Tout le monde parle du dernier film de Ridley Scott. Napoléon fascine encore et toujours. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’un penseur libéral irlando-britannique avait prévu son ascension. Edmund Burke (1729-1797) défendait la révolution américaine, mais se méfiait de l’idéologie, promettant de construire un monde nouveau, soufflant sur Paris. Dans sa « Réflexion sur la Révolution française », parue en 1790, il annonça que l’anarchie ferait en sorte que le peuple français se tournerait vers un général populaire, ayant l’allégeance de ses troupes, qui deviendrait le maître de la république. Napoléon accomplit cette prophétie, au-delà de toutes les espérances.
Hélas, les hommes, dits « forts », mais respectueux des enjeux démocratiques, sont rares et éphémères au pouvoir. N’est pas Churchill ou de Gaulle, qui veut. Les récents succès électoraux de Javier Milei (Argentine) et Geert Wilders (Pays-Bas), comme le retour en grâce de Donald Trump (US), ne doivent cependant pas nous étonner. En période troublée, le peuple se cherche un homme, dit « fort », faisant rêver de grandeurs passées ou à venir. Au risque de Waterloo…