« Dieu de vie »– 13° dimanche, Année B
«Je te le dis, lève-toi». (Marc 5, 21-43)
C’est sans doute un des clichés les plus injustes concernant le christianisme : ce soupçon tenace chez tant de nos contemporains, qu’il s’agirait d’une religion hostile à la vie. A les entendre, la foi chrétienne empêcherait d’être pleinement vivants. Même si des maladresses peuvent parfois donner cette impression, la vérité est à l’opposé. Ainsi, l’Evangile de ce dimanche, qui nous montre un Jésus qui redresse, relève, ranime… Bref, un Christ qui rend à la vie. Le Dieu de l’Evangile nous veut vivants. Et les exigences morales de notre foi, ne sont pas là pour nous empêcher de profiter de l’existence. Il s’agit de balises destinées à nous faire goûter à la liberté spirituelle.
La vie est une course d’endurance. Avec ses épreuves. Mais l’arrivée est promise à tous, même pour les ouvriers de la 11° heure. La seule chose à éviter, c’est de nous décourager. Le Christ est là, qui nous lance à chaque chute : « Je te le dis, lève-toi ».
« Sans bruit, pousse la semence »– 11° dimanche, Année B
«Nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit». (Marc 4, 26-34)
Il y a 25 ans naissait le mouvement punk. Un quart de siècle après l’optimisme hippie de mai ’68, des jeunes en révolte criaient de rage contre la société. Leur credo était : « no future ». La plupart sont aujourd’hui mariés et parents. Quelques-uns sont cependant morts d’overdose ou de suicide. Aujourd’hui, le « no future »est plus diffus et généralisé. Des enquêtes nous l’enseignent : 8% des sondés belges entre 18 et 75 ans auraient déjà tenté de se suicider, 10% souffrirait d’angoisse ou de dépression, 57% sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants et le même % aurait besoin d’un accompagnement psychologique. Face à la crise et à la précarité, la foi chrétienne n’a pas de solution magique à proposer. Le christianisme n’est pas un opiumqui sert à oublier et accepter. Cependant, la vie avec Christ nous construit intérieurement dans la confiance. Si une dose de stress fait partie de toute vie, l’Esprit du Ressuscité nous rappelle que rien – même pas la mort – ne peut vaincre la puissance de l’Amour. Celle-ci est croissance sans bruit – telle la petite graine de moutarde, qui devient un géant de la forêt. Alors, malgré les épreuves, abordons l’avenir avec confiance: «Nuit et jour, que le semeur dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit».
« Le péché contre l’Esprit »– 10° dimanche, Année B
«Il est possédé par Béelzeboul». (Marc 3, 20-35)
Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. De même, il n’y a pas pire péché que de se croire sans péché et de déclarer « mauvais » tout ce qui nous dérange.
En effet, Dieu pardonne tous les péchés, mais si je me présente devant Lui en Lui affirmant que je n’ai pas de péché et que l’action de l’Esprit – si elle me bouscule – est, inspirée par le diable… Dès lors, comment le pardon pourrait-il me rejoindre, vu que je n’en veux pas ? C’est l’avertissement que Jésus lance à ceux qui le déclarent « possédé », parce que Son œuvre et Ses paroles les dérange.
Pas de libre-examen pour les croyants…
« Deviens ce que tu reçois »– Fête du Corps et du Sang du Christ, Année B
«Ceci est mon corps… Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, répandu pour la multitude». (Marc 14, 12-26)
Le dimanche de la fête du Corps et du Sang du Christ – appelé communément « la Fête-Dieu – est d’origine liégeoise. Comme le rappela le pape Paul VI en 1965 : « elle fut célébrée la première fois au diocèse de Liège, spécialement sous l’influence de la Servante de Dieu, sainte Julienne du Mont–Cornillon, et Notre Prédécesseur Urbain IV l’étendit à l’Eglise universelle »(encyclique Mysterium Fidei n°63).
Instituée au XIIIe siècle, cette fête rappelle que l’Eucharistie est le sacrement qui – par excellence – exprime l’Eglise : si le Christ se rend sacramentellement présent dans l’Eucharistie, c’est afin que ceux qui communient à Lui deviennent présence du Christ dans le monde. Comme l’enseignait saint Augustin aux chrétiens qui participaient à l‘Eucharistie : « Deviens ce que tu contemples, contemple ce que tu reçois, reçois ce que tu es : le Corps du Christ ».
Dans notre ardente Cité de Liège, un sang innocent a coulé ces derniers jours. L’Amour seul est clairvoyant et peut guérir notre monde de la violence aveugle. D’où la procession du Saint-Sacrement ce jeudi soir dans les rues de la ville. Oui, vivons de l’Eucharistie et devenons ce que nous recevons.
Une petit goût de fin du monde…
« Trois fois Saint »– Sainte Trinité, Année B
« De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ».(Matthieu 28, 16-20)
La Trinité n’est pas un problème de mathématiques. Pourtant, comme l’amour ne s’additionne pas, mais se multiplie – ne dit-on pas le « Dieu trois fois Saint » ? – chacun peut vérifier que 1 X 1 X 1, cela fait toujours 1. La Trinité : 3 Personnes divines en un seul Dieu. Mais bien plus qu’un problème de mathématique, la Trinité est Mystère d’amour. Le peu que la révélation chrétienne nous ait donné de percevoir de l’infinité de Dieu, est que celui-ci est une éternelle Relation de Don : entre le Père qui est Source de tout Don, le Fils à Qui le Don est destiné et qui le rend au Père dans l’unité de l’Esprit – qui est Don. La Bible nous enseigne que l’homme est créé à l’image de Dieu. Voilà pourquoi nous sommes des êtres relationnels et voilà pourquoi seul le Don de nous-mêmes nous fait rejoindre notre vérité profonde. Devenir disciple du Christ et vivre son baptême, c’est dans l’Esprit s’unir au don du Fils pour devenir enfant du Père.
Avortement: amas de cellules et déni
Auschwitz – La Libre p.41