« Trois fois Saint » – Sainte Trinité, Année C

«  Tout ce qui appartient à mon Père est à Moi ; voilà pourquoi je vous ai dit ; l’Esprit reprend ce qui vient de Moi pour vous le faire connaître ». (Jean 16, 12-15)

La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Pourtant, comme l’amour ne s’additionne pas, mais se multiplie – ne dit-on pas le « Dieu trois fois Saint » ? – chacun peut vérifier que 1 X 1 X 1, cela fait toujours 1. La Trinité : 3 Personnes divines en un seul Dieu. Mais bien plus qu’un problème de mathématique, la Trinité est Mystère d’amour. Le peu que la révélation chrétienne nous ait donné de percevoir de l’infinité de Dieu, est que celui-ci est une éternelle Relation de Don : entre le Père qui est Source de tout Don, le Fils à Qui le Don est destiné et qui le rend au Père dans l’unité de l’Esprit – qui est Don.  La Bible nous enseigne que l’homme est créé à l’image de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes des êtres relationnels et voilà pourquoi seul le Don de nous-mêmes nous fait rejoindre notre vérité profonde. Devenir disciple du Christ et vivre son baptême, c’est dans l’Esprit s’unir au don du Fils pour devenir enfant du Père.       

« Clarté dans la nuit profonde » – Pentecôte, Année C

 « Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en Mon nom, Lui, vous enseignera tout et Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». (Jean 14, 15-26)

Observez la flamme d’une bougie. Elle est si petite et sa lumière est bien fragile. Un rien et elle s’éteint. Et pourtant… Placez-la dans une grande pièce sombre : elle l’illuminera. Ainsi l’Esprit de Pentecôte. Sa présence paraît parfois insignifiante au cœur de nos vies. Mais sa clarté éclaire la nuit la plus sombre. « L’Esprit Saint que le Père enverra en Mon nom, Lui, vous enseignera tout. » Un sourire – à celui qui n’attire jamais l’attention. Un merci – à celle dont le labeur semble une évidence. Un coup de main – à celui qui a déjà baissé les bras. Une écoute – de celle qui n’a rien à dire. Une visite – à celui qui se sent oublié. Un pardon –  à celle qui a tout gâché. Une prière – pour celui qui vient de nous insulter. Une pensée – pour celle qui, depuis longtemps, est décédée. Ainsi l’Esprit.

Double communiqué du diocèse de Liège

Un nouveau vicaire épiscopal pour les affaires temporelles

Arrivé au terme de son mandat et ayant 76 ans accomplis ce 10 mai, Monsieur l’abbé Raphaël Collinet sera déchargé le 31 août prochain de sa mission de Vicaire épiscopal pour les affaires temporelles. Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, le remercie chaleureusement pour tout le travail accompli dans ce domaine. Il lui demande de conserver sa mission de Vicaire judiciaire. À ce titre, il restera membre du Conseil épiscopal.

C’est Monsieur le chanoine Eric de Beukelaer qui succédera à l’abbé Collinet en tant que Vicaire épiscopal pour le temporel. Mgr l’Évêque le nomme à cette charge pour une durée de six ans renouvelable. Le chanoine de Beukelaer assurera la tutelle sur les fabriques d’église et les ASBL catholiques ainsi que les rapports avec les administrations civiles. Il sera membre du Conseil épiscopal.

Un seul et unique doyenné pour la Cité ardente

Ces dernières années, les initiatives pastorales « transversales » se sont développées sur le plan de la Ville de Liège, intégrant de plus en plus les communautés catholiques, paroissiales et autres, des deux rives de la Meuse. Ces initiatives ont fait mûrir l’idée de confier à un seul et unique doyen, d’une part, l’attention au clergé et aux autres collaborateurs pastoraux – c’est la mission plus que millénaire du doyen – et, d’autre part, la coordination de la pastorale – c’est le vœu du concile Vatican II.

C’est pourquoi, à la faveur de la fin de mission de l’actuel doyen de « Liège – Rive-gauche », le chanoine Éric de Beukelaer, et de la création ce jeudi 12 mai, d’une seule et unique asbl décanale, Mgr Jean-Pierre Delville a décidé de créer un seul et unique doyenné pour toutes les Unités pastorales la Ville de Liège – y compris l’Unité pastorale « ND des Sources – Chaudfontaine-Trooz » – couvrant une population de plus de 225.000 habitants et accueillant en outre un flux urbain supplémentaire de plus 400.000 personnes.

Ce nouveau doyenné est une invitation à une plus étroite collaboration des Unités pastorales, des communautés religieuses et aumôneries, des services et mouvements, à porter ensemble le témoignage de l’Évangile au cœur de la réalité urbaine, selon le vœu du Pape François (cf. Evangelii Gaudium n°71-75).

Mgr l’Évêque a désigné Monsieur l’abbé Jean-Pierre Pire comme doyen de Liège, intégrant les anciens doyennés de « Liège – Rive-gauche » et de « Liège – Rive-droite ». Il reste curé de l’Unité Pastorale « Notre-Dame des Ponts aux Rives d’Outremeuse ». Il deviendra, en outre, curé de l’Unité Pastorale « Saint-Lambert au cœur de Liège » ainsi que curé-référent de l’Unité pastorale « Saint-Benoît-aux-Portes-d’Avroy ». Dans chacune de ces Unités pastorales, il est entouré d’une équipe pastorale qui participe déjà étroitement à la charge curiale. Sa nomination prendra cours au 1er septembre 2016.

Quant à la nouvelle asbl « Interdécanale de Liège », elle regroupe des écoles, des habitations sociales, des cercles paroissiaux, des locaux pour les mouvements de jeunesse et pour des Conférences de St-Vincent-de-Paul en faveur des plus pauvres, etc. Ce patrimoine immobilier, géré le plus souvent par des asbl de gestion locales, est au service d’une population qui ne se réduit évidemment pas aux catholiques pratiquants. La nouvelle « Interdécanale » favorisera la coordination de l’action pastorale et sociale des Unités pastorales concernées.

Mgr Jean-Pierre Delville encourage pasteurs et communautés à entrer de bon cœur dans cette perspective urbaine de la pastorale. Il y va du rayonnement de l’Évangile et de sa force d’humanisation. Il demande à tous de porter dans la prière cette évolution déjà préparée par les épiscopats précédents.

Alphonse Borras, vicaire général

La religion, un canular ? Non ! – La Libre 10 mai p.51

Ce mardi 10 mai est parue dans le quotidien La Libre en p.51, ma chronique du mois.
Pour la lire, cliquez sur: « La religion, un canular ? Non ! »
Je l’avais intitulée « La religion – un canular se prenant au sérieux ? », mais la rédaction a choisi un titre plus direct.

Pourquoi réagir à la chronique de samedi de François De Smet ?
J’ai beaucoup d’estime pour son auteur, que je considère comme un des meilleurs intellectuels laïques de sa génération.
Je ne puis cependant le suivre quand il reprend à son compte les arguments de Russel et autres athées militants (Dawkins et consort).
Je lui rappelle ce que je répète à chacune de nos conférences communes :
Par rapport au Mystère ultime… L’idéologue croit qu’il sait. Le spirituel sait qu’il croit.

Merci à la rédaction de La Libre de m’offrir cet espace d’expression.

 

« L’union fait la force » – 7° dimanche de Pâques, Année B

 « Que tous, ils soient un, comme Père, Tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que Tu m’as envoyé. (…) Que leur unité soit parfaite. » (Jean 17, 20-26)

L’Esprit unifie. Non pas de l’extérieur, comme un moule qui donne forme à une pâtisserie. Mais bien de l’intérieur, comme la sève qui irrigue l’arbre, ou le sang qui alimente le corps. D’où l’importance d’avoir une « vie intérieure ». Comment laisser l’unité se faire en nous, si nous passons notre vie à nous agiter au milieu du bruit ? Les jeunes disent : « On s’éclate ». Cela convient pour une soirée de détente, mais pas pour toute une vie. Celui qui passe son existence à « s’éclater », finit par ne vivre qu’à la périphérie de son être. Il devient – au sens étymologique du terme – un être « excentrique », c’est-à-dire un être qui n’a plus de centre. D’où l’importance « vitale » de laisser place au creux de nos vies, à du silence et de la prière. Là, l’Esprit parle à l’intérieur de notre esprit et Il nous unifie. « Que tous, ils soient un, comme Père, Tu es en moi, et moi en toi. »

Durant l’ultime semaine qui nous sépare de la Pentecôte – fête du don de l’Esprit, prions chaque jour dans le silence. Demandons au Souffle de Dieu de nous unifier.

« En attente » – Solennité de l’Ascension, Année C

« Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une force venue d’en haut » (Luc 24, 46-53)

Si le Ressuscité avait voulu nous garder sous sa coupe, Il se serait contenté d’apparaître de temps en temps dans les églises ou au coin des rues. Plus besoin d’Evangile, de Vatican, de curés et chacun serait convaincu… Convaincu, oui. Croyant, non. Il faut être libre pour vivre l’aventure de la foi. Le Christ – qui est liberté suprême – ne s’impose pas à notre conscience. Avec l’Ascension, Il retourne dans la gloire de Son Père et nous envoie Son Esprit.

Neuf journées séparent l’Ascension de la Pentecôte – fête du don de l’Esprit. Prions chacune de ces neuf journées. Demandons que le Souffle de Dieu nous renouvelle.  Soyons en attente de la Force venue d’En haut.

Liège – Une école fondamentale à la découverte de saint Paul

Pour marquer d’une pierre blanche le 175° anniversaire de sa fondation, l’Institut Saint-Paul de Liège a organisé hier une journée de découverte de son saint patron.

Membres du PO, parents et instituteurs se sont mobilisés pour que – toute la journée durant – les élèves de maternelles et de primaires, découvrent la personnalité de saint Paul.

Jeux, ateliers, danses, films, BD, mots-croisés… Toute une série d’animations furent prévues. Même un cours de cuisine – à la mode de saint Paul.

Invité à venir voir, j’ai été impressionné par cette belle dynamique, avec des activités d’une réelle profondeur humaine et spirituelle. Des parents musulmans participaient aux animations, ainsi que d’autres – issus du monde des affaires et peu suspects de bigoterie.

A l’heure où j’entends souvent dénoncer, que le caractère chrétien des écoles catholiques s’évapore et que l’esprit de collaboration se perd dans le monde scolaire, voici un encourageant démenti. Bravo à chacun!

Blog : bilan du mois d’avril

Ce mois d’avril 2011, ce blog recevait 3689 visites et 5483 pages étaient visionnées En avril 2012, il y eut 4063 visites pour 6280 pages visitées. En avril 2013, 4415 visites pour 6323 pages vues. En avril 2014, 2884 visites pour 3379 pages vues. En avril 2015, il reçut 2394 visites pour 3799 pages vues. Ce mois d’avril 2016, il reçut 3329 visites pour 5604 pages vues.

Le lectorat belge compte 2588 visites. La France suit avec 323 visites et le Royaume-Uni avec 134 visites.

L’article le plus fréquenté fut « Amoris Laetitia – où la morale relationnelle » du 13 avril avec 366 visites. Vient ensuite « Belgique – Le retour des intellectuels catholiques? » du 12 avril avec 338 visites et « KTO Un certain réveil catho? » du 18 avril avec 294 visites.

Merci aux lecteurs pour leur fidélité et commentaires.

… Et suite au mois prochain!

#LuxLeaks – Dis-moi qui tu juges…

Lorsque – il y a plusieurs jours – j’appris l’ouverture du procès LuxLeaks, je pensai naïvement que quelques banquiers se retrouveraient dans le box des accusés. Je n’aurais pas forcément approuvé la chose, car je n’aime pas la recherche de boucs-émissaires. Les banquiers et fiscalistes font leur boulot et optimalisent les intérêts de leurs clients. C’est le système fiscal mondial qui est déréglé et qui doit être réformé.

Mais voilà… Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que c’étaient les lanceurs d’alertes et journalistes, ayant respectivement fait fuiter et publié l’info des LuxLeaks – un vaste plan « d’optimalisation fiscale » pour multinationales – qui seraient jugés. Bien sûr que les accusés ont enfreint la loi et les clauses de confidentialité de l’entreprise. Pour un profit personnel ? Non. Pour cause d’espionnage d’état ? Non. Ils ont enfreint la loi, par acquis de conscience, afin de dénoncer un système que tout le monde – en ce compris le premier ministre luxembourgeois de l’époque, Jean-Claude Junker – trouve injuste, car contraire à l’intérêt général. Le procureur du tribunal a beau s’époumoner et déclarer que : «Je ne veux pas qu’on s’égare dans des considérations politiques. La politique n’a pas sa place dans ce tribunal !» … ce procès ne concerne que cela.

Sauf… Qu’il agit aussi comme procédé d’intimidation. Tout le monde sait bien que – vu la pression médiatique et diplomatique (les accusés sont Français) – nos lanceurs d’alertes ne risquent au pire qu’une peine symbolique. Par contre – leurs émules sont prévenus. Qui choisit sa conscience plutôt que le « système », risque – plutôt qu’une médaille – les foudres de la justice. Le monde anonyme de la finance inhumaine – rien à voir avec les entrepreneurs qui se battent tous les jours, pour faire vivre l’économie réelle – peut donc dormir sur ses deux oreilles.

Ironie de l’histoire – au même moment est jugé à Detmold (Allemagne), Reinhold Hanning, un vieillard de 94 ans. Il lui est reproché d’avoir été – à 20 ans – garde à Auschwitz, le plus grand camp d’extermination et de concentration du Troisième Reich. Malaise encore. Pour avoir vu “Der Staat gegen Fritz Bauer“, le récent et excellent film de Lars Kraume, je perçois comme il fut difficile de poursuivre les responsables nazis en pleine guerre froide. Je peux aussi comprendre que – par devoir de mémoire – on juge aujourd’hui ce vieil homme. Mais que lui reproche-t-on exactement ? D’avoir tué des Juifs de ses propres mains ? Non. Il lui est reproché de ne pas avoir été – au péril de sa jeune vie – un « lanceur d’alerte » contre la barbarie, il y a plus de 70 ans. Ce dernier a d’ailleurs déclaré au tribunal: « J’ai honte d’avoir vu l’injustice se faire et de ne pas m’y être opposé ».

Bien sûr – les faits ne sont pas du même ordre que pour les LuxLeaks. Mais la comparaison entre ces deux affaires, ne rend le manque de logique de la situation que plus criant : Finalement, un lanceur d’alerte est-il criminel ou héros ? Et nous – devons-nous devenir de potentiels lanceurs d’alerte, ou non ? Il y a quelque jours, dans le quotidien bruxellois « La Libre », le général Briquemont citait Jean-François Revel (« Fin du siècle des ombres », p. 60. Ed. Fayard 1995), qui fustigeait notre puissante capacité de clairvoyance… rétrospective.

« La Colombe blessée » – 6° dimanche de Pâques, Année C

« Le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui vous enseignera tout (…) C’est la paix que Je vous laisse, c’est ma paix que Je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que Je la donne. » (Jean 14, 23-29)

La paix n’est pas un don facile. Combien de guerres et d’émeutes ? Combien de crimes ? Combien d’angoisses ? Combien de haines secrètes ? Combien de frustrations et de jalousies ? Combien de burn-out et de suicides?  Il est, en effet, plus facile de s’unifier contre un adversaire, plutôt que de s’allier avec lui. Il est, bien sûr, plus aisé de voir la mal chez son voisin, plutôt que le bien.

Voilà sans doute pourquoi le Défenseur promis par le Christ est si peu reçu en ce monde. Voilà pourquoi, si souvent, la Colombe est blessée. Nous cherchons des armes. Lui désarme. La paix qu’Il offre n’est pas celle de ce monde. Ce n’est pas la paix par destruction de l’adversaire. Mais la paix parce que je commence à le regarder comme mon frère.

Ce fut le témoignage de Martin Gray, grand témoin décédé cette semaine dans notre pays. Ce survivant de la Shoah disait : « Par esprit de vengeance, j’aurai pu devenir Caïn. J’ai choisi d’être Abel ».