De la démocratie en #Ukraine

Toute guerre est stupide et celle-ci est particulièrement idiote. La Russie et l’Europe ont bien plus d’intérêts stratégiques en commun que de raisons de s’opposer. Pourquoi alors, tant de méfiance? Une part des torts est de notre côté. Après la chute du mur de Berlin, l’Occident a trop souvent traité les Russes comme les vaincus de la guerre froide, plutôt que de voir en eux des partenaires.
Il n’empêche… Le fait de la Russie soit devenue, au fil des années, un régime autoritaire sous la coupe d’un petit groupe entourant son hyper-président, constitue la cause principale de la crise actuelle. La démocratie est un système faillible: regardons l’Ukraine, avec ses élites trainant quasi toutes des casseroles en terme de corruption… Et pourtant: « la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous ceux qui ont été essayés au cours de l’histoire », plaisantait Churchill. Les régimes autoritaires sont plus efficaces, mais leurs chefs vivent bien vite hors sol, car sans contradiction véritable. Monsieur Poutine s’attendait à voir l’Ukraine s’effondrer sous la supériorité des chars russes et voici qu’un pays se dresse et résiste. Il va sans doute l’emporter, mais au prix de nombreuses pertes russes et avec sur les bras un pays qui se voudra plus indomptable et plus anti-russe que jamais. Pense-t-il pouvoir dresser l’Ukraine à coup de répression policière, comme d’autres républiques vassales? L’Ukraine a goûté à la liberté… Il sera difficile de lui faire passer ce goût.
Et l’Occident, il est vrai enfoncé dans trop de matérialisme, est averti. Alors que l’est du continent aurait dû devenir une zone d’échanges humains et commerciaux, l’Otan y dresse un nouveau rideau de fer. Poutine choisira-t-il la fuite en avant et l’affrontement? Est-il conscient que ce serait la ruine de son pays? La pensée des leaders « forts » est difficile à prévoir. Lui qui manie facilement la référence aux « nazis » devrait cependant s’instruire de la dernière guerre mondiale: les démocraties sont lentes à se défendre, mais une fois qu’elle le font, elles sont plus fortes, car leur peuple se bat pour ce dont il décide. Face au danger, majorité et opposition y font front pour défendre les valeurs qui fondent le vivre ensemble. (Ainsi, les mots forts du chef de l’opposition britannique.)
Prions pour la paix. Les Russes ne sont pas nos ennemis. Avec cette nation grande et belle, nous avons tant de choses à partager. La paix, donc. Mais non la paix des lâches et de la peur. La paix des hommes libres.

«  Les yeux du cœur » – 8e dimanche de l’Année, Année C

« Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? »  (Luc 6, 39-45)

En ce dimanche de Carnaval, le folklore invite à mettre des masques. Ceci appelle à se moquer de tous les masques que la vie nous fait porter. Et qui, souvent, nous collent à la peau.

Le regard est ce sens humain qui permet de voir au-delà des apparence, afin de sonder le cœur des choses. Et, pourtant, si régulièrement, nos yeux restent englués dans le faux-semblant des apparences. Poussé à bout, ce regard faussé, pousse à la violence – comme en Ukraine.

Convertissons donc notre regard, afin de regarder le monde et nos frères avec les yeux du Christ.

«  La folie de la Croix » – 7e dimanche de l’Année, Année C

« Aimez ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent (…) Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. »  (Luc 6, 27-38)

Petit test : combien de temps par jour, beaucoup d’entre nous passent-ils à dire du mal de leur prochain ? Surtout de ceux à qui nous en voulons, parfois bien légitimement. Avec pour excuse : « tout le monde fait ainsi ». De fait, le phénomène est universellement humain. Est-il, pour autant, chrétien ? Relisons l’Evangile de ce dimanche avant de répondre.

Evidemment, ce n’est pas évident de prier pour celui qui vous pourrit la vie. Mais la prière, c’est accueillir le Souffle de l’Esprit et, seul l’Esprit nous donne de quitter nos logiques mondaines pour épouser celles du Royaume.

«  Jésus réveille » – 6e dimanche de l’Année, Année C

« Malheur pour vous qui êtes repus maintenant… » (Luc 6, 17-26)

La version des « béatitudes » chez Luc, est plus courte et aussi plus incisive. Jésus y déclare « heureux » ceux qui sont en détresse et « malheureux » ceux qui sont comblés par la vie.

Il ne s’agit pas d’une éloge masochiste de la souffrance, mais bien d’un appel à rester spirituellement en éveil. « Pauvres de nous » si nous vivons une petite vie bien pépère, en ne se préoccupant que de sa petite personne. Heureux celui qui connaît le poids d’une vie consacrée à la recherche de vérité intérieure et à l’aide au prochain, surtout le plus fragile.

La vie l’apprend : les personnes qui vivent en égoïstes ne sont pas heureuses et finissent souvent bien seules.

«  Quand le pêcheur se reconnaît pécheur… » – 5e dimanche de l’Année, Année C

« Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » (Luc 5, 1-11)

L’évangile de Jean raconte que l’appel des premiers disciples se fit à partir de l’entourage de Jean le Baptiste. Cela correspond sans doute à la réalité historique. Le récit des trois autres évangiles préfère, quant à lui, décrire un autre moment : celui qui fit passer ses hommes de leur vie professionnelle ordinaire au service du Royaume.

Ce sont des pêcheurs. Ils s’en vont donc pêcher. Mais il n’y que peu de prises ce jour-là. Jusqu’au moment où Jésus s’en mêle. Alors, Simon-Pierre comprend qu’à travers Jésus, c’est le Très-Haut qui agit. Il est pris d’effroi et se reconnaît pécheur. Jésus confirme son appel, ainsi que celui de ses compagnons : « Désormais, ce sont des hommes que tu prendras ».

«L’herbe est toujours plus verte…» – 4e dimanche de l’Année, Année C

« Aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays. » (Luc 4, 21-30)

« Pour qui se prend-il ? »  Telle est la réaction des habitants de Nazareth en entendant Jésus. Ils l’ont connu en culottes courtes – cela ne peut donc être l’Envoyé du Très-Haut. Rien n’a changé aujourd’hui : « Parlez-moi de Mère Teresa ou de Sœur Emmanuelle. Mais chez nous – un saint ? Cela se saurait. » C’est connu : L’herbe est toujours plus verte chez le voisin. Et pourtant, chacun de nous a reçu au baptême l’Esprit du Christ. Chacun est donc appelé à la sainteté, dans le quotidien de ses jours. Vite dit, vite oublié. Mais – bon sang – qui prend cela vraiment au sérieux ? Le Christ n’est pas du genre à s’imposer. Si nous esquivons son appel à la sainteté, tant pis pour nous. Comme à Nazareth, Il nous laissera vivre une existence bercée de plaisirs tranquilles : « Mais Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ». 

«  Bonne Nouvelle » – 3e dimanche de l’Année, Année C

« Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture » (Luc 1, 1-21)

Notre pape François est sympathique, simple et souriant. Mais si vous suivez ce qu’il enseigne et les actes qu’il pose, vous constaterez qu’il y a un projet à la base de son pontificat : Celui de rappeler que l’Evangile est « bonne nouvelle » – un message de libération et de joie.

Trop souvent, le christianisme est travesti en morale pesante et puritaine. Il existe des principes moraux – bien sûr – mais ils découlent de l’amour gratuit de Dieu. Et non pas l’inverse : Ceux qui pensent que l’amour de Dieu « s’achète » à force de bonnes actions, n’ont pas compris le message chrétien. 

« L’Esprit du Seigneur (…) m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur ». 

« Cuvée divine » – 2e dimanche de l’Année, Année C

« Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. » (Jean 2, 1-11)

Le temps de la Nativité se termine. Jusqu’au début du carême, nous entrons dans le cycle des dimanches, dits « ordinaires ». Les prêtres et diacres portent à cette occasion des vêtements liturgiques verts – couleur de l’espérance. Ce n’est donc pas par hasard que l’Evangile de ce dimanche raconte le premier des « signes » opérés par Jésus : celui des noces de Cana.  Les époux n’ont plus de vin. Alors, et sur insistance maternelle, Jésus change l’eau en un vin meilleur que celui qui avait été prévu. 

A Cana, le signe rejoint l’histoire sainte : Quand l’humanité veut célébrer ses noces avec Dieu, elle n’a plus que l’eau de nos calculs médiocres à offrir. Alors, le Verbe de Dieu s’invite à la noce. Et de notre vulgaire eau, il fait un vin meilleur que tout ce que nous aurions pu rêver. Cette cuvée divine, est celle de son amour donné jusqu’à en mourir. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, le conseil de Marie garde toute son actualité : « Faites tout ce qu’Il vous dira ».