« Pas la fin du monde. Le début d’un monde nouveau » – 23° dimanche, Année C

« Celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut être mon disciple ». (Luc 14, 25-33)
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. »
L’Evangile de ce dimanche nous met mal à l’aise. Jésus serait-il un de ces illuminés qui – pour le suivre – exige de quitter femme et enfants ? Un de ces prophètes de l’apocalypse – comme on en croise à tous les carrefours ?
Que du contraire. Plutôt que la fin du monde, Jésus inaugure un monde nouveau : le Royaume de Son Père – là, où l’Esprit règne dans les cœurs. Pour faire advenir ce règne, il s’agit de comprendre qu’aucun attachement humain – si beau soit-il – ne peut prendre toute la place dans mon cœur. Car si mon conjoint ou mes enfants deviennent mon dieu, ils seront idolâtrés et empêcheront ma croissance spirituelle. Ce n’est que dans la mesure où le Christ devient la pierre angulaire de ma vie, que toute réalité terrestre – conjoint, enfants, parents, fortune, carrière, etc. – trouvera sa juste place dans mon cœur.
Alors, je goûterai la liberté spirituelle du disciple. Les vies joyeuses et lumineuses de l’athlétique Pier Giorio Frassati (1901-1925) et du geek Carlo Acutis (1991-2006), tous deux canonisés ce dimanche, illustrent bien cela. Donnons-les en exemples aux jeunes d’aujourd’hui, dont ils sont tellement proches par leur vie.

« Bulletin de vie » – 22° dimanche, Année C

« Qui s’élève sera abaissé. Qui s’abaisse sera élevé ». (Luc 14, 1-14)

En ce temps de rentrée scolaire, il est bon d’inviter nos têtes blondes à viser l’excellence académique. En effet, tous nous avons reçu une intelligence du Créateur. Il s’agit donc de la développer – chacun à notre mesure – afin de prendre notre place dans la société. Mais, malheur à nous, si nous enseignons que dans la vie, le but est d’occuper les meilleurs places – et tant pis pour les autres. Celui qui transmet cela, éduque son enfant à devenir un éternel envieux. Et l’envie – tel un feu – lui consumera le cœur et brûlera tous ceux qui s’approchent.

Telle est l’antique sagesse que Christ rappelle : Ce qui a le plus de prix dans la vie d’un homme – l’amour, l’amitié, l’honneur, le bonheur, le respect,… – ne s’achète pas. C’est gratuit. Cela n’a donc pas de prix. Un peu comme cet homme de l’Evangile qui fait un banquet pour tous les paumés de son quartier. Ceux-ci ne peuvent le remercier que par des sourires. Ils n’en seront que plus vrais. « Tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre ».

« Allumer le feu » – 20° dimanche, Année C

« Je suis venu apporter un feu sur la terre… ». (Luc 12, 49-53)

S’il y a bien un cliché concernant les cathos qui a la vie dure, c’est celui qui veut que ceux-ci soient « gentils ». Le mot prend ici une connotation doucereuse. Celle que l’on retrouve avec la voix éthérée de quelques célébrants ou dans les sourires mièvres de plusieurs pieuses âmes. En ce sens-là, Jésus n’a rien d’un « gentil ».

Le Christ est la bonté faite homme, mais sans rien de tiède ou de fade en lui. « Allumer le feu !»…  A la manière de la chanson de Johnny Halliday, le Fils de l’homme rappelle que sa parole n’est pas du guimauve. Elle divise. Elle choque. Elle remue.

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division ». Pour celui qui le prend au sérieux, l’Evangile du Christ – ressemble au scalpel du chirurgien. Ca tranche. Ca fait mal. Mais ça guérit.         

« Sobriété heureuse » – 18° dimanche, Année C

« Gardez-vous bien de toute avidité ». (Luc 12, 13-21)

Sans un minimum de biens et de sécurité, pas de vie digne.

Mais au-delà ? Combien de querelles entre frères, combien de ruptures entre amis, combien de guerres… rien que pour posséder un peu plus.

La parabole de l’homme riche qui continue à amasser et meurt dans la nuit, sans avoir pu profiter de la vie, nous invite à une sobriété bienheureuse.

Un dicton populaire énonce : « on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard ». De fait, chacun de nous quittera cette vie comme il y est entré : nu et pauvre. A méditer.

« L’âme en repos » – 16° dimanche, Année C

«Tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses». (Luc 10, 38-42)

L’Evangile de ce dimanche, raconte l’échange entre Marthe – qui aimerait que sa sœur cadette donne un coup de main à la cuisine – et Jésus, qui répond : « Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien des choses. Marie a choisi la meilleure part : elle ne lui sera pas enlevée ». Je m’imagine la suite : Marthe plantant là ses casseroles en disant – « Dans ce cas, Seigneur, tu iras te le préparer tout seul, ton repas… »

Je plaisante, bien sûr. Jésus ne reproche pas à Marthe son dévouement et ses talents domestiques. Et Dieu sait qu’il en faut pour faire tourner une maison. Ce qu’Il rappelle, c’est qu’il n’est pas bon de vivre avec une âme inquiète, qui  s’agite pour mille et une choses – sans jamais se mettre au repos. Toutes les machines ont un bouton « off » et souvent même un bouton « pause ». Apprenons à laisser le monde parfois tourner sans nous. Mettons-nous l’âme en mode « pause », afin de revenir à l’Essentiel : Comme Marie, tenons-nous aux pieds de Jésus et écoutons sa parole. Le temps des vacances sert aussi à cela.

A l’occasion de la fête nationale qui vient, prions aussi pour notre pays. Que ces mois d’été insufflent à ses dirigeants la sagesse nécessaire.

« Dis-moi de qui tu te sens proche et je te dirai qui tu es » – 15° dimanche, Année C

«Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ?». (Luc 10, 25-37)

« Et qui donc est mon prochain ? » demande le docteur de la loi à Jésus. Pour répondre, le Christ raconte la parabole du bon Samaritain. Puis, Il renverse la question : «Lequel des trois, à ton avis, s’est senti proche de cet homme ? » Le prêtre et le lévite n’étaient pas de mauvaises personnes. Simplement, en croisant la route de ce voyageur agressé par des bandits, ils se disent : « C’est bien triste, mais que puis-je faire ? Et si je le touche, je perds ma pureté rituelle. » Bref, tous deux ne se sentent pas suffisamment concernés par sa mésaventure pour y remédier. Le Samaritain – lui – pense : « Si cela m’arrivait, qu’est-ce que j’aimerais que l’on fasse pour moi ? »

La leçon de Jésus est claire : Nous ne pouvons pas sauver le monde entier, mais quand quelqu’un agonise sur notre route, sentons-nous proche de lui. Et demandons-nous : « Si cela m’arrivait, qu’est-ce que j’aimerais que l’on fasse pour moi ? »

« Jamais seul » – 14° dimanche, Année C

 «Je vous envoie comme des agneaux au milieux des loups». (Luc 10, 1-20)

Jésus envoie ses disciples en mission. Les modalités de celle-ci peuvent – aujourd’hui encore – nous inspirer : Le Maître les envoie par paire de deux. Nous ne sommes jamais chrétiens tous seuls, mais en couple, en famille, en équipe, en unité pastorale, en Eglise. Il leur commande de ne pas s’encombrer de superflu : ni sac, ni sandales,… Celui qui annonce l’Evangile, ne doit pas s’encombrer de formules savantes ou de programmes compliqués. Il s’agit d’annoncer la Bonne Nouvelle – et puis c’est tout.

Et le mot-clef de cette annonce, c’est « la paix soit avec vous ». Si le message est accueilli, le Christ invite à rester. Sinon, ce n’est pas un drame. Dans ce cas, Jésus conseille aux disciples de passer leur chemin, sans se décourager et sans reproches envers ceux qui les rejettent. Il s’agit, en effet, d’être doux comme l’agneau et non pas agressif comme le loup. En effet, ce n’est pas le succès de la pastorale, qui doit nous préoccuper, mais bien de savoir que Dieu veille sur chacun de nous, car nos « noms sont inscrits dans les cieux ».

Si d’aventure, la mission l’entraine ailleurs, le disciple du Christ garde dans son cœur et sa prière, le visage de ceux qu’il a côtoyés et dont les « noms sont inscrits dans les cieux ».