« Le Roi-nu-pieds » – Dimanche du Christ-Roi, 34e dimanche, Année A

«Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait» (Matthieu 25, 31-46)

En ce dernier dimanche de l’année liturgique – dimanche du Christ-Roi – l’Evangile nous fait réfléchir sur ce qu’on appelle communément « le jugement dernier ». Des générations entières ont eu l’imagination marquée par les bas-reliefs sculptés sur le portail de nos cathédrales: le Christ-Roi y trône en majesté et sépare les âmes justes de celles qui sont réprouvées.

Mais cette représentation-là ne correspond pas pleinement à l’Evangile. Jésus est un roi dont la seule couronne est d’épine et l’unique trône, le bois d’une croix. Un roi humilié. Un roi crucifié. Un roi qui se fait le frère de tous les laissés-pour-compte de l’histoire. L’unique question que ce Roi nous posera lors du jugement dernier, sera : Quand tu as croisé la route de ce pauvre type, nu, malade, prisonnier, affamé… l’as-tu servi comme un roi? Si tu l’as méprisé, comment pourrais-tu Me reconnaître comme ton Roi ?  Regarde-Moi : Je suis nu, malade et prisonnier. «Chaque fois que tu as fait du bien à un de ces petits qui sont mes frères, c’est donc à Moi que tu l’as fait».

10 réflexions sur « « Le Roi-nu-pieds » – Dimanche du Christ-Roi, 34e dimanche, Année A »

  1. Je pense qu’il est utile de bien distinguer la royauté terrestre de Jésus, “lui qui s’est abaissé jusqu’à mourir sur une croix” (Philippiens 2,5-8), de la royauté glorieuse du Christ qui lui a été donnée par son Père et donc qui est très réelle aussi (Philippiens 2,9-11). C’est notamment l’introduction solennelle de l’Évangile d’aujourd’hui : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire » ; c’est ce verset qui a inspiré « les bas-reliefs sculptés sur le portail de nos cathédrales ».

    Distinguons pour unir (comme le proposait le philosophe Jacques Maritain) : le Christ humilié — le Christ glorifié.

    Dans sa condition humble, le Christ n’est pas venu pour juger mais pour sauver. Cela correspond pour nous au temps de la conversion.

    Glorifié, le Christ jugera chacun d’entre nous et fera entrer dans la vie éternelle ceux qui, par leurs attitudes au quotidien, ont reflété un amour inconditionnel à leurs prochains.

  2. Cela me semble en effet difficilement contestable.
    Le Christ montre certes un visage doux et miséricordieux, mais il se montre également intransigeant et piquant dans d’autres circonstances.
    Là sont, je crois, deux faces d’un même médaille, et cela me semble erroné de toujours vouloir mettre en avant l’une des faces au détriment de l’autre, question d’équilibre.
    Je crois qu’il faut se méfier d’un « christianisme à l’eau de rose » comme disait C.S. Lewis (pas de notion de faute ou péché, amour béat, pas d’allusion au combat spirituel à mener, etc.), qui pourrait causer plus de dommages à la foi qu’il n’apporterait de bien.
    Après, je peux comprendre la difficulté pastorale de discuter de ces points de doctrine avec des gens qui sont attirés sans jamais avoir eu d’éducation religieuse (j’avoue que ces concepts m’auraient peut-être fait peur à une époque).
    Pas facile donc.

  3. Sans vouloir faire du « christianisme à l’eau de rose », je pense que chacun sera évalué (je ne dis pas jugé) selon sa propre progression dans un combat spirituel qui n’est pas le même pour tous !

      1. Oui, le mot jugement est utilisé c’est vrai mais je pense qu’il faut replacer les choses dans le contexte actuel …
        « Je m’autorise à penser » (:-) qu’il ne s’agira pas d’un jugement comme on l’entend aujourd’hui. Je pense plutôt que se retrouver – en pleine conscience – face à ses fautes est une sanction terrible par elle-même ! Mais tout cela n’est qu’un sentiment personnel …

  4. et pourtant reste en moi une insatisfaction, comme si nous n’avions pas compris quelque chose d’important
    que nous ne pouvons pas comprendre aujourd’hui , nous comprendrons au fur et à mesure que se déroulera l’histoire
    dans les textes de la Bible, celui qui va exécuter le jugement de Dieu est très souvent un roi adversaire , ou dans le cas du royaume de Juda, Nabuchodonosor, roi de Babylone,puis Cyrus, le perse
    Jésus est très conscient en montant à Jérusalem, des forces en présence
    et s’il en était ainsi pour nous aussi (en partie du moins)
    nous sommes bousculés les uns par les autres, non?
    quant à nos fautes, il s’agit plutôt  » de manquer le but », ô miracle de cette expression, si mystérieuse qui laisse la place au Tout Autre, lui nous aidera à transformer le plombe en or très précieux, lui ne culpabilise pas, il sait bien de quoi il nous a formé, il remet les dettes simplement comme nous, comme nous, si nous le voulons … me voilà loin d’un jugement, en plus j’en ai (de mes fautes), j’en ai mauvaise mémoire et peut-être certaines que vous appellerez « fautes » m’ont aidé à prendre conscience de qui j’étais , elles sont devenues bénédictions ….
    pourtant oui, je le crois le mal , le mal radical est de ce monde, lui doit être détruit…par la prière,par la Parole…
    quand Il viendra, il sourira aussi, il nous a quand même imposé une épreuve et pas n’importe laquelle, dans la chair et le corps prendre le risque de créer une demeure à l’Esprit, de chair et de sang contempler ses Faces,son Visage. C’ est un impossible défi et moi qu’ai-je fait? qu’avons-nous fait? : mettre au monde des enfants pour notre joie et la leur, à chacun selon son appel à mettre au monde Son royaume,

  5. Un roi, c’est aussi, celui qui protège.

    ( soit dit en passant, merci pour d’anciens messages sur le roi, je les ai trouvés intéressants).

    1. @ Paxomin : JC a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde », et il s’est laissé juger par un Ponce Pilate…Jésus n’est pas protecteur, il nous oblige à aller au monde, sans garantie et sans appel aux « armées des anges »…fort de l’Amour du Père…, sans assurance : »à nos risques et périls »…

  6. Bien cher M.Halleux,

    Je vous remercie de le rappeler lorsqu’on est se trouve dans un désir de cocon protecteur, de sécurité, le chemin vers le Père ne peut avoir lieu.

    J’ajouterais cependant que si le royaume du Roi n’est pas de ce monde, sa protection elle non plus n’est pas de ce monde.
    Je crois que lorsque l’on s’abandonne, on est protégé par le Seigneur, au sein même de l’adversité comme ces Saint goûtant les plus grandes grâces au sein même de la perversité, mais protégé par la joie de cette présence.

    A l’inverse, si tel Don Diègue, dans le Cid de Corneille on a toujours vécu en affrontant l’épreuve à nos risques et périls mais qu’on ne supporte pas un soufflet, il y a lieu de penser qu’on ne s’est pas abandonné.

    Cordialement.

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