-Roi », dernier dimanche de l’année liturgique), les lectures parlent de fin du monde.  Mais les paroles du Christ invitent à garder la tête froide. Oui, il y aura des guerres et des catastrophes – pensons à Haïti ravagée. Les choses les plus stables finiront pas s’écrouler – des empires s’écroulent et des krachs boursiers ruinent les banques. Cela ne doit pourtant pas nous presser à suivre tous les illuminés qui annoncent une fin du monde imminente : « Ne vous effrayez pas : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin ». Quant aux persécutions – même de la part de proches – Jésus ajoute : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.».

Oui, la vie est courte et fragile. A chaque génération ses guerres, tragédies et catastrophes. Une seule chose est durable et permanente : le Christ et Son Evangile. «C’est par votre persévérance que vous aurez la vie ».

A Dieu, cher Leonard Cohen

La mort de Leonard Cohen me surprend ce matin. Elle me remplit d’émotion. Il s’agit du grand passage d’un de mes compagnons favoris de rêveries. Il avait pourtant prévenu, avec son dernier disque :  ‘Hineni, hineni. I’m ready, my Lord’. A la manière de Bowie, il nous préparait donc à tirer sa révérence.

Cohen, c’est le Canadien qui fut le « Dylan d’Europe ». Lui qui vivait à Los Angeles, je me suis rendu compte qu’il était moins connu aux States que chez nous, quand un ami prêtre californien – grand amateur des arts – me dit qu’il n’en avait jamais entendu parler.

Pour moi – comme pour tant d’autres – la découverte se fit par sa chanson étendard « Suzanne ». Surtout – qui s’en étonnera? – pour son deuxième couplet : ‘And Jesus was a sailor when He walked upon the water, And He spent a long time watching from His lonely wooden tower, And when He knew for certain only drowning men could see him, He said « all men will be sailors then until the sea shall free them, » But He Himself was broken, long before the sky would open Forsaken, almost human, He sank beneath your wisdom like a stone. And you want to travel with him, And you want to travel blind, And you think maybe you’ll trust him, For he’s touched your perfect body with his mind.’

En ce 11 novembre, je vous laisse avec un extrait de son chant ‘le partisan’, écrit partiellement en français : ‘Oh, the wind, the wind is blowing, through the graves the wind is blowing, freedom soon will come; then we’ll come from the shadows. Les Allemands étaient chez moi,  ils m’ont dit « Résigne-toi », mais je n’ai pas pu, j’ai repris mon arme, J’ai changé cent fois de nom, j’ai perdu femme et enfants, mais j’ai tant d’amis, j’ai la France entière . Un vieil homme dans un grenier, pour la nuit nous a cachés, les Allemands l’ont pris, il est mort sans surprise. Oh, the wind, the wind is blowing, through the graves the wind is blowing, freedom soon will come; then we’ll come from the shadows.’

A Dieu, donc, cher Leonard Cohen. Vous le poète, brûlé aux excès de votre génération, mais brûlant de la quête de Dieu, puissiez-vous chanter dans la communion des saints : ‘Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah, You say I took the name in vain, I don’t even know the name, But if I did, well really, what’s it to you? There’s a blaze of light, In every word, It doesn’t matter which you heard, The holy or the broken Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah…’

 

European dream

S’il y a bien un point commun entre les Etats-Unis et la Russie, c’est que ces deux « états-continents » ont un pied dans la culture européenne et un pied en-dehors. Voilà pourquoi, parfois leurs dirigeants nous ressemblent et parfois – plus du tout.

Avec la fin de la seconde guerre mondiale, l’Europe se veut cosmopolite, internationaliste, multilatéraliste, sociale-libérale, droit-de-l’hommiste et – depuis peu – en pointe dans la lutte pour l’environnement. Bien sûr – face à ces beaux idéaux – le comportement européen est souvent décevant et hypocrite, mais « le rêve européen » c’est cela.

Voilà pourquoi, l’Europe aimait Gorbatchev et se méfie de Poutine, bien plus centré sur son identité slave. Voilà encore pourquoi, l’Europe a participé à l’Obamamania et craint le Trumpisme. Ce dernier incarne un certain ‘American dream’. Celui du cow-boy audacieux et peu politiquement correct, qui se méfie de l’état, conquiert des territoires et bâtit un empire : ‘Sky is the limit !’

Aujourd’hui, les Etats-Unis, choisissent leur avenir. Nous ne pouvons qu’assister et tenir compte de leur choix électoral. Par contre, le rêve européen nous appartient. Un rêve, où même les loosers de la vie, ont droit à une existence digne de l’humain. Espérons que l’Europe n’y renoncera pas.