Ce mercredi 4 février est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.41.
Pour le consulter, cliquez sur « Les politiciens face à l’enjeu spirituel ».
Merci à La Libre de m’offrir cet espace d’expression.
Ce mercredi 4 février est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.41.
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Suite à l’affaire de la Collégiale Sainte-Waudru de Mons où un ouvrier du lieu a maladroitement « restauré » des oeuvres d’art, il y a de l’émoi dans tous les sens. Comment réagir?
1. Si l’Eglise de Belgique a créé pour la partie francophone du Royaume, le CIPAR (Centre Interdiocésain du Patrimoine et des Arts Religieux: https://cipar.be), c’est justement pour conseiller les fabriques d’église en matière de patrimoine. Dans les diocèses, le CIPAR est relayé par une Commission d’art sacré (à Liège: commission.artsacre@evechedeliege.be). Il est dommage que la fabrique d’église en question n’ait pas songé à se faire conseiller par cet organe, qui a une grande expertise.
2. La ville de Mons a communiqué de manière surprenante, en signalant qu’elle n’était pas propriétaire de la Collégiale, mais que c’était la fabrique d’église. Ceci est incompréhensible. Pour rappel: à la Révolution française, toutes les églises ont été nationalisées. La propriété des bâtiments sacrés est ainsi passée aux communes. Lors du concordat avec le Pape, Napoléon n’a rien rendu, mais il a affecté les églises au culte. Sauf exception à prouver, toutes les églises construites avant 1804 sont donc propriété communale. Pour les églises construites après cette date, tout dépend: si elles sont construites sur un terrain communal, elles sont communales; si elles sont construites sur un terrain fabricien, elles sont fabriciennes. Pourquoi les communes n’aiment-elles pas trop reconnaître cet état de fait? Pour moins devoir s’en sentir responsables. Les communes ont souvent des budgets pour plein de choses, mais moins pour entretenir les églises, si prestigieuses soient-elles…
3. Une fabrique d’église n’est pas un « organe d’Eglise ». Il s’agit d’un établissement public, créé par la loi et sous tutelle publique (de l’évêché aussi, mais également des communes et des services du gouverneur). Cet établissement public a la responsabilité des lieux de cultes, quel qu’en soit le propriétaire. Outre le curé, le bourgmestre ou l’échevin du culte est membre de droit de toute fabrique d’église. La commune a donc « un oeil » dans tout ce que fait une fabrique. Si elle n’use pas de ce droit de regard prévu par la loi (certains échevins du culte interviennent trop peu/pas du tout dans la vie des fabriques), elle n’en porte donc pas moins une part de responsabilité dans des décisions inadéquates qui seraient prises par le Conseil de fabrique.
4. Le bon peuple aime à croire à la richesse des évêchés « qui possèdent toutes ces églises ». Mais non : que le propriétaire soit la commune ou la fabrique, ces bâtiments appartiennent au domaine public et non aux diocèses. Les fabriciens sont donc des bénévoles qui gèrent gratuitement des biens publics. Ce sont rarement des professionnels et les responsabilités que l’on fait peser sur leurs épaules sont écrasantes. Ce n’est pas un blanc-seing pour accepter le n’importe quoi, mais cela mérite respect et encouragement. Si demain les communes doivent remplacer les fabriciens par des fonctionnaires payés par elles, leur budget s’en ressentirait bien plus lourdement. Voilà pourquoi, je tiens à redire toute ma gratitude à tous ces fabriciens et fabriciennes, qui ont un rôle ingrat et tellement précieux au service de toute la collectivité. Car, c’est une autre vérité trop oubliée: si elles sont affectées au culte catholique, les églises n’appartiennent pas aux Catholiques. Elles sont ouvertes à toute la population. Toute personne, quel que soit sa conviction, y est bienvenu dans sa quête de silence, d’intériorité, de beauté… de Mystère.
« On était frappé par son enseignement, car Il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes ». (Marc 1, 21-28)
Une chose frappe son auditoire: Jésus n’enseigne pas comme les scribes qui commentaient les écritures en se référant à d’autres scribes. Non, Il parle en homme qui a autorité – qui est « auteur » de Sa parole : « On vous a dit… Eh bien, moi je vous dit » (Matthieu 5, 21). Ce qu’Il dit ne sort pas des livres, mais du tréfonds de Son âme. Pareille autorité Lui donne de poser les gestes qui annoncent le Royaume – c’est-à-dire de « guérir » – et cela, même un saint jour de repos – car « le Fils de l’homme est Maître, même du Sabbat » (Marc 2, 28).
D’où cela lui vient-il ? Le Christ répond : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé » (Luc 4,18).
Nous ne sommes pas le Christ, mais – en tant que baptisés – nous avons part à son Esprit. Demandons donc à l’Esprit de nous remplir de l’autorité du Seigneur. Non pas pour devenir « autoritaires », mais pour – à notre tour – être témoin de la Bonne Nouvelle.
«Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.» (Marc 1, 14-20)
Dimanche dernier, nous recevions comme Evangile le récit de l’appel des premiers disciples d’après Saint Jean. C’est sans doute la version la plus historique : ils étaient disciple du Baptiste et puis ont suivi Jésus. Ce dimanche, nous entendons la version de Saint Marc (assez proche de celle de Matthieu et de Luc). Les disciples sont en train de pêcher – c’est leur métier – et « paf ! » Jésus passe par là et les recrute pour devenir des « pêcheurs d’hommes ». Du coup, ils plantent là leur père et leurs filets et ils le suivent.
Cet épisode correspond probablement davantage à une expérience spirituelle. En découvrant Jésus, les disciples ont saisi que plus rien ne serait comme avant. « Hareng-boulot-dodo », c’était bien. Mais l’Evangile, c’est la vie. Du coup, leur existence bascule. Il y a un avant Jésus et un après.
Les baptisés d’aujourd’hui ne sont pas tous appelés à lâcher leur profession – les vocations à se consacrer entièrement à l’Evangile restent l’exception – mais une fois que l’on a croisé le regard du Christ, plus rien ne doit être comme avant. A sa manière, chaque baptisé est appelé à être un « pêcheur d’homme ». Sur les sentiers de l’Evangile, il n’y a pas de chômage, de pause-carrière ou de pension. Même en pandémie. Avec Jésus, c’est le plein-emploi au service du Royaume de l’Amour.
« Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez et vous verrez. » (Jean 1, 35-42)
Le temps de la Nativité se termine et – jusqu’au début du carême – nous commençons le cycle des dimanches, dits « ordinaires ». Les prêtres et diacres portent des vêtements liturgiques verts – couleur de l’espérance. Ce n’est donc pas par hasard que l’Evangile de ce dimanche parle de l’appel des premiers disciples, car les nouveaux disciples que Jésus appelle en ce début d’année 2012 – c’est chacun de nous.
Que faire pour ressentir l’appel du Christ ? Le chercher – comme les deux premiers disciples. Mais chercher ne suffit pas. Lorsque nous ressentons Sa présence spirituelle, il s’agit de prendre du temps pour mieux le connaître. C’est ce que permet la prière, la lecture de la Bible, ou encore la pratique dominicale de l’Eucharistie.
Quand des jeunes (ou des moins jeunes) se cherchent sur « Facebook », ce n’est pas avant tout pour connaître l’adresse internet de l’autre, mais bien pour mieux découvrir qui est cet autre. Cependant, rien ne remplace une rencontre… (plus difficile en ce temps de pandémie, hélas) C’est ce qui arrive avec les premiers disciples. Jésus leur demande : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi, où demeures-tu ? » Ce faisant, ils ne demandent pas son adresse, mais cherchent à découvrir qui Il est. Alors, Jésus leur dit : « Venez et vous verrez. » (Jean 1, 35-42)
« Moi, je vous ai baptisé avec de l’eau (…). Lui, vous baptisera dans l’Esprit Saint. » (Marc 1, 7-11)
Les premiers chrétiens étaient surpris et même gênés d’apprendre que Jésus avait reçu le baptême de Jean. Pourquoi Celui qui est sans péché, a-t-il reçu un baptême de conversion – un baptême destiné aux pécheurs ?
Parce que le Christ se rend pleinement solidaire du destin des hommes. J’ai visité le lieu où – selon les Ecritures – Jean baptisait. Le fleuve y est boueux, car il charrie toutes les impuretés transportées depuis sa source. Celui qui est plongé dans le Jourdain à cet endroit, ressort de l’eau plein de boue – comme chargé du poids de péché des hommes. En demandant le baptême de Jean, c’est de cette boue humaine que le Christ se charge. Jésus se rend solidaire de notre condition pécheresse pour nous rendre solidaire de son intimité avec le Père dans l’Esprit.
Par notre baptême chrétien, nous sommes plongés dans la vie et la mort du Christ pour ressusciter avec Lui. Le Sauveur se charge de notre boue, afin que nous soyons revêtus de Sa lumière et que – par Lui, avec Lui et en Lui – le Père puisse nous dire : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie.»
Chez les anciens Romains, les oies veillaient sur le Capitole… Leur efficacité ne résidait pas dans leur force, mais bien dans leur capacité à alerter en cas de danger. Ma chambre d’enfant et d’adolescent donnant sur un troupeau d’oies, je ne puis que confirmer ce fait: le plus petit mouvement fait en sorte que les oies hurlent… jour et nuit.
De manière métaphorique, la démocratie est défendue par le cri des « oies », que sont une opinion publique éclairée par un presse de qualité et soutenue par des institutions solides. Hier à Washington, au Capitole, les oies ont paru s’être un temps envolées.
Cela m’amène à deux commentaires:
1. Avec tant d’autres observateurs, je m’interroge sur l’erreur d’appréciation des forces de sécurité, qui a permis à une foule de protestataires de se rendre brièvement maître d’un des bâtiments les plus emblématiques de la première puissance mondiale. Les images qui font le tour du monde, vont durablement endommager la réputation de la démocratie américaine. Dans plus d’une dictature, des tyrans ont dû bien rigoler…
2. C’est une expérience que chacun de nous fait dans son quotidien: il existe des personnes qui sont incapables de « passer la main » et qui feront tout pour s’accrocher à leur petite parcelle de pouvoir. Président d’une association depuis de trop nombreuses décennies, politicien local incapable de penser sa succession, curé se croyant indispensable à sa paroisse, etc. « Partir, c’est mourir un peu », dit le poète. Quitter une fonction, c’est faire une expérience anticipée de sa mortalité. Beaucoup résistent donc par peur de mourir; quitte à entraîner dans leur chute, les institutions qu’ils sont supposés servir. D’où l’importance, à tous les niveaux, de mandats clairs et limités dans le temps, permettant une transition paisible.
Heureusement que la démocratie américaine est solide et que les oies sont revenues veiller sur le Capitole. Sinon, hier à Washington, que serait-il advenu…?
(Un souci informatique m’a empêché de publier ceci ce WE. je le fais donc en ce 6 janvier, jour traditionnel de l’épiphanie)
« Les mages ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». (Matthieu 2, 1-12)
« Epiphanie » signifie en grec : « manifestation ». Dans le calendrier chrétien, cette fête est plus ancienne que celle de la Nativité (fixée en 354 par le pape Libère à la date du solstice d’hiver – soit le 25 décembre). Jusqu’au milieu du IVe siècle, se célébrait au cours de l’épiphanie toutes les manifestations du Christ sur terre : de sa naissance à son premier miracle, lors des noces de Cana.
Aujourd’hui, l’Eglise latine fête l’Epiphanie avec le récit des mages : elle voit dans le périple de ces trois sages suivant l’étoile depuis fort loin, le signe de la manifestation de la lumière du Christ à toutes les nations. En cette fête de l’Epiphanie, prions donc spécialement avec nos frères chrétiens du monde entier. Race, langue, culture nous séparent – mais le Christ est la grande lumière qui fait notre unité. Comme les mages, venons l’adorer et offrons-lui, avec cette année nouvelle – toutes nos réussites (l’or), tous nos échecs et souffrances (la myrrhe, qui est un herbe amère) et toutes nos prières (l’encens, qui est ce parfum dont la fumée monte vers le ciel).
Oui, mettons-nous en route en 2021. Suivons l’étoile. Allons vers l’Enfant de la crèche, qui manifeste la lumière de l’amour de Dieu pour notre monde.
Ce lundi 4 janvier est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.31.
Pour la consulter, cliquez sur Lettre ouverte au président Macron et au premier ministre De Croo.
Merci à La Libre de m’offrir cet espace d’expression.
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Luc 2, 1-14)
Toutes les mamans le savent : une naissance peut être douloureuse. La raison en est que le petit d’homme naît avec une boîte crânienne fort développée, qui – en quittant le sein maternel – fait souffrir sa maman bien plus que cela n’arrive dans le monde animal. Et pourtant, rien de plus joyeux qu’une naissance. Même si… les parents savent que les épreuves ne font que commencer. Mettre un enfant au monde, c’est l’accompagner des années durant, dans les rires comme dans les pleurs.
Joie et souffrance… Il y a un peu des deux dans la fête de la Nativité. Il y a la joie de la naissance du Sauveur. Le Verbe de Dieu se fait petit enfant : par Marie, le Sauveur est mis au monde pour porter l’Amour divin aux hommes. Comme le proclament les anges : « Voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour toutle peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur ». Une joie réelle, donc, mais qui n’immunise pas de la souffrance. Les icônes orthodoxes de la Nativité nous le rappellent avec leurs crèches en forme de sépulture : la mise au monde du Sauveur n’esquive pas les épreuves et les croix. Voilà pourquoi, la fête de Noël s’adresse tant aux personnes qui sont dans la joie qu’à celles qui vivent dans la peine.
Et cette année, comment ne pas penser tout particulièrement à tous ceux que la pandémie et le confinement atteignent durement ? Oui, même pour eux résonne en ce jour le chœur des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».