Ce lundi 4 janvier est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.31.
Pour la consulter, cliquez sur Lettre ouverte au président Macron et au premier ministre De Croo.
Merci à La Libre de m’offrir cet espace d’expression.
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« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Luc 2, 1-14)
Toutes les mamans le savent : une naissance peut être douloureuse. La raison en est que le petit d’homme naît avec une boîte crânienne fort développée, qui – en quittant le sein maternel – fait souffrir sa maman bien plus que cela n’arrive dans le monde animal. Et pourtant, rien de plus joyeux qu’une naissance. Même si… les parents savent que les épreuves ne font que commencer. Mettre un enfant au monde, c’est l’accompagner des années durant, dans les rires comme dans les pleurs.
Joie et souffrance… Il y a un peu des deux dans la fête de la Nativité. Il y a la joie de la naissance du Sauveur. Le Verbe de Dieu se fait petit enfant : par Marie, le Sauveur est mis au monde pour porter l’Amour divin aux hommes. Comme le proclament les anges : « Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour toutle peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur ». Une joie réelle, donc, mais qui n’immunise pas de la souffrance. Les icônes orthodoxes de la Nativité nous le rappellent avec leurs crèches en forme de sépulture : la mise au monde du Sauveur n’esquive pas les épreuves et les croix. Voilà pourquoi, la fête de Noël s’adresse tant aux personnes qui sont dans la joie qu’à celles qui vivent dans la peine.
Et cette année, comment ne pas penser tout particulièrement à tous ceux que la pandémie et le confinement atteignent durement ? Oui, même pour eux résonne en ce jour le chœur des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».
Ce lundi 21 décembre est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.39.
Pour la consulter, cliquez sur « Biodiversité dans l’Eglise ».
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« Que tout se passe pour moi selon ta parole » (Luc 1, 26-38)
Les deuxième et troisième dimanches de l’Avent, Jean le Baptiste est le personnage au centre des passages d’Evangile, lus au cours des eucharisties dominicales. Le quatrième et dernier dimanche avant la Nativité, il s’agit de Notre-Dame.
Pour expliquer la place de Marie dans l’histoire du salut, prenons un exemple : seul l’eau peut désaltérer, mais sans un réceptacle (bouteille, verre, mains,…), impossible de boire. Il en va de même pour l’œuvre de Dieu : seul l’Esprit de Dieu régénère le monde, mais comment pourrait-il le faire si personne ne lui ouvre son cœur ? Et comment l’Esprit pourrait-il totalement se donner, si quelqu’un ne l’accueille pas en plénitude et sans aucune réserve mentale ou arrière-pensée?
Hélas – de par le péché – le « oui » des hommes est bien fragile : si souvent, nous disons « oui, mais… », « oui, sauf si… », « oui, à moins que… », « oui, à condition que… ». Rien de tel chez Marie. Le « oui » de la Vierge de Nazareth est libre, clair et limpide. Il ouvre grand les portes à l’Esprit de Dieu. « Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu ».
Alors la Vierge dit : « Fiat ! Je suis la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Je lis sur un site fort catholique, sous la signature courageusement anonyme de « un ami nous écrit », les considérations suivantes: « En Belgique, les catholiques, singulièrement les évêques et une partie du clergé semblent timorés à l’extrême quand il s’agit de demander la reprise du culte public. Pourtant c’est une très grave erreur (et dans le cas de certains, probablement un péché très grave). » S’ensuit l’argumentation qui invite à soutenir une plainte en justice, en vue d’une reprise des cultes.
Mon point de vue est le suivant: il est de la liberté de tout baptisé de se situer face à la crise sanitaire et les mesures de confinement. De ce point de vue-là, je puis comprendre que d’aucuns (dont des évêques) trouvent les mesures gouvernementales exagérées et le fassent entendre devant les tribunaux, au regard de la liberté de culte. Il est vrai que, quand je vois les rues commerçantes pleines de monde et les églises limitées à 15 personnes, il y a de quoi y perdre son latin. Je comprends donc ces chrétiens qui protestent, mais la moutarde commence à me monter très solidement au nez quand je lis que ceux qui auraient une autre attitude, seraient (je cite) « timorés à l’extrême », (je cite encore) dans une « très grave erreur », voire (je cite toujours ) « probablement dans un péché très, très,… très grave ».
Quitte à revendiquer mon statut de pécheur public, qu’il me soit permis de leur répondre que je n’ai de leçons à recevoir de personne. Car – je l’ai écrit et je persiste – je suis de ceux qui pensent qu’il est plutôt du devoir d’un chrétien par les temps qui courent, de se montrer solidaire de l’action gouvernementale – même si, je le répète, les mesures prises me semblent exagérément sévères pour les cultes, voire dédaigneuses de ceux-ci cf. mon post précédant. Je rappelle que le gouvernement belge ne cherche pas à empêcher la liberté de culte par fureur idéologique, mais à restreindre la possibilité de se rassembler, afin que l’épidémie cesse de se propager. Il ne me semble donc pas anti-chrétien de se plier à ces mesures, comme le fait par ailleurs le pape François… Et de s’y plier, non pas par attitude « cou-couche panier » face au gouvernement (autre « charitable perle » lue sur ce site), mais bien par souci du bien commun.
Que d’autres aient une attitude différente, fait partie du sain débat en Eglise. Mais que me soient épargnés les jugements de valeurs. Le jour où je paraîtrai devant le Trône céleste, je suis assez lucide pour savoir que bien des choses pourront m’être reprochées. Mais certainement pas d’avoir été « timoré à l’extrême » pour défendre l’honneur du Christ à temps et à contretemps dans les médias ou ailleurs, jusque dans les cénacles les plus anticléricaux.
Bref, messieurs les charitables donneurs de leçons, je vous invite en ce temps de l’Avent à pieusement méditer sur « la paille et la poutre » (Luc 6, 41)… Bien fraternellement,
Eric de Beukelaer (car – oui – moi, je signe par mon nom)
« Au milieu de vous, se tient Celui que vous ne connaissez pas » (Jean, 1, 6-8, 19-28)
Le troisième dimanche de l’Avent, est surnommé Gaudete – ce qui signifie en latin « dimanche de la joie ».
N’est-il pas curieux de parler de « joie », alors que la pandémie brime nos envies de toute part? Noël sans Messe? Sans dinde partagée ? Sans rire des enfants et petits-enfants?
« Au milieu de vous, se tient Celui que vous ne connaissez pas », clame le Baptiste. Un Enfant vient à Noël. Il porte la joie au monde. Pas la joie fugace des séductions ou bulles de champagne, mais la joie profonde d’un Dieu qui – de son regard – nous révèle que nous sommes aimés – inconditionnellement.
« A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur » (Marc 1, 1-8)
Quel est cet étrange compagnon du 2e dimanche de l’Avent ? Il habite dans le désert et est habillé d’une tunique de chameau. Vu son apparence austère et le temps du calendrier, certains enfants croiront peut-être qu’il s’agit du père fouettard.
Mais non. Cet homme ne vient pas départager les gamins sages de ceux qui sont… un peu moins sages. Sa parole rugueuse s’adresse à tous. Qui donc est ce type bizarre qui baptise dans le Jourdain ? Il est une voix qui crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur ! »
Le temps de l’Avent c’est justement cela… Dans le désert spirituel de nos villes et de nos vies, préparer les chemins du Seigneur. Et nous de répondre à ce drôle de prophète : « Oui mais dis… pas facile, hein ! Tu ne te rends pas compte des obstacles ? Et puis, je ne suis pas un prophète professionnel. De plus, quand je parle de Dieu, on se moque de moi ». Mais nos objections ne déstabilisent pas le Baptiste. Il dit : « Si un obstacle se dresse, aplanissez la route. Ne craignez pas : Vient bientôt un plus grand que moi. Lui baptisera dans l’Esprit Saint ».
«Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez !» (Marc 13, 33-37)
Avec le temps de l’Avent, s’ouvre une nouvelle année liturgique : nous quittons l’année durant laquelle l’Evangile selon Saint Matthieu fut lu chaque dimanche à l’église et entrons dans l’année consacrée à Saint Marc. Plus immédiatement, l’Avent est le temps de quatre semaines qui nous prépare à la Nativité.
Alors que la pandémie ouvre sur un Noël confiné, l’Eglise propose plus que jamais de préparer nos cœurs à la venue de l’Enfant de la crèche. Ce serait dommage qu’arrivé la nuit de Noël, nous nous disions soudainement – comme surpris : « déjà Noël ! »
Un mois nous est donné, afin d’apprêter la crèche de nos cœurs à recevoir le Divin Enfant. C’est tout le symbole des couronnes de l’Avent qui ornent nos églises et – je vous y invite – également nos maisons : à chaque semaine, la lumière qui jaillit de la couronne augmente. De même, nous sommes appelés à devenir chaque semaine davantage lumineux de Noël.
L’Avent nous invite à nous ressaisir, afin que l’esprit de Noël ne se vive pas qu’une petite journée par an. Alors, soyons des sentinelles de la crèche. Il vient l’Enfant qui porte l’Amour au monde. Ne le ratons pas, parce que notre cœur somnole. «Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez !» (Marc 13, 33-37)
Pas plus que les évêques de Belgique, je ne fais partie de ces catholiques qui militent en ce temps de confinement des cultes pour un retour immédiat à la Messe. Non pas parce que je m’en fiche ou que je ne souffre pas de l’absence de célébrations. Si je prône la patience et la discipline collective, c’est par solidarité avec la population et par soutien envers le personnel soignant. Et puis aussi, par décence. Alors que tant de petits commerçants voient leur source de revenus agoniser pour cause de fermeture obligatoire, il me semblerait déplacé de pousser des revendications cultuelles. En ce temps de l’Avent qui s’ouvre, ce jeûne eucharistique – si crucifiant soit-il – peut d’ailleurs aussi être l’occasion pour les chrétiens d’approfondir la prière plus personnelle et d’aiguiser l’attention aux autres.
Ceci étant dit, le fait que le Comité de concertation faisant hier soir le point sur les mesures de confinement en vigueur pour Noël n’ait pas dit un seul mot – pas un seul petit mot… – sur les cultes, mérite un commentaire. Je ne jette pas la pierre à nos gouvernants, tellement coincés entre virologues et lobbys socio-économiques, qu’ils ne savent plus à quels saints se vouer. Qu’aucun membre de leurs cabinets n’ai songé à leur rappeler que Noël, cela concerne aussi un tout petit peu ce truc qu’on appelle la religion, est déjà plus édifiant.
J’entends ici, les brillants esprits – libérés de l’emprise du catholicisme de leur enfance – me ricaner à la gueule: « enfin, vous comprenez que vous ne signifiez plus grand-chose dans ce pays ». Bien sûr que la sécularisation et le pluralisme des convictions est passé par là. Quoi que… le catholicisme demeure encore – et de loin – la première conviction spirituelle de nos compatriotes. D’ailleurs, si tant de non-catholiques ont un rapport si particulier avec l’Eglise, rapport qui confine parfois au rejet adolescent – c’est que le cordon ombilical qu’ils ont coupé avec la religion de leurs racines, ne l’est peut-être pas tant que ça. Mais surtout – si l’évacuation de la dimension religieuse et/ou spirituelle de la société – rendait nos contemporains plus heureux, tout cela serait une bonne nouvelle. Il n’en est cependant rien. Que du contraire. J’en veux pour preuve tous les livres de méditation zen, wellness et de mindfullness qui se retrouveront sous les sapins, cette année encore. Oui, définitivement, « l’homme ne vit pas que pain »… (Matthieu 4,4)
Alors, que nous soyons catholiques ou pas, croyants ou non, rappeler l’origine religieuse de Noël et la dimension spirituelle qui s’y déploie, ne fait offense à personne. Mieux – cela fait du bien à tout le monde, car le symbole du petit Enfant de la crèche qui porte l’amour du monde, parle au coeur et ce, bien au-delà des murs des églises.
Vous savez quoi? Si les évêques de Belgique avaient été sur les barricades pour « exiger le retour au culte », plutôt que de se montrer solidaires et responsables, je suis persuadé que nos ministres auraient parlé hier soir du culte. Faut-il donc sans cesse taper du poing sur la table pour se faire respecter? Non – et le Dieu qui se fait enfant dans la crèche, est là pour nous le rappeler. Voilà pourquoi, me semblerait de mise, en ce temps qui prépare à la fête de Noël, un mot sur les cultes de la part de nos gouvernants. Un simple, tout petit mot…
«Chaque fois que vous l’avez fait à un de ces petits qui sont mes frères, c’est à Moi que vous l’avez fait» (Matthieu 25, 31-46)
En ce dernier dimanche de l’année liturgique – dimanche du Christ-Roi – l’Evangile nous fait réfléchir sur ce qu’on appelle communément « le jugement dernier ». Des générations entières ont eu l’imagination marquée par les bas-reliefs sculptés sur le portail de nos cathédrales: le Christ-Roi y trône en majesté et sépare les âmes justes de celles qui sont réprouvées.
Mais cette représentation-là ne correspond pas pleinement à l’Evangile. Jésus est un roi dont la seule couronne est d’épine et l’unique trône, le bois d’une croix. Un roi humilié. Un roi crucifié. Un roi qui se fait le frère de tous les laissés-pour-compte de l’histoire.
L’unique question que ce Roi nous posera lors du jugement dernier, sera : Quand tu as croisé la route de ce pauvre type, nu, malade, prisonnier, affamé… l’as-tu servi comme un roi? Si tu l’as méprisé, comment pourrais-tu Me reconnaître comme ton Roi ? Regarde-Moi : Je suis nu, malade et prisonnier. «Chaque fois que tu as fait du bien à un de ces petits qui sont mes frères, c’est donc à Moi que tu l’as fait».