« Discerner, accompagner, intégrer » – les évêques de Belgique et les personnes homosexuelles

Tant chez les Cathos que chez les Laïques, cela débat « grave »

Cela débat ferme chez les cathos belges, depuis la sortie de l’évêque d’Anvers contre le « responsum » de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Comme si souvent, ce sont les paroles les plus clivantes qui prennent le dessus, opposant – selon l’idéologie – les gentils progressistes aux méchants conservateurs  ou « les vrais croyants » aux cathos tièdes qui « pactisent avec le monde ». Bref, un dialogue de sourd, alors que le débat, c’est la vie.

Notons qu’au même moment en Belgique, cela chauffe aussi « grave » dans le monde laïque de gauche. Ici, c’est le rapport à l’islamisme qui est en jeu, entre une tendance plus « radicale-laïcale » qui ne veut rien leur passer et une tendance plus « convergence dans les luttes de gauche » qui prône un alliance objective avec un certain islam politique, contre le capitalisme dévastateur.  Il ne me revient pas de prendre ici partie en la matière, mais je trouve ce débat intéressant pour faire bouger les lignes, du moins s’il se fait dans l’écoute et non les anathèmes faciles.

Le responsum romain, la carte blanche de Mgr BONNY, la déclaration des évêques de Belgique


– La Réponse romaine de la Congrégation pour la Doctrine de la foi du 22 février (cette congrégation est l’organe gardien de la doctrine à Rome) n’est pas l’oeuvre d’un conservateur obtus. Le cardinal Ladaria, son préfet, est un brillant théologien jésuite. (J’ai eu cours de lui lorsqu’il enseignait à l’Université Pontificale Grégorienne). Ici, il répond à la demande de fidèles allemands sur la possibilité, ou non, de bénir les couples homosexuels. Sa réponse n’est pas la caricature que certains en ont fait. Elle appelle au respect et à la non-discrimination des personnes. Elle vaut tout autant pour les couples divorcés-remariés et les jeunes (ou moins jeunes) vivant conjugalement hors les liens du mariage. Elle n’exclut pas la présence d’éléments positifs dans ces situations « irrégulières » au regard de l’Eglise : « il n’est pas licite de donner une bénédiction aux relations ou partenariats, même stables, qui impliquent une pratique sexuelle hors mariage (c’est-à-dire hors de l’union indissoluble d’un homme et d’une femme ouverte en soi à la transmission de la vie), comme c’est le cas des unions entre personnes du même sexe. La présence dans ces relations d’éléments positifs, qui en eux-mêmes doivent être appréciés et valorisés, n’est cependant pas de nature à les justifier et à les rendre ainsi légitimement susceptibles d’une bénédiction ecclésiale, puisque ces éléments se trouvent au service d’une union non ordonnée au dessein du Créateur. » 

Ce qui manque à ce responsum c’est un enseignement sur une pastorale possible pour accompagner ces personnes, mis à part des bénédiction individuelles. Et puis surtout, il y a cette finale – qui a le mérite de la clarté, mais aussi de la dureté: «  l’Église rappelle que Dieu lui-même ne cesse de bénir chacun de ses enfants en pèlerinage dans ce monde, car pour Lui « nous sommes plus importants que tous les péchés que nous pouvons commettre ». Mais Il ne bénit pas et ne peut pas bénir le péché ».  

Une célèbre revue de jésuites américains souligne la formule hésitante de l’approbation pontificale. Au lieu de dire que le Pape a « approuvé » le document et « ordonné » sa publication, il est signale que François a été « informé » et a « consenti à sa publication ». Si le responsum est bien dans la ligne traditionnelle de l’Eglise, il ne peut masquer que – jusqu’au Vatican – le débat n’est pas clos. 

– La carte blanche de Mgr Bonny du 16 mars, parue dans le quotidien flamand De Standaard constitue un véritable « coup de gueule ». Ceux qui présentent l’évêque d’Anvers comme une tête brûlée progressiste, font également dans la caricature. Johan Bonny est un prélat classique, ayant longuement travaillé au Vatican. Il fut le représentant de la Belgique au synode des évêques sur la famille de 2015. Avant cela, il avait déjà publié une lettre remarquée, appelant à une attitude plus accueillante envers les « situations matrimoniales irrégulières ».

Mgr Bonny est également un pasteur soucieux de son troupeau. D’où sa «  sainte colère », exprimée en des termes fort peu ecclésiastiques: « Comment je me sens après ce ‘responsum’ ? Mal. Je ressens une honte par procuration pour mon Église, comme l’a dit hier une ministre. Et surtout, je ressens une honte intellectuelle et morale. Je tiens à m’excuser auprès de tous ceux pour qui cette réponse est douloureuse et incompréhensible : les couples homosexuels croyants et engagés dans la foi catholique, les parents et grands-parents de couples homosexuels et leurs enfants, les agents pastoraux et les accompagnateurs de couples homosexuels. Leur douleur pour l’Église est la mienne aujourd’hui. »

Il parle de ces couples homosexuels qu’il côtoie et qui participent à la vie de l’Eglise. C’est surtout le mot « péché » qui le fait réagir: « Ensuite, le concept de ‘péché’. Les derniers paragraphes sortent l’artillerie morale la plus lourde. La logique est claire : Dieu ne peut approuver le péché; les couples homosexuels vivent dans le péché; par conséquent, l’Église ne peut pas bénir leur relation. C’est exactement le langage que les pères synodaux n’ont pas voulu utiliser, tant dans ce dossier que dans d’autres dossiers repris sous le titre général de situations dites ’irrégulières.  Ce n’est pas le langage d’Amoris laetitia, l’exhortation du Pape François de 2016.  Le ‘péché’ est l’une des catégories théologiques et morales les plus difficiles à définir, et donc l’une des dernières à être collées sur des personnes et sur la façon de partager leurs vies. Et certainement pas sur des catégories de personnes en général. Ce que les gens veulent et sont capables de faire, en ce moment même de leur vie, avec les meilleures intentions qu’ils ont pour eux-mêmes et pour les leurs, face à face avec le Dieu qu’ils aiment et qui les aime, n’est pas une question simple. D’ailleurs, la théologie morale catholique classique n’a jamais traité aussi simplement de ces questions. » 

Après des considérations liturgiques concernant la « célébration », l’évêque conclut: «  En bref : dans le présent ‘responsum’, je ne retrouve pas les lignes de force – telles que je les ai expérimentées – du Synode des évêques de 2015 sur le mariage et la famille. C’est dommage pour les couples homosexuels croyants, leurs familles et leurs amis. Ils ont le sentiment de ne pas avoir été traités véridiquement et honnêtement par l’Église. Les réactions sont déjà là.  C’est également regrettable pour l’Église. Ce ‘responsum’ ne donne pas l’exemple d’un cheminement en commun. Le document mine la crédibilité tant de la ’voie synodale‘ fortement prônée par le pape François que de l’année de travail annoncée avec Amoris laetitia. Le véritable synode, veut-t-il se lever ? »


– La déclarations des évêques de Belgique du 17 mars et l’intervention de Mgr Delville, évêque de Liège au JT de la RTBF. Sans utiliser le ton de Mgr Bonny, la déclaration des évêques de Belgique ne laisse guère de doute sur le fait qu’ils jugent insuffisante la réponse romaine: «  Les Évêques belges ont pris connaissance du ‘responsum’ du 15 mars 2021 par lequel la Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelle que la bénédiction des couples de ‘personnes de même sexe’ n’est pas permise. Ils ont conscience que ceci est ressenti de manière particulièrement douloureuse par de nombreux couples homosexuels croyants et leur famille, leurs parents et grands-parents, leurs proches et leurs amis. Depuis de nombreuses années, l’Église catholique de notre pays, à tous ses niveaux (évêques, prêtres et collaborateurs pastoraux, théologiens, scientifiques, politiciens et travailleurs sociaux), œuvre avec d’autres acteurs sociaux, à un climat de respect, de reconnaissance et d’intégration. Nombre d’entre eux sont de plus engagés au niveau ecclésial ou dans des institutions chrétiennes. Les Évêques encouragent leurs collaborateurs à poursuivre dans cette voie. Ils se sentent soutenus par l’Exhortation ‘Amoris Laetitia  – La Joie de l’amour’ publiée par le Pape François suite au synode des Évêques de 2015 : discerner, accompagner et intégrer restent des mots-clés pour les Évêques. » 

Cette position des évêques sera commentée par l’évêque de Liège, lors de son passage au JT de la RTBF du 17 mars. Avec son style propre, Mgr Delville y parle d’une déclaration romaine « inopportune ».  

Le discernement théologique se déploie face au réel


Les débats dont utiles, à condition qu’ils se fassent dans l’écoute de l’autre et – en théologie – à l’écoute de l’Esprit. C’est d’ailleurs ce que notre pape nous encourage à vivre. Comme souvent, le débat théologique naît et se déploie quand une conviction « descendante » (déductive) se trouve confrontée à la réalité du terrain (inductive).

Jésus, le premier, en fit l’expérience, alors qu’Il destinait encore sa mission et les signes qui l’accompagnaient au peuple élu. Une femme cananéenne vient le supplier de guérir sa fille (Matthieu 15, 21-28). « Femme, ta foi est grande », finira par reconnaître le Christ, face à cette païenne qui lui tient gentiment tête.

En Galates 2 11-21, c’est l’apôtre Paul qui engueule publiquement saint Pierre, quand ce dernier cherche encore à se comporter en Juif, plutôt que de s’ouvrir à la nouveauté de non-Juifs devenus chrétiens.

Des siècles plus tard, catholiques et protestants se firent une incessante guerre en se vouant mutuellement à l’enfer. La réalité du terrain de frères chrétiens ayant bien plus à partager qu’à déchirer, fit naître le mouvement oecuménique. 

Longtemps aussi, les suicidés ne recevaient pas de funérailles chrétiennes. En s’ôtant la vie, ils s’étaient révoltés contre Dieu. Et puis la psychologie fit comprendre que l’âme humaine était bien plus complexe. Aujourd’hui, les funérailles chrétiennes de suicidés sont un moment fort de prière et de guérison.

Enfin, jusqu’au début du XXI siècle, le catholicisme récusait la « liberté religieuse » en politique, car elle signifiait de laisser « le droit à l’erreur » se répandre dans les Etats chrétiens. Il fallut que les évêques du bloc de l’Est expliquent au Concile Vatican II que c’est au nom de la même logique que le marxisme persécutait les chrétiens, pour que l’Eglise change solennellement son discours sur le sujet. 


Dans le présent débat, la réalité déductive de la doctrine catholique sur la sexualité et le mariage se confronte à tous ces couples divorcés-remariés, jeunes hors-mariage et homosexuels qui font partie de l’Eglise. En particulier pour ces derniers, la catégorie de « péché » appliquée à leur vie affective, sonne comme un coup de massue. Voici, en effet, qu’un gars/une fille se sent de naissance attiré(e) exclusivement par les personnes du même sexe. Il ne l’a pas choisi et ce n’est même pas quelque chose de «  contre-nature », vu que le phénomène se rencontre aussi chez les animaux. Catholique et disciple du Christ, cette jeune femme/ce jeune homme ne se voit pas vivre toute sa vie dans la continence… (Etonnant? Je vis moi, avec joie, le célibat pour le Royaume. Je sais donc ce que cela signifie et que seule la Grâce donne la fidélité heureuse.) Bref, alors que cette jeune femme/ce jeune homme tente honnêtement de construire un couple homosexué dans la fidélité, son Eglise lui explique que, quoi qu’il fasse, il vit dans une situation de « péché ». Après cela, on lui rappelle que ce Dieu qui l’a créé ainsi est amour et que telle est la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. En clair: prends-toi ça dans la gueule…

Ajoutons qu’un document d’Eglise allait, il y a quelques années, jusqu’à vouloir bannir les jeunes hommes homosexuels du séminaire, alors que l’honnêteté intellectuelle force de reconnaître que des prêtres ayant une inclination homosexuelle existent et que certains ont vécu et sont morts en saints. Ce dernier texte romain, fut d’ailleurs inspiré par un prélat et psychiatre français, qui publia de bonnes choses, mais qui est aujourd’hui écarté du ministère pour faits de moeurs… homosexuelles. Plus largement, nous savons aujourd’hui que certains grands défenseurs de la « stricte morale catholique » ayant eu pignon sur rue ces dernières décennies à Rome, avaient une sombre double vie, souvent… homosexuelle. (J’ai lu « Sodoma », le livre écrit par le journaliste Frédéric Martel sur l’homosexualité au Vatican. L’ouvrage me semble fort exagérer le phénomène, mais Martel est un journaliste militant et non moins sérieux. Tout n’est forcément pas faux. Et quand bien même le tiers du quart de la moitié de ce qu’il écrit, serait véridique…)

Soyons clairs: les évêques de Belgique, en ce compris Mgr Bonny, ne sont pas favorables à un changement de la doctrine sur le mariage, ou sur la GPA ou autre… Ils plaident pour que la théologie continue à creuser son sillon, afin d’arriver à une juste reconnaissance de ce que vivent nos soeurs et frères qui ont une affectivité homosexuelle.

« Oui, mais les condamnations de l’Ecriture sainte? », me direz-vous. Les textes bibliques qui rejettent l’homosexualité, sont à comprendre dans un contexte particulier: le besoin de se reproduire dans l’ancienne alliance et le rejet d’une société aux moeurs lascives chez saint Paul. A ceux qui m’opposeront que je tords les textes sacrés au gré de mes lubies, je réponds que – dans ce cas – la lapidation ou l’extermination d’une ville ennemie devraient être justifiés.

Sans vouloir ici faire la leçon à qui que ce soit, le fait d’avoir suivi cinq années de théologie, m’a tout de même appris à lire l’Ecriture en centrant toutes choses en Christ. Pour discerner, la théologie doit accepter – comme le Maître – de parfois scruter la réalité des hommes, avant de lui coller une réponse déductive… comme faisaient si facilement les pharisiens. Le christianisme n’est pas un système clos et ne peut le devenir. Il est un chemin de vie, ancré en Celui qui a dit « c’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices ». (Matthieu 9, 13)

40 réflexions sur « « Discerner, accompagner, intégrer » – les évêques de Belgique et les personnes homosexuelles »

  1. Cette controverse est grave (et à titre personnel, j’ai été profondément choqué et blessé par la réaction de Mgr Bonny). Cependant, ce qui m’a le plus frappé dans cette histoire (pour vivre en Flandre et en suivre de près l’actualité religieuse), c’est l’intensité et la violence de la réaction médiatique et populaire. A tel point qu’à lire certains commentaires, je commence à craindre pour la liberté religieuse dont pourront profiter mes enfants si on leur enseigne le magistère en matière de moeurs.

    Le fait de voir un evêque sonner la charge n’est pas fait pour me rassurer.

    1. Au delà du reste de mon incompréhension émotive de la réaction de Mgr Bonny, je dois dire qu’en essayant de la comprendre intellectuellement, j’ai beaucoup de mal aussi. Bonny descend en flamme le responsum et porte aux nues Amoris Laetizia, mais ces deux documents expriment la même chose, de la même manière.

      On perçoit également bien la volonté d’arriver à une meilleure reconnaissance des personnes homosexuelles, mais autant il est sévére envers la qualité de raisonnement adverse, autant le sien est difficile à suivre. J’ai essayé plusieurs fois de comprendre ce raisonnement qui est celui de nombreux prêtres de paroisse en Flandre, et je ne parviens à la contredire… car je ne comprends toujours pas où se trouve la logique. On dit en même temps que A & B sont vrais.

      Ce que je comprends, c’est que dès qu’on proteste, on est gentiment mis sur le côté. Ainsi va la voie de la tolérance en Flandre.

      1. Je pense comprendre votre désarroi. J’ ai moi même eu en main, il y a 15 ans, une brochure d’éducation sexuelle, éditée par la ville , pour enfants de 12 ans.
        Cette brochure était une invitation visuelle à toutes sorte d’expériences. Et il fallait absulument chercher la part homosexuelle en chacun de nous. Sans nuance, sans gradation ( Le pedo psychiatre, Philippe Van Meerbeeck s’écria un jour, sur un plateau de telévision, parlant des adolescents:  » Mais laissez leur une chance de devenir hetero … quand même « .
        Cependant je fais confiance aux jeunes. En pleine ère de libération sexuelle , les chansons des Beattles  » I wanna hold your hand  » et  » Catch you with another man that’s the end -e, little girl  » touchaient plus le coeur des jeunes que toutes les brochures d’éducation sexuelle ensemble.

        1. PS : Il est possible que ces brochures aient eu pour but – louable – l’ intégration des personnes homosexuelles. Je pense que c’est l’inverse qui s’est produit.

  2. Depuis les années et des années, des personnes, divorcées suite à l’abandon par leur conjoint, savent que le re-mariage religieux leur est refusé, ce qui les oblige à choisir entre solitude, concubinage ou formalité civile uniquement… Ces personnes, dont je suis, ne demandent pas, globalement, que l’Eglise change la doctrine pour elles et s’accrochent à leur pratique, se souvenant d’une époque lointaine où on leur suggérait de décider par elles-mêmes de ne plus « s’approcher de la Sainte Table ». Je ne parle pas pour moi, le temps ayant fait son oeuvre mais il serait peut-être temps que Rome se souvienne de ces enfants là !

    1. En effet, Marie-Madeleine, la souffrance des divorcés remariés catholiques fut réelle et peu entendue dans l’ église.
      Lors de mon entrée dans l’ eglise, à 32 ans, le refus de la communion aux divorcés remariés était pour moi le seul point auquel je ne pouvais absulument pas adhérer ( j’avais beaucoup lu et relu l’ Evangile et adhérais sans problème au Credo. C’est une grâce, j’en conviens ).
      Ma catéchiste , femme de grand coeur me comprenait et me citait le cas d’un jeune père dans une situation très injuste . Ce cas n’ étaitt pas unique, loin de là.
      J’espère que depuis Amor Laetitia, de plus en plus de remariages seront revus au cas pour cas. Dans le respect de la sensibilité du premier époux ou de la première épouse ( lors de fêtes par ex.).

  3. Que Mgr Bonny (ou d’autres évêques) étale sur la place publique (via les médias) son désaccord et sa colère vis-à-vis de ce qu’à dit la Congrégation pour la doctrine de la foi (à laquelle il doit obéissance) et vis-à-vis aussi de ce qu’affirme le catéchisme de l’Eglise catholique (auquel il doit également obéissance), n’est pas acceptable et ne peut que semer que le trouble et la division. De plus, en confondant le respect des personnes et celui des actes ou des idées, ainsi que le respect dû au pécheur et le péché, il ne fait que rabaisser l’idéal chrétien au niveau des moeurs de ce temps présent. Non, ce n’est pas d’ecclésiastiques à genoux devant le monde dont nous avons besoin, mais de prêtres et d’évêques courageux qui, soucieux de préserver la foi des apôtres aideront les fidèles à suivre un chemin de sainteté.

  4. Ce que je vais écrire ici n’a pas beaucoup de rapport avec le sujet principal mais j’ai été interpellé par le paragraphe qui se termine par : « A ceux qui m’opposeront que je tords les textes sacrés au gré de mes lubies, je réponds que – dans ce cas – la lapidation ou l’extermination d’une ville ennemie devraient être justifiés. »
    J’avais toujours pensé qu’il fallait porter une attention particulière au contexte en lisant l’Ancien Testament, mais que par contre les paroles du Christ pouvaient être prises « telles quelles » (entendu que les paraboles et allégories ne doivent pas être prises au pied de la lettre). C’est ainsi que peuvent s’expliquer certaines contradictions entre l’Ancien Testament et le Nouveau : « C’est à cause de votre obstination que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ». Ce que faisaient les contemporains de Moïse n’était pas bien, mais c’était permis à cause du contexte : leur obstination.
    Jésus en revanche nous dit les choses telles qu’elles sont. Sa Parole est Vérité et est encore d’actualité aujourd’hui. D’où le fait qu’il ne nous est plus permis de lapider une femme ou exterminer une ville ennemie (choses qui étaient permises et parfois demandées par Dieu dans l’Ancien Testament).
    Donc pour moi, il a toujours été évident que l’Ancien Testament devait être lu comme le récit d’un peuple conduit par Dieu, Lequel s’adapte et adapte son enseignement à ce peuple encore barbare et obtus. Le Nouveau Testament en revanche a comme point de départ la Parole du Christ qui nous dit les choses telles qu’elles sont et telles qu’elles doivent être comprises. Et j’ai toujours pensé que la suite (Paul, Pierre, Jean,…) devait être lue de la même façon.
    Voilà pourquoi ce petit paragraphe m’a interpellé et pourquoi je le comprend peu, puisque l’homosexualité est condamnée dans le Nouveau Testament.

  5. je reste perplexe quant à la réaction de Mgr Bonny et je n’ai qu’une seule explication à vérifier c’est qu’il est sans doute lui-même homo. Ce n’est qu’en étant homo qu’on peut à ce point leur accorder tout ce qu’il demande au point de les identifier à un couple hétéro.
    Autrement dit une personne normalement constituée partage l’avis du Pape qu’il faut tout faire pour les accueillir sans pour autant cautionner l’homosexualité ou, en tout cas puisqu’il faut nommer un chat un chat, la sodomie.
    Si donc Mgr Bonny les défend à ce point c’est qu’il y a un problème.
    Maintenant que beaucoup le rejoignent dont notre ami Beukelaer je ne comprends plus… ou alors…..

    1. Ou alors,… tout le monde, à commencer par moi, est homo? 😊 Un conseil, il faut lire « Sodoma » (très long et répétitif). L’auteur souligne, à juste titre, le contraire de ce que dans votre commentaire, vous affirmez. Les plus durs pourfendeurs de l’homosexualité, sont souvent des homosexuels, refoulés ou pas. Ceci me pousse à penser que, ni le pape, ni Mgr Bonny ne sont homosexuels. Ils tentent de réfléchir, en pasteurs, sur une réalité dont on ne sait que peu de choses. Et, de toute façon, les préférences sexuelles des uns et des autres ne me regardent pas et vous non plus, n’est-ce pas? 😉

      1. Je crains hélàs que vos (et nos) préférences sexuelles regardent les autres aussi. Et cela rejoint votre commentaire du « un gars/une fille se sent de naissance attiré(e) exclusivement par les personnes du même sexe. Il ne l’a pas choisi ».

        Avez-vous songé à la personne adulte qui est attirée par les petites filles et les petits garçons ? Il n’y peut rien, il ne l’a pas choisi. Et il ne veut pas vivre toute sa vie dans la continence. Et remarquez que cela n’est pas non plus contre nature, puisque l’on trouve cela aussi chez les animaux. Vous trouverez des gens comme cela très gentils et qui ne veulent pas du tout le mal de l’autre. Allez vous leur dire que de toute façon c’est un « péché », que Dieu est amour …. et « prends-toi ça dans la gueule » ?

        Je pourrais aussi parler de l’homme (ou la femme, pourquoi pas) qui se sent attiré immanquablement par ceux qui refusent son consentement pour des relations charnelles ? A nouveau cela se trouve aussi chez les animaux….

        Donc hélàs, vos (nos) préférences sexuelles (et pas seulement celles là d’ailleurs) concernent aussi les autres. Et il y a des situations qui sont des situations de péché. Que cela plaise ou non.

        Quant à la remarque « pas contre nature » parce que les animaux le font, la « nature » (« essence ») de l’homme peut elle être comparée à la « nature » de l’animal ? Je doute que le Christ fasse une chose pareil.
        D’autant que même au sens de « naturel », « dans la nature », le but de toute espèce est de survivre. L’homosexualité est justement contre nature, car elle ne permet pas de survivre en supprimant la reproduction : avez-vous déjà vu une espèce animale homosexuelle ? Elles ont toutes disparues depuis longtemps.

        Dire que les homosexuels ne l’ont pas choisi car ils sont « nés comme cela » est aussi un raccourci. Que je sache on n’a toujours pas pu mettre en lumière de cause à l’homosexualité. On ne sait pas si c’est inné ou acquis. Et quand on entend les LGBTxxx expliquer que l’on peut choisir son genre, que l’attirance vers un sexe ou l’autre peut changer, que l’on peut même choisir les deux.. je suis assez sceptique sur le « nés comme cela ». Ce serait plus que probablement une minorité parmi les homosexuels.

        1. Cher « E. Lacoste »,
          Je pense que vous mélangez bien des choses: la pédophilie et le viol sont causes de souffrance, car elles ne respectent pas l’altérité. Ce n’est pas le cas dans une relation homosexuelle.
          Mais ce qui me dérange le plus dans votre plaidoirie, c’est cette caricature. Avec vous, c’est tout ou c’est rien: c’est la condamnation ou la capitulation devant les revendications de toutes sortes. Sortez de l’idéologie. Partez du réel.
          Enfin, quand je vous lis: « D’autant que même au sens de « naturel », « dans la nature », le but de toute espèce est de survivre. L’homosexualité est justement contre nature, car elle ne permet pas de survivre en supprimant la reproduction »… Je ne puis qu’y voir une condamnation, comme incivique, du célibat pour le Royaume que je vis. Merci pour cela… 😉
          Décidément, vous êtes enfermé dans l’idéologie. Avec des syllogismes imparables… A la manière des pharisiens. Ceux dont le Christ disait: « Conducteurs aveugles! qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau. » (Matthieu 23, 24)

          1. « caricature », « tout ou rien » : ce n’est pas moi qui « invente » que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés :
            https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_20030731_homosexual-unions_fr.html
            Mon propos est peut-être « tout ou rien », mais c’est l’Eglise qui écrit que les actes homosexuels « ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ». Je doute que l’Eglise fasse de l’idéologie.

            En quoi mon propos serait-il une condamnation du célibat du prêtre ? Le célibat n’est pas contre nature, la nature n’oblige pas à avoir des relations sexuelles. Le célibat du prêtre est volontaire, et appelé par Dieu. Par contre (une fois de plus je n' »invente » rien, c’est l’Eglise qui le dit et l’a toujours dit) la sexualité est intimement liée à la transmission de la vie et donc une pratique sexuelle qui se coupe délibérément et complètement à la transmission de la vie est contre la loi naturelle. Ce qui est le cas de l’homosexualité.

            Bon si vous me dites que l’Eglise est pharisienne, enfermée dans l’idéologie…. j’hésite à le croire.

            Une remarque également concernant ma comparaison, visiblement déplorable, avec la pédophilie, cause de souffrance car ne respectant pas l’altérité. Ai-je prétendu que homosexualité et pédophilie étaient la même chose ? Non, j’ai seulement donné cet exemple pour montrer que dire que « nos préférences sexuelles ne regardent pas les autres » n’est pas correct. Certains de nos actes ou comportements sont (cochez votre préférence) mauvais, désordonnés, condamnables et donc la société à le droit, voir le devoir de s’y intéresser, pour les interdire éventuellement. Et l’Eglise de même, a pour rôle de dire ce qui est bien et ce qui est mauvais et aider les chrétiens à un discernement correct. Il me paraît donc légitime de discuter des pratiques sexuelles et d’éventuellement y apporter un jugement, ce que l’Eglise fait depuis toujours.

          2. E. Lacoste, vous déplacez sans cesse le propos. La théologie creuse son sillon à partir d’un discernement: relisez ma publication. Pas plus que moi, vous n’êtes « l’Eglise ». Je ne vous reproche pas de répéter que l’homosexualité est intrinsèquement désordonnée. Je vous reproche de refuser la légitimité de toute discussion théologique, pour chercher ce que l’Esprit dit aux Eglises. Une théologie qui cesse de s’interroger, étouffe.

    2. Votre propos (en particulier cette expression : « une personne normalement constituée ») est l’illustration du glissement d’un discours théologique conservateur vers une homophobie assumée et revendiquée.

  6. Par rapport au célibat, j’aimerais dire qu’on peut être célibataire ET heureux (quelle que soit l’orientation sexuelle, je pense) ! On assiste aujourd’hui à une sorte de glorification de tout ce qui relève du sexe (il suffit d’allumer le téléviseur), qui peut aller jusqu’à l’écoeurement… Par la force des choses, j’ai trouvé l’équilibre dans le célibat; il est vrai que parfois je ressens un peu de mélancolie par exemple lorsque je vois un couple de mon âge qui se promène main dans la main. Cette complicité, ce soutien, cet amour solide me semblent infiniment plus importants que quoi que ce soit d’autre… Bien entendu, le fait d’être dans la tranche d’âge des 80 aide beaucoup à ce raisonnement ainsi que le fait d’avoir déjà créé sa propre famille 😏 mais à 40 ans la solitude n’était pas vécue de la même façon…

  7. Ajoutons à cette mauvaise nouvelle due à un Mgr Bonny qui ne respecte ni la Congrégation pour la doctrine de la foi, ni le catéchisme universel, le fait que notre pape plaide pour la construction d’un nouvel ordre mondial, ordre qui plaît tant à la franc-maçonnerie. Ajoutons aussi Que J Biden, ayant tourné de dos à son prédécesseur qui ne voulait pas que les USA continuent à être le gendarme du monde, renoue avec un interventionnisme digne des pires années de l’Amérique. Et qu’il aille jusqu’à qualifier de « tueur » le président Poutine, dit tout sur sa politique belliqueuse qui risque fort de nous replonger dans une guère froide (sinon plus), au grand détriment de la paix mondiale . En d’autres termes, je pense que beaucoup d’américains comment à se mordre les doigts d’avoir voté pour quelqu’un qui est tout sauf un pacifique et qui est incapable de gérer la crise migratoire qui affecte son pays.

      1. Bien sûr, Marie-Madeleine, mais je n’y ai fait ici que de parler de la paix mondiale et face à un Biden et une K Harris, j’estime que nous regretterons le pacifisme de D Trump qui, contrairement à son prédécesseur, a eu une position radicalement opposée à l’interventionnisme et aux bombardements dont B Obama fut un sinistre exemple..

        1. Monsieur Trump n’était nullement pacifiste; simplement, il se souciait peu de la politique extérieure de son pays; la seule chose qui l’intéressait était de récolter les voix des populistes pour assurer un second mandat, ce qui – grâce à Dieu – n’a pas eu lieu…

          Ceci dit, j’avais dit que je n’interviendrais plus sur les sujets politiques mais ici, le sujet n’est pas politique ….

          1. « (…) Ici, le sujet n’est pas politique… »
            Chère Mme Clobus, si vous ironisez, tant mieux. Mais dans le cas contraire…
            Dans quelle formation politique (avez-vous milité ou) militez-vous ? Les des-mots-crétchins peut-être…

          2. Mme Clobus, ne parlons plus de la politique alors. Parlons des enfants, dont le sort vous tient tant à coeur. Rien qu’aux Etats-Unis DIX MILLES enfants ont perdu leur vie ce samedi. On n’a pas décidé arbitrairement de les priver d’un père ou d’une mère. Non, ces bébés massacrés n’ont même pas eu la chance de voir la lumière du jour. Ils rejoignent les 62 millions (!) victimes que les Etats-Unis comptent ainsi depuis 1973. Puis-je vous rappeller que le TRÈS catholique Biden devient le leader mondial de la ”culture de la mort”? Même l’avortement tardif ne fait pas exception. Soutenu financièrement par Planned Parenthood pendant sa campagne électorale, il a de nouveau autorisé son pays à financer largement des associations nationales et étrangères offrant ou promouvant des services d’avortement. S’il vous plait, ne me parlez pas de pacifisme.

  8. Merci de nous donner le texte du Responsum en entier. Merci pour l’ attitude bienveillante envers votre vieux professeur, père Eric.
    Car les fidèles allemands auraient quand même pu attendre un peu que la blessure
     » Sodoma « – la brique que les prêtres du Vatican ont reçue en pleine figure – soit cicatrisée.
    Je ne désire pas parler de ce livre pour l’instant, nous en avons déjà parlé ici, sur ce blog, ad nauseam.
    Reste le mot « péché  »
     » Avertir le pécheur  » est sans aucun doute l’oeuvre de miséricorde spirituelle la plus pénible de toutes le oeuvres de miséricorde. C’est une vocation que les prêtres doivent souvent assumer, soit dans les media, soit, bien sûr au cours de la confession.
    Ainsi le prêtre Antoine Bodar, constemment interrogé sur le sujet vu son homosexualité active du temps d’avant sa prêtrise. …..
    Il écrit de très belles choses sur le sujet dans le livre  » Ongeordende liefde  » .
    Quant au péché, il dit ceci :  » l’acte hs est un péché mais moindre que le péché qui consiste à exploiter l’ autre « .

    ( « Exploiter l’autre  » ? ! Ainsi quand, par ex. , je surconsomme , je participe à la surexploitation des ouvriers des pays pauvres ( vêtements, minerais, soft ware etc…) ?
    Prendre conscience du péché est une chose terrible mais  » Si ton coeur te condamne, Dieu est plus grand que ton coeur ….  » Dieu peut nous aider à vivre dans la sobriété.
    Et pour oser prendre conscience du péché, pour dire quelque chose de valable en confession, je me fie au Jésus de l’ Evangile ( Marc 7 21 -22 ) :
    Car c’est du dedans, du coeur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure  » ) L’exploitation de l’autre serait alors un mélange de  » cupidité, envie, fraude ……
    fin de la parenthèse.

    Antoine Bodar ajoutait :  » Dans le monde, le prêtre doit transmettre la doctrine, mais dans le confessionnal, il peut faire preuve de toute la miséricorde qu’il désire  »
    Ce qui l’ amenait à donner la communion aux personnes hs qu’il connaissait et à la refuser à celles qui y mettaient de la provocation.

    Ce long préambule pour dire que je serais très heureuse de voir mes amis hs recevoir une bénédiction solennelle. Cette bénédiction leur donnerai une aide surnaturelle pour échapper durablement à la solitude dont parle si bien Marie Madeleine Clobus, ci dessus . Et qu’ils puissent s’approcher de la Sainte Table en même temps que les divorcés remariés .

    Cependant.

    On a de nouveau oublié les enfants . Les enfants nés par GPA tarifée et par donneur anonyme.
    Les enfants gratifiés de deux mères et de deux pères.

    Certes Mgr Bonny en parle :  » Il connait des couples homosexuels, m^me avec des enfants, qui forment une famille chaleureuse et stable…… ».
    J’espère qu’ailleurs, il en dit plus .

    J’avais déjà cherché, sur ce site, à exprimer mon désarroi face à l’indifférence générale. J’avais tenté d’ évoquer la souffrance des femmes pauvres acculées, pour nourrir leurs autres enfants à se séparer de leur nouveau né simplement parce qu’elles ont eu le malheur de signer un papier et d’accepter de l’argent.
    J’avais aussi parlé de ces enfants, conçus dans des conditions sordides , qui n’auront jamais accès à leur ascendance hetero. Cette amputation sera encore plus cruelle le jour où ils auront eux mêmes des enfants.
    J ‘avais même appellé à la rescousse mon prof de psychologie de l’enfant, le regretté Paul E. Osterrieth qui disait :  » Mieux vaut un mauvais père que pas de père du tout  » . Et aussi  » On n’ expérimente pas sur des enfants « . Je ne me souviens pas s’il donnait aussi comme exemple les 11.000 enfants de  » Lebensborn  » dont nous savons plus aujourd’hui.
    Je ne peux que prier pour que ces enfants reçoivent l’ aide de Dieu, la résilience.
    Je ne crois plus dans la justice des hommes. L’intérêt supérieur de l’enfant n’est pas entendu.
    .

    1. Merci, chère Muriel, d’avoir abordé la question de ces enfants que l’on décide arbitrairement de priver d’un père ou d’une mère, faisant passer leurs vrais besoins à l’arrière-plan; je pense aux chagrins de l’enfant privé de père et obligé de d' »inventer » pour ses propres enfants cette relation qu’il n’a pas connue. Dans le cas du père absent, il s’agit d’un fait que l’on n’avait pas envisagé au départ, tandis que dans le cas d’enfants nés par GPA, par exemple, on DECIDE pour eux de cette privation… Et le cas des mères porteuses fait, en plus, le malheur d’une femme, exploitée pour ses facultés reproductrices… Bref, je ne reconnais pas le monde dans lequel je vis, ni une certaine conception narcissique de l' »amour » …

      1. Merci, Marie Madelene, je me sens moins seule dans l’ Eglise . ( en sept. 2019 , une manifestation d’initiative citoyenne pour l’ abolition de la GPA n’avait réuni que 70 personnes ….)

  9. Mise à jour :
    A l’ heure actuelle les couples homosexuels vont chercher leur bébé non plus en Inde mais chez les femmes pauvres du Canada, d’Amérique et d’ Ukraine.

  10. Dans notre pays, il y a quelques années, le gouvernement avait proposé le PACS aux personnes du même sexe (ce que je peux comprendre) et cela, tout en précisant qu’il n’était pas question de leur permettre de se marier. Un peu après, étape suivante, leur mariage fut autorisé tout en stipulant que la faculté pour ces couples d’adopter des enfants ne leur serait pas accordée. Troisième étape, à présent l’adoption d’enfants leur est également accordée. Que veux-je dire? Que je vise les homosexuels dont, certains de part leur respect, leur discrétion, leur amitié et leur bonté sont devenus des amis? Certainement pas! Comment le pécheur que je suis pourrait-il se le permettre? Non! Ce que je vise n’est autre que l’hypocrisie de nos gouvernants qui, en procédant par étapes savaient très bien à l’avance ce à quoi ils arriveraient. A ce compte là, mais sans aucune comparaison, qui sait si, demain, on n’abaissera pas de plus en plus l’âge de la majorité sexuelle afin d’exonérer ceux qui sont encore qualifiés comme tels aujourd’hui? Voilà ce qu’il en est est au niveau de la société civile. Mais là où je ne suis plus d’accord du tout, c’est quand je vois des évêques suivre ce même chemin. Se sentent-ils encore défenseurs de la Parole de Dieu ou défenseurs et conformes à une parole qui n’est qu’humaine? Et s’ils ne se sentent plus défenseurs que d’une parole humaine, n’est-on pas en droit de se demander s’ils ne se sont pas trompés d’Eglise et si leur place n’est pas plutôt dans l’Eglise anglicane ou protestante libérale qui admettent ce qu’ils disent? Pourquoi persister à se dire « catholique » quand on n’est plus d’accord avec ce que cette Eglise enseigne? Serait-ce l’argent dont ils bénéficient qui les retiennent à ne pas franchir le pas en direction d’une autre Eglise qui pourra les accueillir à bras ouverts?

  11. Je pense qu’il n’est pas fair- play de faire, sans preuve ni indice, un procès d’intention à l’ égard de nos évêques. Je plaiderais plutôt pour une sorte d’indifférence, d’ignorance, de naïveté dans les meilleurs cas.
    Personnellement je ne doute pas de la sincérité de Mgr Bonny. Pensez à son voyage en Syrie. Il s’y est plaint non seulement des  » media qui ne rendent pas compte de la réalité  » mais a aussi dénoncé la communauté internationale :
     » Il ne s’agit pas seulement de déplorer ce que la communauté internationale omet de faire mais aussi de dénoncer ce qu’elle fait « .
    (Bien sûr, il aurait pu parler plus explicitement des dégats collatéraux , mettre en question notre soutien militaire au mouvement rebelle d’un état souverain ( mouvement infiltré par les frères musulmans ) etc …..Mais qui l’ aurait soutenu ? ).

    Par contre, il est fort possible que Mgr Bonny ayant comme vous et moi , des amis homos discrets, sensibles, de bonne foi etc… ignore à quel point ceux ci n’ont rien à voir avec les  » gays » , leur idéologie et leur théorie  » scientifique  » du genre. (Si l’on veut à tout prix en savoir plus sur ces  » gays  » il peut être utile de lire l’ étude de la V.U.B. parue dans le Knack.be, étude qui porte sur 1800 homosexuels ( Knack.be : homo’s hebben gevariëerd seksleven maar vrijen niet altijd veilig ).
    Ces gays désavouent publiquement nos amis homos discrets, sensibles etc…; ( voir le sort fait à l’humoriste Pierre Palmade). Et  » désavouer  » est un euphémisme.

    Par contre, Jean Pierre Snyers explique très bien dans son commentaire à quel point tout celà est devenu politique et donc …..hypocrite, vraiment hypocrite.
    Ici et là quelques hommes, quelques femmes s’insurgent contre, par ex., la GPA tariféé : Lucetta Scaffaria de l’ Osservatore Romano , Viviane Teitellbaum du MR ….( Si quelqu’un en connait d’autres …. merci de me les communiquer . Rappel : ils n’étaient que 70 à manifester).

    La souffrance des enfants nés par GPA ou don anonyme de sperme est difficile à connaître pour diverses raisons méthodologiques et éthiques.
    On note cependant : un manque d’estime de soi, une anxiété, une agressivité accrus.
    Selon une de ces rares études, 46 %  » seulement  » ( sic ) veulent connnaître l’ identité du donneur . 63 % ne parlent jamais du donneur avec leur mère.
    Sur yapaka. be ( centre subventionné d’aide aux parents , enfants , ados ) on donne ce conseil ci pour le cas où l’enfant né par donneur anonyme pose des questions sur son origine :
     » Qu’elles lui expliquent que sa venue est non seulement le fruit d’une rencontre entre le masculin et le féminin ( celà reste incontournable pour le moment) mais aussi d’un projet, d’un désir porté par deux personnes « .
    Le  » Celà reste incontournable pour le moment  » donne froid dans le dos .
    Toute la phrase d’ailleurs.

    1. Suis je la seule à penser que  » pour le moment  » ci dessus veut dire que la prochaine manière de faire des bébés sera le clonage et, ou la parthenogénèse.

      1. On peut tout craindre dans l’optique d’un « droit à l’enfant », ce qui est bien plus un privilège qu’un droit et encore faut-il que ce droit soit compris « dans l’intérêt de l’enfant ».Tous ceux qui auront été éduqués en l’absence d’un des deux parents biologiques savent de quoi je parle !

  12. Bonjour Mon Pere,

    Je suis étonné de la faiblesse de cet argument : « Voici, en effet, qu’un gars/une fille se sent de naissance attiré(e) exclusivement par les personnes du même sexe. Il ne l’a pas choisi et ce n’est même pas quelque chose de « contre-nature », vu que le phénomène se rencontre aussi chez les animaux ».
    Est ce qu’un désir ou une inclination permet de définir si c’est quelque chose de bien ou de bon? Est ce que le modèle animal a quelque chose à nous dire sur le sujet? Vraiment je suis surpris de la faiblesse de cet argument qui ouvre la porte à n’importe qu’elle envie…que dire du polyamour? sur base de votre argument c’est acceptable…
    Personnellement je crois au sillon théologique et au fait que la Foi et les connaissances de l’Eglise sont toujours en développement jusqu’au retour du Christ.
    La position difficile que l’Eglise doit trouver est celle de l’équilibre entre la vérité et la miséricorde.

    Bonne fin de carême

    PS: Nos évêques ont plus de voix pour s’opposer à Rome qu’a notre gouvernement…Je suis rassuré ils ne sont pas aphones.
    frédéric

  13. « You can’t be Catholic and cherry pick the issues you choose to believe. You can certainly try, and enjoy the applause as you do; but ‘big tent’ Catholicism, sooner or later, ends up as an empty tent. Nobody really needs it.” (archevêque émérite Mgr. Charles Chaput)

    À l’occasion de son serment de fidélité, en assumant sa fonction d’évêque d’Anvers, Mgr. Bonny a promis publiquement de garder toujours la communion avec l’Eglise catholique, tant dans les prises de parole que dans la manière d’agir. “Dans l’accomplissement de la charge qui m’a été confiée au nom de l’Eglise, je conserverai en son intégrité le dépôt de la foi; je le transmettrai et l’expliquerai fidèlement; je me garderai donc de toutes les doctrines qui lui sont contraires.” (canon 833, nn. 5-8)

    Malheureusement sa déclaration fait preuve du contraire. Dans son discours, Mgr. Bonny fait référence au synode de 2015, mais il semble avoir oublié le document qui contient la conclusion du pape François (Amoris Laetitia 251). Il ne faut tout de même pas être biologiste, théologien ou avoir un doctorat en herméneutique pour comprendre qu’une promesse mutuelle de s’engager dans des actes de sodomie n’est pas de l’ordre divin ou biblique. Le raisonnement que la sexualité animale (c.a.d. sa variation déviante) pourrait être un critère décisif ou une indication quelconque pour la morale de l’homme, appelé à l’image de Dieu même, m’échappe. ‘Tout comme il existe dans la société une diversité de cadres juridiques pour les couples, il devrait également y avoir une diversité de formes de reconnaissance au sein de l’Eglise’, nous apprend Mgr. Bonny. Alors, quoi penser des autres variants LGBTQQIP2SAA? Le couple transgenre/queer, est-ce qu’il est compris dans cette pastorale inclusive au moins? Ou le couple homosexuel, qui forme une seule famille avec la maman de ‘son’ enfant (ils témoignent à trois de leur relation épanouie dans mon journal de ce matin) est-ce qu’il a droit aussi à une reconnaissance ecclésiastique, autre qu’une ‘bête’ bénédiction? Voyez, il y a ni viol ni souffrance dans ce ménage à trois. Non non, je ne me moque pas. Bienvenue en 2021, c’est la réalité!

    La réaction de l’épiscopat belge. Elle m’étonne également. Vlees noch vis, comme on dit à Anvers. Pour moi, cette déclaration ne fait pas preuve d’une bienveillance pour autant. Il faut un climat de respect, de reconnaissance et d’intégration. Certes, mais une reconnaissance de qui, de quoi; de la personne, de ses actes, ou est-ce devenu un amalgame, est-ce que tout est devenu pareil et à être accueilli par le Christ impérativement? C’est du brouillard. Du brouillard comme en 1966, quand les Hollandais ont édité leur propre version du catéchisme. Their big tent is empty now, Jerusalem desolata est. Avec l’addendum de Mgr. Bonny l’histoire semble se répéter, en Belgique cette fois-ci. Et tout le monde applaudit de nouveau.

    Moi, je ressens du ‘plaatsvervangende schaamte’ vis à vis de ceux – célibataires et divorcés – qui malgré leur combat, la souffrance, les nombreuses chutes et l’opinion publique s’approchent discrètement de Jesus pour laver ses pieds de leurs larmes, parfumées de regrets ou de peine. Je ressens de la honte vis à vis des petits qui se heurtent à la vie encore et encore, mais qui se redressent à chaque fois en s’attachant silencieusement au Christ jusqu’au bout, sur le passage étroit de la Vérité qui nous mène vers l’Éternel. In cruce salus. Il n’y a pas d’autre chemin.

    Grâce à Dieu ils existent toujours, des prélats qui – conformément à leur serment et au depositum fidei – transmettent et expliquent fidèlement au delà du politiquement correct; tout en respectant les personnes concernées:
    “La sexualité c’est, comme le nom l’indique : secare (couper), section, secteur, sexe, sécante: elle repose sur la polarité du masculin et du féminin.
    C’est une erreur, sur le plan social et sur le plan chrétien, de vouloir instituer la relation homosexuelle comme si c’était un mariage. C’est, je pense, une erreur politique et sociale.
    Et nous ne devons pas non plus effectuer une sorte de reconnaissance ecclésiale de cet état de vie.
    A long terme, tout ce mouvement inspiré par la théorie du « genre » – qui dissocie totalement la culture sexuelle de la sexualité physique, corporelle – est pernicieux : c’est une nouvelle forme de dualisme, comme s’il y avait une identité sexuelle au niveau de la volonté qui soit déconnectée de ce que nous sommes par notre physique, notre incarnation.
    Je dis ceci avec beaucoup de respect des personnes, en excluant toutes les formes de moquerie, de discrimination injuste. Mais ce n’est pas une discrimination injuste de dire qu’on ne marie pas deux femmes ensemble ou deux hommes ensemble : ce n’est pas une discrimination injuste parce que les situations sont objectivement différentes.” (Mgr. Léonard, 2015)

    P.s. Excusez-moi si mon français n’est pas toujours très bon. J’essaye de me débrouiller.

  14. Le prêtre et juge ecclésiastique Nicolas Betticher met , à juste titre, le doigt sur les manques du responsum de la CDF.
    Mais la question elle même avait occulté un grave problème éthique , à savoir les enfants. Et les moyens cruels de se les procurer ou de les acheter.
    Par la suite, Mgr Bonny et tous ses défenseurs ont persévéré dans cette occultation au point que je commence à me pose de sérieuses questions.

  15. Ce qui est triste, c’est de voir des évêques s’agenouiller face à la pensée du monde plutôt que face à la Parole de Dieu. De qui sont-ils les témoins? Humblement je ne peux voir qu’une trahison des ces clercs qu’André Frosssard appelait les « serpents d’Eglise », c’est à dire ceux qui, des dogmes, n’en conservent que l’enveloppe.

  16. J’observe que beaucoup d’intervenants ici confondent « désaccord » et « désobéissance ».

    Mgr Bonny a le droit d’exprimer un désaccord avec certaines positions de Rome. Ce n’est pas pour autant qu’il acceptera de bénir une union homosexuelle.

    PhS

    1. Bien essayé, mais c’est à voir. Effectivement, en lisant son désaccord, je ne pense pas non plus que Mgr Bonny est prêt à accepter n’importe quelle bénédiction:
      « il semble irrespectueux d’aborder la question d’une éventuelle bénédiction des couples homosexuels à partir de ce que l’on appelle les sacramentalia ou l’Ordre de service des bénédictions, dans lequel la bénédiction des animaux, des voitures et des bâtiments est également prévue. Une approche respectueuse du mariage homosexuel ne peut s’inscrire que dans le contexte plus large de l’Ordre de service pour le mariage (…) »

      Pensez-vous qu’il soit possible que l’ancien préfet du tribunal suprême de la Signature apostolique ait ‘het intellectuele niveau van het derde middelbaar’? Alors l’émission suivante pourrait vous intéresser (et aider à clarifier la confusion). https://www.youtube.com/watch?v=M3ENgSJndC0

    2. En êtes-vous bien sûr ?
      Ce genre de cérémonie a lieu, à gauche et à droite, dans nos lieux de culte.
      Pourquoi pas sous la crosse (ou la férule (:-)) de Mgr Bonny ?

  17. Pour en finir avec le concept « politique », juste une remarque pour commencer : je ne suis d’aucun parti.

    – Je pense qu’il y a, concernant l’avortement (qui n’est PAS le sujet du jour… ), un projet de loi qui a été appuyé en Belgique par (quasi) tous les partis.
    Il s’agit d’autoriser l’avortement jusqu’à 18 semaines de grossesse… cela me terrifie !

    – Si vous voulez vous indigner, cela se passe ICI et MAINTENANT et pas aux USA (où votre opinion ne comptera pas) !

    – Donc, voilà où vous pourriez émettre des critiques constructives, le vote étant ouvert à tous les citoyens.

    – Là-dessus, je souhaite à tout le monde une semaine pascale dans le recueillement et une très belle fête de Pâques.

  18. Le tout, Chère Marie-Madeleine, est de savoir à qui les chrétiens doivent obéir. A César ou à Dieu? Au monde (dont Satan est le prince) ou à Jésus-Christ, au message d’une société dépourvue de Dieu ou à Celui qui, seul, a les paroles de la vie éternelle? Notre Seigneur et les apôtres n’étaient pas là pour plaire à tout monde et d’ailleurs, ne dit-on pas qu’en voulant être d’accord avec tout le monde, on finit par ne plus plaire à personne? Le message de Jésus-Christ et des chrétiens qui l’ont suivi était tranchant, sans accommodement avec les faux-prophètes et les faux-dieux. Pourquoi cette tiédeur aujourd’hui. Pourquoi ce relativisme et ce syncrétisme? En ce vendredi Saint, nous commémorons le sacrifice de notre Rédempteur, mort et ressuscité pour notre salut éternel. Oserions-nous dire que cet immense sacrifice de « Celui qui est LE chemin, LA vérité et La vie, Celui sans qui nul ne va au Père », ne vaut pas plus que tout ce que disent les autres religions? Finalement, de quel côté sommes-nous? « Qui n’est pas pour moi est contre moi », disait Jésus. Avons-nous complètement oublié tous les martyres qui sont morts non pas au service du dialogue inter-religieux, mais au nom de Celui seul qui peut nous sauver du péché et de la perdition éternelle?

    1. Cher Jean-Pierre, je remettais simplement les pendules à l’heure par rapport à un point concernant les USA et non la Belgique.

      1° Nous pouvons penser ce que nous voulons de la politique US mais nous n’avons ni le droit ni le pouvoir d’interagir avec elle.

      2. En disant cela, je n’adhère à rien du tout et je conserve par devers moi mon opinion qui est le respect de la vie sous toutes ses formes.

      3. Il faut, à mon avis, distinguer d’une part l’adhésion au message évangélique et d’autre part le système législatif de notre pays.
      Je n’ai pas choisi la plupart des lois prises ces dernières années mais je m’y soumets parce que c’est
      ça la démocratie, me réservant de ne suivre, dans MA vie privée, que le message de Jésus.

      As simple as that !

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