Ascension – fête de la foi adulte

La fête chrétienne par excellence est la Pâque du Christ. C’est dans la victoire de l’Homme-Dieu sur la mort et le péché que tout baptisé est plongé. Cependant, à nous qui vivons dans le temps et non encore dans l’Éternité, il est utile de pouvoir conjuguer le mystère du salut au passé, au présent comme au futur… D’où – en amont – la Nativité et l’Épiphanie, qui font mémoire de l’incarnation du Verbe. D’où aussi – en aval – la fête de l’Ascension et celle de la Pentecôte.

L’Ascension, c’est un peu la fête de la foi adulte. Le Christ ressuscité ne reste pas sur terre, pour apparaître à tous les coins de rue. « Dommage », me direz-vous, « tout le monde serait convaincu ». Convaincu, sans doute, mais pas plus croyant pour la cause. Dieu s’adresse à des hommes qu’Il veut adultes. Le Créateur veut être servi librement – et donc par un acte de foi. Jésus a rejoint la « gloire de son Père ». Il ne reste pas physiquement sur terre, afin de ne pas s’imposer. Il demeure là où est notre ultime demeure. Désormais, ce sont les chrétiens qui sont appelés à prolonger sa présence vivifiante au coeur de ce monde.

L’Eglise face aux victimes d’abus sexuels : le « tikoun »

Comme ils s’y étaient engagés, les évêques et responsables religieux ont donc pris position face aux conclusions de la Commission Lalieux. La plupart des acteurs de ce dossier et commentateurs de presse, ont accueilli leur réaction avec satisfaction et/ou avec le bénéfice de la bienveillance (ainsi les quotidiens La Libre et Le Soir).
D’autres voix ont cependant exprimé des humeurs moins positives. Je voudrais ici en épingler quelques-unes :

« Le méfiant » : Il n’y croyait pas et n’y croit pas davantage aujourd’hui. Son point de vue est que tout ceci n’est qu’une manœuvre dilatoire de la part de la hiérarchie catholique. Si cette personne est une victime d’abus sexuels, je comprends pareille réaction. Chez certaines victimes, en effet, aucune réparation ne parvient à apaiser la souffrance et la colère. Le fait de diaboliser tout ce qui leur rappelle le viol de leur enfance, les aide alors à remonter quelque peu une pente à jamais glissante. Par contre, il y a aussi ceux qui ne sont nullement victimes, mais qui – pour des raisons politiques ou psychologiques – ne veulent pas d’une Eglise catholique qui recouvre quelque peu son statut d’instance morale dans la société belge. A ceux-là, je n’ai pas grand-chose à dire, car quoique fassent les évêques, ils continueront à dépeindre le catholicisme sous ses traits les plus noirs.

« Le déçu » : Il regrette que l’Eglise ait pris sept semaines pour répondre aux recommandations de la Commission Lalieux et trouve que la hiérarchie catholique aurait dû dire plus ou faire mieux. Il ressemble à ces professeurs qui mettent invariablement aux élèves : « peut mieux faire ». Je lui fait remarquer qu’avec des moyens humains et financiers autrement plus importants, la banque « Dexia » a déjà eu besoin de trois années pour consolider ses comptes suite au crash de 2008. Et je ne parle même pas du temps qu’il faut à nos politiciens pour former un gouvernement fédéral… Bref, je rappelle à ces éternels déçus qu’il faut laisser du temps au temps, d’autant plus que l’Eglise manque de moyens et d’expérience pour affronter ce genre de dossiers complexes. D’où son incapacité à réagir en deux jours aux recommandations du Parlement. Un évêque me confiait récemment : « Je m’occupe énormément de ce dossier, souvent au détriment du diocèse dont j’ai la charge ». Je propose donc aux donneurs de leçons – s’ils sont catholiques – de plutôt proposer leurs services bénévoles aux évêques, afin de quelque peu les décharger. Je rappelle aussi ce que j’ai déjà exprimé à plusieurs reprises dans ce blog : si les perquisitions faites dans le cadre de l’opération « calice » n’avaient pas torpillé l’excellent travail de la Commission Adriaenssens, tout aurait été beaucoup plus vite.

« Le terre-à-terre » : Je l’ai surtout rencontré ce matin dans la presse du nord du pays. Sa lecture des événements est pécuniaire : « l’Eglise va payer » . Et son unique questionnement est : « combien ? Où va-t-elle chercher l’argent ? » Evidemment, il n’a pas tort : derrière les belles paroles et les gestes symboliques, il y a la compensation financière destinée à quelque peu alléger la souffrance des victimes. Cependant, je trouve qu’il est indécent de ne voir ce dossier qu’en terme de cash. Le professeur Adriaenssens l’a assez répété : « la première chose qu’une victime souhaite, n’est pas de l’argent mais de la reconnaissance ». Que cette reconnaissance s’exprime dans un second temps en termes monétaires – pourquoi pas ? Mais la reconnaissance doit primer.

« Le consterné » : C’est celui qui pense que « l’Eglise s’est faite avoir » par les politiciens. Il lance : « si son ancien directeur est reconnu coupable, verra-t-on le FMI ou les socialistes français se déclarer moralement responsable de ses agissements ? Alors pourquoi l’Eglise est-elle poussée à le faire ? » Juridiquement, il n’a pas tort, mais il n’est pas ici question de responsabilité juridique. Politiquement, il met le doigt sur un élément que – avec le recul du temps – seuls les historiens pourront analyser sereinement : dans ce dossier et outre la légitime défense des victimes d’abus, la société belge n’a-t-elle pas non plus inconsciemment voulu commettre un « meurtre symbolique du père » sur la religion qui avait tant façonné son passé et dont la génération au pouvoir s’était largement détachée ? Reste cependant la question morale. Et c’est bien de cela qu’il s’agit quand on parle de « responsabilité morale ». L’abus sexuel sur mineur va tellement à l’encontre de l’ethos du christianisme, que le fait que ce phénomène ait existé parmi une minorité de clercs catholiques, est un fardeau que toute la communauté catholique se doit aujourd’hui de porter. J’illustre cela avec un exemple d’un tout autre ordre. Ce soir, à 22h40, la « Une » (RTBF-TV) présente « l’héritage infernal », un reportage réalisé par de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan : « Il existe un certain nombre de descendants de nazis qui vivent, parfois anonymement, en Israël. Certains se sont convertis au judaïsme et en ont épousé les préceptes. Ils portent parfois la kippa, sont mariés avec des orthodoxes et leurs enfants fréquentent les yeshivas, les écoles religieuses ! Ces gens-là n’étaient pas nés au moment de la Shoah et pourtant, ils semblent porter en eux le poids de leur ascendance. Comme s’ils se sentaient coupables par hérédité. On appelle ça ici le « tikoun » la réparation, la repentance ». D’aucuns trouveront cela un transfert absurde de culpabilité. Ils se trompent. Il y a là une application très profonde d’un mot que nous avons trop chassé de notre vocabulaire théologique : l’expiation. L’expiation ne peut être prise dans un sens morbide et masochiste, qui consisterait à « se punir pour les fautes d’un autre ». Elle doit être utilisée dans son sens libérateur, qui implique de « se charger du poids des fautes commises par d’autres pour en réparer les effets ». Alors que le Christ était sans péché, c’est ce qu’Il fit en se chargeant librement du poids des péchés de l’humanité entière, afin d’y substituer Son Amour rédempteur. Est-il donc si surprenant que la communauté catholique – qui, comme le rappelait Mgr Léonard lors de la Pâques 2010, s’est jadis rendue complice de la coupable culture du silence de toute une société, face aux abus sexuels – fasse de même en se déclarant aujourd’hui moralement responsable des agissements de ses prêtres abuseurs ?

BREAKING: Commissie Lalieux – reactie Katholieke Kerk / Commission Lalieux – réaction Eglise catholique

Antwoord van de bisschoppen en de hogere oversten op het voorstel van de Bijzondere Commissie

De bisschoppen en religieuze oversten hebben heel aandachtig het verslag doorgenomen dat unaniem werd goedgekeurd door de Bijzondere commissie betreffende de behandeling van seksueel misbruik en feiten van pedofilie binnen een gezagsrelatie, inzonderheid binnen de Kerk. Ze houden eraan hun waardering uit te drukken voor het belangrijke werk van de parlementaire commissie voorgezeten door mevrouw Karine Lalieux.

Zij zijn diep geraakt en drukken hun ontzetting uit over de zware feiten die door geestelijken of leden van religieuze gemeenschappen werden gepleegd. Deze feiten hebben bij de slachtoffers groot lijden verwekt en trauma’s nagelaten, vaak gedurende lange jaren. Dat betreuren ze zeer oprecht. Ze waarderen ook de moed die de slachtoffers opbrachten om de pijnlijke feiten te melden.

Zonder omwegen erkennen de bisschoppen en religieuze oversten dat vele daders van deze feiten leden van de Kerk zijn, bekleed met een bijzonder moreel gezag, dat ze, uit respect voor het vertrouwen dat hun werd verleend, voorbeeldig hadden moeten uitoefenen. De bisschoppen en religieuze oversten zijn zich bewust van hun morele verantwoordelijkheid en van de verwachting van de gehele samenleving naar hen toe. Daarom willen ze zich inzetten voor de erkenning van de slachtoffers en het herstel van hun leed. Zo willen zij de slachtoffers in hun waardigheid herstellen en hen, volgens hun noden, ook financieel tegemoetkomen.

In deze geest en in dit perspectief stemmen de bisschoppen en religieuze oversten ermee in om, volgens het voorstel van de parlementaire commissie voorgezeten door mevrouw Lalieux, samen te werken met de deskundigen van de Opvolgingscommissie aan de organisatie van een pluridisciplinaire vorm van arbitrageprocedure voor de reeds verjaarde feiten, waarover hoven en rechtbanken geen uitspraak meer kunnen doen. Bovendien lijkt het wenselijk te zijn dat de arbiters ook de bevoegdheid zouden hebben om de partijen te oriënteren naar bemiddeling.

De bisschoppen en religieuze oversten zijn unaniem en vastberaden om al het mogelijke in het werk te stellen opdat de zware feiten die heel onze samenleving terecht betreurt, zich nooit meer kunnen herhalen.

Réponse des Évêques et des Supérieurs religieux à la proposition de la Commission spéciale

Les Évêques et les Supérieurs religieux ont examiné avec grande attention le rapport voté à l’unanimité par la Commission spéciale relative au traitement d’abus sexuels et de faits de pédophilie dans une relation d’autorité, en particulier au sein de l’Église. Ils saluent l’importance du travail accompli par cette Commission parlementaire présidée par Madame Karine Lalieux.

Ils sont profondément touchés et expriment leur consternation devant les faits graves qui ont été commis par des membres du clergé et des communautés religieuses. Ces actes ont entraîné souffrances et traumatismes pour les victimes, souvent pendant de longues années. Ils le déplorent très sincèrement, tout en saluant le courage des victimes qui ont témoigné des faits douloureux.

Les Évêques et les Supérieurs religieux reconnaissent sans détour que ces faits sont d’autant plus pénibles que leurs auteurs sont des membres de l’Église revêtus d’une autorité morale, qui auraient dû être exemplaires, par respect pour la confiance déposée en eux. Conscients de leur responsabilité morale et de l’attente de la société à leur égard, les Évêques et les Supérieurs religieux s’engagent à assurer une reconnaissance des victimes et adopter des mesures réparatrices de leur souffrance. Ainsi sont-ils déterminés à rétablir les victimes dans leur dignité et à leur procurer des indemnités financières selon leurs besoins.

Dans cet esprit et cette perspective, suivant la proposition de la Commission parlementaire présidée par Madame Lalieux, les Évêques et les Supérieurs religieux acceptent de coopérer, avec les experts de la Commission de suivi, à la mise en place d’une forme pluridisciplinaire de procédure d’arbitrage, pour les faits prescrits dont les cours et tribunaux ne peuvent plus connaître. Il leur paraît souhaitable que les arbitres aient, en outre, la faculté d’orienter les parties vers une médiation.

Les Évêques et les Supérieurs religieux s’engagent unanimement à prendre toutes les mesures dont ils disposent pour éviter que les faits graves, que toute notre société déplore avec raison, ne puissent se reproduire à l’avenir.

Sexualité – Faut-il perdre la foi pour s’épanouir?

Un article sur le site « Slate » a retenu mon attention (http://www.slate.fr/lien/38541/athees-vie-sexuelle-epanouie) Il est intitulé : « Les athées ont une vie sexuelle plus épanouie ». Je résume : L’homme a une vie sexuelle plus épanouie s’il n’est pas croyant… C’est ce que démontrerait une étude menée sur 14.500 personnes par Darrel Ray et Amanda Brown, psychologues à la Kansas University. Leur conclusion est qu’entre croyants et non-croyants, le comportement sexuel ne change pas, ni la fréquence des rapports. Bien la qualité de la sexualité. Par leurs recherches, les deux psychologues expliquent que les non-croyants sont plus susceptibles de parler de leurs fantaisies sexuelles et sont plus satisfaits de leurs expériences. Les croyants apprécieraient moins leurs relations en raison de la stigmatisation que leur religion opère sur la sexualité. L’étude montrerait que plus la croyance est forte chez un individu, plus forts seront ses sentiments de remords sexuels. Ainsi, sur une sorte d’échelle de la culpabilité, les mormons viendraient en premier, avec un score de 8,9 sur 10; suivis par les Témoins de Jéhovah, les pentecôtistes, et les baptistes. Les catholiques et les luthériens réaliseraient un score de 6/10, alors que les athées et les agnostiques ne dépassent pas le seuil de 5/10. Mais le résultat le plus étonnant de l’étude réside dans le constat d’une possibilité d’amélioration de la vie sexuelle en cas de perte de la foi.

Je n’adhère pas avec une foi aveugle à ce genre d’enquête, même si j’en accepte le caractère indicatif. Je souligne, en outre, qu’avec un score de 6/10, les catholiques ne s’en sortent pas tellement plus mal que les athées (5/10). Mais je souhaite surtout faire une réflexion de fond : Pour prendre une comparaison – forcément bancale comme toutes les comparaisons – je pense qu’il ne faut pas un grand sondage pour conclure que les enfants de parents moins exigeants pour les études seront globalement moins stressés à l’école que les rejetons de parents qui mettent la barre académique plus haut. Reste à savoir quels seront les jeunes, in fine les plus épanouis. Il est va de même avec la sexualité.
Si une conviction religieuse prône un idéal de vie sexuelle élevé, l’adepte devra faire plus d’efforts pour tenter d’y correspondre. Que les exigences religieuses – réelles ou imaginées – causent parfois de la culpabilité, voire des névroses – d’accord. Que des personnes moins religieuses réalisent plus spontanément leurs fantasmes sexuels – sans doute. Ce n’est pas pour autant qu’il faut conclure que ceux qui « s’éclatent » davantage, vivent dès lors automatiquement une sexualité plus épanouie. Je connais ainsi des couples prudes, qui ne me semblent pas moins épanouis pour la cause. Peut-être ne réalisent-ils pas tous leurs fantasmes (d’ailleurs, qu’est-ce que j’en sais ?) et, si c’est le cas, sans doute que cela leur cause des frustrations, mais je constate surtout qu’ils ont construit une relation solide, dans laquelle le langage des corps s’est harmonieusement intégré. Inversement, je rencontre des personnes qui ne me cachent pas qu’elles ont une vie sexuelle – disons – « décomplexée ». Elles ne paraissent pas pour autant plus « épanouies » que la moyenne. Parfois même, après avoir tout essayé, leur désir tombe en panne. L’épanouissement n’a donc pas grand-chose à voir avec croyance ou incroyance. Pas plus d’ailleurs qu’avec l’abondance ou l’absence de relations sexuelles. L’actualité nous le rappelle : Tel homme politique, collectionnant les conquêtes féminines, est soupçonné d’harcèlement sexuel, voire de viol. Tel évêque, fort populaire dans son diocèse, est reconnu coupable d’abus sexuel. Ce n’est donc pas la gourmandise sexuelle ou l’abstinence qui transforme l’homme en prédateur, mais bien la perversion de la relation à l’autre. Quand la vie du politicien lui offre l’illusion de la toute-puissance face à des subordonnées ou que le statut du consacré lui fait oublier sa réalité d’adulte sexué face à des mineurs, alors la dérive menace.
L’épanouissement affectif ne dépend donc pas que de la sexualité, mais bien de la qualité relationnelle et du projet de vie. Si la vie a du sens, les inévitables frustrations seront assimilées. Par contre, quand un projet de vie perd sa saveur, tout semble bien vite insupportable, même à celui qui « s’éclate ». Dans le Soir de vendredi dernier (p.34), mon attention a été attirée par la recension du spectacle de Daisuke Miura « le Château des rêves » présenté pour le moment au Beursschouwburg et interdit aux moins de 18 ans. Catherine Makereel écrit : « ce microcosme révèle une jeunesse complètement autiste, amorphe même, animée seulement par des besoins primaires : copuler, manger et dormir. Même dans le sexe, il n’y a plus de plaisir, pas d’amour, juste une satisfaction primaire (…) Plus fascinant encore, ces colocataires indifférents ne se regardent jamais». Voilà un château des rêves qui a un avant-goût de l’enfer.

Dictature de la petite phrase

Mon attention a été attirée en ce jour par une interview de Jean-François Kahn (le Soir de jeudi 27 mai p.15), journaliste-fondateur de Marianne. Invité il y a peu à France Culture pour parler de son dernier livre, il lui fut demandé à brûle-pourpoint de commenter l’affaire DSK. Dans sa réponse improvisée, il glisse malencontreusement la petite phrase : « troussage de domestique ». Sur le moment, sur le plateau personne ne s’en offusque – même pas Caroline Fourest, féministe pur jus – car l’expression trouve sa place dans un contexte. Ce n’est au bout de 48 heures que la petite phrase, isolée, est sortie de son contexte et que la machine médiatique s’emballe. Kahn reconnut que son expression était malvenue et – sortie de son contexte – inadmissible. Mais c’est sa conclusion qui retient surtout mon attention. Je le cite : « On peut « fusiller » des gens pour leur pensée, pour leurs arguments, pas pour une phrase. Là, je suis victime de ce processus. Mais je veux en faire un cas d’école. Je me suis assez battu là-dessus. Parce que dans certains nombre de cas, on peut se dire que le type s’exprime mal mais que, quelque part cela traduit son inconscient… Mais moi, tout le monde sait que je pense pas ça. Et pourtant, tout le monde pilonne ».

Dictature de la petite phrase… Voici ce que j’écrivit à ce sujet dans la préface à mon ouvrage « Quand l’Eglise perd son âme » (éd. Fidélité/Avant-Propos, 2011) : Ayant dirigé plus de huit années durant le service de presse des évêques, je suis pleinement conscient qu’une des lois de base du journalisme est de pouvoir informer vite et clair, afin de suivre le trépignement de l’actualité. Cela donne en presse écrite des articles courts et incisifs, des manchettes qui cognent et des photos qui parlent (et l’équivalent en sons et en images pour l’audiovisuel). De plus, il y a la pression qui règne dans les rédactions : a l’heure ou n’importe quel internaute peut vous griller un scoop via Twitter, le temps n’est plus a la paisible réflexion en vue d’analyses ciselées. Souvent, on est condamne a balancer l’info et a voir venir ensuite. Je comprends le phénomène et j’ajoute que, malgré cela, de nombreux journalistes n’en font pas moins leur travail avec une authentique conscience professionnelle. Il n’empêche. Je suis de ceux qui pensent que la vérité est souvent dans les nuances et je ne puis que constater qu’un pareil phénomène tue la nuance : ≪ Sur un avion vers l’Afrique, Benoit XVI a dit que l’usage du préservatif aggravait la propagation du sida ≫ ; ≪ lors d’une interview, Mgr Leonard a déclare que les homosexuels étaient des anormaux ≫ ; ≪ le même Archevêque de Malines-Bruxelles a déclaré que le sida découlait d’une espèce de justice ≫ etc., etc. Autant d’informations qui, telles quelles, ne correspondent pas a la vérité historique et qui furent amplement corrigées par leurs (f)auteurs, remises en contexte, expliquées… Sans beaucoup d’effet. Seule la petite phrase qui choque est médiatique. Sa mise en perspective est ennuyeuse et ne mérite donc pas une manchette. C’est ainsi. Aux responsables d’Eglise d’en tenir davantage compte dans leurs communications futures. D’accord. Mais peut-être aussi aux medias de faire leur examen de conscience.
La frontière entre une société de l’hyper-information et de l’hyper-désinformation est tenue. Au déficit des analyses répond l’inflation de l’émotivité ; celle qui met au monde une société surfant sur les petites phrases et anecdotes, sur arrière-fond de pipolisation qui fait vibrer par procuration. Les sociologues appellent cela l’≪ émocratie ≫. Phénomène inévitable a l’heure des multimédias, mais qui ne doit pas pour autant devenir totalitaire. Dans la mesure des moyens humains et financiers, j’en appelle donc à conserver la culture d’un journalisme d’analyse qui ne se contente pas de reprendre les dépêches d’agence et ose même parfois un raisonnement a contre-courant des grandes vagues d’indignations ≪ made in politiquement correct ≫… Au risque de fâcher le faux dieu des rédactions : saint audimat, priez pour nous.

Dictatuur van politieke correctheid – het vrije woord als tegengif

Een merkwaardig artikel viel deze donderdag te lezen in de krant De Morgen (p.22). Deze gaf een ingekorte versie van het dankwoord dat filosoof en professor aan de UCL, Philippe Van Parijs uitsprak ter gelegenheid van de uitreiking van de Arkprijs van het Vrije Woord 2011, die woensdagavond in Antwerpen plaatsvond. Ik laat hem eventjes aan het woord:
“Wie ben ik om een Vlaamse, anti- clericale, literaire prijs te durven ontvangen, of toch iets dat soms zo omschreven wordt? (…) Geen Vlaming, geen « vrijzinnige », en helemaal geen letterkundige. Slechts een Brusselse filosoof die reeds 57 jaar ononderbroken in het Franstalige katholieke onderwijs zit. (…) Dat ik deze Arkprijs mag ontvangen heeft ongetwijfeld iets te maken met het feit dat ik leraars heb gehad die ervoor gezorgd hebben dat ik na twaalf jaar Collège du Sacré Coeur niet alleen in staat was het boek te lezen en ervan te genieten maar me ook vrij voelde om over dat boek te schrijven wat ik echt dacht. Ons vrije woord heeft veel te danken aan de leerkrachten die ons hebben leren lezen, ook in andere talen, en kritisch denken, ook in katholieke colleges. (…) Het vrije woord verdedigen betekent zijn eigen mening uitdrukken, ook en vooral wanneer die de pensée unique van het tijdperk tegenspreekt, of die van zijn eigen gemeenschap, of de orthodoxe anti-pensée-unique van zijn eigen clubje; ook en vooral wanneer de waarheid niet prettig is en politici en media die daarom niet zo graag vertellen. Maar het vrije woord verdedigen betekent ook de vrijheid van anderen verdedigen om dingen te zeggen waar we zelf niet mee akkoord gaan (…) Die vrijheid van afwijking beschermen tegen de dictatuur van de politieke correctheid is van groot belang.”.

Ik heb daar weinig aan toe te voegen. Professor Van Parijs past trouwens toe wat hij hier preekt. De man is één van de grote voorvechters van het afschaffen van de “C” van UCL. Maar dit doet hij nooit door ondergrondse vormen van lobbying. Hij roept op tot een eerlijk en open debat. Het is dan ook niet verwonderlijk dat aartsbisschop Leonard deze man van het vrije woord hoog in aanzien houdt, hoe groot hun meningsverschillen ook mogen zijn.
Morele meerderheden zijn zelden verstandig of verdraagzaam. Integendeel. Ik moest het nog aan mijn lijf ervaren toen ik een paar maanden geleden betoogde voor de bescherming van het ongeboren leven. “Hoe kan iemand nog vandaag het recht tot abortus in vraag stellen?”, hoorde ik prominente voorstanders van de zgn. verdraagzaamheid rondbazuinen. ’t Ja, de dictatuur van de politieke correctheid is haast onzichtbaar. En juist daarom des te gevaarlijker voor het vrije woord.

Pour le meilleur et sans le pire

La semaine dernière, la presse annonça que désormais en Belgique trois mariages sur quatre se terminaient par un divorce. Initialement, je n’ai pas voulu réagir à l’information. En effet, j’avais déjà effleuré le sujet sur mon blog avec le ‘post’ : « l’enfant du divorce ». Et puis, je suis conscient que le nombre des divorces ne peut qu’augmenter dans une société où les conjoints vivent plus vieux, travaillent tous les deux, placent leur épanouissent affectif au-dessus de la stabilité familiale, ne subissent plus de pression sociale à rester ensemble – un monde où les femmes sont financièrement indépendantes et peuvent dès lors prendre congé de leur Maurice, quand celui-ci pousse le bouchon un peu loin. Je ne dis pas que c’est bien ou normal, mais je souligne que c’est un fait et – comme le disait ce bon vieux Winston – « un fait est plus important qu’un Lord Maire ». Par honnêteté, j’ajoute que – si je m’étais marié – je serais peut-être à l’heure qu’il est, tout aussi divorcé. En effet, j’ai préparé nombre de couples « en béton » au mariage, et leur union n’en a pas moins fait naufrage. Reconnaissons-le : l’échec fait partie de la vie et des engagements.

Mais c’est justement ici que le bât blesse. Nulle part dans les médias, n’ai-je vu apparaître le mot « échec ». Deux personnes se sont jurées amour et fidélité pour le meilleur et pour le pire. Quand la vie les sépare, il s’agit pour les commentateurs d’un avatar ; tout au plus d’une épreuve. Mais le mot « échec » semble banni du vocabulaire politiquement correct – déculpabilisation oblige. J’ai même entendu une journaliste commenter le traditionnel « unis pour le meilleur et pour le pire », en disant que le « meilleur » était ce qui permettait le mariage et le « pire » ce qui expliquait le divorce.
Donc, pas un mot sur l’échec des conjoints et silence radio sur le coût social du divorce. Si la vie à deux est un enfer, je puis comprendre que des époux jugent qu’il vaille mieux – même pour l’enfant – se séparer. Mais trop souvent, l’enfer ne commence qu’après le divorce et c’est l’enfant qui le subit. Je pense à ces interminables bagarres judiciaires de parents qui règlent leurs comptes sur le dos du fruit de leurs entrailles. Et quand ce n’est pas l’enfer, ce n’en est pas moins le purgatoire, car rien ne remplace un nid familial. Exemple vécu : chaque année vers Noël, des proches invitent largement à partager leur repas de fête. L’an dernier, se trouvait ainsi à table une homme divorcé avec son gosse de dix ans. Durant les agapes, nous plaisantions sur les cadeaux de Noël et c’est là que l’enfant lança à son père : « mon cadeau serait que maman et toi reviviez ensemble ». Silence gêné. Et notre hôte de le briser par un diplomatique : « encore de la dinde, quelqu’un ? »

Bref, que le nombre des divorces augmente me semble malheureusement dans l’ordre des choses. Par contre, que notre société ne semble pas trop s’en émouvoir et fasse apparemment peu pour inverser la tendance … – là, je m’interroge. Prenons un comparaison – bancale, comme toutes les comparaisons: les accidents de la route. Une chose est de reconnaître qu’avec l’augmentation du trafic leur nombre ne peut qu’augmenter. Une autre est de se demander comment faire de la prévention pour les limiter. Je ne plaide pas pour un retour au puritanisme, mais – au vu de son coût social – pour la mise en oeuvre d’une réelle politique de prévention du divorce.

Planète-village

D’accord, il n’est pas totalement roux, ni vraiment catholique. D’accord son accent irlandais n’est pas au point et sa Cadillac un peu lourde pour les casses-vitesses de Dublin. Mais qu’importe. On y croit. Regardez ce gars arpenter avec sa dame, l’unique rue du village de Moneygall et saluer la foule. Pas de doute, c’est l’enfant du pays. Voyez-le entrer chez Ollive Hayes, le pub d’où son arrière-arrière-arrière grand-père partit pour New-York en 1850. Contemplez-le qui salue ses « cousins » Healy, Donovan et Benn, avant de payer une tournée générale. Quelque jours plus tôt, lors de sa visite à l’usine Guinness, la Reine avait poliment refusé de boire le liquide couleur brou de noix. Un étendard vivant, la chope à la main… it is just not done. Mais ici, l’homme le plus puissant de la planète pose négligemment un billet sur le comptoir en blaguant : « je voudrais que vous sachiez que le président paie ses notes de bar ». Allez, slàinte… santé ! Ne me dites pas que ce type n’est pas un gars du pays, lui qui déclara à Dublin : « I have come home to Ireland ». Et on y croit.

Aujourd’hui, après O’Bama l’Irlandais, c’est Mr. Président, le meilleur allié des sujets de Sa Grâcieuse Majesté. Ensuite, ce sera le populaire leader du monde libre au G8 de Deauville et puis le puissant protecteur de l’Europe de l’est à Varsovie. Tout cela n’est pas que de la « com ». Il s’agit d’un état d’esprit. Métis né à Hawaï d’un père africain, éduqué en Asie musulmane, faisant sa carrière dans l’Illinois, cet homme aurait pu être de nulle part, mais choisit de se sentir d’un peu partout. Il aurait pu se résigner à ne jamais trouver sa juste place, mais en conclut qu’il pourrait briguer n’importe quelle place. Même président des Etats-Unis. Et on y croit. Harold Gutman, l’ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, raconte que lorsque le sénateur Obama lui demanda de l’aider dans sa campagne à l’investiture, il n’avait pas devant lui un potentiel candidat, mais un futur président.
Le monde est son village, mais ne nous y trompons pas : ses lunettes sont celles du pays qu’il dirige. Ainsi, quand on l’interroge sur les guerres d’Irlande, il fait le lien avec le conflit israélo-palestinien. Le président espère convaincre ses partenaires européen de laisser les Etats-Unis à la manœuvre et de ne pas voter unilatéralement à l’ONU la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Bref, on n’aime ou pas Barack Obama, mais l’homme ne peut nous laisser indifférent. En effet, ce président dit quelque chose du monde qui advient en ce XXIe siècle. Non pas un monde sans conflits d’intérêts ou guerres – hélas – mais un monde métissé. Un monde où, pour être de quelque part, il faut aussi être un peu de partout. Un monde dont un des signes annonciateurs fut Jean-Paul II – l’infatigable berger de la planète-village.

Clarté, Nuances et Frères anti-bling-bling

J’étais heureux de lire la ministre CD&V Inge Vervotte dans les colonnes du Soir de ce WE (p.5) : « c’est un plaidoyer pour les nuances, contre la superficialité. Aujourd’hui, on nous demande de ne plus voir la complexité des choses. (…) Bien sûr, c’est plus facile de faire un Twitter avec cinq mots, où vous ne devez pas expliquer ce que vous voulez dire ».
Ce propos fait écho à ce que j’exprimais il y a quelques jours dans mon post : « Twitterpolitics et Banques Centrales ». Conjuguer clarté de vue et nuance du jugement, voilà un défi à opposer à ceux qui sombrent dans le simplisme. Commençant une enquête sur le néo-populisme, Olivier le Bussy (qui fut, dans une autre vie, Akéla de la meute dont j’étais l’aumônier) , conclut son édito dans la Libre du WE (p.64) par ces paroles : “Cessez de rire, charmante Elvire”, chantait Reggiani, évoquant “les loups qui envahissaient Paris”. Certes, les années 2010 ne sont pas les années 1930. L’ordre géopolitique et le paysage sociologique ont changé, des gardes-fous ont été dressés. Mais, aussi improbable que soit ce scénario, il faut, pour préserver les acquis d’une période de paix d’une longueur inédite, garder à l’esprit que le pire peut se produire. Et ces mots de Mitterrand : “Le nationalisme, c’est la guerre.” ».

Clarté de vue et sens de la nuance doivent diriger notre projet d’avenir comme inspirer notre regard sur le passé. Ce WE, des médias francophones s’indignaient de l’hommage rendu par certains flamands à la mémoire de Joris van Severen, tombé en 40 sous des balles françaises. Je n’ai guère de sympathie pour les idées nationalistes du personnage, mais je me retrouve davantage dans l’approche nuancée de Christian Laporte, qui écrit dans La Libre (ce lundi p.8): « Rien de tel, face à pareille controverse que de laisser la parole aux scientifiques plutôt que de tirer des conclusions définitives, sous le coup de l’émotion, qui pollueraient un débat qui doit rester strictement historique… ».
Prenons un autre exemple, pour illustrer mon propos : j’invite chacun à lire la « lettre aux Anglais » écrite en 1940 par Georges Bernanos, alors exilé au Brésil. Celui qui je considère comme un des plus grands écrivains chrétiens du XXe siècle s’y révèle d’une lucidité extrême. Bien avant d’autres – dont Mitterrand – ce catholique conservateur démasque l’imposture du régime bigot de Vichy. En même temps, au détour des lignes, on voit perler de-ci, de-là, les traces d’un pénible antijudaïsme. Le fait de reconnaître en Bernanos un grand écrivain et un visionnaire, n’empêche nullement de totalement se désolidariser de cet aspect de sa pensée du moment, tout en reconnaissant qu’elle était sans doute liée à une époque. Je le répète : la clarté d’un jugement n’empêche pas de prendre en compte la complexité humaine et donc, de s’exprimer en nuances.

C’est pourquoi, je salue à mon tour le cinéma des frères Dardenne. Dans un monde où la tentation de jugements-à-la-twitter nous guette, ils dépeignent l’humanité au plus proche de ses aspérités et contradictions. Voilà pourquoi, une profonde humanité se dégage de leur œuvre. Même quand la vie ou les choix transforment l’homme en moins-que-larve, celui-ci reste attiré par la lumière.
Malgré les éloges de la critique mondiale et les prix des successifs festivals de Cannes, pareil cinéma ne transformera pourtant jamais en milliardaires ces « frères anti-bling-bling ». Un film sur le peuple ne fait pas nécessairement un film populaire. Nous aimons trop le rêve pour aller voir un film qui fasse office de miroir, avec sa clarté et ses nuances. Je confesse d’ailleurs aller plus allègrement voir un James Bond plutôt qu’un film des frères Dardenne. Tout comme il est plus facile de passer 15 jours dans un club Méd., plutôt que de prendre le chemin de Compostelle. Reste à savoir ce qui, au bout du compte, marquera une vie. La beauté se trouve souvent du côté de l’exigence.

La Croix sans la Bannière

Je déjeunais il y a quelques jours avec un jeune philosophe de l’ULB (pour les Non-Belges : Université Libre – c’est-à-dire non-confessionnelle – de Bruxelles). Je trouve cet homme intelligent et d’une belle ouverture d’esprit. Bref, un libre-penseur authentiquement libre et penseur. A un moment donné, nous parlons de nos blogs respectifs et il me demande pourquoi j’ai choisi d’orner le mien d’une croix. Je lui réponds que je n’ai jamais mis mon identité en poche. De plus, cette photo me parle: l’océan atlantique au goût d’horizon, le rayon de soleil qui transperce de gros nuages – telle l’Esprit qui traverse notre opaque humanité – et puis, dressée à l’avant-plan, cette croix en pierre. « Stat crux dum volvitur orbis ». Telle est la devise des Chartreux : « Pendant que tourne la terre, la croix demeure ».

Signe d’un Dieu qui épouse notre humanité jusque dans la souffrance et la mort, la Croix n’a pas fini de nous interroger. Trop souvent, les hommes passent à côté de son questionnement, car à leur yeux la croix est identifiée à une bannière. A l’époque de la splendeur catholique, elle servait d’étendard à une Eglise triomphante. Aujourd’hui, elle serait plutôt un repoussoir pour nombre de ceux qui ont claqué la porte des sacristies. Cachez donc cette croix que je ne saurais voir…

Pourtant, la croix nous parle – que nous soyons chrétiens ou non, que nous nous disions croyants ou pas. Déjà sa simple apparence rappelle que l’humain se situe au croisement entre l’horizontal – notre dimension terrestre – et le vertical – notre aspiration spirituelle. Pour s’épanouir authentiquement, l’un ne peut jamais se vivre sans l’autre.
Mais le signe de la croix nous invite à creuser plus loin encore. Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus déclare : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». (Jean 14, 6) Le Chemin est celui de la croix : grandit en humanité celui qui aime, même dans la souffrance et le rejet. La Vérité est celle de la croix : un homme nu et humilié, cloué sur une potence, nous en dit plus sur Dieu et sur l’homme que tous les puissants de la terre. La Vie est celle de la croix :à l’époque du Christ, les philosophes stoïciens prêchaient le chemin de la morale et les philosophes épicuriens la voie du plaisir. Mais ni la seule morale, ni l’unique plaisir ne peuvent à eux seul combler le cœur de l’homme. Seul celui qui accepte d’aimer au risque de tout donner… et de tout perdre, découvre le chemin étroit et sinueux vers la plénitude et la paix. Ce que j’écris ici en quelques pauvres lignes, ne suffira pas à convaincre nombre de lecteurs. Tel n’est pas mon objectif. Je leur suggère simplement – qu’ils soient chrétiens ou pas, croyants ou non – de contempler désormais la croix, non pas comme une bannière, mais tel un signe qui interroge les cœurs et laboure les consciences.
« Stat crux dum volvitur orbis ».