Franc-Maçonnerie et parlementaires. La paille et la poutre.

Imaginons un courrier d’évêque, écrivant à tous les parlementaires baptisés catholiques: « Chers frères et soeur dans le Christ, de par votre appartenance à l’Eglise, je vous demande de ne pas voter telle loi ». Je pense que cela ferait du pétard et que, dans les rangs appartenant à ce qu’on nomme en Belgique « les laïques », de nombreuses voix s’élèveraient pour stigmatiser l’ingérence religieuse dans les affaires temporelles.
Il est donc tentant d’en faire autant, en apprenant qu’un courrier émanant du Droit Humain, la deuxième obédience maçonnique en importance du pays, a été envoyé à tous les parlementaires fédéraux, leur demandant de ne pas voter la loi sur les visite domiciliaires pour y trouver des immigrants en situation irrégulière sur notre territoire. Un courrier qui commence par « Mon très cher Frère, Ma très chère Soeur… »  
Et bien non. Je pense que cette loge maçonnique est dans son rôle. Sans entrer ici dans le fond du débat, elle juge que le projet de loi en question touche aux valeurs que ses membres se doivent véhiculer et leur communique donc son avis.  Personnellement, je pense qu’il eut été plus judicieux de s’exprimer  sous forme de communiqué, interview ou carte blanche – comme le font les évêques pour des questions d’ordre politique. Il n’empêche, à l’instar d’une Eglise, d’un syndicat  d’une mutuelle, d’une ONG, d’un club sportif,… , une Loge maçonnique est un « corps intermédiaire », soit un principe associatif qui fait partie de ce que l’on nomme « la société civile ». A ce titre, et même si son objectif premier n’est pas politique (pas plus que cela n’est l’objectif d’une Eglise), elle intervient parfois dans le domaine du débat public et, ce faisant, participe donc au débat politique… comme le fait l’Eglise catholique.
Lors de contacts amicaux que j’entretiens avec certains maçons, d’aucuns m’expliquent de bonne foi que la maçonnerie est d’ordre philosophique et initiatique et qu’elle ne fait pas de politique. Pour certains maçons, surtout ceux appartenant aux grades supérieurs, cela est vrai. Mais il serait hypocrite de dire que cela correspond à la réalité entière. Comme le déclare aujourd’hui au quotidien « le Soir » Edouard Delruelle, lui-même franc-maçon: «Voir une loge envoyer un courrier à d’autres maçons, des parlementaires en l’occurrence, pour défendre des valeurs qu’elle juge mises à mal, ce n’est pas rare. (…) Exemple : dans les années nonante, la loge dont je fais partie avait pris l’initiative pour convaincre un maximum de francs-maçons de soutenir la loi sur l’euthanasie, on avait envoyé un courrier aux autres loges en ce sens, et invité des parlementaires pour en discuter. Tout cela pour faire avancer un combat que nous estimions important. » 
Bref, en un mot comme en mille: Entre les mandataires politiques et les citoyens, se trouve la société civile – bien nommée en néerlandais ‘middenveld’ champ du milieu  »). Certains membres de cette société civile choisissent d’intervenir dans le domaine politique. Ils en ont le droit et parfois même le devoir moral. Le prochain franc-maçon qui reprochera donc à l’Eglise catholique d’intervenir pour donner son avis dans un débat démocratique, aura droit de ma part – comme unique réponse – au rappel…  de la parabole de la paille et de la poutre (Matthieu 7, 3).
 

20 réflexions sur « Franc-Maçonnerie et parlementaires. La paille et la poutre. »

    1. Ce qui m’etonne c’est que l’eglise de Belgique ne se soit pas encore exprimée dans ce débat sur le respect des droits fondamentaux du citoyen avec la loi sur la visite domiciliaire, alors que le Pape, lui, a très clairement pris position à l’egard de l’accueil des migrants.
      Y aurait il encore, comme jadis, entre l’eglise de Belgique et les régimes d’extreme droite des liens qui seraient toujours actifs ?

        1. Ce document je le connais et je suis heureux de son contenu. Mais, vous le savez, avec la visite domiciliaire (et les intimidations dont elle peut s’accompagner) le débat ici porte sur le respect des libertés du citoyen à son domicile et non sur l’accueil de migrants. Et cette proposition s’inscrit dans une dynamique ou l’état d’exception s’inscrit de plus en plus dans l’etat de droit, prélude à l’instauration d’un Régime fort ?
          Quant à la calomnie, ce n’est pas moi qui ai écrit l’histoire et c’etait une question.

  1. Belle réflexion !
    Chaque citoyen doit pouvoir donner son avis sur une loi à l’étude et chaque citoyen a le droit de choisir le « relais » par lequel faire connaître son opinion. C’est la démocratie et c’est la liberté de pensée et d’expression, ou alors « tous les belges ne sont pas égaux » !

  2. Je me demandais à quels parlementaires,un représentant de l’Eglise Catholique, enverrait « une recommandation »liée à un sujet où elle veut exprimer son opinion.Seul le CD&V à encore une connotation catholique affirmée,soit de moins en moins de monde…Ce raisonnement me semble valable aussi pour les autres religions »reconnues »

  3. Ni le militantisme pro border ou contre le gouvernement fédéral actuel ne pose de problèmes. Se servir de l’adresse mail de votre employeur, c’est un peu parler en son nom, d’autant plus qu’une adresse mail privée est gratuite. Et, de plus, l’employeur du journaliste est sensé ne pas refléter systématiquement (ou presque) une même opinion politique (avez-vous le sentiment que la chaîne publique francophone reflète toutes les sensibilités (politiques) ?). Pour le militantisme (je sais que ce n’est pas le mot le plus approprié) chrétien, il me semble que, puisque un évêque, de par la mission qui est la sienne, annonce clairement la couleur (celle du Vatican, forcément), il n’y a pas à souhaiter une neutralité ou le silence. Comme tous les citoyens, un évêque a bien entendu le droit d’écrire ses souhaits les plus chers à tous les parlementaires de sa nation. Citoyens, exprimez-vous. En votre nom. Ou, si votre hiérarchie vous y autorise clairement, au nom de votre institution.

  4. Cher monsieur,

    Je me permets de réagir à votre tribune, publiée sur le site de La Libre « Franc-Maçonnerie et parlementaires: la paille et la poutre ».
    Je tiens tout d’abord à préciser que je suis certes athée, libre-penseur, mais pas du tout franc-maçon.

    Je ne peux qu’être étonné de vos propos et de votre prise de position. Vous semblez oublier que, pour ce que j’en sais, la franc-maçonnerie vise à la réflexion personnelle nourrie de discussions et de travaux collectifs, sur une base de valeurs humanistes et démocratiques. Nous sommes loin des dogmes professés par un état extérieur dans lequel ni l’élection du dirigeant, ni la direction de l’état ne suivent les pré-requis du siècle des Lumières.
    De plus, si les citoyens, dont je suis, sont très attentifs aux interventions de l’Eglise dans les affaires qui relèvent de l’administration de l’Etat, cela provient sans doute d’une analyse de notre histoire, lointaine (les guerres de religion), plus proche (l’Eglise prenant position, en chaire, afin d’influencer le vote des femmes, récemment élevées au statut d’électrices), très proche (la dépénalisation de l’avortement… dont les tentatives récentes de remises en question sont interpellantes) et future (ouvrons donc le débat sur la gestation pour autrui…). Vous admettrez que ces exemples (non exhaustifs et réduits à la Belgique) ne peuvent que m’inciter à la plus grande prudence par rapport à cette Eglise (et, par extension, à toutes les Eglises et maîtres à penser), lorsque, enfin replacée dans la sphère privée qu’elle n’aurait jamais dû quitter, elle tente de revenir aux affaires publiques… Si j’examine l’histoire je ne trouve par contre pas de faits ni d’influences aussi comparables que je puisse imputer à la Franc-Maçonnerie, en tant que groupe organisé et structuré.

    Mais, sans doute, le camion de poutres qui gênait votre globe oculaire vous a-t-il empêcher de considérer tous les éléments du débat… J’espère donc avoir contribué à soigner utilement votre champ de vision.
    Bien à vous, bon dimanche.

    1. Monsieur, merci pour ce commentaire et sa finale, qui en dit long sur votre état d’esprit. Que vous n’appréciez pas les interventions de l’Eglise est votre droit le plus strict. La question n’est pas là. La question est de savoir si l’Eglise a le droit de s’exprimer, comme le font les loges et toutes autres associations d’humains en démocratie. C’est à cette question, que « poutre oblige », je constate que vous n’avez pas voulu réagir.

      1. Bien sûr qu’elle a le droit de réagir, c’est incontestable, et ce n’est pas l’objet de mon intervention. Je voulais juste vous faire remarquer que c’est votre raccourci « Si la Franc-Maçonnerie réagit, l’Eglise le peut aussi, et cela ne devrait pas provoquer plus de réactions » qui me choque. L’histoire est là pour montrer que de manière continue la sécularisation de l’Etat est un combat, qui ne sera pas abandonné parce que la Franc-Maçonnerie intervient publiquement dans un débat.

      2. L’Eglise a le droit d’intervenir dans les débats sociétaux et donc, politiques. Qui le conteste(rait) ?
        Franchement !? Et même, si contestations il y avait, l’Eglise, au même titre que la FM et tous les corps intermédiaires peuvent s’exprimer et, surtout, cesser de se laisser intimider ou ressentir une gêne quelconque. La crainte de se faire critiquer est une mauvaise excuse. Et dans le cas des visites domiciliaires, j’avoue que j’aimerais lire l’opinion de l’autorité chrétienne romaine (catholique) ou alors, comprendre le silence (embarrassé ?) de ses représentants du Royaume ? Quelque part, E.D.B., vous me semblez avoir une envie de dire que vous pouvez dire. Et bien, dites !
        Ma préférence ira toutefois aux messages les plus clairs possibles et rendus publics. L’attitude du journaliste dans l’éphémère actualité (journaliste de grande qualité professionnelle) me révulse profondément car son message est d’abord, il me semble, politique (contre un gouvernement) avant d’être humaniste et il fut délivré de manière masquée. Que les corps intermédiaires cessent une bonne fois pour toutes d’avancer masqués ou qu’ils se taisent. Que craignent-ils ?

  5. Monsieur l’Abbé Eric de Beukelaer,

    Suite à votre chronique intitulée « Franc-maçonnerie et parlementaires. La paille et la poutre » parue sur votre blog ce 27 janvier 2018 et repris sur le site de la Libre Belgique, permettez à un membre de l’Ordre maçonnique de vous répondre en toute sérénité.

    « Respecte l’étranger voyageur, aide-le, sa personne est sacrée » est effectivement un des premiers principes enseigné à l’initié franc-maçon et rappelé publiquement en ces jours où les frontières se ferment par crainte de l’étranger en détresse qui frappe à notre porte. Ce principe, Monsieur l’Abbé, comme bien d’autres évoqués et enseignés dans les Loges maçonniques réparties sur les deux hémisphères, vous l’admettrez, tout chrétien pourrait y souscrire. La maçonnerie, qu’on le veuille ou non, plonge bien de ses racines dans les Ancien et Nouveau Testaments.

    « En sa demeure, manant est roi », cet antique principe de droit fonde l’inviolabilité du domicile dû à tout être humain. Qu’est-ce que ce projet loi inique qui autoriserait des fonctionnaires accrédités à pénétrer de jour comme de nuit dans le domicile d’un particulier soupçonné d’héberger un étranger en séjour illégal ? Outre la flétrissure causée par cet acte, ne se rend-on compte, Monsieur l’Abbé, que, par définition, un candidat réfugié est en séjour illégal, tant que sa situation n’est pas définitivement éclaircie ? Est-il pour autant un criminel traqué jusque chez son hôte ? Doit-on, au nom d’une illusoire protection de notre territoire, risquer d’en revenir à la traque des Justes, souvent chrétiens, qui, pendant l’occupation, cachaient des Juifs, des évadés, des pilotes abattus au péril de leur vie ?

    Ces deux principes ont été rappelés publiquement par la Loge Khaos, membre de la Fédération internationale du Droit humain, qui écrit une lettre publique à tous les parlementaires francs-maçons de Belgique qui seront amenés à trancher le projet de loi en question. Certes, la pratique n’est pas courante – les échanges entre les francs-maçons se faisant d’habitude dans la discrétion – mais cette Loge a sans doute souhaité, en procédant ainsi, mettre en lumière auprès de ses Sœurs et ses Frères parlementaires le danger représenté par la démarche législative de l’actuel gouvernement.

    Vous avez exprimé, Monsieur l’Abbé, votre surprise sur le procédé, tout en ne rejetant pas le fond de la démarche en écrivant : « Je pense que cela ferait du pétard et que, dans les rangs appartenant à ce qu’on nomme en Belgique « les laïques », de nombreuses voix s’élèveraient pour stigmatiser l’ingérence religieuse dans les affaires temporelles.
    Il est donc tentant d’en faire autant, en apprenant qu’un courrier émanant du Droit Humain, la deuxième loge maçonnique en importance du pays, a été envoyé à tous les parlementaires fédéraux, leur demandant de ne pas voter la loi sur les visite domiciliaires pour y trouver des immigrants en situation irrégulière sur notre territoire. Un courrier qui commence par « Mon très cher Frère, Ma très chère Sœur… ». Et vous rappelez plus loin la parabole de la paille et de la poutre à l’égard des francs-maçons qui critiqueraient l’intervention de l’Eglise dans l’arène politique.
    Tout d’abord, Monsieur l’Abbé, sachez que la Fédération internationale du Droit Humain est une Obédience maçonnique et non une Loge comme la Loge Khaos auteur de cette missive qui en est membre.

    Il y a une profonde différence une Loge maçonnique et l’ensemble de la Franc-maçonnerie. Vous savez très bien, puisque vous faites l’honneur aux francs-maçons de leur rendre visite de temps à autre, que la Franc-maçonnerie est un Ordre composé d’hommes et de femmes en principe probes et libres qui ne peuvent en aucune manière, ni individuellement, ni au niveau d’une Loge qui n’est qu’une assemblée de Francs-maçons, ni au niveau d’une Obédience qui n’est qu’une assemblée de Loges à l’échelle internationale ou d’une nation, ni à n’importe quel autre niveau, intervenir au nom de l’Ordre maçonnique.

    En l’occurrence, les Frères et les Sœurs de la Loge Khaos ne font que leur devoir de maçon en s’exprimant en leur seul nom auprès des Sœurs et des Frères mandataires politiques : défendre toujours et partout les principes fondamentaux pour lesquels ils se sont engagés.

    L’Eglise, par contre, quand elle intervient dans le débat public, le fait en tant que pasteur de ses fidèles et sans les consulter. Admettez en outre, qu’on conçoit difficilement qu’une paroisse s’exprime publiquement au nom de sa Sainte Mère l’Eglise !

    Sans doute, Monsieur l’Abbé, au-delà de cette vaine controverse, serait-il bien plus utile que l’Eglise que vous servez s’exprime aussi, comme bien des citoyennes et des citoyens francs-maçons ou non, conformément aux récents propos du Saint Père, sur l’accueil de l’étranger voyageur et aussi sur ce projet de loi dont les prescrits évoquent les heures les plus sombres de notre histoire.

    Respectueusement,

    Pierre Verhas
    Membre d’une Loge du Grand Orient de Belgique

    1. Monsieur, Merci de votre commentaire. J’avais initialement écrit « loge », mais un ami maçon m’a dit de remplacer par « obédience »… ce que je fis. Vous me dites que ce n’est pas correct. Il faudrait vous mettre d’accord: est-ce la réaction d’une loge ou d’une obédience? Pour le reste, je trouve votre incise sur le fait que l’Eglise parlerait sans l’aval de ses fidèles, assez déplacée et démocratiquement dangereuse. La question que je pose est: si une loge (ou une obédience) peut parler, l’Eglise catholique en a-t-elle aussi le droit? La réponse à cette question, ne supporte pas les entourloupes. C’est « oui » ou « non ». (Et si des fidèles ne sont pas d’accord avec ce qu’elle dit, ils n’ont qu’à l’exprimer – ce qu’ils ne se privent pas parfois de faire). Pour le reste, vous demandez ensuite (et a contrario) à l’Eglise de s’exprimer sur la question. Je pense qu’elle est déjà intervenue à de nombreuses reprises sur la question, sans attendre qu’une loge le fasse. Merci donc de ne pas entrer dans ce petit jeu de « qui lave plus propre ». Que je sache, cela ne correspond pas à l’idéal maçon. http://www.cathobel.be/2017/12/12/appel-accueillir-refugies-syriens/

      1. Monsieur l’Abbé,

        Merci pour votre réponse. Je considère que l’Eglise, comme tout un chacun, a le droit de s’exprimer. Ceux qui lui nient ce droit ont tort.

        En l’espèce, comme je l’ai écrit, notamment suite aux déclarations très claires de Sa Sainteté le Pape François, je trouve même qu’elle doit prendre clairement position.

        Si on veut qu’une cause ait une chance de l’emporter, il est indispensable qu’un maximum de personnes et d’institutions s’unissent.

      2. Bonjour,

        À ma connaissance ce courrier emane bien de la seule loge Chaos et non de l’obédience dans son ensemble. Il s’agit donc d’une initiative personnelle de Maçons libres et non d’une institution dans son ensemble. Pour le dire autrement il s’agit d’une initiative d’un ensemble de citoyens on leur nom propre et non d’une institution. Par ailleurs ils ont adresser ce courrier aus seuls parlementaires Maçons et ayant donc prêté serment de respecter les valeurs de la franc-maçonnerie.

        Cordialement

  6. Monsieur l’Abbé, Tout d’abord je tiens à vous affirmer mon accord parfait avec votre thèse, mais le bât blesse lorsque vous faites, comme tant d’autres, l’amalgame en utilisant le terme LA franc-maçonnerie. Il n’y en a pas une, mais il y en a deux. Il est vrai que l’une d’elle (la franc-maçonnerie régulière) ne représente, en Belgique, qu’un groupe restreint de 2.500 personnes, alors que l’autre (la f-m irrégulière) représente 25.000 personnes. Si nous regardons au niveau mondial, nous voyons que les réguliers sont 6.000.000, tandis que les irréguliers ne sont qu’une centaine de milliers. Lorsqu’on parle en Belgique de LA loge, on montre toujours du doigt la f-m irrégulière, mais en stigmatisant du coup la f-m régulière. C’est injuste, vu que la f-m régulière se fait un point d’honneur de ne pas faire de politique.
    C’est comme si on parlait de l’Eglise catholique romaine en disant LES Chrétiens ou même LES Catholiques. Ce serait injuste et pourrait en offenser certains. Par ailleurs, vous mentionnez les hauts grades, mais ceux-ci n’ont rien à voir ici, vu qu’on les trouve aussi bien chez les réguliers que chez les irréguliers. Cependant, vu leur caractère assez religieux et biblique, ils sont peut-être moins pratiqués par la maçonnerie irrégulière. Bien à vous, et merci de m’avoir accordé un droit de réponse.

    1. Monsieur, Merci pour cette réaction. Je connais la distinction et il est clair que quand je parle de FM en Belgique, je pense d’abord aux Obédiences principales sur le territoire. Ceci étant dit, je rappelle que je ne trouve pas leur intervention en la matière déplacée (si ce n’est sa forme peu judicieuse). Reconnaissez que mon écrit n’était pas l’endroit pour faire une dissertation sur les loges régulières et a-dogmatiques. Bien à vous.

  7. Je partage cette analyse en insistant sur l’importance pour toute société démocratique qui veut faire vivre un processus démocratique de veiller à ce que des corps intermédiaires puissent exprimer des positions, des opinions, des revendications, par rapport au pouvoir politique; puissent être forces de pression, contre-pouvoirs.
    Sinon, et c’est ce que souhaitent un certain nombre de libéraux, il ne reste plus au citoyen qu’à s’exprimer, face au pouvoir politique, d’une manière isolée, en fonction de sa seule force individuelle. C’est cela qui permet aux inégalités de régner sur le champ politique : seuls les plus riches (en pouvoir financier, économique, culturel, etc.) peuvent intervenir réellement dans le champ politique; et donc seuls leurs opinions seront reprises; les « pauvres » en capital social, financier, économique, culturel, etc. n’ont plus aucune voix (ni d’ailleurs aucune voie).
    Les corps intermédiaires, les groupes constitués, les associations sont les seuls moyens d’expression de ceux-là qui sont par ailleurs une majorité de la population; ils peuvent seuls faire entendre la voix d’une majorité qui, sinon, sera obligée de rester silencieuse.

  8. Bien cher Eric,
    Ce qui me dérange dans ce texte, c’est qu’il repose sur un postulat de base qui est, en réalité, un procès d’intention. Je lis: « Je pense que cela ferait du pétard et que, dans les rangs appartenant à ce qu’on nomme en Belgique « les laïques », de nombreuses voix s’élèveraient pour stigmatiser l’ingérence religieuse dans les affaires temporelles. »
    N’est-il pas hasardeux de construire tout une réflexion sur des fondations aussi spéculatives?
    Amitiés,
    Yves

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