« Qui perd gagne » – 13° dimanche, Année A

«Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera». (Matthieu 10, 37-42)

Avec le début des mois d’été, la société va vivre au ralenti et beaucoup partiront en vacances. Un moment de détente et de repos nécessaire et souvent salutaire. Il est, en effet, heureux que chacun puisse un peu plus penser à soi-même et à ses proches pour recharger ses batteries.

Attention cependant de faire du loisir et des vacances l’idéal de notre vie. Vivre uniquement en fonction d’un épanouissement égoïste, est un piège. Bien vite, cette « vie de rêve » étouffe l’âme. Seul ce qui nous tire vers le Haut, offre un bonheur durable. Et souvent, ceci passe par le renoncement, voire le sacrifice : aider son prochain, servir les plus démunis, vivre radicalement les Béatitudes,…

Qui accepte de « perdre » un peu de son confort de vie au nom du Christ et de Son Evangile, « gagne » bien davantage – car il devient spirituellement plus vivant.

« En plein soleil » – 12° dimanche, Année A

 «Ne craignez pas…» (Matthieu 10,26-33)

La fin de l’année scolaire, politique, judiciaire, ou autre… s’annonce avec le début de l’été. Notre pays est baigné en plein soleil. Que nous partions en vacances ou non, profitons de ce temps où tout se ralentit pour faire le point. Si souvent, de petites peurs nous paralysent. « Que va-t-il penser, si je lui dis ceci ? » « Que va-t-il arriver, si je fais cela ? »  Arrêtons d’avoir peur de notre ombre. Apprenons à vivre au grand jour – en plein soleil.

« Ne craignez pas ! » dit le Christ. Vous êtes dans la main du Père. « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés ». La seule chose qui pourrait nous perdre, c’est de renoncer à cette dignité d’enfant de Dieu. Ainsi le déclare le futur archevêque de Malines-Bruxelles : « peu importe que les chrétiens soient moins nombreux ; pourvu qu’ils ne deviennent pas insignifiants ». Ou comme le rappelle Jésus : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais bien ceux qui pourraient vous faire perdre votre âme.

Nouvelle génération à la tête de l’Eglise de Belgique

Avec la nomination de Mgr Luc Terlinden à la tête de l’Archevêché, l’épiscopat de Belgique accueille une nouvelle génération à son sommet. 

Né en 1968, le futur archevêque deviendra, le jour de son ordination épiscopale, de loin le plus jeune évêque de Belgique. C’est d’ailleurs le premier évêque du pays qui est plus jeune que moi et ce, d’une demi-décennie. Voilà donc un choix audacieux de la part du pape. Un pari sur l’avenir. 
J’ai connu Luc Terlinden lorsque je présidais aux destinées du séminaire de Louvain-la-Neuve et qu’il était jeune vicaire de la paroisse étudiante de la cité universitaire. C’est un homme qui allie l’intelligence du coeur et de la raison. Un excellent pasteur aussi, qui fut un curé apprécié à Bruxelles, en charge de la jeunesse et des séminaristes. 
Passé l’état de grâce, un lourd fardeau reposera sur les épaules du nouvel archevêque. Il aura besoin de nos encouragements, mais davantage encore de nos prières. Ensemble demandons que l’Esprit de force et de douceur souffle sur ce nouveau pasteur donné par le Pape à l’Eglise de Belgique. Et soutenons-le. 

« Le Pain qui Christifie » – Fête du Corps et du Sang du Christ, Année A

 «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui». (Jean 6, 51-58)

Le dimanche de la fête du Corps et du Sang du Christ – appelé communément « la Fête-Dieu – est d’origine liégeoise. Comme le rappela le pape Paul VI en 1965 : « elle fut célébrée la première fois au diocèse de Liège, spécialement sous l’influence de la Servante de Dieu, sainte Julienne du MontCornillon, et Notre Prédécesseur Urbain IV l’étendit à l’Eglise universelle » (encyclique Mysterium Fidei n°63).

Plus de 750 ans plus tard, cette fête rappelle encore que l’Eucharistie est le sacrement qui – par excellence – exprime l’Eglise : Si le Christ se rend sacramentellement présent dans l’Eucharistie, c’est afin que ceux qui communient à Luisoient « Christifiés », c’est-à-dire qu’ils deviennent présence du Christ dans le monde. «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui», déclare Jésus. Ou, comme l’enseignait saint Augustin aux chrétiens qui participaient à l‘Eucharistie : « Deviens ce que tu contemples, contemple ce que tu reçois, reçois ce que tu es : le Corps du Christ ».

« Trois fois Saint » – Sainte Trinité, Année A

«  Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique ». (Jean 3, 16-18)

La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Pourtant, comme l’amour ne s’additionne pas, mais se multiplie – ne dit-on pas le « Dieu trois fois Saint » ? – chacun peut vérifier que 1 X 1 X 1, cela fait toujours 1. La Trinité – c’est la foi chrétienne en un seul Dieu multiplié en trois Personnes.

Bien au-delà d’une question de calcul, la Trinité est Mystère d’amour. Le peu que la révélation chrétienne nous ait donné de percevoir de l’infinité de Dieu, est que celui-ci est une éternelle Relation de Don : entre le Père qui est Source de tout Don, le Fils à Qui le Don est destiné et qui le rend au Père dans l’unité de l’Esprit – qui est Don.

Le Don nous précède : « Dieu a tant aimé le monde, qu’Il a donné son Fils unique », mais l’homme est créé à l’image de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes des êtres relationnels et voilà pourquoi seul le Don de nous-mêmes nous fait rejoindre notre vérité profonde. Devenir disciple du Christ et vivre son baptême, c’est dans l’Esprit s’unir au don du Fils pour devenir enfant du Père.       

Alerte rouge sur billet vert – La Libre p.33

Ma chronique mensuelle dans le quotidien La Libre, initialement prévue pour le mois de mai, a été différée suite à la polémique sur la laïcité (cf. Chronique du 6 mai: « Oui à la laïcité. Non au laïcisme » )
Comme elle traite de la santé du dollar, la Rédaction du journal a décidé de la publier ce 1er juin en sa page 33, car il s’agit de la date butoir, accordée au Congrès américain pour relever le plafond de la dette publique de l’Etat et ainsi éviter une paralysie des services publics.
Vu le danger d’un tel blocage pour la confiance dans le billet vert, un accord entre démocrates et républicains va être trouvé – chose exceptionnelle, par les temps qui courent. La suite reste à écrire…
Pour lire ma chronique du mois de juin, cliquez sur: « Alerte rouge sur billet vert » 
Merci à La Libre de m’offrir cet espace de réflexion.

« Souffle intérieur » – Pentecôte, Année A

« Il répandit sur eux son souffle et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20 19-23)

Il y a quelques années, j’attendais sur le parvis d’une église du centre-ville que des funérailles commencent. Et je vis un petit enfant jouer devant le cercueil de son arrière-grand-père. Image d’une vie qui file comme l’air.

Et chacun de se demander ce qui n’expire pas. La réponse est : « le souffle ». C’est le même air qui passait dans les poumons du défunt et de son arrière-petit-fils. Mais le souffle est surtout intérieur : celui de l’Esprit – cette Force d’En-Haut qui nous « inspire ». Comme le dit le chant traditionnel « Veni Creator Spiritus », l’Esprit est « l’hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur ».

Le nombre de nos années est court. Vivons donc à pleins poumons spirituels. Demandons l’Esprit du Christ pour nous et pour tous ceux qui nous sont confiés. En ce dimanche de Pentecôte, demandons-Le tout particulièrement pour ces jeunes dans notre diocèse qui reçoivent le sacrement de la Confirmation – don spécial du Souffle intérieur.

«  Gloire à Dieu » – 7° dimanche de Pâques, Année A

« Glorifie ton Fils, afin  que le Fils Te glorifie. » (Jean 17, 1-11)

Nombreux sont nos contemporains qui rejettent un Dieu dont la « gloire » écraserait toute liberté humaine. Pour comprendre l’Evangile, c’est cette représentation de la « gloire » qu’il s’agit de changer.

La gloire de Dieu n’a, en effet, rien à voir avec le phantasme de toute-puissance qui écrase notre liberté. Au contraire, la gloire de Dieu est celle de l’amour qui triomphe quand l’humain se libère. Tout comme la gloire de parents, est de voir leurs enfants devenir des adultes responsables – de même, la gloire de Dieu est de nous aider à devenir des humains, tenant débout dans notre cœur et notre âme.

L’Esprit du Ressuscité nous aide, en effet, à croître spirituellement. Au cours de cette ultime semaine qui nous sépare de la Pentecôte, prions donc chaque jour pour ce Don de l’Esprit qui – en nous libérant de nos peurs – glorifie notre Père du ciel.

«  Esprit de liberté » – Solennité de l’Ascension, Année A

« Et moi, Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 16-20)

Si le Ressuscité avait voulu nous garder sous sa coupe, Il se serait contenté d’apparaître de temps en temps dans les églises ou au coin des rues. Plus besoin d’Evangile, de Vatican, de curés et chacun serait convaincu…

Convaincu, oui. Croyant, non. Il faut être libre pour vivre l’aventure de la foi. Le Christ – qui est Liberté suprême – ne s’impose pas à notre conscience. Avec l’Ascension, Il retourne dans la gloire de Son Père et nous envoie Son Esprit.

C’est cet Esprit de liberté qui nous guide vers toutes les nations, pour annoncer la Bonne Nouvelle et baptiser au nom du Père, du Fils et de l’Esprit. Neuf journées séparent l’Ascension de la Pentecôte – fête du don de l’Esprit. Prions chacune de ces neuf journées. Demandons que le Souffle de Dieu nous renouvelle.  Avec l’Esprit, le Christ « est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».

Oui à la laïcité. Non au laïcisme. – La Libre p.49

Pour ce mois de mai, j’avais écrit une chronique sur la santé du dollar, dans le cadre de l’économie mondiale.
Vu les récentes polémiques, celle-ci sera publiée en juin (elle sera malheureusement encore d’actualité).
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Je n’ai pas souhaité lui répondre point par point, pour que notre échange ne tourne au bac-à-sable. Je le ferai de vive voix, la prochaine fois que je le verrai.
Je me contente simplement de préciser deux points:
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– Je rappelle que, si on lit ce que j’ai écrit sur mon blog, JAMAIS je n’ai assimilé la députée Rohonyi à des forces non démocratiques. J’ai simplement signalé que le mode de raisonnement qu’elle maniait par rapport aux évêques sur l’avortement, était symétrique à celui qu’utilise l’ultra droite quand des responsables catholiques parlent d’immigration: « ceci n’est pas un problème éthique. Vous n’avez donc pas à vous en mêler ». Mon propos n’était donc pas de faire l’amalgame, mais d’interpeller un parti démocratique que je respecte, sur son mode de communication.
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– François dit que je communique de façon « finement jésuite », ce qui dans sa bouche ne doit pas être un compliment.  Puis, il déclare qu’il n’est « pas reproché aux évêques de s’exprimer, mais bien d’interférer ». Euh?… Quelqu’un peut décoder cette réponse d’une clarté… modérée ? En quoi, les évêques « interfèrent » quand ils s’expriment sur un sujet de société ? Si ce n’est qu’ils ne sont pas d’accord avec la position de Défi. Est-ce cela, qui ne va pas?
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Ma chronique de ce samedi 6 mai se veut une réponse sur le fond, bien au-delà de la polémique du jour: qu’est-ce que la laïcité politique?
Ici, je ne vise plus personne en particulier, mais bien une question de principe sur laquelle je ne transigerai jamais: chaque instance de la société civile a voix au chapitre dans un débat démocratique. Vouloir en exclure des représentants d’un culte (et pas ceux qui représentent la laïcité philosophique) n’est pas compatible avec la liberté d’opinion.
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Merci à La Libre de m’offrir cet espace d’expression.