«Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.» (Matthieu 22, 21)
Une fois de plus, ses ennemis essaient de le piéger : « faut-il payer l’impôt à l’occupant ? » S’Il dit « oui », c’est un collabo. S’Il dit « non », c’est un terroriste. Le Christ ne tombe pas dans le panneau. Et répond qu’il n’est pas venu pour se mesurer à César, mais pour parler de Dieu et de Son règne. Rendez donc à César ce qui est à César, mais – surtout – rendez à Dieu ce qui lui revient : ne réduisez pas son Evangile à un programme politique.
L’Evangile se situe entre deux extrêmes : Il ne se contente pas d’enseigner la résignation aux pauvres – comme le pensait Marx. Non, l’Evangile n’est pas un « opium pour le peuple ». Au contraire, la Parole de Dieu réveille les cœurs et les consciences et elle invite le baptisé à s’engager pour un monde plus juste. Cependant, personne ne peut enfermer le Christ dans un programme politique, si généreux soit-il. C’était l’erreur du philosophe français Maurras. Bien qu’agnostique, il prônait comme seul légitime, un régime avec le catholicisme comme religion d’état. Et bien non – bien que devenu totalement homme, le Christ n’en vient pas moins de Dieu. Il transcende nos constructions humaines : « rendez à Dieu ce qui est à Dieu ».
Des chrétiens peuvent parfois se retrouver adversaires politiques, proposant – chacun de bonne foi – des solutions différentes pour gérer la cité. Cela ne les empêche pas de se retrouver le dimanche, en frères, pour écouter ensemble la Parole et communier au Christ dans son Eucharistie.