37 réflexions sur « Mais délivre-nous du Mal – La Libre p.55 »

  1. très indélicat de votre part de vous saisir de cette occasion, pour en arriver à la spiritualité,
    et quand même en rajouter pour mieux expliquer le pourquoi en plus pour qui? les parents, des proches, d’autres qui ont connus pareille situation. La culpabilité ne vous est pourtant pas inconnue; et de notre temps que ne nous a-t’on pas rabattu les oreilles!
    Peut-être que d’autres y trouverons du positif; pour ma part: tourner 7×7 fois sa… ferait moins de mal.
    Lalibre vous a laissé passé… l’avait-elle lu…

    Gh. Joskin

    1. Oui La Libre l’a lue. Curieux votre réaction. Oui – je pars de la vie concrète pour parler de spiritualité. Et ceci est la vie concrète. Et croyez bien que je réfléchis et…. prie avant d’écrire. Alors, que cela ne plaise pas à tout le monde – aucun souci. J’ai l’habitude. Mais voir de l’indélicatesse dans ma réaction, alors que les médias en parlent depuis des semaines, c’est bien curieux.

    2. Alouette,

      J‘ai beaucoup de difficulté à comprendre votre critique.

      Il ne s‘agit pas ici de saisir une occasion pour commettre une indélicatesse, comme vous dîtes, mais de s‘arrêter un instant sur la signification profonde du mal, surtout lorsqu‘il apparaît d‘une façon aussi monstrueuse.
      Je ne partage pas forcément les conclusions philosophiques et/ ou religieuses que EDB tire de l‘analyse de ces évènements, mais qu‘ils aient une portée sur un plan spirituel me semble important à souligner.

      EDB fait exactement cela.

    3. Pour alouette,
      Nous sommes liquéfiés de compassion pour Valentin. Figés d’effroi devant les bourreaux. Psychologie, sociologie, philosophie, anthropologie ne nous éclairent guère ( pas plus qu’ elles n’ont éclairé le massacre perpétré par Anders Breivik ou d’autres).
      Et nous ( lecteurs de la libre et de ce blog) nous n’ aurions pas le droit de demander l’ avis d’un prêtre qui , en outre, accorde à chacun un droit de réponse ? Qui culpabilise qui avec cette accusation d’indélicatesse ?

    4. Si ce drame n’est pas la représentation du mal absolu, alors qu’est-ce ?

      Et pourquoi les gens qui cherchent le bien dans leur vie ne pourraient ils aborder le sujet du mal qui est son pendant ?

      EdB parle de possibilité de rédemption; cela semble difficile aujourd’hui, mais avec l’aide de Dieu ?

  2. Dieu sait si je ne suis pas toujours d’accord avec tout ce qu’on peut dire, mais cela dit, je ne vois pas en quoi l’article d’Eric serait critiquable. Qu’il parle de l’atrocité vécue par Valentin et de la méchanceté gratuite de ses tortionnaires ne semble bine à propos concernant le mal. Et qu’il parle comme le Christ, comme les apôtres et comme le pape actuel (vis-à-vis duquel, je l’avoue, je me sens très éloigné) de l’existence de cet ange déchu qu’est le diable, quoi de plus normal? N’oublions pas que les paroles du Notre Père se terminent non pas par « délivre-nous du mal », mais par délivre-nous du Mal (c’est à dire de cette personne qu’est le Malin, le Tentateur, le Prince de ce monde, dont le meilleur tour est de nous faire croire qu’il n’existe pas) Dès lors, plutôt que de me laisser berner par lui en le considérant comme un mythe, comme un symbole qui lui facilite grandement la tâche de nous tromper et de nous perdre, je préfère mettre le doigt sur cette plaie qui est non pas quelque chose mais quelqu’un, tout en sachant qu’à la fin des temps, le Christ sera vainqueur.

  3. Eric, j‘ai trouvé votre texte fort intéressant, mais lorsque vous écrivez:

    „il n’y a de “mal” que par rapport à un “bien”. Et ceci pointe immanquablement vers une Transcendance – quel que soit le nom qui Lui est donné“

    vous ouvrez une boîte de Pandore.

    Le mot-clé c‘est le „immanquablement“.
    Toute la question est de savoir si le sens moral dans le plus profond de la personne humaine pointe de facto, „immanquablement“ comme vous dîtes, vers la Transcendence.
    Ainsi l‘agnostique, voire l‘athée confirmé, qui serait éminemment honorable et dévoué à son prochain, serait-il un „croyant“ sans le savoir?
    Au point que l‘on puisse affirmer que sans la présence de la Transcendance il ne peut pas y avoir de véritable système de valeurs morales?

    Je pense que tout agnostique rejeterait cette argumentation sans aucune hésitation et, en l‘occurrence, moi, tout croyant que je suis, je lui donnerais raison.
    Je pense en effet que nos sociétés sécularisées sont parfaitement à même de maintenir et de développer des systèmes éthiques sans le secours de la religion et que cela constitue un aspect crucial de la séparation Eglise-Etat.

    1. Votre commentaire, Kees Scholtes pose la question pertinente qui est « peut-il y avoir une morale sans Dieu? » A cette question, j’aurais envie de répondre « oui » et « non ». Oui, tant qu’il s’agit d’une morale qu’un individu se donne pour lui-même, et non, s’il s’agit d’un groupe d’individus (d’une société) qui veut l’imposer à tous. En effet, tous les humains étant égaux, je ne vois pas au nom de quel principe certains (en se croyant supérieurs) se permettraient le droit d’imposer leur morale à d’autres. S’il n’existe pas un Etre qui, nous dépassant infiniment, nous donne sa feuille de route en nous disant ce qui est bien et ce qui est mal, et si tout repose sur ce que l’homme choisi de définir comme étant des valeurs, immanquablement, nous tombons dans l’anarchie et tout (de l’anthropophagie au crime) peut être justifié. André Frossard écrivait: « C’est emmerdant la morale sans Dieu ». Emmerdant car si la morale ne découle pas de la foi en un Dieu qui seul, est habilité à définir le bien et le mal, la vérité et l’erreur, nous sommes livrés à l’anarchie la plus totale ou à une dictature qui veut que certains (au nom de quel principe?) se considèrent comme supérieurs à d’autres au point d’imposer leur vision des choses à des humains qui, n’étant pas inférieurs à eux, ont le droit de bâtir leur morale sur un autre socle que le leur. Donc, pour moi, comme pour beaucoup de croyants (dont Eric), sans Transcendance, liberté de chacun oblige, l’idée d’une morale ne repose plus sur rien.

    2. Cher Kees, ci-dessous un extrait de « Pourquoi je ne crois pas à la faillite du christianisme », un livre que j’ai publié il y a plus de 15 ans. Je n’ai pas changé d’avis:

      L’avenir… d’une illusion ?

      L’épopée chrétienne est-elle un rêve éveillé ou correspond-elle à la réalité ? Pour beaucoup, la foi chrétienne n’est qu’un faisceau de projections par lesquelles le croyant cristallise son fantasme d’immortalité, l’angoisse du néant et le drame du mal, en un Dieu d’amour créé de toutes pièces.
      D’après Freud (1856 – 1939), la religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l’humanité. Telle est aussi l’opinion commune de l’intelligentsia occidentale en ce début de XXIe siècle. Un Dieu anonyme, Principe ultime et transcendant de la réalité, passe encore : « Il doit bien y avoir quelque chose à l’origine du tout ». Mais un Dieu personnel et humaniste, qui pousse l’amour pour sa créature jusqu’à naître dans une crèche et mourir sur une croix. Non cela ne fait vraiment pas sérieux !
      Au début du christianisme, les philosophes d’Athènes se moquèrent de saint Paul pour la même raison . Le christianisme serait donc une rêverie née du délire collectif de disciples ignares, désarçonnés par la mort brutale de leur charismatique rabbi. Si la sympathique imposture eut son utilité sociale au cours des siècles, il est temps pour l’homme occidental de se réveiller de son sommeil dogmatique et de dépouiller cette religion surannée, de son pesant corps de doctrines, qui sont autant de mythes ayant fait leur temps.

      Comment répondre à pareille opinion, partagée par à peu près toutes les couches sociales de notre civilisation ? Il est exact que notre image de Dieu est aussi le fruit d’un faisceau de projections. Depuis la première étincelle d’angoisse existentielle, surgie sous le crâne velu de notre lointain ancêtre hominidé, toute démarche religieuse projette ses questions sans réponses, sur le surnaturel.
      L’homme est un animal viscéralement religieux, autant qu’il est un être capable de création artistique et d’humour. Ces trois démarches lui donnent de prendre mentalement recul par rapport à la matérialité des faits. A l’aide de la religion, de l’art et de l’humour, l’imagination colorie le monde, pour en extraire une logique profonde. Si le Destin est sourd aux gémissements du singe bipède, ce dernier n’est pas aveugle quant à sa condition. Par la religion, il lui assigne un projet ; par ses musiques, peintures, danses et poésies, il la met en scène ; et par son rire, il la relativise.
      Très tôt déjà, l’homme a compris comme par instinct que ce qui causerait l’extinction de sa race n’était ni le froid, ni la maladie, ni les prédateurs, mais bien l’ennui. Par la conscience qu’il a de lui-même, l’homme n’est pas prisonnier de l’instant. Il s’appartient mentalement et devient de la sorte le gardien de son passé. Ceci le rend curieux de son avenir. Anesthésiez en l’homme cette curiosité, ce besoin vital d’avoir des projets, cette quête de sens… et il se laissera inconsciemment mourir. Non décidément, l’homme ne vit pas que de pain.
      La démarche religieuse – qu’elle soit primitive et magique, ou élaborée et éthique – offre à l’homme ce qu’il cherche bien plus encore que du pain : elle donne un sens à sa vie. Plus que la nourriture, elle est vitale à l’humanité.
      Les seuls véritables athées non-religieux, sont des êtres cyniques. Pour eux, tout n’est que non-sens. La plupart du temps, on a affaire à des athées « religieux », dont certains sont d’authentiques « saints laïcs ». Leur religion s’appellera « droits de l’homme », « survie écologique de la planète », ou encore « bonheur terrestre ». Qu’importe. Ils croient pour vivre et cela se sent.

      Qu’elle soit athée ou croyante, la religion est donc vitale à l’homme. Mais ceci ne répond toujours pas à la question de fond : correspond-elle à une réalité transcendante ou n’est-elle qu’une géniale prothèse, inventée par l’esprit humain pour lui garder le goût de vivre? Je l’ai dit au début de ce chapitre, la raison humaine n’est pas en mesure de trancher pareil dilemme. Tant pour le croyant que pour l’athée, l’acte de foi est un passage obligé.
      La raison – elle – ne peut que constater notre besoin de croire. Quant à la conclusion qu’il s’agit d’en tirer, elle n’est pas univoque. L’athée dira : à l’instar du Bernard l’Ermite qui ne peut survivre sans se trouver une coquille, l’homme ne pourrait affronter son angoisse existentielle sans se fabriquer ce mirage truffé de symboles, qu’on appelle « religion ». Le croyant objectera : la coquille du Bernard l’Ermite n’est pas une illusion, mais répond à un réel besoin de protection. De même, la quête de sens taraude l’homme, parce que son instinct spirituel le pousse à retrouver la Transcendance qui est son origine et sa destinée.
      Pas plus que la philosophie, la science ne tranchera le dilemme. En effet, la démarche scientifique est déconstructive. Cherchant à expliquer le « comment ça marche » de toute chose, le savant décrypte les atomes premiers dont l’interaction cause les phénomènes. Cependant, aucune science ne répond à la question du sens ultime de l’existence : « pourquoi en est-il ainsi ? » Le scientifique qui parviendrait à déchiffrer intégralement le patrimoine génétique de l’humain, n’aura pas pour autant répondu à la question de l’Evangile : « mais qui donc est mon prochain ? » .
      Appliquées au christianisme, les sciences humaines expliquent les conditionnements historiques, sociologiques et psychologiques de toute démarche de foi. Entre la croyance patriote en un dieu vengeur des premiers Hébreux et celle plus spiritualisée du VIe siècle avant notre ère, quelle évolution ! Entre le dieu suprême Suzerain féodal du haut Moyen Age, l’Inconnu plein de colère du XVe et le Champion de l’humanisme d’aujourd’hui, quel glissement ! A chaque siècle correspond son image de Dieu, répondant à des besoins culturels spécifiques. Grâce aux sciences humaines, les conditionnements religieux ont été décrits et analysés, mais le fond de la question – Dieu existe-t-il ? – n’a pas été abordé.

      Pour illustrer mon propos, voici une parabole digne d’Indiana Jones. Imaginons une tribu amazonienne à qui un explorateur amusé apporterait un poste de télévision. Jusque-là préservés de tous contacts avec la culture occidentale, ces indigènes n’avaient jamais vu chose pareille.
      Dans un premier temps, ils pensent que les images et les sons habitent la petite boîte magique et une grande terreur se saisit du village. Mais bientôt la curiosité l’emporte et après avoir tué l’explorateur, ils s’en prennent à l’objet maléfique. Le plus vaillant des guerriers de la tribu s’avance et lui fracasse la carapace. Tous découvrent alors avec stupeur qu’elle ne contient aucune image, mais des pièces muettes qu’ils jettent dans le fleuve.
      Le soir venu, la tribu entonne une danse de victoire, tout en dégustant l’explorateur. Par leur bravoure, ils ont vaincu la machine à image et découvert qu’elle n’était que du vent ! Dans un coin, seul le vieux sorcier demeure pensif : mais alors, ces images d’où venaient-elles ? Ne représenteraient-elles pas à un autre monde lequel – bien que fort éloigné – n’en serait pas moins réel?
      Notre civilisation me fait penser à ces indigènes. La « boîte à symboles » qu’était la religion de nos grand-mères faisait peur avec ses menaces de damnation éternelle. Nous l’avons donc déconstruite en mettant à nu ses innombrables rouages psychologiques, sociologiques et historiques. Puis, nous avons tout jeté aux oubliettes de l’histoire. Mais la question demeure, même désossée de ses conditionnements humains : et si le message lumineux de la religion renvoyait à une réalité autrement plus réelle que les mirages dont la société de consommation gave notre quotidien ?

      « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout-petits . » L’Evangile n’invite pas à un infantilisme imbécile, mais à l’écoute candide de l’enfant intérieur qui gémit au fond de toute âme.
      Les chemins de Dieu sont ardus et pourtant d’une simplicité enfantine. C’est nous qui compliquons tout. Tant d’esprits doctement casuistes s’amusent à démonter le poste de télévision, mais les images, les ont-ils déjà regardées ? Se sont-ils laissé envahir par leur puissance empreinte de miséricorde ?
      L’épopée chrétienne est d’une simplicité vertigineuse. Il s’agit là, pour moi, de son meilleur motif de crédibilité. Des constructions religieuses, j’aurais pu – moi aussi – en inventer. Mais un Dieu amoureux de l’homme, qui se pétrit d’humanité et goûte le poison de la mort pour nous ouvrir un chemin de vie, cette histoire-là nourrit le meilleur de moi-même. J’ai donc fait le pari d’y croire. Sans aucune preuve, mais par fascination.

      La foi ne repose sur aucune certitude et c’est heureux. Une religion évidente serait la ruine de tout itinéraire spirituel. Le chrétien croit en un Dieu qui a choisi de se révéler, sans s’imposer. Si Dieu apparaissait aux carrefours des villes et dans les cafés, les hommes seraient tous convaincus de son existence, mais n’en deviendraient pas plus croyants pour la cause. Ce qui s’impose à notre raison, ne peut être l’objet d’une adhésion de l’âme.
      Une évidence ne peut être aimée. On en tient compte, parfois on la respecte ou on la craint, comme on craint le gendarme. L’homme ne peut aimer que s’il garde sa liberté. Tous les amants savent cela. Il en va de même pour Dieu. Seul un Dieu en clair-obscur, est un Dieu « crédible » pour l’humain, un Dieu digne de foi.
      L’homme qui perd la foi nous en apprend autant sur Dieu que celui qui est touché par la Grâce… L’incroyant est un rappel dans la chair que si Dieu existe, il est bien au-delà de toutes les idoles que notre mental se fabrique pour se rassurer. Le Dieu vrai, lui, ne rassure pas. Il éveille.

    3. Votre réflxion, Kees est intéressante pour mieux comprendre nos amis athées et agnostiques. Une expression cependant me fait  » tiquer  » c’est  » l’ athée et l’ agnostique éminemment honorable et dévoué à son prochain « .
      Comparer ces agnostiques et ces athées a des chrétiens me parait difficile car pour nous chrétiens , pratiquer le jeûne, l’ aumone et la prière en secret sont essentiels ( Matthieu 6, l’ Evangile d’hier).
      Je pense qu’il y a des chrétiens très peu honorables aux yeux des hommes qui cependant pratiquent l’essentiel : le jeûne ( en donnant le change !), l’ aumone ( dans un sens large : donner son temps, son attention, par ex), la prière ( avec amour, y compris l’amour pour les ennemis) …… Tout ça EN SECRET !
      L’amour du prochain des athées et l’amour du prochain des chrétiens me paraissent essentiellement différents.
      Mais çà ne doit évidemment pas nous empêcher d’admirer avec joie ces athées et agnostiques
      dévoués au prochain, soucieux de justice, sobres pour sauver la planète, pour partager etc….

      1. PS : Par  » chrétiens peu honorables aux yeux du monde « , j’entends par ex :
        les prostitué(e)s, les toxicomanes, les détenus, les clochards, les parasites, les anarchistes de gauche et de droite …..Bref, ceux qui, s’ils aiment Jésus, nous précèderont dans le Royaume.

      2. Mais justement, je ne „ compare“ pas athées et chrétiens.
        Les uns comme les autres doivent avoir une base éthique qu‘ils puissent rationaliser selon leurs propres critères, indépendemment les uns des autres.
        Mais un système de valeurs laïque est le seul qui soit possible comme socle moral d‘une société sécularisée où les uns pratiquent une religion et d‘autres sont athées.
        Il est donc important qu‘un tel système repose sur un socle qui n‘ait pas une réference explicitement religieuse.
        En même temps, il est important qu‘un tel système reconnaisse et défende la liberté religieuse.
        La plupart de nos sociétés occidentales sont organisées selon ce principe.

        1. A Kees,
          Quelques suggestions pour que la séparation entre l’ Eglise et l’ Etat dont vous parlez soit opérante et facteur de paix sociale.
          Il faudrait que tous, dès le plus jeune âge, nous apprenions à communiquer de manière non violente.
          Je m’ explique. Vous même, sur ce site, m’ avez répondu par une moquerie hors sujet lorsque je me faisais du souci avec l’homoparentalité ,l’ enfant-objet et les mères porteuses. ( la moquerie casse toute communication mais je ne vous en veux pas, je suis habituée, c’est un détail et ce que Veronique Levy, par ex. , a du supporter dans un débat televisé est bien plus grave).
          De même , Ingrid Betencourt, libérée des Farc, après des années de détention s’est vu couper la séquence où, à sa descente d’avion, elle se met à genoux pour réciter un Je vous salue, Marie.
          Il faudrait donc aussi une television d’ état non partisane.
          Ce sont des détails ? mais quand nos lois sur l’ euthanasie des mineurs, ou l’ avortement des trisomiques sans délai de réflexion, sont votées à la va-vite, sans véritable débat, les conséquences sont irréversibles.
          Pourtant, sagement, nous ne parlons plus de marché de Noël mais de plaisirs d’hiver. Nous avons décroché le dernier crucifix de la dernère salle communale parce que celà énervait, bruyamment, une parlementaire socialiste athée. Et nous avons admis, sans comprendre, que nos crèches de Noël avaient quelque chose d’obscène, à partir du moment où elles se trouvent dans un espace public. Nous avons joué le jeu honnêtement. Ce serait bien, dès lors que Madame la Séparation de l’ Eglise et de l’ Etat cesse dès lors de nous culpabiliser. On finirait par croire que culpabilisation et intolérance ont changé de camp.

          1. A Kees,
            sur ce site :  » Le Pape et la pédophilie ». Com. du 29 aout 2018 .
            Vous êtes pardonné d’avance.Il m’ arrive aussi de ne pas suivre les règles de la communication non violente. Je débute mon apprentissage.

          2. PS En fait, Kees, je ne vous en veux vraiment pas. Nous discutions entr’amis. Par contre, quand un médecin demande,impavide, à une femme qui vient d’apprendre qu’une grossesse surprise s’annonce  » Vous allez le garder ?  » , je me fâche parce que , consciemment ou non, ce médecin ne suit pas la loi Veil ( 5 jours de rélexion,aides psychosociales…. l’ avortement doit rester une exception) . Il suit, consciemment ou non, une morale laïque sournoisement propagée. Nous en sommes là et c’est très grave. Des traumatismes à vie en ont suivi.

          3. @Muriel 12.39

            Ah oui, cet interminable échange sur les „lobbies“…
            Il ne s‘agissait pas de „ sortir du sujet“, mais peut-être de tourner en dérision ce qui..bref!

        2. Bonsoir, Je ne suis pas sur que notre société repose sur un système de valeur laïque. Elle repose plutôt sur un système de valeur chrétien intégré dans un discours sécularisé pour le faire passer la société comme sans religion. C’est commode. Cela a ses limites notamment quand il y a conflt de valeur avec l’islam de personnes vivant en Europe (tabou alimentaire par exemple) ou quand il y a divergences graves sur des notions de base telle que la conception de la vie ou du mariage.

  4. Cher Eric,
    Modeste suggestion. A l’heure où tant de chrétiens pataugent et ne connaissent plus la colonne vertébrale de la foi de l’Eglise, ne serait-il as bien d’afficher en grand le credo (symbole des apôtres ou credo de Nicée) dans chaque église? Il me semble que ce serait là une manière de communiquer notre foi et de permettre à d’autres de cheminer pour y accéder. Qu’en penses-tu?

  5. Une expression parfois entendue et qui, souvent irrite les athées est de leur dire qu’ils sont « des chrétiens qui s’ignorent ». 1) Il n’est pas (fort heureusement) nécessaire de faire partie du christianisme pour accomplir des actes de bonté et de charité et de dévouement à l’égard des autres. 2) je pense que ce n’est pas les respecter que de leur dire qu’ils sont chrétiens sans le savoir. C’est un peu comme si un athée, un musulman ou un bouddhiste me disait: « Vous êtes athée, musulman et bouddhiste, même si vous croyez en Jésus-Christ mort et ressuscité pour nous sauver du péché et de la mort éternelle. Non, je ne suis pas athée, ni musulman, ni bouddhiste et c’est mon droit de ne pas l’être. Et c’est aussi le droit des athées, des musulmans ou des bouddhistes de ne pas être chrétiens et cela ne nous empêche en rien de reconnaître en certains d’entre eux des comportements et des vertus qui forcent l’admiration. Pour ne rien vous cacher, mon père tant regretté était athée et socialiste et je lui doit beaucoup. En plus d’avoir été un excellent père, son intelligence très cartésienne, m’a beaucoup aidé à ne pas me contenter d’avancer des arguments qui ne tiennent pas la route pour justifier ce que je crois. Peu avant sa mort douloureuse qui me blesse encore aujourd’hui, j’ai perçu chez lui une ouverture vis-à-vis de ce Dieu qu’il avait nié toute sa vie. Et quand, sans plus aucune force, il a tenté de réciter avec moi cette humble prière qu’est le « Je vous salue Marie », quelque chose m’a dit qu’in extremis, une lumière éternelle est venue le rejoindre dans sa nuit profonde. Merci papa, pour tout ce que tu as été pour moi.

    1. A Jean Pierre,
      Mon père aussi était socialiste ! Désintéressé, sincère, il s’engagea très jeune après avoir lu l’ épopée des lois sociales, des congés payés, de la journée des 8h….. Officier radio dans la marine marchande, il avait vu l’ exploitation des dockers de par le monde ( et l’ absence de sécurité à bord de certaines compagnies échappant aux lois internationales en battant pavillon panaméen).
      Je pense encore à lui quand je vois les délocalisations d’usine ( plus d’une centaine de par le monde) et le détricotage des lois sociales s’ensuivant ( encyclique  » caritas in veritate  » de Benoit 16).
      Nous avions lu  » Rerum novarum  » d’une manière trop s superficielle et n’avions pas vu que la justice sociale était aussi destinée à sauver l’ âme des riches.
      Sauver l’ âme …
      Chaque fois qu’à la messe, le prêtre prie pour  » nos frères défunts dont Dieu seul connait la droiture « , je pense à lui, car il était droit. Et ses valeurs familiales étaient restées chrétiennes.
      Je pense aussi à lui qui, hypersensible, face à la dureté de la vie, ne pouvait exprimer sa compassion ni avec des mots, ni avec des gestes. Une lueur, cependant, vers la fin : Comme je lui promettais de prier pour lui :  » Si ça peut te consoler « , accompagné d’un pauvre sourire . Il était heureux pour moi.
      Oui, Jean Pierre, nos pères terrestres étaient heureux pour nous qui avions  » trouvé « . Ils nous avaient donné la liberté de chercher. Ne nous avaient pas imposé cette nouvelle « bien pensance « , la pensée unique.
      Qu’ils soient enfin heureux.

      1. Merci pour votre témoignage, Muriel et pour ces mots par lesquels vous le terminez: « Qu’ils soient enfin heureux ». Vous comme moi, nous ne pouvons imaginer un Paradis dans lequel notre père serait absent et cela, je le pense, parce que le bonheur éternel est d’abord à ce que Jésus-Christ a fait sur la croix pour chacun d’entre nous. Pauvres comme nous le sommes, nous ne serons jamais capable de mériter une éternité de bonheur, mais ce dont nous sommes incapables, Notre sauveur et rédempteur l’a fait pour nous

  6. PS En fait, Kees, je ne vous en veux vraiment pas. Nous discutions entr’amis. Par contre, quand un médecin demande,impavide, à une femme qui vient d’apprendre qu’une grossesse surprise s’annonce  » Vous allez le garder ?  » , je me fâche parce que , consciemment ou non, ce médecin ne suit pas la loi Veil ( 5 jours de rélexion,aides psychosociales…. l’ avortement doit rester une exception) . Il suit, consciemment ou non, une morale laïque sournoisement propagée. Nous en sommes là et c’est très grave. Des traumatismes à vie en ont suivi.

    1. Bonjour,
      Cette histoire m’est arrivée à ma première grossesse. J’ai été choquée que les premiers mots n’étaient même pas des mots d’empathie ou pour savoir comment je ressentais l’annonce de la grossesse. Je n’avais même pas précisé qu’elle était ou non attendue. C’était immédiatement considéré comme un problème dont il fallait se débarrasser. J’imagine volontiers qu’une femme plus fragile aurait tout simplement obéi à la première suggestion. C’est vraiment la culture du déchet. Je remercie le Pape François d’avoir mis cette expression en avant que cela soit pour l’avortement ou d’autres aspects.

    2. Je comprends que cela vous choque, et cela me choque tout autant.
      Et pourtant on aurait tort de supposer automatiquement que l‘avortement ne pose aucun problème de conscience dans un système de référence laïque.
      Même pour une laïque celà reste un acte d‘une gravité extrême.

      1. La manière dont la loi Veil a été appliquée est la grande malhonnêté intellectuelle du siècle.( On nous a pris par les sentiments ( les filles mères livrées aux faiseuses d’ange ), on nous a promis une procédure stricte, des moyens financiers ….etc )
        Et aujourd’hui quand Constance du Bus ( manif pour la Vie ) expose les faits, on passe, après un très court silence gêné, à autre chose.

      2. Si ce drame n’est pas la représentation du mal absolu, alors qu’est-ce ?

        Et pourquoi les gens qui cherchent le bien dans leur vie ne pourraient ils aborder le sujet du mal qui est son pendant ?

        EdB parle de possibilité de rédemption; cela semble difficile aujourd’hui, mais avec l’aide de Dieu ?

  7. Car c’est à Toi qu’appartiennent le CD&V, le financement des cultes et la primauté du nonce sur le corps diplomatique, pour les siècles des siècles. Amen !

  8. Goguenard, Sébastien ? Les mains dans les poches ? C’est mal parti pour un dialogue respctueux.
    Il serait bon aussi qu ‘au préalable, un petit cours d’ histoire sur l’ origine de la séparation de l’ Eglise et de l’ Etat, soit assimilé. Parfois les débuts furent violents, sanglants même ( France, Pays communistes …)

  9. N’étant guère spécialiste en ce domaine, je me limiterai à dire deux choses. 1) Du point de vue humain, l’avortement peut se justifier. Si l’homme est l’unique maître de tout, je ne vois pas en quoi toute « morale » construire par lui ne le serait pas. 2) Du point de vue divin, il ne peut se justifier car l’auteur de la morale n’est pas l’homme mais Dieu Lui-même et c’est à Lui de nous dire ce qui est bien et ce qui est mal. Comme quoi, tout dépend de notre point de référence: l’homme ou Dieu. A chacun bien sûr de décider pour lui-même à qui il se réfère

    1. Si je vous comprends bien ,Jean, vous parlez de morale humaniste versus morale chrétienne.
      Mais pour pouvoir juger l’ arbre à ses fruits nous devrions pouvoir disposer de données objectives.
      Or, en Belgique,nous n’ avons de résultats de suivi psychologique ni pour l’ avortement, ni en matière d’homoparentalité, de mères porteuses, d’ euthanasie de mineurs ou de patients psychiatriques …..

      Bien sûr ces lois ont été votées démocratiquement. Mais elles progressent de dérive en dérive.
      Elles ne sont pas appliquées loyalement ( j’insiste sur le mot  » loyalement  » ).

      Et parallèlement nos esprits sont formatés d’année en année . On finit par trouver normal qu’à la sortie d’une crèche, une maman d’ enfant bisomique ose demander à la maman d’un enfant trisomique :  » vous n’ aviez pas fait le test ?  » A moins qu’ elle ne lui adresse déjà plus la parole parce qu ‘ étiquettée  » catho de chez catho « .

      1. J’ai vécu cela Muriel !

        J’ai entendu – à propos de mon fils handicapé – la remarque  » mais comment est ce possible de nos jours » ?, cad comment ne pas avoir avorté à temps d’un enfant qui n’allait pas être »normal » !

        Sans tenir compte du fait que 1. TOUT n!est PAS détectable in utero et que 2. si on m’avait proposé d’avorter, j’aurais refusé !

  10. Bonjour,
    Dans votre article « délivre-nous du Mal », vous évoquez le film « L’Associé du diable ».
    Nous l’avons regardé et trouvons que pour illustrer le processus de celui qui se laisse entraîner par le diable il y a une exagération d’images grossières et heurtantes qui tourne au grotesque.
    Libre-arbitre, oui, mais qu’est-ce qui nous permet ce libre-arbitre?
    Cette question fondamentale n’est en aucune manière évoquée dans le film.
    Pourquoi dès lors le qualifier d’excellent?

    1. Il s’agit d’une oeuvre hollywoodienne et non réaliste, avec toutes les grosses ficelles du genre. Mais je le trouve « excellent », car à aucun moment la liberté du jeune avocat n’est contournée. Il succombe librement à la tentation, principalement par vanité (« mon péché préféré » dit le Tentateur). Il finit par se sauver en renonçant librement au pouvoir suprême. Même si, à la fin, la tentation se reprend. Une belle métaphore de notre combat spirituel. Mais… je n’oblige personne à partager mes goûts cinéphiles 😉

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