Ce jour, en écoutant la radio « Première » (RTBF), dont je suis un auditeur en alternance avec RCF – bien entendu – j’ai souri en pensant : « que ce pays est catholique! » Je m’explique: vous avez peut-être entendu parler de la démarche de la théologienne féministe Anne Soupa, qui s’est portée candidate au poste d’archevêque de Lyon? Il s’agit, bien entendu, d’une provocation, destinée à faire réfléchir et forcer le débat.
Par trois fois j’ai entendu disserter longuement de cette info sur la Première : un chroniqueur du matin, une journaliste en fin de matinée et une interview en soirée. Comme quoi… dans un pays où il est de bon ton de se présenter comme « n’ayant plus grand-chose à voir avec l’Eglise catholique », voilà une radio publique qui analyse la vie interne de cette Eglise, comme si cela la concernait hautement. Bref… en catholique. J’y vois le signe que la vaste majorité de nos concitoyens de culture chrétienne, est bien plus catholique qu’ils ne veulent l’admettre. Même si c’est pour critiquer l’institution… comme l’adolescent le fait de ses parents. S’ils étaient totalement indifférent à une Eglise « ringarde et has been », ils n’attacheraient pas une telle importance à ce qui se passe en son sein.
« Fort bien… », penseront certains en me lisant, « mais avec cela, vous noyez le poisson, en ne nous disant pas ce que vous pensez de la démarche d’Anne Soupa… »
Je respecte Anne Soupa, mais son analyse ecclésiologique ne tient pas la route, quand elle prétend que sa démarche ne vise qu’à renverser un interdit de droit canonique. Non, elle s’attaque à un enjeu proprement théologique, vu que l’on ne peut devenir évêque en restant laïque. L’évêque est le « clerc » par excellence. Et la question de l’ordination exclusivement masculine, est une question théologique : quelle est la place de l’homme et de la femme dans l’Eglise? Il n’est pas de mon intention d’entamer ici ce délicat débat. Je l’ai fait ailleurs.
Là où Anne Soupa a raison, c’est qu’il faut un plus grand brassage des états de vie pour diriger l’Eglise. Et que ceci aidera à limiter les abus. De fait, je pense qu’avec plus de femmes en situation de responsabilité dans l’Eglise, il y aurait, par exemple, eu plus rapidement la clarté sur les abus sexuels. Mais ceci n’implique pas l’ordination… Avec trois femmes dans le nouveau Conseil épiscopal de son diocèse, l’évêque de Liège montre la direction.