Un an…

Il faut un an pour que s’achève le premier cycle du deuil. Mais la blessure d’une être perdu ; la rage de se voir mutilé – elle dure toute une vie.

Un an, c’est long… Surtout quand l’être aimé vous a été arraché et que son absence vous hante. Ou que la douleur vous cisaille les chairs et ce, à chaque instant.

Faisons ce jour mémoire des attentats de Bruxelles. Entre 15h et 16h, rejoignons la marche citoyenne de Molenbeek à la Bourse. A 18h retrouvons-nous pour l’office à la Cathédrale.

Et si nous ne pouvons y être, communions par la pensée et/ou par la prière.

« L’eau vive » – 3e dimanche de Carême, Année A

« Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : Donne-moi à boire » (Jean 4, 5-42)

Elle est touchante la rencontre entre le Christ et cette femme. Jésus brise un double tabou: A l’époque, un homme ne parlait pas avec une femme seule et un Juif ne s’adressait pas une Samaritaine. Qu’importe – Jésus lui demande à boire. La femme s’étonne et le prend de haut. Alors, le Fils de l’homme lui parle d’une autre eau. Celui qui en boira n’aura plus jamais soif, car cette eau n’apaise pas la soif du corps, mais celle de l’âme. Il s’agit de l’Esprit – qui donne d’adorer Dieu en « esprit et vérité ».

Les disciples sont perplexes et gênés par la scène. Jésus leur reproche leur aveuglement : « Regardez les champs qui se dorent pour la moisson ». De fait – voici que cette femme à la vie maritale peu orthodoxe, devient le premier apôtre de Samarie.

Blog: bilan du mois de février

Ce blog a été ouvert le 11 mars 2011. En février 2012, cela donne 3709 visites pour 5501 pages visionnées. En février 2013 3736 visites pour 5724 pages vues. En février 2014 3714 visites pour 6070 pages vues. En février 2015, il reçut 3671 visites pour 4252 pages vues. Pas de chiffres pour février 2016. Ce mois de février 2017, il reçût 2831 visites pour 4924 pages vues.

Le lectorat belge compte 2276 visites. Le Royaume-Uni suit avec 233 visites et la France avec 137 visites.

L’article le plus fréquenté fut « DemotteRudy et le vivre-ensemble » du 20 février avec 481 visites. Vient ensuite « Accomplir la loi » du 11 février avec 363 visites et « Kiki » du 11 février avec 259 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

« Lumière d’En-Haut » – 2e dimanche de Carême, Année A

« Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la lumière » (Matthieu 17, 1-9)

Transfiguration – c’est le contraire de défiguration. Le péché – défigure. Il suffit d’observer les « tronches » de personnes qui sont submergées par la haine.  L’amour, le pardon, la bienveillance,… – transfigurent. Regardez une photo de Mère Térésa de Calcutta : son regard est comme un brasier qui nous révèle le meilleur de nous-mêmes.

La transfiguration de Jésus sur la montagne, c’est l’expérience de l’infinie puissance d’amour de Dieu qui s’exprime à travers Lui. Difficile de décrire ce que les trois apôtres ont vu, mais ils ont ressenti leur Maître comme rayonnant d’une Lumière d’En-Haut. A ses côtés – Moïse, qui donna la loi, et Elie, modèle des prophètes. Les disciples pressentent donc que le Christ récapitule la loi et les prophètes et, dès lors, toute l’histoire sainte d’Israël. « Dressons trois tentes », dit Pierre. Ils ont envie de rester dans cet état d’extase et de bien-être. Mais non, il faut redescendre de la montagne et poursuivre sa route. Une expérience de transfiguration est faite pour nous nourrir spirituellement et nous fortifier. Pas pour nous retirer du monde. Poursuivons donc notre chemin de Carême.

La « trumpisation » des esprits.

J’étais heureux d’apprendre que les président des Etats-Unis avait fait un discours « présidentiel » au congrès américain. Le monde a besoin de chefs responsables. Hélas, il ne s’est pas fallu longtemps pour que sa communication via Twitter, reprenne le dessus – accusant Obama de l’avoir mis sur écoute et le qualifiant au passage de « malade ou mauvais ». Qu’un président lance pareille grave accusation contre son prédécesseur – via un réseau social – sans apporter la preuve de ce qu’il avance, n’est pas anodin. Voilà donc advenir un monde, où pour se faire entendre, il faut hurler fort et sans nuances, sans chercher à étayer sa thèse. Le ‘fact-checking’, cela prend du temps et c’est ennuyeux…

Sur ma page Facebook, je viens d’en faire l’expérience – en relayant une annonce de la « Marche pour la vie » de Bruxelles. Je savais que cela engendrerait le débat. Et c’est bien ainsi. Le sujet le mérite. Sans  nullement faire partie du comité organisateur de cette marche, je trouve qu’elle a le mérite de poser de bonnes questions – dans un pays où cela n’est plus guère politiquement correct. Je rappelle cependant pour la cent soixante millième fois, que – si relaye les infos qui me semblent dignes d’intérêts – mes propres opinions se trouvent, quant à elles, sur mon blog et sous ma signature. Concernant l’avortement, je ne suis pas militant d’une re-pénalisation (histoire d’éviter la « double peine » pour des femmes souvent en grande détresse), mais bien pour que cela reste une transgression et ne devienne pas un simple « droit sanitaire ». Bref, pour ceux qui ont un peu de mémoire, ou un minimum le sens de la recherche, j’invite à me lire sur mon blog, ou encore sur le site du quotidien « La Libre »

Or, voici que des commentaires m’ont attribué le communiqué que j’avais partagé – faisant preuve d’un manque de prise de recul par rapport à l’info – et puis, au lieu d’en contester la pertinence, se mirent à m’accuser de grossier mensonge et autres joyeuses choses. Bref, il s’agissait de tacler le joueur, plutôt que de chercher à reprendre le ballon. C’est-à-dire de répondre par des arguments de raison. Quand j’ai signalé que la page FB était ouverte à tous les arguments, mais pas aux attaques « ad hominem » , un intervenant m’a même répondu que j’avais un fan-club « proche de l’extrême-droite »… Un comble pour toute personne qui prend la peine de me suivre, entre autre comme administrateur de la fondation « Ceci n’est pas une crise ».

Est-il donc si difficile de débattre dans le respect du contradicteur ? De se répondre sans faire preuve de mépris et manier l’insulte – histoire de sortir toutes ses frustrations et de ne parler qu’avec ceux qui me confortent dans mes points de vues ? Dois-je nécessairement, pour faire entendre mon point de vue – surtout sur un sujet délicat – devenir outrancier et twitter #RhâââhQuilEstConEtEnPlusIlPue ? Il est facile de se désoler de l’utilisation que Donald Trump fait des réseaux sociaux. Je pense qu’il ne fait qu’appliquer au sommet de l’état, ce qui se généralise sur les réseaux sociaux. Et qui mine le débat démocratique et le partage de la véritable info. Cette guerre aussi creuse qu’idéologique trouvera toujours en moi un adversaire résolu.

 

« Carême – le temps du plus » – 1er dimanche de Carême, Année A

« Il fut conduit par l’Esprit à travers le désert » (Matthieu 4, 1-11)

Carême… A la suite du Christ, l’Esprit conduit les chrétiens 40 jours au désert. Le désert est le lieu où la tentation reçoit son vrai visage : « Ordonne à ses pierres de devenir du pain ». Vais-je vivre pour les biens matériels, plutôt que spirituels ? Tentation de l’avoir. « Prosterne-toi devant moi et je te donnerai les royaumes de la terre » Vais-je vivre en m’asservissant à la logique du prince de ce monde ? Tentation du pouvoir. « Jette-toi en bas du sommet du temple et les anges viendront pour te porter ». Vais-je vivre en cherchant à séduire la galerie ? Tentation du valoir.

Carême… Un temps que notre société de consommation associe traditionnellement à un « moins » – soit tout ce dont je vais « devoir me priver ». En réalité, le carême est le temps du « plus ». Il signifie un retour à l’essentiel pour plus de vie. Celui qui choisit – 40 jours durant – de renoncer à ce qui distrait des vrais enjeux, fêtera Pâques avec une intensité spirituelle… en plus.

‘She decides’ – Vraiment?

Parfois l’actualité nous met face à de criantes contradictions. Alors qu’à Bruxelles, 4 ministres de la coopération au développement lancent une plateforme ‘She decides’ concernant l’accès à l’avortement dans les pays en voie de développement, le MR s’oppose à ce que les enfants mort-nés puissent être repris avec nom et prénom dans un registre officiel. La proposition était pourtant soutenue, non seulement par le CD&V et la N-VA, mais aussi par le parti-sœur du MR – l’Open Vld. Le but de cette initiative, qui se trouve inscrite dans l’accord du gouvernement ( !), est de permettre aux parents de faire leur deuil en autorisant une forme de reconnaissance légale pour le bébé-mort-né à partir de 20 semaines de grossesse.

Raison du blocage libéral francophone ?  Reprenant les arguments du Centre d’Action Laïque, celui-ci objecte que cela pourrait « affaiblir la loi sur l’avortement ». D’où l’opposition à toute tentative d’octroyer un acte de naissance au fœtus.
Je ne reviens pas ici sur le débat sur l’avortement, mais souhaite faire trois observations :

  • La position du MR est étonnante. Je pensais que ce parti laissait la liberté de vote à ses mandataires sur les questions éthiques.
  • Que cela plaise ou non – que l’on soit pour une loi de dépénalisation de l’avortement ou non – un fœtus est un humain en devenir. C’est un fait – quel que soit le statut que l’on donne à ce fait. Refuser une loi qui acte ce fait à partir de 20 semaines de grossesses (l’avortement est dépénalisé en Belgique jusque 12 semaines) est donc purement idéologique. Il s’agit de refuser de reconnaître un fait pour défendre une loi (de dépénalisation de l’avortement). Le principe du – « carpe, je te baptise lapin », en quelque sorte. Un peu comme si on refusait de reconnaître le fait que les d’immigrés illégaux sont des humains, car cela affaiblirait la législation qui limite le nombre et les critères de régularisation de ceux-ci. Comme dans le cas de l’immigration, l’avortement met en balance deux réalités : le choix de la mère et la vie du fœtus humain. Entre ces deux réalités, le politique arbitrera diversement selon les convictions – et c‘est tout le débat autour de la dépénalisation de l’avortement. Mais quand le politique nie une de ces deux réalités pour défendre le choix qu’il a fait, il se rend coupable de « flagrant déni ».
  • Il est surréaliste que, alors que le gouvernement belge lance l’opération ‘She decides’, il fasse en sorte que des femmes désireuses de faire reconnaître leur enfant mort-né, ne puissent justement… décider. Oui – parfois l’actualité nous met face à de criantes contradictions.

 

Le jeûne du carême…

Je partage pleinement l’analyse du P. Charles Delhez sj dans le quotidien « La Libre » de ce jour : Il vaut mieux manger du chocolat en carême que d’être médisant.

Une des raisons de la désaffection du jeûne de carême après mai ’68, est qu’il était devenu plus formel que réel. La grande question était ce qu’on pouvait manger ou pas – et non le sens de la démarche… J’ai ainsi trouvé des « menus du vendredi saint » présentés par de grands restaurants dans les années ’50 du siècle dernier : un seul repas sans viande. Sauf que ce repas commençait vers 11h pour se terminer vers 17h. Et que le menu se déclinait entre homard et caviar. Sans commentaires…

Mais aujourd’hui, pour ceux qui sont en bonnes santé, la démarche de jeûne durant le carême, n’est pas à écarter. Comme tout effort incarné, celui-ci nourrit la vie spirituelle.
Je ne parle pas de se rendre malade, mais de renoncer concrètement à certaines choses qui sont agréables, mais non vitales : desserts, friandises, mais aussi TV,… Ceci – afin de faire place à l’Essentiel.

Je me souviens ce camp de formation de chefs scouts d’Europe, auquel participaient quelques musulmans, appartenant à une association soeur… J’animais un atelier sur la foi et les communautés religieuses avec l’un d’entre eux, nommé Abdelillah. C’était le mois du Ramadan et l’été était fort chaud. Pourtant, il faisait tout avec les autres, sans se plaindre – lui qui mangeait ni ne buvait de la journée. Et j’ai vu dans le regard de nombre de jeunes chefs de bonne famille, peu habitués à fréquenter un musulman, que sa souriante et discrète présence les touchait.

Charles de Foucauld avait été impressionné par le foi des musulmans croisés durant ses périples. Et ceci aida la Grâce à réveiller son cœur. Peut-être que – au lieu de sans cesse les considérer comme une menace – nous pourrions voir en nos frères musulmans, un occasion de redécouvrir le concret de notre vie de foi… et du jeûne de carême.

40 jours…

A l’heure du « tout, tout de suite »,
des idées exprimées sur Twitter en 140 caractères,
l’Eglise nous offre du temps…

40 jours de désert pour creuser le sillon de notre vie.
40 jours de silence pour habiter notre maison intérieure.
Entrons dans ce temps.
Donnons-lui du temps.

Par le jeûne – qui fait renoncer pour creuser le désir de l’Essentiel.
Par le partage – qui rend riche de l’autre et ouvre à l’Autre.
Par la prière – qui ouvre ce temps qui ne passe pas – celui d’une Présence.

Carême – entrons dans le désert de Dieu.
Nous en ressortirons plus vivants de Sa Pâques.