Ce lundi matin 14 juin, Caroline Sägesser (CRISP) et moi-même étions programmés pour notre dernière émission de l’année sociale dans le « parti-pris », séquence qui passe à 8h30 sur La Première (RTBF). Las, le « dieu Foot » est passé par là et nous avons été remplacés par une émission spéciale « Euro – diables rouges ». (Un prêtre pour parler des diables, cela ne le faisait pas… 😉) C’est donc via mon blog que je partage « la pensée du jour », que le présentateur, François Heureux, nous demandait à chaque fois de développer en fin d’émission :
1. Cela fait deux ans que je participe aux parti-pris de la Matinale RTBF et un an que je le fais en duo avec Caroline Sägesser du CRISP. Je tiens à la remercier et à lui rendre hommage. C’est tellement agréable dans un agora où fleurissent les dialogues de sourds, de pouvoir discuter courtoisement et intelligemment avec une intellectuelle dont les arguments ne sont jamais « fake », mais construits et argumentés. Parfois nous étions d’accord et parfois pas. Qu’importe. A chaque fois, j’avais l’impression qu’elle avait nourri ma réflexion avec des arguments qui élèvent l’esprit.
2. Cette année, un micro-groupe de laïques radicaux m’ont pris à partie sur les réseaux sociaux, après plusieurs de mes interventions. En soi, la chose est sympathique, car le signe que nous sommes écoutés. Cependant, ce n’était pas ce que je racontais à l’antenne qui était critiqué (et qui est toujours matière à critique), mais bien celui que je suis. Pour eux, il était intolérable qu’une chaine de média publique, invite un ecclésiastique pour donner son opinion sur un sujet de société. J’analyse cette attitude comme une forme d’expression de type « woke » et/ou « cancel culture » qui décide de qui est digne d’antenne et qui ne l’est pas. Pour eux, un catholique – prêtre de surcroît – n’a apparemment pas voix au chapitre. Il est prié de rester confiné en sacristie. Qu’il me soit permis de leur répondre, de ma voix « mielleuse » (car – à les lire – il semblerait que j’ai une voix insupportablement « mielleuse » ) que, moi aussi, il m’arrive d’entendre sur les ondes de La Première des personnes qui me donnent des boutons. C’est le propre d’un service public que d’offrir un micro à toutes les sensibilités démocratiques qui forment une société pluraliste. Le jour où la RTBF n’invitera plus qu’un seul type d’intervenants pour ses émissions de débats et de réflexions citoyennes (qu’importe qu’ils soient cathos, laïques, « neutres », ou autre…) ce ne sera plus le Service public, mais la « Pravda de Bruxelles ». Dieu nous en préserve.
Merci au présentateur François Heureux, toujours souriant et positif, et à toute l’équipe technique, dont Sarah Hammo, ainsi qu’au personnel d’accueil. Et – qui sait? – peut-être à retrouver notre binôme via les ondes de La Première…