Saint-Valentin – de Carnaval en Carême – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

Magie du calendrier : La Saint-Valentin tombe un w.-e. de Carnaval, quelques jours avant le début du Carême (Mercredi des Cendres).  L’amour humain est un Carnaval, qui se nourrit des bruits de la fête. Pour accrocher le cœur de sa Valentine, Valentin s’habille en prince et la fait rêver, le temps d’une excursion sur la lagune de Venise. Mais l’amour humain est aussi un Carême, qui parsème la vie de renoncements. Ainsi, Valentin prouve davantage encore son amour pour Valentine, lorsque – fatigué par sa journée de travail et craignant pour son emploi – il lui sourit et l’embrasse en franchissant le seuil d’entrée du domicile conjugal, avant de s’en aller encaisser stoïquement les reproches de ses enfants adolescents. La vie des couples oscille entre Carnaval et Carême. Et paradoxalement, ceci peut être source de joie. Voilà une vérité que, ni le puritain, ni le libertin, ne semblent comprendre. Le premier renonce à Eros pour Agapè. Le second sacrifie Agapè pour Eros. Le premier préfère le renoncement au désir. Le second assouvit ses désirs sans renoncement. L’un s’adonne à la bienséance. L’autre à la jouissance. Avec un même résultat: Parvenus à la maturité de l’âge, tous deux se retrouvent sans joie. Puritains et libertins étouffent sous un masque de Carnaval qui leur colle au visage : celui – respectivement – du clown blanc et de l’auguste. Ils ont oublié que Carnaval et Carême sont une seule séquence. Que Eros et Agapè sont les facettes de l’unique Amour.

 

Quand Le Chat relit Hebdo… (Réaction amicale à une interview de Philippe Geluck)

Philippe Geluck a réagi négativement à la couverture de Charlie Hebdo. Christophe Conte signe un « Billet dur » en page 3 du magazine « Les Inrockuptibles », où il critique durement cette attitude. Dans une interview, parue le vendredi 30 janvier dans les colonnes du quotidien « Le Soir » Geluck se défend. Je vous invite à lire celle-ci ci-dessous, avant de découvrir ma réaction juste après. J’ai de la sympathie pour la sincérité du papa du Chat, mais…

Geluck: «Je ne suis pas prêt à mourir pour un dessin» – Le Soir 30 janvier

Une semaine après les attentats contre Charlie Hebdo, Philippe Geluck était invité par Europe 1 à commenter la Une du nouveau numéro du magazine satirique, où Mahomet décidait de tout pardonner avec une larme dans l’œil. Sur les ondes, Philippe Geluck estimait que si «  la liberté d’expression est totale chez nous, elle ne devait pas, pour autant, nier une certaine responsabilité ». Il jugeait cette couverture «  dangereuse  », tout en affirmant la «  comprendre  ». L’éditorialiste des Inrocks, Christophe Conte, traitait aussitôt le caricaturiste belge de «  lâche  » dans son « billet dur » hebdomadaire. «  Philou, je crois que tu n’as rien compris, écrivait Christophe Conte. Ni à cette couverture digne et bouleversante, ni à son caractère profondément respectueux, ni à la complexité en abyme de son message, ni à la désolation sensible de son auteur, encore moins à la nécessité impériale de faire front au moment le plus épineux, le plus tragique sans doute, de toute l’histoire française du dessin de presse ». Le créateur du Chat répond aux Inrocks dans Le Soir.

Deux semaines après la sortie du « Charlie Hebdo », vous maintenez que cette couverture est « dangereuse » ? Sur Europe 1, j’ai réagi à chaud. Je découvrais le dessin dans l’émission. J’ai été troublé de voir ce que Luz avait dessiné. Il a dû réaliser ce dessin dans des conditions épouvantables, au milieu d’un chagrin immense. Je salue donc la performance mais pas forcément le contenu. Ce n’est pas parce que des caricaturistes ont été assassinés de manière innommable que cette couverture est forcément fabuleuse sinon où est la confrontation des idées ? Cette Une s’inscrit dans la logique de la démarche éditoriale de Charlie Hebdo mais je trouve qu’il aurait mieux valu être dans la réflexion, plutôt que dans la réaction. Je ne retire pas un mot à ce que j’ai dit sur Europe 1. Je comprends ce dessin mais je le trouve toujours dangereux.

En quoi ce dessin peut-il être considéré comme un danger ? Depuis le début de l’affaire des caricatures de Mahomet, en 2006, je pense qu’il faut arrêter avec ce genre de provocation. Sur internet, les dessins se diffusent et se lisent partout en quelques minutes avec le risque de provoquer d’autres heurts et d’autres morts. Pour comprendre les caricatures d’un journal satirique comme Charlie Hebdo, il faut être éduqué à décoder le second et le troisième degré. La liberté d’expression, nous avons mis des siècles à la conquérir. Il existe des tas d’autres pays, d’autres cultures, où la liberté totale de ces dessins ne peut pas être comprise. C’est dans ce sens, que j’estime que les caricaturistes ont une responsabilité. Attention, je ne veux pas entrer dans un débat liberticide. Je veux juste insister sur la nécessité de faire preuve de réflexion, de pédagogie pour ne pas se tromper de cible.

Ne risque-t-on pas de basculer rapidement dans l’autocensure ? Les auteurs de Charlie sont farouchement contre les extrémistes, les intolérants, les fascistes. Mais en caricaturant le Prophète, ils blessent la majorité des musulmans, y compris ceux qui sont sincèrement en faveur de la liberté d’expression. Ce genre de couverture provoque des dégâts collatéraux. On braque des gens qui devraient être des alliés. J’ai parlé avec beaucoup de musulmans et ils se sentent blessés. Sur Maghreb TV, on m’a remercié pour ma sagesse. Les musulmans sont aussi exaspérés que nous par les intégristes religieux mais ils ont été à la fois horrifiés par les attentats et blessés par les caricatures.

Vous-même avez signé de nombreux dessins contre le port du niqab. Vous n’en ferez plus ? Bien sûr que si ! Je peux rire avec des musulmans sur les dérives du niqab. Maghreb TV a d’ailleurs repris certains de mes dessins sur le niqab. Dans ces dessins-là, j’attaque avant tout le fanatisme. Je pointe les atteintes aux droits de l’homme et de la femme. C’est du dessin humaniste. Le Prophète, c’est autre chose. Là, on touche au tabou absolu. J’ai certes publié un album de caricatures sur la Bible mais les catholiques ne brûlent plus les hérétiques. Si j’avais fait ce livre il y a cinq cents ans, j’aurais sans doute été contraint d’utiliser des chemins plus détournés pour ne pas perdre la vie.

Charb, le rédacteur en chef de « Charlie Hebdo » risquait sa vie à chaque numéro. Vous n’êtes pas prêt à aller jusque-là pour défendre la liberté d’expression ? Non, je ne suis pas prêt à mourir pour un dessin car je me sens plus utile vivant. Je me sens plus proche de Cavanna, un des pères fondateurs de Charlie Hebdo, que de Charb. En pleine guerre froide, au moment où l’Europe risquait de basculer sous domination soviétique, il avait dit : « Plutôt rouge que mort ». Dans le Nouvel Observateur, Delfeil de Ton, un autre ancien de Charlie, a écrit après les attentats : « Je t’en veux vraiment, Charb », lui reprochant d’avoir entraîné la rédaction dans la surenchère. Il s’est fait allumer comme moi. J’en reviens au point de départ : tout ne doit pas être réduit à de la satire violente. Il n’y a pas de lâcheté là-dedans. Il faut éviter de heurter les plus faibles, dont les pacifistes musulmans font partie. Je ne partage pas leur foi mais si je rentre dans une mosquée, j’enlève mes chaussures.

Ma réaction amicale: Quand Le Chat relit Hebdo…

« Etre ou ne pas être Charlie ? » Après le temps de l’indignation unanime, chacun y va de sa nuance et de son couplet. Aux extrêmes – il y a, d’une part les adeptes d’une loi sur le blasphème et de l’autre, les avocats du droit absolu à gratuitement choquer. Entre les deux, se retrouve la majorité d’entre nous. Ceux qui sont Charlie, parce qu’on ne transige pas avec la liberté d’expression ; mais qui n’agissent pas forcément en Charlie, afin de ne pas choquer inutilement le voisin. Philippe Geluck fait partie de ceux-là. Tout comme moi – qui refuse la censure, mais n’achète pas Charlie Hebdo. Parce que, si chacun a le droit de faire rire de tout, personne n’est obligé de rire de tout.

Mais – et c’est ici que cela se complique – faut-il parfois s’autocensurer ? Faut-il, comme l’exprimait Geluck ce vendredi dans les colonnes du Soir, ne pas publier de caricatures du prophète, car « il existe des tas d’autres pays, d’autres cultures, où la liberté totale de ces dessins ne peut pas être comprise ». Et, si oui, comment concilier cette prise de position, avec ce que l’auteur du Chat ajoute : « J’ai certes publié un album de caricatures sur la Bible, mais les catholiques ne brûlent plus les hérétiques ». Choquer les cathos serait donc légitime, car ceux-ci ne sont plus violents. Par contre, il s’agirait de ménager la susceptibilité des musulmans, car « il faut éviter de heurter les plus faibles, dont les pacifistes musulmans font partie ». Les chrétiens du Niger, dont les « Anti-Charlie » ont brûlé les églises, ne font-ils pas également partie des plus faibles ? Pourquoi respecter ce qui est sacré pour les uns et se moquer de ce qui est saint pour les autres ? Tel ce journaliste proche de l’ULB, m’expliquant avoir gueulé (ce que je comprends) contre une médaille commémorative de la ‘Saint-V’, parce que celle-ci représentait un sioniste portant la svastika, mais ajoutant le sourire en coin : « Un pape se faisant sodomiser, je n’aurais rien dit – ça, c’est du folklore ». Deux poids deux mesures, donc. Il est heureux que la majorité des chrétiens ne soient plus menaçants. Faut-il pour autant moins les respecter? Comme quoi, notre belle cohérence occidentale se vit à géométrie variable.

Mon avis sur tout ceci ? Théologiquement, je ne saisis pas en quoi dessiner le prophète Mohammed serait haram, d’autant plus qu’il fut représenté au cours de l’histoire. Mais je ne chercherai pas à choquer ceux qui le pensent. Par contre, jamais je n’accepterai qu’un prof de biologie renonce à enseigner la théorie de l’évolution, pour ménager certains de ses élèves musulmans. Où placer la limite au respect des susceptibilités et pourquoi ? Le débat est délicat, mais ce n’est pas aider l’islam que de l’aborder avec plus de pincettes que d’autres religions ou philosophies. La position de Philippe Geluck est sincère et mérite le respect. Mais elle manque de cohérence.

Si en Occident il ne serait pas superflu que certains esprits libres cultivent le respect du sacré – musulman, juif, laïque,… et aussi chrétien – en Orient il est urgent de retrouver un certain sens du second degré. Car le scandale, ce n’est pas d’abord la couverture de Luz dans Charlie Hebdo, mais bien le nombre de morts qu’elle a causée. Par respect pour les musulmans, je refuse de croire qu’il faudra cinq siècles de plus, pour que l’immense majorité d’entre eux le comprennent – comme bon nombre le font déjà.

Le papa du Chat a l’honnêteté de nous livrer la raison profonde de son attitude : «Je me sens plus proche de Cavanna, un des pères fondateurs de Charlie Hebdo, que de Charb. En pleine guerre froide, au moment où l’Europe risquait de basculer sous domination soviétique, il avait dit : Plutôt rouge que mort ». En la matière, ma référence serait plutôt Harry Potter. Parce que le petit sorcier ose appeler « Vous-savez-qui » par son nom de « Voldemort » – et cela, quel que soit le risque à courir et le prix à payer.

 

 

« Jésus prie » – 5e dimanche de l’Année, Année B

« Le lendemain, bien avant l’aube, Jésus le leva. Il sortit et alla dans un endroit désert, et là il priait ». (Marc 1, 29-39)

La semaine dernière, ce qui frappait ceux qui écoutaient Jésus, était le fait qu’Il enseignait « avec autorité ». Ce dimanche, l’évangéliste souligne un autre trait de la personnalité du Fils de l’homme : « il priait ».

En ce temps-là, la prière collective au temple ou à la synagogue était familière aux Juifs, mais cette forme solitaire de prière – ce « cœur à cœur » dans un lieu désert avec le Père – cela frappait les esprits. Et même – cela dérangeait un peu : « Tout le monde te cherche », lui lance Simon, comme en reproche. Comprenez : « Tu es une vedette maintenant. Alors, va dans la lumière ! ». Mais non, le Christ se retire longuement pour communier à son Père dans l’Esprit. Ce faisant, Il se plonge spirituellement dans la Source de son être et identité.

Si le Fils de Dieu, ressentait dans son humanité le besoin de régulièrement se retirer pour longuement prier, cela nous rappelle que la prière individuelle est vitale pour réveiller la grâce de notre baptême. Nous objectons si facilement : « Je n’ai pas le temps de prier ». La vérité est que nous ne prenons pas le temps de prier. Déjà, rien que 10 minutes de prière solitaire tous les jours – cela change une vie. Sur 24 heures, qui d’entre nous n’a même pas 10 petites minutes à consacrer à Dieu ?

Le Grand Homme – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue cette semaine en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

Ce vendredi 30 janvier, le Royaume-Uni communiera à la mémoire du Grand Homme, en revivant les funérailles nationales qu’il reçut un demi-siècle plus tôt. Sur la Tamise, le Havengore – bateau fluvial qui transporta son cercueil – empruntera le même trajet qu’il y a 50 ans d’ici. Une fois encore, les ponts de Londres s’ouvriront sur son passage, avant que la Nation ne lui rende hommage au Parlement.

Ceux qui me lisent régulièrement savent que quand j’écris « le Grand Homme » – sans davantage préciser – il s’agit de Winston Churchill. Idolâtrie mal placée ? Le Grand Homme n’était pas dépourvu de failles personnelles et sa carrière fut émaillée d’erreurs d’appréciation et d’échecs. Mais en ’40, son refus de pactiser avec le diable nazi sauva le monde de l’abîme. De plus, il s’agit d’une personnalité géniale et attachante, qui marqua le XXe siècle bien au-delà de sa lutte à mort avec Hitler. Tout cela suffit-il pour en faire une icône ? D’autres politiques se sont révélés depuis. Ainsi – au cours de la crise Charlie Hebdo – le Président français, ainsi que son Premier ministre et son Ministre de l’intérieur, ont agi en parfait hommes d’état.  Alors pourquoi cet engouement posthume pour « le Grand Homme » ? Parce qu’il fit face aux pires dangers avec un courage aussi tranquille que résolu. Parce qu’un demi-siècle plus tard – alors qu’une menace terroriste diffuse et mondialisée nous tenaille – notre pire ennemi reste la peur.

Réponse à une interpellation

Début janvier, j’ai publié un court commentaire à une interview de Mgr Bonny au quotidien De Morgen, qui fit pas mal de bruit. Un lecture attentif de ce blog m’envoya une longue interpellation. Par manque de temps, et aussi pour sortir de la surchauffe émotionnelle, je ne réagis que maintenant :

Interpellation :
Premier constat : tu as pu aller à la source. Toutes mes demandes de contact auprès de Mgr Bonny sont restées sans réponse. Si ce n’est celle d’Olivier Lins, son secrétaire.
Il m’a dit avoir transféré mon email à Mgr Bonny. J’ai en effet souhaité entrer en dialogue. Sans succès. Mgr Bonny a dû réagir « en tribu ». Je reste donc avec mes questions. (voir ci-dessous). Par ailleurs, je suis en contact avec des personnes homosexuelles. Athées, cathos, cathos pratiquant l’homosexualité ou personnes à tendance homosexuelle catholiques pratiquantes. Bref en dialogue, comme tu dis. Ils ne sont pas de ma tribu, cela ne m’empêche pas d’échanger avec eux.
En ce qui concerne le fond. Je lis dans ton post « Il a simplement posé la question d’une forme de reconnaissance au sein de la communauté catholique de la réalité que vivent des couples homosexuels stables et fidèles ». Ce n’est pas ce que j’ai lu. Mgr Bonny a demandé une reconnaissance FORMELLE de la relationalité. Voici ses mots : « Nous devons, en effet, chercher une reconnaissance formelle de la « relationalité » présente chez beaucoup de couples holebis croyants. Cela doit-il être une reconnaissance sacramentelle du mariage ? Peut-être que l’Église devrait plutôt réfléchir à la diversité de forme de reconnaissance. Cette discussion est la même pour le mariage civil. En Belgique, il existe le même modèle pour les relations hommes femmes que pour les relations homosexuelles. Mais il existe d’autres possibilités, qui selon moi, sont autant valables. Il n’est peut-être pas nécessaire de mettre toutes les relations dans le même modèle »

Quelques questions/réflexions :

  1. C’est quoi une relationalité ? Inconnu au dictionnaire. Pour être en dialogue, une condition est de parler clair. La novlangue est connue pour sa vertu d’orientation de la pensée en pervertissant la réalité. Quand je Google le mot relationalité, le premier résultat me conduit à http://methodos.revues.org/2603 Butler (la papesse du genre) face à Hégel. Tout un programme.
  2. C’est quoi un couple bisexuel ? Mgr Bonny veut-il parler d’un trouple ? Un couple à trois? Un homme deux femmes ou deux hommes une femme ou un transsexuel et un homme et une femme ou… C’est cette pratique qu’il souhaite faire reconnaître formellement par l’Eglise catholique ?
  3. Si je lis bien le mariage homosexuel est autant valable qu’une autre possibilité (genre PACS?). Est-ce à dire que Mgr Bonny reconnaît la valeur du mariage homosexuel (civil) ? Ce qui est le plus frappant, c’est qu’à aucun moment Mgr Bonny ne donne la position de l’Eglise sur la pratique de l’homosexualité. Il est clair à ce sujet (cfr CEC 2337 à 2359 ici : http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P80.HTM). Il est très malheureux de dissocier l’amour de la vérité. Ce n’est pas qu’une question d’homosexualité. Dans son document de 25 pages livré avant le synode, Mgr Bonny avait ouvert aussi la porte au concubinage avant le mariage. On voit bien qu’il y a une énorme difficulté par rapport à l’exigence de la chasteté en général (chasteté, contraception,…). Il y a une énorme différence entre faire des compromis dans nos vies (on en fait tous) et un compromis de principe (considérer que ce que je fais de mal est bien au lieu de reconnaître la réalité). Nous connaissons bien le passage de la femme adultère ou de la Samaritaine. Jésus accueille la personne comme elle est. Mais il échange en vérité avec les personnes. Il dit son péché. Et il l’appelle à se convertir. Il dit : « « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Saint Jean, 8 – 12). Très clairement, omettre d’annoncer l’enseignement de l’Eglise est un manquement grave à la charité. Comment un fidèle peut-il suivre le Christ si on ne lui montre pas le chemin? Ceci est vrai pour tout catholique mais certainement plus pour un prêtre et encore plus pour un évêque. Ce dernier a reçu la mission de fortifier ses fidèles dans la foi de l’Eglise catholique. La réalité du soutien au sein des couples homosexuels. En ce qui concerne la réalité positive du soutien réciproque au sein de couples homosexuels, voici ce que dit le rapport non final dit Relatio post disceptationem (http://press.vatican.va/content/salastampa/fr/bollettino/pubblico/2014/10/13/0751/03037.html) : « 52. Sans nier les problématiques morales liées aux unions homosexuelles, on prend acte qu’il existe des cas où le soutien réciproque jusqu’au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires. » Il y a bien ici une expression de la problématique morale. Ce qui est absent du discours de Mgr Bonny. Comme tu le dis, ce texte a été rejeté dans le rapport final car passé sous le quota des 2/3. Le rapport final est ici (http://www.vatican.va/roman_curia/synod/documents/rc_synod_doc_20141018_relatio-synodi-familia_fr.html). Le fait que plus de 50% des participants aient voté pour ce texte est tristement révélateur et affligeant. Mais ceci est une autre affaire. Mgr Bonny ne fait pas que prendre acte de l’existence de ce soutien, il veut une reconnaissance formelle de la relationnalité. Ce qui représente donc une étape de plus que le texte rejeté des pères synodaux. Je ne connais pas le principe d’Oikonomia cher aux chrétiens orthodoxes. Il m’intéresse beaucoup. Il allie apparemment bien la vérité et la charité. Ce que ne fait pas Mgr Bonny, faut-il encore le rappeler.

Gestion des cas délicats dans une famille La question de la gestion des relations avec un membre divorcé remarié (mais on peut aussi prendre le cas du concubinage) au sein d’une famille catholique pratiquante pour une grande fête chrétienne (tu cites Noël) est délicate. Chaque situation appelle une position. Ce qui sera capital dans toutes les
circonstances est la clarté à maintenir sur la vérité de la situation (on ne transige pas avec l’exigence). En fonction de l’âge des autres membres de la famille et de l’influence que la situation peut avoir sur eux, une certaine réserve peut être nécessaire. Il pourra être plus approprié de maintenir ces rencontres dans un contexte différent. Le mot reconnaître a plusieurs sens. Il va de l’identification à l’acceptation. Reconnaître dans le sens de constater (ce que tu sembles dire) sans approuver n’a de nouveau rien à voir avec une reconnaissance formelle demandée par Mgr Bonny.
Parcours cabossé. Nous sommes tous pécheurs et moi le premier. Je ne pense cependant pas qu’il soit correct de mettre dans le même sac une personne qui vit dans un état de péché public et permanent et celui qui pèche par occasion (« chacun de nos parcours est cabossé »). Evidemment ceci nécessite que ce premier en soit conscient.
Il faut donc que quelqu’un qui connait l’enseignement de l’Eglise le lui ait dit avec charité. Et pour cela il ne faut pas taire l’exigence.
Les bisexuels. Le cas des couples hétéros vivant une double vie homosexuelle. Que tu ne condamnes pas les personnes est une chose compréhensible (c’est ce qu’enseigne l’Eglise), mais ne pas parler de la faute grave de l’adultère est assez préoccupant. Est-il préférable de vivre cette relation homosexuelle au grand jour ? Ni l’un ni l’autre !
Le dialogue se poursuit « La piste lancée par Mgr Bonny est ouverte à la contradiction ». A ce jour je ne vois aucune contradiction francophone d’un prêtre, d’un évêque, d’un professeur en théologie, en morale, en pastorale familiale, d’un responsable de communauté, … sur le fond. Dans ton billet, je ne lis pas quelle est ta position à toi sur ces questions. Je vois cependant que des jeunes laïcs réagissent sur le fond. C’est une chose de dire que les uns sont pour, les autres sont contre, d’autres encore ni pour ni totalement contre, que certains hétéros sont homos en cachette, que d’autres finissent par accueillir chaleureusement leur enfant homosexuel à Noël, … Mais au lieu de cet inventaire des avis des uns et des autres, ce qui m’intéresse c’est de savoir comment tu réponds toi sur le fond à ces sujets soulevés par Mgr Bonny. Es-tu pour un changement de la position de l’Eglise catholique tel que repris dans le catéchisme ? Ou bien es-tu favorable au maintien de l’enseignement de l’Eglise mais à la recherche de solutions pastorales pour les cas compliqués (divorcés remariés, couple homosexuels, … catholiques) ? En somme répondre aux questions du type : est-ce qu’un divorcé remarié peut enseigner le catéchisme, est-ce qu’une personne vivant en concubinage peut être responsable de la préparation au baptême, etc. … Le dialogue est ouvert.

Réponse :
Je ne vais pas faire l’exégèse de l’interview de Mgr Bonny sur le sens de « reconnaissance formelle de relationnalité », car je ne suis pas son porte-parole. Tout ce que je puis te confirmer, c’est qu’il m’a écrit qu’on lui avait transmis ma contribution sur le blog et qu’elle correspondait fort bien à ce qu’il a voulu dire. Il va de soi qu’il n’a jamais parlé de couples bisexuels – car cela n’existe pas. La notion ‘holebi’ en Flandre correspond à notre terme gays et lesbiennes. Rien de plus.

Tu écris « Il est très malheureux de dissocier l’amour de la vérité ». Je pense que c’est un peu court. L’évêque a essayé de réagir en pasteur. Et crois-moi, un pasteur ne réfléchit pas en « tribu », comme tu sembles penser. Il accueille l’humanité dans sa complexité et essaie d’annoncer l’Evangile. Bien sûr qu’il est plus facile de citer tel ou tel n° du catéchisme universel, en se rassurant que l’on a « annoncé la vérité dans la charité ». Peut-être suis-je un prêtre lâche et indigne, mais je n’ai jamais fonctionné comme ça. Le Pape François rappelle que « la réalité est plus importante que l’idée ». Cela ne veut pas dire que les préceptes de l’Eglise sont secondaires. Mais qu’il s’agit dabord d’accueillir les personnes. Tu dis encore « on ne transige pas avec les exigences ». J’ai connu un homme – âgé aujourd’hui – qui me répétait cela souvent. Devenu adulte, un de ses enfants m’a un jour craché toute sa colère au visage. Oui – il respectait les « exigences » du catéchisme, mais il était dur avec sa famille. Et combien de fois n’a-t-il pas mis la vie de sa famille en danger, en roulant trop vite et en ayant bu plus que de raison ? Bref, cet homme voyait la paille chez le voisin, mais pas la poutre dans son œil. Cela m’a rendu prudent. Et je ne suis pas de ceux qui « transigent avec les exigences ». Je suis exigent, mais aussi bienveillant. A cet égard, je me retrouve bien dans ce passage du texte de nos évêques, qui date de 1998 – bien avant la législation belge sur le mariage civil pour personnes homosexuelles – et bien avant que Mgr Bonny soit évêque, mais bien Mgr Léonard : « Nous sommes conscients de la condition malaisée de certaines personnes homosexuelles. Parfois ces personnes aspirent réellement à une vie commune durable et exclusive, mais elles ne peuvent pas sceller leur union en contractant mariage. Nous pouvons comprendre qu’elles demandent instamment un statut particulier reconnu par le droit et par la société, avec des droits et des devoirs réciproques. Mais ceci reste une disposition purement légale, nullement un équivalent du mariage ». (Choisir le mariage, octobre 1998, p.21.)

Tu me demandes ce qu’est le principe d’Oikonomia ? Pour les orthodoxes, l’Évangile est porteur d’une exigence de sainteté qu’il ne s’agit pas de banaliser. Cependant, la nature humaine est fragile, ce que les responsables d’Église ne peuvent ignorer, car trop de rigueur détourne les âmes du Christ. Les évêques ont dès lors pour mission d’agir en « économes » de la grâce d’un Dieu, dont la miséricorde rejoint l’homme jusque dans ses échecs et son péché. « L’économie » n’est pas une exception faite à la loi ecclésiastique. Elle prend acte de situations « hors-la-loi » en vue du bien spirituel de ceux que les circonstances de la vie ont éloignés de l’idéal évangélique. L’Occident n’est pas habitué à ce genre de réflexion. Chez nous, une loi doit être appliquée, sauf dispense préalable. Quand la règle n’est plus applicable, il faut la modifier. Le principe orthodoxe d’économie raisonne en d’autres termes. Il voit en l’idéal de l’Évangile non pas une pratique à appliquer, mais une loi de sainteté. Confrontée à notre humanité, pareille loi se trouve régulièrement en décalage avec la réalité. C’est donc aux pasteurs que revient la charge de veiller à ce que, tout en ne dénigrant pas la loi, certaines situations humainement bloquées ne se transforment pas en impasses spirituelles.
Je suis depuis de nombreuses années collaborateur dans les causes de « déclarations de nullité de mariage ». Parfois, un époux responsable de l’échec de son couple, obtient la déclaration – parce que son mariage n’était pas valide. Il peut se remarier en pleine communion. Ce n’est pas évident à expliquer à l’époux d’un mariage valide, abandonné sans responsabilité de sa part, et qui refait sa vie – se trouvant durablement en irrégularité. Alors oui – je trouve le principe orthodoxe d’« économie » sage et humain.

Merci pour le dialogue, mais quelque chose me gêne dans le ton que tu utilises. Quand j’étais séminariste et jeune prêtre, je rencontrais déjà ce ton « militant et revendicateur » chez certains catholiques d’avant-garde. Souvent, ils fonctionnaient en meute et avaient un regard dur pour tous ceux – surtout évêques – qui n’entraient pas dans ce qu’ils avaient décrété « l’esprit du Concile ». J’ai eu souvent affaire à eux, car je n’ai jamais voulu entrer dans leur « tribu ». Je retrouve exactement le même ton, la même dureté vis-à-vis d’autres évêques, aujourd’hui chez d’autres catholiques – cette fois au nom de «  la lettre du catéchisme ». Le point commun entre ces deux clans – qu’apparemment tout oppose ? Un esprit de système, plutôt qu’une dynamique de l’Esprit. Je bénis donc le Ciel de n’avoir jamais voulu appartenir à une « tribu ». En cela, j’ai au moins un point en commun avec Notre-Seigneur. C’est déjà ça…
En ce qui me concerne, notre dialogue se clôt ici. Je ne prétends pas avoir raison. J’ai simplement essayé de partager ma façon de voir. Je ne réagirai pas davantage sur cette question, par manque de temps. Prions l’un pour l’autre.
Eric

Blog: bilan du mois de janvier

Ce blog a été ouvert le 11 mars 2011. En janvier 2012, il reçut 3143 visites pour 4815 pages visionnées. En janvier 2013, il reçut 3891 visites pour 5419 pages vues. En janvier 2014, il reçut 2251 visites pour 3481 pages vues. Ce mois de janvier 2015, il reçut 6958 visites pour 10066 pages vues. Le drame « Charlie », abondamment commenté – explique pareil regain d’audience.

Le lectorat belge compte 5698 visites. La France suit avec 683 visites et le Canada avec 135 visites.

L’article le plus fréquenté fut « C’est Voltaire qu’on assassine » du 7 janvier avec 1781 visites. Vient ensuite « Nous sommes tous Charlie Hebdo », toujours du 7 janvier avec 779 visites et « Quand la France se réveilla » du 11 janvier avec 396 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

« Jésus fait autorité » – 4e dimanche de l’Année, Année B

« On était frappé par son enseignement, car Il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes ». (Marc 1, 21-28)

Une chose frappe son auditoire: Jésus n’enseigne pas comme les scribes qui commentaient les écritures en se référant à d’autres scribes. Non, Il parle en homme qui a autorité – qui est « auteur » de Sa parole : « On vous a dit… Eh bien, moi je vous dit » (Matthieu 5, 21). Ce qu’Il dit ne sort pas des livres, mais du tréfonds de Son âme. Pareille autorité Lui donne de poser les gestes qui annoncent le Royaume – c’est-à-dire de « guérir » – et cela, même un saint jour de repos – car « le Fils de l’homme est Maître, même du Sabbat » (Marc 2, 28).

D’où cela lui vient-il ? Le Christ répond : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé » (Luc  4,18).

Nous ne sommes pas le Christ, mais – en tant que baptisés – nous avons part à son Esprit. Demandons donc à l’Esprit de nous remplir de l’autorité du Seigneur. Non pas pour devenir « autoritaires », mais pour – à notre tour – être témoin de la Bonne Nouvelle.

Auschwitz – 70 ans

Que mes yeux ruissellent de larmes nuit et jour, sans s’arrêter 
Elle est blessée d’une grande blessure, la vierge, la fille de mon peuple, meurtrie d’une plaie profonde.
Si je sors dans la campagne, voici les victimes de l’épée ;
si j’entre dans la ville, voici les souffrants de la faim.
Même le prophète, même le prêtre parcourent le pays sans comprendre.
As-tu donc rejeté Juda ?
Es-tu pris de dégoût pour Sion ?
Pourquoi nous frapper sans remède ?
Nous attendions la paix, et rien de bon 
le temps du remède, et voici l’épouvante
(Jérémie 14 17-19)

(Extrait de « Credo politique », éditions Fidélité)
C’est précisément cela qui rend l’épopée nazie si froidement monstrueuse. L’odieuse aventure séduit des millions de « gens biens » qui nous ressemblent. Le délire collectif nazi était un cancer qui se nourrissait des « bons côtés » du peuple allemand : la fierté nationale, le sens de la communauté, le besoin d’ordre et de sécurité, la discipline, la conscience professionnelle, etc. D’où cette gêne qui accompagna, après la guerre, le jugement de nombre de bourreaux de l’holocauste. C’étaient pour la plupart des fonctionnaires qui avaient mis un point d’honneur à ce que « leur travail soit bien fait ». Ainsi écrivait Hannah Arendt lors du procès d’Eichmann : « Il eût été réconfortant de croire qu’Eichmann était un monstre ». Pourtant, beaucoup lui ressemblaient « ni pervers, ni sadiques ». Ces gens étaient « effroyablement normaux ».

C’est sans aucun doute une des plus dures leçons que le nazisme laisse à notre devoir de mémoire : il rappelle aux hommes que la Bête dort en eux. Qu’il suffit de bien peu de choses pour que celle-ci se réveille et dévore leur part d’humanité. Quelle que soit notre croyance ou incroyance, l’enjeu de la résistance à pareil naufrage est d’ordre spirituel.

La haine du Juif, qui catalysa les énergies nazies, est révélatrice à cet égard. Plus que tout autre peuple, les Juifs sont marqués d’une empreinte symbolique qui est d’ordre spirituel. Au cours des siècles, l’identité juive fut forgée par le sentiment d’être le sujet d’une alliance divine. Cette conscience vive constitua le peuple ainsi élu et, d’une certaine façon, le mit à part du genre humain. Cela, la « normalité nazie » ne pouvait le souffrir : le Volk se devait monolithique. Et l’esprit qui animait ce Volk ne pouvait venir que du bas, soit des forces vitales qui pressent un peuple à se déployer sans autres barrières morales que le droit du plus fort. L’esprit du peuple juif, lui, vient du haut. Il porte en ses entrailles la question posée à Caïn : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »

Que, selon leurs convictions, les hommes divergent sur l’origine – divine ou non – d’une telle parole n’est pas fondamental. À condition de reconnaître que c’est la libre soumission à pareille Parole qui rend l’homme authentiquement humain. À condition aussi d’avoir l’humble lucidité de s’avouer que ce combat-là n’est jamais gagné une fois pour toutes. À tout moment, la Bête peut se réveiller. Tapie au plus noir de chacune de nos âmes, elle somnole en effet d’un sommeil léger.

Il y a cinquante ans, Churchill… – La Libre 23 janvier p.55

Ce vendredi 23 janvier, veille du 50° anniversaire de la mort du Grand Homme, est parue ma chronique du mois de décembre dans le quotidien La Libre en p.55.

Pour lire cette chronique, cliquez sur « Il y a cinquante ans, Churchill… ».

Merci à la rédaction de La Libre de m’offrir cet espace d’expression.

 

 

Syriza – ‘Und jetzt?’

Victoire de ‘Syriza’ en Grèce… Avant celle de ‘Podemos’ en Espagne d’ici quelques mois ?

Und jetzt ?’ –  « Et maintenant ? » – doivent penser très fort nombre de décideurs européens.

Hypothèse optimiste : Après le récent audacieux mouvement de ‘quantitative easing’ (relance des liquidités) de la Banque Centrale Européenne, l’Europe entame une politique de grands investissements publics et de renégociation générale de la dette de ses membres (pour rappel : en 1953, les créanciers de l’Allemagne ont éliminé sa dette – afin de permettre sa relance). Prix à payer: une inflation à maitriser.

Hypothèse possible : Une politique de marchandage et de « ni… ni… » se met en place. Personne n’est satisfait. Tout le monde y perd. ‘Syriza’ ne peut tenir ses promesses électorales. ‘Aube dorée’ en profite. La valeur de l’euro d’Europe du nord se détache totalement de celle de l’euro d’Europe du sud. Les spéculateurs se réveillent. L’Union européenne ressemble davantage encore à un gros invertébré, qui encaisse les chocs sans trop de réactivité. Ceux qui ont intérêt à une Europe faible, sont vainqueurs.

Hypothèse pessimiste : La Grèce sort de l’euro, avant d’autres pays. L’Union n’est plus qu’une zone de libre-échange commercial, sans vraie politique commune. En ce début de XXIe siècle, elle ressemble aux villes grecques atomisées deux millénaires plus tôt, alors que l’empire romain s’affaiblissait face à d’autres puissances venues d’Orient. Bref – la Grèce, encore et toujours.