Pour le meilleur et sans le pire

La semaine dernière, la presse annonça que désormais en Belgique trois mariages sur quatre se terminaient par un divorce. Initialement, je n’ai pas voulu réagir à l’information. En effet, j’avais déjà effleuré le sujet sur mon blog avec le ‘post’ : « l’enfant du divorce ». Et puis, je suis conscient que le nombre des divorces ne peut qu’augmenter dans une société où les conjoints vivent plus vieux, travaillent tous les deux, placent leur épanouissent affectif au-dessus de la stabilité familiale, ne subissent plus de pression sociale à rester ensemble – un monde où les femmes sont financièrement indépendantes et peuvent dès lors prendre congé de leur Maurice, quand celui-ci pousse le bouchon un peu loin. Je ne dis pas que c’est bien ou normal, mais je souligne que c’est un fait et – comme le disait ce bon vieux Winston – « un fait est plus important qu’un Lord Maire ». Par honnêteté, j’ajoute que – si je m’étais marié – je serais peut-être à l’heure qu’il est, tout aussi divorcé. En effet, j’ai préparé nombre de couples « en béton » au mariage, et leur union n’en a pas moins fait naufrage. Reconnaissons-le : l’échec fait partie de la vie et des engagements.

Mais c’est justement ici que le bât blesse. Nulle part dans les médias, n’ai-je vu apparaître le mot « échec ». Deux personnes se sont jurées amour et fidélité pour le meilleur et pour le pire. Quand la vie les sépare, il s’agit pour les commentateurs d’un avatar ; tout au plus d’une épreuve. Mais le mot « échec » semble banni du vocabulaire politiquement correct – déculpabilisation oblige. J’ai même entendu une journaliste commenter le traditionnel « unis pour le meilleur et pour le pire », en disant que le « meilleur » était ce qui permettait le mariage et le « pire » ce qui expliquait le divorce.
Donc, pas un mot sur l’échec des conjoints et silence radio sur le coût social du divorce. Si la vie à deux est un enfer, je puis comprendre que des époux jugent qu’il vaille mieux – même pour l’enfant – se séparer. Mais trop souvent, l’enfer ne commence qu’après le divorce et c’est l’enfant qui le subit. Je pense à ces interminables bagarres judiciaires de parents qui règlent leurs comptes sur le dos du fruit de leurs entrailles. Et quand ce n’est pas l’enfer, ce n’en est pas moins le purgatoire, car rien ne remplace un nid familial. Exemple vécu : chaque année vers Noël, des proches invitent largement à partager leur repas de fête. L’an dernier, se trouvait ainsi à table une homme divorcé avec son gosse de dix ans. Durant les agapes, nous plaisantions sur les cadeaux de Noël et c’est là que l’enfant lança à son père : « mon cadeau serait que maman et toi reviviez ensemble ». Silence gêné. Et notre hôte de le briser par un diplomatique : « encore de la dinde, quelqu’un ? »

Bref, que le nombre des divorces augmente me semble malheureusement dans l’ordre des choses. Par contre, que notre société ne semble pas trop s’en émouvoir et fasse apparemment peu pour inverser la tendance … – là, je m’interroge. Prenons un comparaison – bancale, comme toutes les comparaisons: les accidents de la route. Une chose est de reconnaître qu’avec l’augmentation du trafic leur nombre ne peut qu’augmenter. Une autre est de se demander comment faire de la prévention pour les limiter. Je ne plaide pas pour un retour au puritanisme, mais – au vu de son coût social – pour la mise en oeuvre d’une réelle politique de prévention du divorce.

Planète-village

D’accord, il n’est pas totalement roux, ni vraiment catholique. D’accord son accent irlandais n’est pas au point et sa Cadillac un peu lourde pour les casses-vitesses de Dublin. Mais qu’importe. On y croit. Regardez ce gars arpenter avec sa dame, l’unique rue du village de Moneygall et saluer la foule. Pas de doute, c’est l’enfant du pays. Voyez-le entrer chez Ollive Hayes, le pub d’où son arrière-arrière-arrière grand-père partit pour New-York en 1850. Contemplez-le qui salue ses « cousins » Healy, Donovan et Benn, avant de payer une tournée générale. Quelque jours plus tôt, lors de sa visite à l’usine Guinness, la Reine avait poliment refusé de boire le liquide couleur brou de noix. Un étendard vivant, la chope à la main… it is just not done. Mais ici, l’homme le plus puissant de la planète pose négligemment un billet sur le comptoir en blaguant : « je voudrais que vous sachiez que le président paie ses notes de bar ». Allez, slàinte… santé ! Ne me dites pas que ce type n’est pas un gars du pays, lui qui déclara à Dublin : « I have come home to Ireland ». Et on y croit.

Aujourd’hui, après O’Bama l’Irlandais, c’est Mr. Président, le meilleur allié des sujets de Sa Grâcieuse Majesté. Ensuite, ce sera le populaire leader du monde libre au G8 de Deauville et puis le puissant protecteur de l’Europe de l’est à Varsovie. Tout cela n’est pas que de la « com ». Il s’agit d’un état d’esprit. Métis né à Hawaï d’un père africain, éduqué en Asie musulmane, faisant sa carrière dans l’Illinois, cet homme aurait pu être de nulle part, mais choisit de se sentir d’un peu partout. Il aurait pu se résigner à ne jamais trouver sa juste place, mais en conclut qu’il pourrait briguer n’importe quelle place. Même président des Etats-Unis. Et on y croit. Harold Gutman, l’ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, raconte que lorsque le sénateur Obama lui demanda de l’aider dans sa campagne à l’investiture, il n’avait pas devant lui un potentiel candidat, mais un futur président.
Le monde est son village, mais ne nous y trompons pas : ses lunettes sont celles du pays qu’il dirige. Ainsi, quand on l’interroge sur les guerres d’Irlande, il fait le lien avec le conflit israélo-palestinien. Le président espère convaincre ses partenaires européen de laisser les Etats-Unis à la manœuvre et de ne pas voter unilatéralement à l’ONU la reconnaissance de l’Etat palestinien.

Bref, on n’aime ou pas Barack Obama, mais l’homme ne peut nous laisser indifférent. En effet, ce président dit quelque chose du monde qui advient en ce XXIe siècle. Non pas un monde sans conflits d’intérêts ou guerres – hélas – mais un monde métissé. Un monde où, pour être de quelque part, il faut aussi être un peu de partout. Un monde dont un des signes annonciateurs fut Jean-Paul II – l’infatigable berger de la planète-village.

Clarté, Nuances et Frères anti-bling-bling

J’étais heureux de lire la ministre CD&V Inge Vervotte dans les colonnes du Soir de ce WE (p.5) : « c’est un plaidoyer pour les nuances, contre la superficialité. Aujourd’hui, on nous demande de ne plus voir la complexité des choses. (…) Bien sûr, c’est plus facile de faire un Twitter avec cinq mots, où vous ne devez pas expliquer ce que vous voulez dire ».
Ce propos fait écho à ce que j’exprimais il y a quelques jours dans mon post : « Twitterpolitics et Banques Centrales ». Conjuguer clarté de vue et nuance du jugement, voilà un défi à opposer à ceux qui sombrent dans le simplisme. Commençant une enquête sur le néo-populisme, Olivier le Bussy (qui fut, dans une autre vie, Akéla de la meute dont j’étais l’aumônier) , conclut son édito dans la Libre du WE (p.64) par ces paroles : “Cessez de rire, charmante Elvire”, chantait Reggiani, évoquant “les loups qui envahissaient Paris”. Certes, les années 2010 ne sont pas les années 1930. L’ordre géopolitique et le paysage sociologique ont changé, des gardes-fous ont été dressés. Mais, aussi improbable que soit ce scénario, il faut, pour préserver les acquis d’une période de paix d’une longueur inédite, garder à l’esprit que le pire peut se produire. Et ces mots de Mitterrand : “Le nationalisme, c’est la guerre.” ».

Clarté de vue et sens de la nuance doivent diriger notre projet d’avenir comme inspirer notre regard sur le passé. Ce WE, des médias francophones s’indignaient de l’hommage rendu par certains flamands à la mémoire de Joris van Severen, tombé en 40 sous des balles françaises. Je n’ai guère de sympathie pour les idées nationalistes du personnage, mais je me retrouve davantage dans l’approche nuancée de Christian Laporte, qui écrit dans La Libre (ce lundi p.8): « Rien de tel, face à pareille controverse que de laisser la parole aux scientifiques plutôt que de tirer des conclusions définitives, sous le coup de l’émotion, qui pollueraient un débat qui doit rester strictement historique… ».
Prenons un autre exemple, pour illustrer mon propos : j’invite chacun à lire la « lettre aux Anglais » écrite en 1940 par Georges Bernanos, alors exilé au Brésil. Celui qui je considère comme un des plus grands écrivains chrétiens du XXe siècle s’y révèle d’une lucidité extrême. Bien avant d’autres – dont Mitterrand – ce catholique conservateur démasque l’imposture du régime bigot de Vichy. En même temps, au détour des lignes, on voit perler de-ci, de-là, les traces d’un pénible antijudaïsme. Le fait de reconnaître en Bernanos un grand écrivain et un visionnaire, n’empêche nullement de totalement se désolidariser de cet aspect de sa pensée du moment, tout en reconnaissant qu’elle était sans doute liée à une époque. Je le répète : la clarté d’un jugement n’empêche pas de prendre en compte la complexité humaine et donc, de s’exprimer en nuances.

C’est pourquoi, je salue à mon tour le cinéma des frères Dardenne. Dans un monde où la tentation de jugements-à-la-twitter nous guette, ils dépeignent l’humanité au plus proche de ses aspérités et contradictions. Voilà pourquoi, une profonde humanité se dégage de leur œuvre. Même quand la vie ou les choix transforment l’homme en moins-que-larve, celui-ci reste attiré par la lumière.
Malgré les éloges de la critique mondiale et les prix des successifs festivals de Cannes, pareil cinéma ne transformera pourtant jamais en milliardaires ces « frères anti-bling-bling ». Un film sur le peuple ne fait pas nécessairement un film populaire. Nous aimons trop le rêve pour aller voir un film qui fasse office de miroir, avec sa clarté et ses nuances. Je confesse d’ailleurs aller plus allègrement voir un James Bond plutôt qu’un film des frères Dardenne. Tout comme il est plus facile de passer 15 jours dans un club Méd., plutôt que de prendre le chemin de Compostelle. Reste à savoir ce qui, au bout du compte, marquera une vie. La beauté se trouve souvent du côté de l’exigence.

La Croix sans la Bannière

Je déjeunais il y a quelques jours avec un jeune philosophe de l’ULB (pour les Non-Belges : Université Libre – c’est-à-dire non-confessionnelle – de Bruxelles). Je trouve cet homme intelligent et d’une belle ouverture d’esprit. Bref, un libre-penseur authentiquement libre et penseur. A un moment donné, nous parlons de nos blogs respectifs et il me demande pourquoi j’ai choisi d’orner le mien d’une croix. Je lui réponds que je n’ai jamais mis mon identité en poche. De plus, cette photo me parle: l’océan atlantique au goût d’horizon, le rayon de soleil qui transperce de gros nuages – telle l’Esprit qui traverse notre opaque humanité – et puis, dressée à l’avant-plan, cette croix en pierre. « Stat crux dum volvitur orbis ». Telle est la devise des Chartreux : « Pendant que tourne la terre, la croix demeure ».

Signe d’un Dieu qui épouse notre humanité jusque dans la souffrance et la mort, la Croix n’a pas fini de nous interroger. Trop souvent, les hommes passent à côté de son questionnement, car à leur yeux la croix est identifiée à une bannière. A l’époque de la splendeur catholique, elle servait d’étendard à une Eglise triomphante. Aujourd’hui, elle serait plutôt un repoussoir pour nombre de ceux qui ont claqué la porte des sacristies. Cachez donc cette croix que je ne saurais voir…

Pourtant, la croix nous parle – que nous soyons chrétiens ou non, que nous nous disions croyants ou pas. Déjà sa simple apparence rappelle que l’humain se situe au croisement entre l’horizontal – notre dimension terrestre – et le vertical – notre aspiration spirituelle. Pour s’épanouir authentiquement, l’un ne peut jamais se vivre sans l’autre.
Mais le signe de la croix nous invite à creuser plus loin encore. Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus déclare : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». (Jean 14, 6) Le Chemin est celui de la croix : grandit en humanité celui qui aime, même dans la souffrance et le rejet. La Vérité est celle de la croix : un homme nu et humilié, cloué sur une potence, nous en dit plus sur Dieu et sur l’homme que tous les puissants de la terre. La Vie est celle de la croix :à l’époque du Christ, les philosophes stoïciens prêchaient le chemin de la morale et les philosophes épicuriens la voie du plaisir. Mais ni la seule morale, ni l’unique plaisir ne peuvent à eux seul combler le cœur de l’homme. Seul celui qui accepte d’aimer au risque de tout donner… et de tout perdre, découvre le chemin étroit et sinueux vers la plénitude et la paix. Ce que j’écris ici en quelques pauvres lignes, ne suffira pas à convaincre nombre de lecteurs. Tel n’est pas mon objectif. Je leur suggère simplement – qu’ils soient chrétiens ou pas, croyants ou non – de contempler désormais la croix, non pas comme une bannière, mais tel un signe qui interroge les cœurs et laboure les consciences.
« Stat crux dum volvitur orbis ».

La mère de tous les conflits

Alors que l’Europe se débat avec ses affaires internes (succession de DSK à la tête du FMI et consolidation de l’euro), c’est des Etats-Unis que vient une initiative de taille en matière de politique internationale. Les observateurs déclaraient il y a quelques mois encore, que la Realpolitik avait eu raison du « Yes we can » de son président métis. Depuis plusieurs semaines pourtant, une vent frais se met à nouveau à souffler sur Washington. Il y eut d’abord le discours d’El Paso sur l’immigration : « Nous sommes un peuple d’immigrants », avait osé Obama. Et hier, auréolé par l’élimination de l’ennemi n°1 – ce qui rassura ces Américains qui voyaient en leur chef, un Commander faible voire complaisant par rapport au terrorisme – Barack « Hussein » ne laisse pas s’échapper son avantage. Il tend la main aux révolutions du printemps en assurant un plan Marshall pour consolider les démocraties arabes naissantes. Mais surtout, il ose mécontenter l’allié israélien en proposant la reconnaissance d’un Etat palestinien sur base des frontières de 1967.

Ce faisant, l’hôte de la Maison Blanche prend un risque électoral, mais un risque calculé. Obama semble comprendre, comme jadis le président Clinton (dont l’épouse dirige la diplomatie américaine), que le conflit en terre sainte est la « mère de tous les conflits » au Proche et Moyen Orient. Le meilleurs moyen pour les Etats-Unis de définitivement casser la dynamique d’Al Qaida, est de faire droit aux revendications du peuple palestinien et – par effet boomerang – d’assurer une sécurité durable à Israël. Le chemin sera long, mais la démarche du président américain pourrait rétablir ce qui manque le plus à la diplomatie dans cette région du monde : une confiance en la capacité américaine à arbitrer ce conflit. Il y a quelques temps, je rencontrais des chrétiens d’Orient, tout ce qu’il y a de plus modérés. A ma surprise, ils étaient persuadés que les révoltes arabes étaient téléguidées en secret par un plan américano-sioniste destiné à redessiner et affaiblir le Moyen-Orient en vue du renforcement d’Israël. Que de méfiance en comparaison avec ces diplomates de la région qui prédisaient, il y a 30 ans au jeune étudiant que j’étais, qu’Israël formerait bientôt avec la Palestine, la Jordanie et le Liban une espère de « Benelux » qui deviendrait le moteur économique de la région. Pareil rêve peut aujourd’hui encore devenir réalité. Ailleurs dans le monde, qui aurait pu croire il y a 10 ans, qu’un souverain britannique rendrait un jour hommage à Dublin aux victimes de la guerre d’indépendance contre l’Empire ? Alors… ‘Good luck, Mister President !’

“Il arrivera dans l’avenir que la montagne du temple du Seigneur sera placée à la tête des montagnes et dominera les collines. Toutes les nations afflueront vers elle, des peuples nombreux se mettront en marche, et ils diront : « Venez, montons à la montagne du Seigneur, au temple du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers. Car c’est de Sion que vient la Loi, de Jérusalem la parole du Seigneur. » Il sera le juge des nations, l’arbitre de la multitude des peuples. De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances des faucilles. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on ne s’entraînera plus pour la guerre. Venez, famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur ». (Isaïe II, 2-5)

Green Queen, Zwarte Piet et Grand Rabbin

La politique est l’art humain de gérer le vivre-ensemble. En politique, un symbole vaut mille paroles. Hier, l’image était forte. Le souverain britannique atterrit sur un aéroport qui porte le nom d’un diplomate anglais fusillé en 1916 pour intelligence avec les rebelles d’Irlande. La Reine porte du vert, couleur de la République qui l’accueille. Elle dépose une gerbe au Garden of Remembrance, le jardin du souvenir – lieu qui fait mémoire de ceux qui sont tombés pour arracher aux Britanniques leur indépendance. C’est une autre femme qui se tient à ses côtés, la présidente irlandaise Mc Aleese. Parce qu’elles portent la vie, les femmes me semblent plus aptes à faire naître les symboles. Surtout les symboles de réconciliation. Pourtant, ce furent deux hommes – deux guerriers – qui ouvrirent un chemin : en 1921 Michael Collins, le fameux leader Sinn Fein se rend à Londres et rencontre le Secrétaire colonial en charge de l’Irlande, un certain Winston Churchill. Les deux coqs se toisent, car chacun représente tout ce que l’autre déteste. L’Empire contre la République. Les négociations de paix patinent. Jusqu’un soir où Collins – ayant déjà bien bu – s’emporte et lance à Churchill : « Vous – fumier – aviez mis ma tête à prix ! » Ce à quoi l’autre – tout aussi sobre – répond en lui montrant une affiche datant de la guerre des Boers : « De quoi vous plaigniez-vous ? Les Afrikaners avaient mis la mienne à prix bien moindre ! » Ce sera le déclic. Ils passeront la nuit à boire et à chanter. La paix des guerriers ouvrira un chemin – long, sinueux et douloureux – que deux femmes ont fleuri hier à Dublin.
L’histoire sanglante d’Irlande nous rappelle la chance de vivre dans un pays pacifique comme notre doux royaume d’Absurdistan. Mais sans confiance, pas d’accord. Le nouveau formateur à peine désigné, les commentaires vont bon train : « A qui veut-on refiler le Zwarte Piet ? A la NVA en forçant un accord sans elle ? Au PS en le poussant à accepter un gouvernement proche de la VOKA ? Finalement, n’est-pas celui qui acceptera de devenir premier ministre qui aura hérité du Zwarte Piet ? » Une chose est sûre : tant que l’on joue à Zwarte Piet, il n’y aura pas d’accord. Collins et Churchill y sont arrivés. Pourtant, infiniment plus les séparait que De Wever et Di Rupo. Alors…
Hier à Dublin, une reine verte a fleuri un jardin du souvenir. Réconciliation ne signifie pas oubli. Réconciliation signifie : « mémoire pacifiée ». A propos de l’amnistie, j’écrivais lundi en flamand sur ce blog qu’il serait indigne de transformer ce sujet grave en querelle communautaire. Que le débat ne devait pas se mener entre flamands et francophones, mais entre générations qui succèdent aux victimes et aux bourreaux de la dernière guerre. Si une voix mérite de résonner dans ce débat, c’est bien celle du Grand Rabbin Guigui, sage parmi les sages – au côté duquel j’ai eu l’honneur de mener par le passé différents débats citoyens. Dans La Libre de ce jour (pp.52-53), il écrit : « Comment peut¬on recommander d’oublier, de faire table rase du passé et de repartir sur de nouvelles bases? Pourquoi sont¬ils si nombreux aujourd’hui les doux pédagogues d’amnésie? Je crois que si nous leur cédions et dispersions les cendres en enterrant la mémoire de nos morts, c’est nos enfants que nous exposerions. Je suis convaincu que si devait sonner pour nous l’heure de ne plus honorer nos cimetières, c’est que les camps ne seraient pas loin. (…) Notre combat n’est pas un combat égoïste qui vise à sauvegarder exclusivement nos communautés. C’est le combat de tous les démocrates mené pour que le monstre nazi ne relève point la tête, afin que les valeurs pour lesquelles nous luttons soient préservées. Notre soif de dignité est aussi celle de tout être humain qui veut marcher la tête haute ». Evidemment, la voix de familles de collaborateurs se sentant stigmatisées par les mesures d’après-guerre, doit également se faire entendre dans pareil débat. Mais pas au prix de l’oubli ou du déni. La question est hautement symbolique et – je le rappelle – en politique, un symbole vaut mille paroles.

Eglise catholique et abus sexuels : « La loi du silence perdure ? » (Le Soir p.9)

Le Soir est un quotidien laïque que j’ai toujours connu critique par rapport à l’Eglise – mais rarement outrancier. Eh bien, quelque chose semble avoir changé depuis six mois. C’est bien simple, je pense n’avoir plus lu depuis des semaines dans les pages du grand quotidien vespéral la moindre note positive, encourageante, etc. concernant l’Eglise catholique. Je sais bien que je ne suis pas un lecteur neutre, mais je ne l’étais pas davantage avant. Le lecteur engagé que je suis, pense donc que quelque chose à changé dans ce journal où travaillent de nombreux journalistes qu’il respecte – à commencer par l’auteur de l’article du jour (à découvrir en p.9). Par rapport à l’instruction du Vatican publiée hier, je m’étais attendu de la part du Soir à un titre du genre : « Un premier pas, mais peut mieux faire » ou encore « C’est un peu tard, mais c’est mieux que rien ». Mais non. Un peu à la manière de ces profs intraitables qui cassent leur bête noire en classe quoi que le cancre fasse, l’article titre: « La loi du silence perdure ». Je sais bien que l’auteur de l’article n’est pas nécessairement celui du titre, mais le contenu reflète l’en-tête. Pour vérifier si pareille analyse sévère était partagée, j’ai été lire la presse flamande – pas nécessairement plus tendre avec Rome – mais je n’ai rien retrouvé de tel. Comment expliquer pareille mansuétude ailleurs dans la presse? L’article du Soir s’en explique: « Les communicateurs du Saint-Siège ont réussi, lundi, à convaincre les agences de presse d’un prétendu durcissement des autorités ecclésiastiques face au scandale des abus sexuels sur mineurs perpétrés par des prêtres ou des religieux ». Voilà la communication du Vatican érigée au rang de spin doctor, capable de tromper la presse mondiale. Un véritable scoop. Et pourquoi – je cite l’article – « la loi du silence a manifestement de beaux jours devant elle » ? Parce que l’instruction du Vatican demande de « tenir compte de la législation du pays où se trouve la Conférence épiscopale, en particulier en ce qui concerne l’éventuelle obligation d’informer les autorités civiles ». En d’autres mots, au lieu de respecter les législations en vigueur, l’instruction vaticane aurait dû imposer la dénonciation « urbi et orbi », même là où une législation démocratiquement votée en déciderait autrement, réservant – par exemple – ce droit à la victime. Décidément, j’ai bien du mal à suivre pareil raisonnement. L’article revient aussi sur le secret de la confession, dont le caractère absolu devrait être levé. Ce que je pense de la question peut être lu sur mon « post » du 29 mars : « Secret professionnel des prêtres et secret de confession : réalité et phantasme ». Conclusion: du lecteur que je suis ou de l’article, un des deux doit être aveugle.

DSK – Secret bancaire, secret d’état, secret d’alcôve

Je m’abstiendrai religieusement de commenter le fond de l’affaire DSK, d’autant plus que personne ne sait vraiment qu’en penser. Qu’un des hommes les plus puissants et brillants de la planète agresse sexuellement une employée d’hôtel, dépasse ce que le bon sens peut comprendre. Soit nous avons affaire à un délinquant sexuel, soit il y a un piège visant à faire tomber l’homme public. Quoi qu’il en soit, cette glauque histoire illustre une fois de plus qu’en démocratie, ce qui fait chuter les puissants, est soit l’incompétence – et ici, chacun reconnaît que DSK est tout sauf incompétent – soit la part d’ombre devenue ingérable – ou présentée comme telle par un piège. Bref, quand l’affreux Mister Hyde déborde trop sur le brave Docteur Jekyll. Et pour ce qui est de l’ombre tapie en chacun de nous, il n’y a guère d’originalité à attendre. Comme l’écrivait Dostoïevski, les trois tentations du Christ au désert résument toutes celles qu’un homme puisse connaître : avoir, pouvoir, valoir. « Posséder, dominer, séduire »… Qui d’entre nous n’est pas parfois enivré par une de ces trois liqueurs – voire par toutes les trois à la fois ? Voilà pourquoi – et depuis toujours – les petits ou grands secrets bancaires, secrets d’état et secrets d’alcôve constituent une belle matière à scandale, à chantage, à piège ou plus communément – à rumeur. Ah, la rumeur… A l’époque où j’avais une fonction publique, combien de fois ne m’a-t-on pas glissé « innocemment » quelque secrets sulfureux sur un de nos décideurs ? Les trois-quarts du temps, je pense qu’il s’agissait de calomnies, mais – qu’importe – la rumeur salit tout ce qu’elle touche. Les trois-quarts du temps aussi, le messager de la rumeur ne me semblait pas particulièrement malveillant, mais – que voulez-vous – c’est si gai de dire du mal de son prochain. Ce faisant, cela nous dédouane un peu de nos propres ombres. Chacun le perçoit mieux aujourd’hui : le clergé catholique n’est nullement épargné en matière de part d’ombre. Et éviter la calomnie ne signifie pas entretenir une culture du silence. En pleine tourmente médiatique, le porte-parole que j’étais se disait parfois en souriant qu’il aurait été plus tranquille s’il était resté laïc. Mais avant de découvrir ma vocation à la prêtrise, mon rêve secret était de finir ma carrière comme directeur du FMI. Aujourd’hui, je me rend compte que la fonction n’aurait pas été moins exposée…

VATICAN – CIRCULAIRE EN MATIERE D’ABUS SEXUEL SUR MINEUR

Ci-dessous le texte de la Circulaire publiée en ce jour par la Congrégation pour la doctrine de la foi:

CITE DU VATICAN, 16 MAI 2011 (VIS). La Congrégation pour la doctrine de la foi publie ce jour la circulaire aux Conférences épiscopales relative aux lignes directrices destinée à faire face aux abus sexuels sur mineurs de la part de membres du clergé. Le document, signé par le Cardinal William Joseph Levada et par Mgr.Luis F.Ladaria, SJ, respectivement Préfet et Secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est daté du 3 mai 2011.

« L’obligation de donner une réponse adéquate aux cas éventuels d’abus sexuel commis à l’égard de mineurs par des clercs dans son diocèse, figure parmi les responsabilités importantes de l’évêque diocésain, en vue d’assurer le bien commun des fidèles, et la protection des enfants et des jeunes en particulier. Cette réponse implique la mise en place de procédures appropriées pour aider les victimes de ces abus, ainsi que la formation de la communauté chrétienne en vue de la protection des mineurs. Elle devra assurer l’application de la législation canonique en la matière et simultanément tenir compte des dispositions du droit civil.

I. Aspects généraux : a) Les victimes d’abus sexuel. A travers la personne de l’évêque ou de son délégué, l’Eglise doit se montrer prête à écouter les victimes et leurs familles, ainsi qu’à s’engager à leur fournir une assistance spirituelle et psychologique. Au cours de ses voyages apostoliques, Benoît XVI a donné un exemple particulièrement important de par sa disponibilité à rencontrer et à écouter les victimes d’abus sexuel. Lors de ces rencontres, le Saint-Père a voulu s’adresser aux victimes avec des paroles de compassion et de réconfort, comme le montrent ses propos dans la Lettre Pastorale aux catholiques d’Irlande: « Vous avez terriblement souffert et j’en suis profondément désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez subi. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. b) La protection des mineurs. Dans certains pays, des programmes éducatifs de prévention ont été initiés au sein de l’Eglise, afin d’assurer un « environnement sûr » pour les mineurs. Ces programmes visent à aider les parents et les agents pastoraux ou ceux qui travaillent dans le monde scolaire, dans l’identification des signes d’abus sexuel et l’adoption de mesures adéquates. Souvent ces programmes ont été reconnus comme des modèles dans l’engagement visant à mettre fin aux cas d’abus sexuel sur des mineurs dans les sociétés actuelles. c) La formation des futurs prêtres et religieux. Jean Paul II a déclaré en 2002 qu’il n’y a pas de place dans le sacerdoce et dans la vie religieuse pour quiconque pourrait faire du mal aux jeunes. Ces paroles rappellent la responsabilité particulière des évêques, des supérieurs majeurs et de ceux qui sont responsables de la formation des futurs prêtres et religieux. Les indications données dans l’exhortation apostolique Pastores Dabo Vobis, ainsi que les instructions des dicastères compétents du Saint-Siège, acquièrent une importance croissante pour un juste discernement de la vocation et pour une saine formation humaine et spirituelle des candidats. En particulier, on s’emploiera à faire apprécier aux candidats la valeur de la chasteté et du célibat. De même, on leur fera prendre conscience des responsabilités liées à la paternité spirituelle du clerc, tout en les aidant à approfondir leur connaissance de la discipline de l’Eglise en ce domaine. Des indications plus spécifiques peuvent être intégrées dans les programmes de formation des séminaires et des maisons de formation prévus dans la Ratio Institutionis Sacerdotalis de chaque pays et institut de vie consacrée et société de vie apostolique. En outre, un soin particulier sera réservé à l’obligation d’échanger des informations sur les candidats au sacerdoce ou à la vie religieuse qui passent d’un séminaire à un autre, entre différents diocèses ou entre les instituts religieux et les diocèses. d) L’accompagnement des prêtres. 1. L’évêque a le devoir de considérer tous ses prêtres comme un père et un frère. En outre, il veillera, avec une attention particulière, à la formation permanente du clergé, surtout au cours des premières années après l’ordination sacrée, en mettant l’accent sur l’importance de la prière et du soutien mutuel dans la fraternité sacerdotale. On informera les prêtres du dommage causé à la victime d’abus sexuels par un ecclésiastique et de sa responsabilité au plan canonique et civil. On lui enseignera aussi à reconnaître ce qui pourrait être les signes d’abus éventuels commis par quiconque sur des mineurs. 2. Les évêques feront tout ce qui est requis pour traiter les cas d’abus qui leur sont signalés, selon la discipline canonique et civile, dans le respect des droits de toutes les parties. 3. Le clerc accusé bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à preuve du contraire, même si l’évêque peut, par mesure de précaution, limiter l’exercice de son ministère, en attendant de clarifier les accusations dont il est l’objet. Le cas échéant, on fera tout pour réhabiliter la bonne réputation du clerc qui a été injustement accusé. e) La coopération avec les autorités civiles. L’abus sexuel de mineurs n’est pas seulement un délit au plan canonique. C’est aussi un crime qui fait l’objet de poursuites au plan civil. Bien que les rapports avec les autorités civiles diffèrent selon les pays, il est cependant important de coopérer avec elles dans le cadre des compétences respectives. En particulier, on suivra toujours les prescriptions des lois civiles en ce qui concerne le fait de déférer les crimes aux autorités compétentes, sans porter atteinte au for interne sacramentel. Bien sûr, cette coopération ne se limite pas aux seuls cas d’abus commis par les clercs ; elle concerne également les cas d’abus impliquant le personnel religieux et laïc qui travaille dans les structures ecclésiastiques.

II. Résumé de la législation canonique en vigueur concernant le délit d’abus sexuel de mineurs commis par un clerc: Le 30 avril 2001, Jean Paul II a promulgué le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela, par lequel l’abus sexuel commis par un clerc sur un mineur de 18 ans fut inséré dans la liste des Delicta Graviora réservés à la Congrégation pour la doctrine de la foi. La prescription pour ce délit fut fixée à 10 ans à partir du moment où la victime accomplit ses 18 ans. Cette normative du Motu Proprio est valable tant pour les clercs de rite latin que pour ceux de rite oriental, ainsi que pour le clergé diocésain et religieux. En 2003, le Cardinal Ratzinger, alors Préfet de la CDF, a obtenu de Jean Paul II la concession de certaines facultés spéciales pour offrir une plus grande flexibilité dans les procédures pénales concernant les Delicta Graviora, entre autres le recours au procès pénal administratif et la requête de démission ex officio dans les cas les plus graves. Ces facultés furent intégrées dans la révision du Motu Proprio, approuvée par Benoît XVI le 21 mai 2010. Selon les nouvelles normes, la prescription est portée à 20 ans. Dans le cas d’abus de mineur, elle commence à courir à partir du moment où la victime accomplit ses 18 ans. La CDF peut éventuellement y déroger dans des cas particuliers. On a également spécifié le délit canonique d’acquisition, de possession ou de divulgation de matériel pédopornographique. La responsabilité du traitement des cas d’abus sexuels sur des mineurs est d’abord du ressort des évêques ou des supérieurs majeurs. Si l’accusation paraît vraisemblable, l’évêque, le supérieur majeur ou leur délégué doivent procéder à une enquête préliminaire, selon le canon 1717 du CIC, le canon 1468 du CCEO et l’article 16 de SST.

Si l’accusation est jugée crédible, le cas doit être déféré à la CDF. Après l’avoir examiné, la CDF indiquera à l’évêque ou au supérieur majeur les pas ultérieurs à accomplir. Dans le même temps, la CDF donnera des orientations pour que des mesures appropriées soit prises, à la fois en vue de garantir un procès équitable à l’égard des clercs accusés, dans le respect de leur droit fondamental à la défense, et pour la sauvegarde du bien de l’Eglise, y compris celui des victimes. Il est utile de rappeler que l’imposition d’une peine perpétuelle, comme la Dimissio de l’état clérical, exige normalement un procès judiciaire pénal. Selon le droit canonique (canon 1342 CIC), les Ordinaires ne peuvent infliger de peines perpétuelles par décrets extrajudiciaires. A cette fin, ils doivent s’adresser à la CDF, à laquelle revient le jugement définitif quant à la culpabilité et à la non-idonéité éventuelle du clerc pour le ministère, ainsi que l’imposition subséquente d’une peine perpétuelle (SST, article 21,2). Les mesures canoniques appliquées à un clerc reconnu coupable d’abus sexuel sur un mineur sont généralement de deux genres: 1. des mesures qui restreignent le ministère public de manière complète ou qui excluent du moins tout contact avec les mineurs. Ces mesures peuvent être accompagnées par un précepte pénal, 2. les peines ecclésiastiques, dont la plus grave est la Dimissio de l’état clérical.

Dans certains cas, à la demande du clerc lui-même, la dispense des obligations inhérentes à l’état clérical, y compris le célibat, peut être concédée Pro Bono Ecclesiae. L’enquête préliminaire et tout le procès doivent être menés dans le respect de la protection de la confidentialité des personnes concernées et avec l’attention requise à leur réputation. A moins de graves raisons contraires, le clerc accusé doit être informé de l’accusation portée contre lui, afin d’avoir la possibilité d’y répondre, avant que le cas soit déféré à la CDF. Avec prudence, l’évêque ou le supérieur majeur déterminera les informations qui devront être communiquées à l’accusé lors de l’enquête préliminaire. Il est du devoir de l’évêque ou du supérieur majeur de pourvoir au bien commun en fixant les mesures de précaution à prendre, comme le prévoient le canon 1722 du CIC et le canon 1473 du CCEO. Conformément à l’article 19 de SST, ces mesures doivent être prises une fois commencée l’enquête préliminaire. Enfin, il convient de rappeler que, lorsqu’une conférence épiscopale veut se doter de normes spécifiques, sous réserve de l’approbation du Saint-Siège, cette normative particulière doit être comprise comme un complément à la législation universelle et non s’y substituer. La normative particulière doit donc être en harmonie avec le CIC /CCEO et avec le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela (30 avril 2001), tel qu’il a été mis à jour le 21 mai 2010. Au cas où la conférence déciderait d’établir des normes contraignantes, elle devra demander la Recognitio aux dicastères compétents de la Curie romaine.

III. Indications aux Ordinaires sur la manière de procéder:

Les directives préparées par la conférence épiscopale devraient offrir des orientations aux évêques diocésains et aux supérieurs majeurs, dans le cas où ils seraient informés d’abus sexuels présumés de mineurs commis par des prêtres présents sur le territoire de leur juridiction. Ces directives devront tenir compte des observations suivantes: a) la notion d »abus sexuels sur des mineurs’ doit correspondre à la définition donnée par le Motu Proprio SST, article 6 (le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans), ainsi qu’à la pratique interprétative et à la jurisprudence de la Congrégation pour la doctrine de la foi, en tenant compte des lois civiles du pays. b) la personne qui dénonce le délit doit être traitée avec respect. Dans les cas où l’abus sexuel est lié à un autre délit contre la dignité du sacrement de la pénitence (article 4), le plaignant a le droit d’exiger que son nom ne soit pas communiqué au prêtre qu’il accuse (article 24). c) les autorités ecclésiastiques doivent s’engager à fournir une assistance spirituelle et psychologique aux victimes. d) l’enquête sur les accusations doit être menée dans le respect de la sphère privée et de la réputation des personnes. e) à moins de graves raisons contraires, le clerc accusé sera informé des accusations dès la phase de l’enquête préliminaire, en lui offrant l’opportunité d’y répondre. f) les organes consultatifs de surveillance et de discernement des cas individuels, prévus en certains pays, ne doivent pas se substituer au discernement et à la Potestas Regiminis de chaque évêque. g) les directives doivent tenir compte de la législation du pays où se trouve la conférence épiscopale, en particulier en ce qui concerne l’éventuelle obligation d’informer les autorités civiles. h) lors de toutes les étapes des procédures disciplinaires ou pénales, le clerc accusé devra bénéficier d’un moyen de subsistance digne et équitable. i) est exclu un retour du clerc au ministère public, si ce ministère présente un danger pour les mineurs ou un scandale pour la communauté.

Conclusion: Les directives préparées par les conférences épiscopales visent à protéger les mineurs et à aider les victimes à trouver assistance et réconciliation. Elles devront indiquer que la responsabilité du traitement des délits d’abus sexuels sur mineurs de la part de clercs appartient en premier lieu à l’évêque diocésain. Enfin, ces directives devront contribuer à une approche commune au sein d’une même conférence épiscopale, en aidant à harmoniser au mieux les efforts de chaque évêque dans la protection des mineurs ».

Amnestie – Geen communautair debat, AUB

Op 12 mei heeft de Senaat een wetsvoorstel in overweging genomen tot amnestie voor de bestraffing van de collaboratie. Met uitzondering van Groen! stemden alle Vlaamse partijen voor het in overweging nemen, en alle Franstalige (en Duitstalige) partijen ertegen. We zijn dus lekker weer communautair bezig in dit land. Kan het ook eventjes anders? Laten we misschien eerst de feiten bekijken. Ik ben geen specialist, maar het ziet ernaar dat, op basis van een recent doctoraatsonderzoek van Koen Aerts (UGent), zou blijken dat de tekst van het wetsvoorstel enkele manifeste feitelijke fouten bevat. Die doctoraatsverdediging gaat door op woensdag 18 mei 2011 om 16u in de zaal Vermeylen, Het Pand, Onderbergen 1, 9000 Gent. Ik hoop dat de media een zo gevoelig dossier op de voet zal volgen, en liefst op basis van correcte informatie. Vervolgens, aangezien dit vooral een Vlaamse aangelegenheid is, moeten de Vlaamse vertegenwoordigers van de slachtoffers van de laatste wereldoorlog prioritair aan het woord gelaten worden. Ter gelegenheid van de mogelijke voorwaardelijke vrijlating van Michèle Martin, kregen Paul Marchal en anderen terecht de aandacht van de pers. Wel, in het debat rond amnestie verdienen het Forum der Joodse Organisaties (FJO) en andere dergelijke organisaties diezelfde volle aandacht. Pas dan kan er eerlijk en oprecht over dit gevoelig item gedebatteerd worden. De zaak verdient beter dan gekleurd te worden met ons habitueel communautair tintje.