Cette crise voit fleurir de nombreux actes de courage et d’abnégation. Mais également des comportements qui vont au-delà de la légitime prudence. Ces actes sont expliqués par leur auteur de toutes sortes de façons, mais la réalité est qu’ils sont mus par la peur. Et alors? Nous avons le droit d’avoir peur au milieu d’une pandémie qui nous dépasse. Surtout si nous avons des enfants à charge ou un conjoint qui compte sur nous.
Si j’ai personnellement – et tant qu’à présent – pas trop peur, cela n’est pas dû à un courage plus grand que la moyenne. Il y a le fait que je n’ai personne à charge et puis aussi, que je ne regarde pas la TV. Je ne suis donc pas abreuvé d’images et de commentaires anxiogènes. De plus, ma vocation spirituelle m’a donné de régulièrement travailler le fait que je sois mortel. C’est sans doute quelque chose que j’ai mieux intégré que nombre d’autres: un jour, ma vie se finira. Je ne suis nullement pressé de partir, mais je sais que cela fait partie de la vie. J’ai donc apprivoisé que la mort nous rode tout autour.
Ceci étant dit – je le répète: chacun a le droit d’avoir peur dans cette crise. Le vrai courage consiste à se l’avouer et de ne pas laisser cette peur nous dominer.
Bon courage à chacun. Prenez soin de vous.