« Pas la fin du monde. Le début d’un monde nouveau » – 23° dimanche, Année C

« Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut être mon disciple ». (Luc 14, 25-33)

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » L’Evangile de ce dimanche nous met mal à l’aise. Jésus serait-il un de ces illuminés qui – pour le suivre – exige de quitter femme et enfants ? Un de ces prophètes de l’apocalypse – comme on en croise à tous les carrefours ?

Que du contraire. Plutôt que la fin du monde, Jésus inaugure un monde nouveau : le Royaume de Son Père – là, où l’Esprit règne dans les cœurs. Pour faire advenir ce règne, il s’agit de comprendre qu’aucun attachement humain – si beau soit-il – ne peut prendre toute la place dans mon cœur. Car si mon conjoint ou mes enfants deviennent mon dieu, ils seront idolâtrés et empêcheront ma croissance spirituelle.

Ce n’est que dans la mesure où le Christ devient la pierre angulaire de ma vie, que toute réalité terrestre – conjoint, enfants, parents, fortune, carrière, etc. – trouvera sa juste place dans mon cœur. Alors, je goûterai la liberté spirituelle du disciple.

RIP – Gorby le juste

Mikhaïl Gorbatchev s’est éteint au coeur d’une guerre d’un autre âge, déchirant deux voisins, dont il fut le dernier président commun. 
Le monde occidental salue la mémoire du « dernier géant du XX° siècle »
La Russie se contente d’un service minimum, avec un télégramme de condoléances du président Poutine. 
Chacun convient pourtant qu’en six années (’85-’91), « Gorby» contribua à changer la face du monde.
Sans nier sa part d’échec, il y a à saluer la stature d’un homme qui a poursuivi un projet de paix, plutôt que de vouloir se maintenir à tout prix au pouvoir. 
 
Quelle différence avec le régime russe d’aujourd’hui et sa nostalgie guerrière. 
Quel échec aussi, pour l’Occident, qui a insuffisamment saisi la main tendue par Moscou, après la chute du mur de Berlin. 
Oui, le FMI a contribué à établir en Russie une économie de marché et les gouvernements de l’ouest ont intégré Moscou dans leurs relations commerciales… 
Il n’empêche… la « maison commune » de l’Europe est restée un simple discours. 
Si les Russes avaient été accueillis comme des partenaires diplomatiques et militaires, voire même intégrés au sein de l’Otan et de l’Union européenne, nous n’aurions pas aujourd’hui cette guerre inutile et idiote aux portes de notre continent. 
 
Pas de funérailles nationales pour Gorbathev, mais une place dans l’histoire parmi les justes et les incompris.    

« Bulletin de vie » – 22° dimanche, Année C

« Qui s’élève sera abaissé. Qui s’abaisse sera élevé ». (Luc 14, 1-14)

En ce temps de rentrée scolaire, il est bon d’inviter nos têtes blondes à viser l’excellence académique. En effet, tous nous avons reçu une intelligence du Créateur. Il s’agit donc de la développer – chacun à notre mesure – afin de prendre notre place dans la société.

Mais, malheur à nous, si nous enseignons que dans la vie, le but est d’occuper les meilleurs places – et tant pis pour les autres. Celui qui transmet cela, éduque son enfant à devenir un éternel envieux. Et l’envie – tel un feu – lui consumera le cœur et brûlera tous ceux qui s’approchent.

Telle est l’antique sagesse que Christ rappelle : Ce qui a le plus de prix dans la vie d’un homme – l’amour, l’amitié, l’honneur, le bonheur, le respect,… – ne s’achète pas. C’est gratuit. Cela n’a donc pas de prix. Un peu comme cet homme de l’Evangile qui fait un banquet pour tous les paumés de son quartier. Ceux-ci ne peuvent le remercier que par des sourires. Ils n’en seront que plus vrais. « Tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre ».

Foi et Raison: chaîne Youtube de deux jeunes «cathos laïcs»

Foi et Raison est une chaîne Youtube de théologie animée par deux cathos laïcs (https://www.youtube.com/c/FoietRaison).
Ils espèrent donner goût à la théologie, à tout un chacun, croyant ou non, en présentant des thématiques variées (théologie fondamentale, dogmatique, philo, histoire, exégèse…) avec le souci d’être brefs et rigoureux.
Thomas Remy (ex athée) est professeur de religion catholique dans le secondaire (Belgique) et étudiant en théologie (UCLouvain).
Ahmed Yetrib (ex musulman) est théologien de formation et étudiant en philosophie (UCLouvain). Il enseigne également la religion catholique dans le secondaire (Collège du Christ-Roi).

Voici un exemple de réalisation: La crise moderniste et les théologiens qui l’ont surmontée

Cathobel leur a consacré un article: www.cathobel.be/2021/08/deux-jeunes-theologiens-conjuguent-foi-et-raison-sur-youtube

Comme ils en témoignent, ils réalisent leurs vidéos: «sur nos [leur] petits fonds propres et sur notre [leur] (rare) temps libre alors pour nous [les] soutenir en nous [les] aidant à acheter du meilleur matériel, se former en montage, faire la promo de notre chaîne, etc.: https://fr.tipeee.com/foi-et-raison 🙏»

Merci de les soutenir, en suivant leurs productions, voire en vous y abonnant.

« La porte des enfants » – 21° dimanche, Année C

« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite ». (Luc 13, 22-30)

Vous souvenez-vous du conte de Lewis Carroll ? Afin d’accéder au « Pays des Merveilles », la jeune Alice doit passer par une minuscule porte. Pour y parvenir, une seule solution : diminuer de taille. C’est un peu cela, le thème de la « porte étroite ». Le Christ avertit ceux qui se gonflent, parce que : « Nous avons mangé et bu en ta présence ». Confits d’orgueil, ces bienpensants sont trop gros pour passer la porte du Salut. Le Maître leur répondra : « Je ne sais pas d’où vous êtes. Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal ».

Comment faire alors ? Telle Alice au pays des merveilles, nous devons nous faire petits : « Amen, je vous le dis, si vous ne devenez pas comme les enfants, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux » (Matthieu 18, 3) Dieu est Père. Il ne faut pas de ticket d’entrée pour rencontrer son papa. Seulement un peu d’amour et beaucoup de confiance. Seul celui qui vient à la rencontre du Père en ouvrant les bras, tel un enfant – entrera par la porte étroite.     

« Sobriété heureuse » – 18° dimanche, Année C

« Gardez-vous bien de toute avidité ». (Luc 12, 13-21)

Sans un minimum de biens et de sécurité, pas de vie digne.

Mais au-delà ? Combien de querelles entre frères, combien de ruptures entre amis, combien de guerres… rien que pour posséder un peu plus.

La parabole de l’homme riche qui continue à amasser et meurt dans la nuit, sans avoir pu profiter de la vie, nous invite à une sobriété bienheureuse.

Un dicton populaire énonce : « on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard ». De fait, chacun de nous quittera cette vie comme il y est entré : nu et pauvre. A méditer.

« Le dieu païen n’est pas le Dieu chrétien» – 17° dimanche, Année C

« Combien plus, le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ». (Luc 11, 1-13)

L’attitude religieuse primitive et païenne – celle des tribus sauvages et celle que nous avons naturellement en nous – considère dieu comme le « grand patron céleste ». Pour obtenir ce que l’on veut de lui, il s’agit de le séduire par toutes sortes de courbettes dévotes. Aujourd’hui encore, les marabouts en tous genres capitalisent sur pareille superstition. Pas étonnant, que nombre de nos contemporains aient renoncé à la foi – pour rejeter une divinité capricieuse et perverse.

Ils n’ont pas compris que tel n’est pas le Dieu d’Israël que Jésus est venu nous révéler en plénitude. Celui-ci est « Père » et ne peut être prié que comme tel : « Que ton nom soit sanctifié » – c’est-à-dire que ta paternité ne soit pas confondue avec les caprices d’un dieu païen. « Que ton règne vienne » – c’est-à-dire que le rêve d’amour qui t’a fait créer toute chose, se réalise chaque jour davantage.

La prière n’est donc pas une technique de séduction d’un dieu capricieux, qu’il faudrait « acheter » à notre cause. Non – la prière est une respiration de l’âme, afin que notre volonté devienne – chaque jour davantage – celle du Père. La prière est efficace : « Demandez et vous recevrez » – à condition de demander la seule chose que Dieu  veuille nous donner sans condition : l’Esprit qui permet de vivre en enfant du Père. « Combien plus, le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ».