« Jeu collectif » – 23° dimanche, Année A

« Si ton frère a commis un péché, va lui parler » (Mt 18, 15-20)

Si le christianisme était un sport, il serait un sport collectif. C’est ensemble que les baptisés vivent du Christ et non pas chacun dans son coin – jouant à qui sera le meilleur chrétien de la classe. Ainsi, la parole que Dieu adresse au prophète Ezéchiel (1° lecture) : « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur ». En ce début de XXIe siècle, les progrès de la société n’ont pas libéré l’homme de sa conscience. Les mêmes questions qu’à l’époque d’Ezéchiel résonnent dans les cœurs : « Quel est le sens de l’existence ? Comment réussir sa vie ? Quel est le secret du bonheur ? » Les disciples du Christ se doivent donc d’être des « guetteurs » – des femmes et hommes capables de saisir l’enjeu spirituel des choses, d’avertir des impasses, d’inviter à une « conversion » – c’est-à-dire à un retournement de perspective. « Si ton frère a commis un péché, va lui parler », enseigne l’Evangile. Mais attention à la caricature. Sans l’Esprit, le « guetteur » devient vite une éternelle belle-mère, un insupportable donneur de leçons,…. Vous savez, ces braves personnes qui ont à la bouche en toute circonstance, une parole assassine du genre : « Je te l’avais bien dit… » D’où l’avertissement de saint Paul dans son épitre aux Romains (2° lecture) : « L’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour ». Soyons des guetteurs de l’amour. Mettons-nous à l’école de l’Esprit. En ce temps de rentrée scolaire, voilà bien une école ouverte tous les jours et à tous les âges. Une école de la réussite – où les baptisés restent élèves à vie.

Les héros de la rentrée – M… Belgique p.65

Ci-dessous ma chronique parue en p.65 dans l’hebdo M… Belgique de cette semaine. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression:

Il y a ces enfants qui, sous la pluie,  portent des cartables trop lourds. Les petits et les grands. Les gros et les maigres. Les dents cassées et les regards timides. Les cancres et les brillants. Les sages et les espiègles. Ceux qui essayeront cette année de mieux réussir en math. Et, peut-être aussi, de se retrouver moins seuls à la récré. Et puis, il y a ces profs qui retournent en classe. Les profs sévères et les profs ‘cools’. Ceux qui ont de l’autorité et ceux qui se laissent marcher sur les pieds. L’instituteur et l’institutrice. Le prof d’histoire et celui de science. Le prof de latin et celui de néerlandais. Le prof de religion et celui de morale laïque. Tous ces enseignants qui pensent encore faire le plus beau métier du monde. Qui sont parvenus à mettre le découragement de côté. Et puis, il y a ces directeurs qui se battent pour leur école.  Pour qui ‘excellence’ ne rime pas avec ‘finance’, mais avec ‘donner sa chance’. Sans oublier, ces parents qui préparent les tartines. Qui conduisent à l’école. Qui viennent rechercher. Qui révisent les devoirs. Et accueillent les coups de cafards. Et puis, il y a le surveillant. Et le préfet de discipline. Et l’inspecteur. Et le personnel de la cantine. Et l’échevin de l’enseignement communal. Et l’assistant psychomédicosocial. Et le pouvoir organisateur de l’enseignement libre. Et le chauffeur du bus scolaire. Et… Ce sont les héros de la rentrée. Héros anonymes, mais artisans de demain. Respect.

 

L’électeur face à son miroir – La Libre 3 septembre p.55

Ce mercredi 3 septembre est paru ma chronique du mois est parue dans le quotidien « La Libre » en p.55.  Pour lire cette chronique, cliquez sur le lien suivant: « L’électeur face à son miroir »

Merci à la rédaction de « La Libre » de m’offrir cet espace d’expression.

Le pacte des crabes

Le crabe est un animal doté d’une carapace dure et de puissantes pinces. Ceci – parce que l’intérieur du crabe est mou. Et si le crabe se déplace de biais, c’est pour mieux se protéger d’un environnement hostile. L’humain n’est pas un crabe, mais un vertébré. Il possède une colonne vertébrale et son corps est recouvert d’une peau douce et souple, capable de saisir, de caresser et d’embrasser. Mais si la peur prend le dessus chez les hommes – si elle les domine – alors ils se rassurent en se créant une carapace, cachant leur inconsistance. Et tels des crabes, ils se déplacent de travers – en trichant avec la vérité, afin de se créer une réalité à l‘image de leur frayeur. Leur monde ne connaît pas la nuance : tout est « blanc » ou « noir », « ami » ou « ennemi ». Ils sont dans le vrai et ceux qui leur résistent, doivent être détruits. Le plus frappant, est que les crabes appellent d’autres crabes : l’homme prisonnier d’une carapace de haine, ne se sent jamais tellement bien qu’en fréquentant les crabes ennemi. Carapace contre carapace – leur vision du monde s’en trouve renforcée. Tel est le pacte des crabes.

Regardez les visages poupons de ces Hitlerjugend ; pensez aux loups qu’ils sont devenus. Maintenant, visionner les mêmes visages d’enfants armés, dans la vidéo promulguée par l’EIL « There is no life without Jihad ». Tel est le pacte des crabes. Il n’est pas lié à l’Islam – il suffit de visionner le délire « pseudo-chrétien » d’Anders Breivik, le tueur fou d’Oslo, pour s’en convaincre.  Carapace contre carapace –  délire répondant à un autre délire – tel est le pacte des crabes.

Mais il n’y a pas de fatalité. Face au panier de crabes, il y a des êtres humains. Je pense à Tareq Oubrou, l’imam de Bordeaux. Lisez le communiqué diffusé sous son égide ce 4 août dernier, par la fédération musulmane de Bordeaux. Vous comprendrez que – quelle que soit la religion ou (in)croyance – celui qui vainc sa peur et brise la carapace du crabe, se découvre un visage ouvert sur le monde. Il ne craint plus de vivre dans un monde complexe, car celui-ci recèle tant de visages étrangers à découvrir – et à aimer.

Communiqué de la fédération musulmane de Bordeaux         

Il n’est pas plus pénible pour des croyants musulmans que nous sommes que de voir la barbarie et la sauvagerie pratiquées au nom de notre religion. Nous sommes d’autant plus indignés et choqués que ces crimes sont perpétrés contre les Chrétiens d’Orient qui sont des adeptes d’une religion monothéiste pacifique qui occupe théologiquement une place particulière en islam à travers la personne de Jésus, la figure de la Sainte Viège Marie et les enseignements de l’Evangile : l’amour, le pardon…

Il s’agit particulièrement des chrétiens irakiens de Mossoul qui subissent une humiliation insupportable par une faction religieuse musulmane intégriste qui s’est autoproclamée « Etat Islamique en Irak et au Levant ». Ce groupe de  mercenaires qui a surgit d’un autre âge et d’un autre monde qui n’existe plus a déclaré la restauration du califat : un système politico-religieux qui appartient désormais à une histoire musulmane résiliée. Devant cette horreur, on ne peut s’empêcher de penser que  ce mouvement de terreur tenu au nom l’islam ne fait que participer d’un processus géopolitique plus vaste, celui d’une reconfiguration politico-ethnico-religieuse de la région au service d’une nouvelle redistribution des pouvoirs et des richesses où la religion musulmane n’est qu’un élément de mobilisation.

Rappelons ici que par le passé les communautés chrétiennes d’Orient ont toujours contribué politiquement, intellectuellement, économiquement.. à l’essor de la civilisation arabo-musulmane. Elles ont fait partie de l’Umma musulmane depuis sa naissance. Certes, il y avait des périodes de tensions mais jamais elles n’ont atteint l’aberration terrifiante à laquelle nous assistons aujourd’hui à travers les agissement ignares et inhumaines de ces obscurantistes musulmans qui n’épargnent même pas leur coreligionnaires qui ne partagent pas avec eux la même lecture et la même pratique religieuses, autistes et obtuses.

Nous exprimons sincèrement toute notre compassion, notre soutien et nos prières pour que cesse ce calvaire que vivent ces chrétiens. Nous appelons en même temps notre gouvernement Français à rester fidèle au rôle que la France a toujours joué et assumé dans le monde, en défendant les droits de l’homme sans relâche, et intervenir le plus rapidement et le plus efficacement possible pour mettre fin à cette injustice.

Quant à l’idée proposée de leur offrir massivement un droit d’asile en France, elle serait à nos yeux une mauvaise solution. Ce serait alors donner raison et victoire à ces fanatiques qui sont en train de détruire le peu de ponts qui restent encore entre les religions et les civilisations. Cela priverait le monde arabo-musulman d’une richesse humaine inestimable et éliminerait une chance pour la paix à travers le rôle important que ces communautés chrétiennes pourraient jouer dans les rapports Orient-Occident, au même titre que pourrait l’être parallèlement la présence musulmane en Occident.

Europe – ton avenir se joue à l’Est et à l’Ouest

A l’heure où notre petit pays n’arrive pas se mette d’accord sur le nom de son futur Commissaire européen et où d’aucuns se passionnent pour des querelles de bac-à-sable, l’avenir du continent étoilé se joue aux frontières.

A l’Est, il y a la crise ukrainienne. Elle me frappe par sa complexité. Qui sont les bons et qui sont les mauvais ? La question n’est pas là. Il s’agit surtout d’un choc de plaques tectoniques des peuples, créant des irruptions volcaniques de nationalisme suranné. Jamais, sans doute, la Russie et l’Europe n’ont tant eu besoin d’être alliées. Et voilà que se joue un mauvais remake de la guerre froide. Je crains que si l’Union européenne ne s’intègre pas davantage dans un vaste projet fédérateur et – sans doute – fédéral, notre continent devienne d’ici deux décennies une vaste Ukraine.

A l’Ouest, il y a le référendum écossais. Si la patrie de William Wallace choisit finalement de se séparer de la Grande-Bretagne ce 18 septembre prochain, il s’agirait d’un signal fort pour la Catalogne, le Pays Basque, la Padanie, la Corse… et la Flandre. Je suis persuadé que les nationalistes des quatre coins du continent retiennent leur souffle, pour mieux rugir dès le 19 septembre. Un avènement de l’Europe des régions avec un demi-siècle d’avance, en quelque sorte. Pour l’Ecosse, la chose serait cocasse. Contrairement au Pays de Galles, où le celte est une langue vivante et couramment parlée, les Calédoniens ne parlent guère que la langue de Shakespeare – même s’il cela se fait avec le savoureux accent des Highlands. Ceux qui veulent séparer – ce que je considère comme – le plus beau coin de la planète de la partie sud du mur d’Hadrien, le font donc pour des motifs avant tout romantiques et économiques. Bonne nouvelle ? Je ne pense pas. Si la crise ukrainienne nous plonge 50 ans en arrière, une scission écossaise forcerait les portes de l’histoire avec un demi-siècle d’avance. Un jour, l’Europe des régions pourra s’imposer comme un fruit mûr. Mais à condition que, d’ici là, une Europe crédible et solide ait vu le jour.

L’Eglise catholique de Liège au salon «Retrouvailles»

Vu le succès de  2013, cette année encore il y aura un stand « Eglise catholique à Liège » au salon Retrouvailles, ce WE des 6 et 7 septembre, dans le Parc d’Avroy.

Ce stand est organisé par la Pastorale Urbaine, sous les responsabilités des deux doyens de Liège (rive-droite et rive-gauche). Une Pastorale qui a le souhait d’aller à la rencontre des Liégeois pour présenter le catholicisme dans toute sa diversité (paroisses, mouvements, activités, etc…). Des bénévoles tenteront de répondre aux questions des visiteurs qu’elles soient d’ordre philosophique ou très concrètes. Comment préparer un mariage religieux ou un baptême ? Où trouver un groupe de prière? Qui visite les personnes isolées ?

Cette année, RCF-Liège 93.8 – la radio chrétienne francophone en Cité ardente (93.8FM) – se joint à l’aventure, en installant ses studios pour un WE au cœur du salon Retrouvailles avec des émissions en direct le samedi et le dimanche de 15h à 17h.

Tout visiteur est bienvenu au stand : jeune ou aîné, croyant ou peu, pratiquant ou pas.

Mgr Delville, évêque de Liège sera au salon Retrouvailles, le samedi 6 septembre à 11 heures.  Son prédécesseur, Mgr Jousten, présidera une Messe des Retrouvailles à laquelle tous les Catholiques liégeois sont conviés, le dimanche 7 septembre à 11 heures en la collégiale Saint-Jacques.

Informations : UPSL (0)4 222 14 41 ou RCF Liège : 04/2370071

 

Stand n°38 – le long du Boulevard d’Avroy, côté « kiosque », à hauteur du début de l’étang

« Qui perd gagne » – 22° dimanche, Année A

« Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de Moi la gardera ». (Matt 16, 21-27)

En ce temps de rentrée scolaire, il est bon d’inviter nos têtes blondes à viser l’excellence académique. En effet, tous nous avons reçu une intelligence du Créateur. Il s’agit donc de la développer – chacun à notre mesure – afin de prendre notre place dans la société. Mais, malheur à nous, si nous enseignons à nos gosses que dans la vie, le but est de « gagner » – et tant pis pour les autres. Celui qui transmet cela, éduque son enfant à devenir un éternel envieux. Et l’envie – tel un feu – lui consumera le cœur et brûlera tous ceux qui s’approchent. Tel est l’antique sagesse que Christ rappelle : Ce qui a le plus de prix dans la vie d’un homme – l’amour, l’amitié, l’honneur, le bonheur, le respect,… – ne s’achète pas. C’est gratuit. Cela n’a donc pas de prix. Et pour le recevoir, il faut donner – se donner. En amour – qui perd, gagne. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de Moi la gardera ».

« Le roc et la pierre du scandale » – 21° dimanche, Année A

 « Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. (Matthieu 16, 13-20)

Jésus pose à ses disciples la question capitale : « Pour vous qui suis-je ? » « Tu es le Messie. Le Fils du Dieu vivant », répond sans hésiter l’apôtre Simon. Jésus reconnaît ici la voix de l’Esprit et déclare : « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église ».

Mais il y a la suite – ce sera l’Evangile de dimanche prochain (versets 21-23) : « Dès lors Jésus commença à faire connaître à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, qu’il souffrît beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit : A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas. Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. »

Le drame de Pierre est celui de toute l’Eglise : Quand les baptisés écoutent la voie de l’Esprit, ils deviennent des rocs – à la suite de l’apôtre Pierre et de ses successeurs à Rome. Mais chaque fois que leurs peurs prennent le dessus – ils deviennent des « scandales », ce qui signifie littéralement « des pierres qui font trébucher le long du chemin ».

EIIL – D’où viennent les armes ? D’où viennent les fonds ?

Il y a un aspect de la crise syrienne-irakienne, que je n’arrive pas à cerner. Aujourd’hui encore – d’où viennent les armes de l’EIIL (Etat Islamique en Irak et au Levant) ? Il est probable que – comme toute opposition au régime syrien – celui-ci a initialement bénéficié d’un soutien financier, matériel et militaire du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de l’Occident et des organisations wahhabites-salafistes du Golfe, dans le cadre de leur aide aux combattants de l’Armée syrienne libre (ASL), du Front al-Nosra et d’autres groupes islamistes. Nous savons aussi que l’EIIL a depuis mis la main sur des champs pétroliers et des raffineries en Syrie ou en Irak et en tire de gros revenus.

Mais pour vendre du pétrole, il faut des acheteurs. Et pour acheter des armes, il faut des vendeurs. Ma question est donc de savoir – à l’heure où le pseudo-califat est condamné par le monde entier, en ce compris par nombre d’autorités religieuses sunnites – qui achète du pétrole à ces gens-là et qui leur vend encore les armes sophistiqués, leur permettant de poursuivre la guerre ? Comment les forces de renseignement du monde entier n’arrivent-elles pas à mettre un embargo complet sur l’armement de l’EIIL, les forçant à terme à cesser leur offensive ? Pour moi, cette question reste ouverte. Si quelqu’un a une piste de réponse sérieuse et argumentée (pas de slogans faciles, SVP!) –  merci de la partager.