Le pape communiste?

Dans l’avion entre Cuba et les US, le Pape a répondu aux questions des journalistes. En voici une reprise, telle quelle, par le VIS (Vatican Information Service)

-Certains parlent de vous comme d’un pape communiste parce que vous dénoncez les injustices causées par le système économique. Aux Etats-Unis certains se demandent si vous êtes catholique!

(réponse du Pape) « Je ne dis rien qui ne soit dans la doctrine sociale de l’Eglise. Une fois précédente, un de vos collègues m’a demandé à propos de mon discours aux mouvements populaires si l’Eglise me suivait. Je lui ai répondu que c’est moi qui suit l’Eglise… On peut me suspecter parfois d’être un peu de gauche, mais c’est erroné parce que ma doctrine est de critiquer les effets de l’impérialisme économique. L’encyclique ‘Laudato Si’ appartient à la doctrine sociale de l’Eglise. Si vous voulez que je vous récite le Credo, je suis prêt à le faire! ».

Pensée du soir – Merci, Monsieur le Gouverneur. Bienvenue, Monsieur le Gouverneur.

C’est officiel depuis ce jour. Dans une bonne semaine, Michel Foret cèdera l’écharpe de gouverneur de la province de Liège à Hervé Jamar.

Je pense refléter l’opinion générale en Principauté, en écrivant que le gouverneur sortant est un gentleman, qui a exercé sa fonction avec conscience et élégance. Je sais, par ailleurs, que l’homme ne va pas se retirer de la vie publique, mais s’apprête à soutenir le développement de sa chère province en relevant d‘autres défis. Merci, Monsieur le Gouverneur.

Je n’ai rencontré le futur gouverneur qu’une seule fois – dans les loges du Standard. Il m’est alors apparu comme une personnalité chaleureuse et sans chichis. Voilà pourquoi, je pense qu’il sera apprécié en pays de Liège. Bienvenue, Monsieur le Gouverneur.

Pensée du soir – Coupe Davis… !

Alors que les résultats de foot sont moroses en cité ardente, avec un Standard descendu à l’avant-dernière place du classement, ce sont deux Liégeois qui ont enflammé le pays du tennis, en faisant entrer la Belgique en finale de la coupe Davis – pour la première fois depuis plus d’un siècle. Davis Goffin et Steve Darcis sont deux des héros de l’excellente équipe belge qui a battu l’Argentine.

Créée en 1900, la coupe Davis est l’unique épreuve collective en tennis – disputée en simple, comme en double. Le fait que les joueurs se battent pour leur nation et non pas pour une place au classement mondial, lui donne un cachet tout particulier.

Bravo à notre équipe belge et à son capitaine. Rendez-vous fin novembre en finale contre la Grande-Bretagne d’Andy Murray…

Jaloux, moi ? – 25° dimanche, Année B

 « Sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand ». (Marc 9, 30-37)

Déjà dans la cour d’école, le besoin de se démarquer nous chatouille. Qui ne s’est jamais vanté que : « Mon papa a une plus grosse bagnole que le tien » ?  Et tout au long de la vie, la tentation d’être au centre des attentions tenaille. Chacun rêve à sa manière d’être la reine du bal, le manager de l’année, la tête de liste politique, le médaillé d’or, etc. La recherche d’excellence n’est pas mauvaise en soi – que du contraire. A condition de se réjouir de l’excellence du voisin. Vouloir être performant – fort bien. Ne pas accepter qu’un autre le soit tout autant, voire bien davantage – cela est problématique. Saine émulation ne rime pas avec jalousie.

La jalousie est un sentiment omniprésent en l’homme. Et pourtant, peu le reconnaissent. Rare est celui qui confesse : « oui, il m’arrive d’être envieux ».  Contemplons les disciples de Jésus : « Sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand ». Alors le Christ, prenant un enfant, leur enseigne que le plus grand est celui qui accueille les plus petits ; que le premier est celui qui prend la place du serviteur. Même parmi les baptisés, pareil enseignement n’a jamais été évident. C’est ce qu’illustre l’épître de saint Jacques : « Vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre ». (Jacques 4, 2) Et pourtant, une petite voix nous murmure à la conscience : Jaloux, moi ? Jamais de la vie. L’autre, je ne dis pas… Mais pas moi, moi, MOI…

Neutre, la citoyenneté ? Bien sûr que non ! (Etienne Michel, le Soir p.4)

Je cite ici la fin de l’interview – parue dans le quotidien bruxellois « le Soir » de ce jour – d’Etienne Michel, , secrétaire-général du SeGEC (réseau scolaire libre catholique), qui remet judicieusement quelques pendules à l’heure: Un peu de bagage philosophique, apprend que « liberté-égalité-fraternité » ne sont pas des valeurs neutres, mais engagées. 

Vous acceptez donc l’idée qu’une inspection de la Communauté contrôle le cours de citoyenneté dans le libre ? Le cours de religion sera l’un des lieux où on prendra en considération les éléments de citoyenneté. C’est légitime que l’autorité publique vérifie si les missions  d’intérêt public sont bien exécutées. C’est d’autant plus légitime qu’elle finance ces cours. Mais il est évident que, chez nous, il n’y aura pas de cours de citoyenneté à proprement parler. Nous ne couperons pas le programme de religion en deux.

Le cours de religion est-il le lieu idéal pour faire de la citoyenneté alors qu’elle suppose une certaine neutralité ?  La citoyenneté est-elle nécessairement neutre ? Bien sûr que non ! La citoyenneté renvoie toujours à des valeurs qui n’ont rien de neutre. Un exemple : le décret Missions dit qu’il faut assurer à tous les élèves les chances égales d’émancipation sociale. Il y a là une conception du rôle de l’école, à laquelle nous adhérons, mais qui n’est pas neutre – c’est un choix de société, sous-tendu par des valeurs comme celle de la solidarité. Autre exemple : la démocratie. Nos sociétés démocratiques ne reposent pas seulement sur des procédures – comme le fait d’avoir un gouvernement élu. L’idéal démocratique repose sur des valeurs, comme celle de l’égale dignité de tous les êtres humains. Ce principe n’a rien de neutre. La preuve, c’est qu’il ne se concrétise que dans certaines parties du monde – surtout celles qui ont été imprégnées de la tradition chrétienne. Dire que la citoyenneté devrait être neutre par essence, c’est courir le risque de couper la démocratie d’une partie de ses propres fondements. La démocratie repose sur des fondements pré-politiques, dont le dialogue qui a pu prévaloir en Occident entre le christianisme et la tradition des Lumières. Mais l’égale dignité des êtres humains, c’est une valeur qui n’a rien de neutre. Et j’espère que l’on voudra bien rendre à la tradition chrétienne d’avoir eu une influence dans son émergence dans nos sociétés occidentales démocratiques

 

Pensée du soir – « Cours de rien », clap deuxième ?

J’ai déjà plusieurs fois écrit sur les changements qui ont cours dans les cours philosophiques, en expliquant qu’ils faisaient partie d’une stratégie en 3 phases consécutives : 1. Supprimer graduellement le cours de religion dans l’Officiel pour le remplacer par de la philosophie. 2. Imposer la même chose dans le réseau d’enseignement libre. 3. Plaider pour un réseau unique d’enseignement, vu que les programmes de tous les réseaux sont devenus identiques.

La première phase est en bonne voie de réalisation. En lisant « le Soir » en p.5 de ce jour (ci-dessous), la deuxième semble annoncée. C’est de bonne guerre, mais qu’on ne me resserve plus l’argument : « il fallait bien rassembler les élèves qui étaient divisés en différentes classes, selon leurs options philosophiques ». Dans le réseau libre, cet argument ne joue plus. Ici, il s’agit d’éliminer graduellement l’enseignement de la religion de l’enseignement catholique, en refusant que la philosophie et citoyenneté y soit donnée sur l’ensemble des cours (ce qui me paraît pourtant de simple bon sens). Le masque tombe.

(le Soir p.5) Citoyenneté : Milquet maintient. Seule l’école publique devra organiser un cours à part entière

A partir de cette année scolaire 2015-2016, les élèves de l’école publique pourront se faire dispenser du cours de religion/morale. On leur offrira un « encadrement pédagogique alternatif » (EPA ou « cours de rien »). Cet EPA sera éphémère. Il sera supprimé en septembre 2016 au primaire, en septembre 2017 au secondaire. Il sera alors remplacé par un cours de citoyenneté et de philosophie. Subtilité : ce sera un cours de 2 h/semaine pour l’élève qui a demandé à être dispensé de la religion/morale et de 1 h pour celui qui n’a pas demandé la dispense – pour lui, le cours de religion/morale passera donc à 1 h. Et l’école libre ? Elle devra enseigner des éléments de philosophie et citoyenneté mais elle ne sera pas obligée d’organiser un cours à part entière – elle pourra les enseigner dans sa grille-horaire actuelle, à travers les cours de religion, d’histoire, de français, etc. Arguments – et comme plaidé au Conseil d’Etat par Joëlle Milquet (CDH), la ministre de l’Education : « On ne peut créer un nouvel enseignement, quel qu’il soit, sans en supprimer un autre, en tout ou en partie. » Aussi, imposer au libre un cours de citoyenneté « pourrait amener l’enseignement libre à supprimer une partie de l’éducation religieuse qu’il entend, au nom de la liberté qui est la sienne, procurer à ses élèves ». Pour marquer la différence entre les réseaux, le gouvernement a choisi de ne pas imposer un référentiel commun aux réseaux (un référentiel fixe les objectifs d’un cours, les compétences à atteindre, les savoirs). Un référentiel s’imposera à l’école publique. Le libre devra se référer à un « cadre général. » Tels sont les choix opérés cet été par le gouvernement de la Communauté française, et qui ont été traduits dans un avant-projet de décret. Il a été remis au Conseil d’Etat. Et celui-ci a remisson avis la semaine passée. Il estime que le projet du gouvernement crée une différence de régime entre l’école publique et l’école libre, que les « différences objectives » entre les réseaux (différences de statuts, de caractère confessionnel ou non, etc.) ne suffisent pas à justifier. Les juristes observent donc que l’enfant de l’école publique se verra imposer un véritable cours (de 1 ou 2 heures, donc) avec un référentiel, un programme, des matières à étudier, des évaluations alors qu’il n’y aura pas de véritable cours dans le libre. Parmi d’autres, le Conseil d’Etat invoque la Convention relative aux droits de l’enfant, qui engage à enseigner la citoyenneté. Et les juristes estiment ici que « l’intérêt supérieur de l’enfant » conduit à refuser que les enfants qui « fréquentent les établissements libres soient privés des cours de philosophie et de citoyenneté qui, obligatoirement inscrits au programme dans les établissements de l’enseignement officiel, y feront l’objet d’une évaluation (…) ». Les juristes ajoutent que la différence de régime entre réseaux va « entraver les changements d’école puisque les élèves des établissements libres, dépourvus par hypothèse des compétences et savoirs validés qui sont liés au cours de philosophie et de citoyenneté – lacune tirant son origine dans l’absence d’organisation de ce cours dans ces établissements – auront des difficultés à atteindre ces compétences et savoirs pour la suite de leurs parcours scolaire qu’ils souhaiteraient accomplir dans des établissements officiels ». Milquet relativise l’avis du Conseil d’Etat. Pour elle, il s’agit juste d’une question de termes. Elle estime que le Conseil d’Etat tique parce que l’avant-projet parle de « référentiel » pour l’école publique et de « cadre général » pour le libre. La ministre propose donc – comme elle y avait songé initialement, dit-elle – de retenir l’appellation « référentiel » et de l’appliquer à tous les réseaux. Pour le reste, elle maintient le cap : l’école publique organisera un cours à part entière et l’école libre, certes soumise à un référentiel contraignant, reste libre et pourra enseigner les éléments de citoyenneté en les dispersant dans sa grille. Il n’est pas dit que le PS suivra Milquet. Certains, mardi soir, lisaient l’avis du Conseil d’Etat comme un appel clair à forcer l’école libre à insérer un véritable cours de citoyenneté dans sa grille, quitte à réduire le cours de religion d’une heure. Un argument, parmi d’autres : « L’essence même du cours de philosophie et de citoyenneté, c’est la neutralité. Et l’école libre pourrait enseigner cela dans son cours de religion ? Non, il faut un cours à part. » Si le PS confirme officiellement ce point de vue, il serait prudent de convoquer les casques bleus au prochain gouvernement de la Communauté.

 

Labour (UK) – Ethique de responsabilité vs. Ethique de conviction

L’économiste et sociologue des religions, Max Weber (1864-1920) est – entre autre – connu pour avoir fait la distinction entre « l’éthique de conviction » et « éthique de responsabilité ». La première régit le domaine des idéaux et inspire les religieux et idéalistes de tous bords : quelle est l’idéal que je poursuis ? La seconde régit le domaine de l’action et est suivie par les hommes qui exercent des responsabilités dans un domaine concret.

C’est un peu la distinction qui explique le fossé qui sépare Tony Blair et Jeremy Corbyn, le nouveau chef du « Labour » britannique. Dans une tribune publiée ce 29 août dernier dans le ‘Guardian’, l’ancien premier-ministre compare le programme de son actuel successeur à « Alice au pays des merveilles ». Faisant le lien avec la montée en popularité de Donald Trump, Alexis Tsipras et même Marine Le Pen, il écrit : ‘There is a politics of parallel reality going on, in which reason is an irritation, evidence a distraction, emotional impact is king and the only thing that counts is feeling good about it all’. (“Il y a la une politique de la pensée parallèle, où la raison irrite, l’évidence distrait, l’impact émotionnel est roi et où la seule chose qui importe est de se sentir bien avec tout cela »). Voilà pourquoi et – au nom de l’éthique de la responsabilité – Blair soutient la candidature de Liz Kendall, tout comme son dauphin malheureux, David Miliband, qui écrivait à peu près la même chose dans le ‘Guardian’ le 17 août.

Résultat des courses : Liz Kendall emporte quelque pauvres 4,5% des suffrages et Jeremy Corbyn est élu avec presque 60% des votes du Labour. Que s’est-il donc passé au royaume du pragmatisme ? D’où vient ce besoin de « tout autre chose », qui fait pousser des ailes aux programmes de ruptures ? Bref, qui fait primer l’éthique de conviction sur l’éthique de responsabilité ?

Beaucoup a déjà été écrit sur le sujet et je n’y reviendrai pas. Une chose, cependant : le fait que Blair, qui jadis fut perçu comme un jeune premier ministre de changement et d’espoir, soit désormais vu comme un homme du système, ayant oublié ses idéaux sociaux pour s’enrichir grâce à ses amis de la City. Que cela soit vrai ou faux, n’a guère d’importance en la matière (et je ne suis pas compétent pour trancher) : En politique, c’est l’impression qui compte. Et elle a massivement fait pencher la sympathie des électeurs labour pour un Jérémy Corbyn, connu pour son style de vie modeste, en adéquation avec ses idéaux. A l’heure des réseaux sociaux, le besoin d’authenticité est grand.

Ce que cela donnera en terme politique, reste à écrire au royaume de Sa Gracieuse Majesté. ‘Wait and see’, dit-on de l’autre côté de la Manche…

 

 

 

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Difficile de trouver les mots face aux deux affaires de pédophilie qui frappent à nouveau l’Eglise. Laissons la justice faire son travail et respectons la présomption d’innocence. Mais cela fait mal. Mal aux victimes. Mal aux paroisses. Mal à tant d’autres personnes.

C’est ce que j’ai tenté d’exprimer lors du débat sur « Ce n’est pas tout les jours dimanche » (RTL-TVI) ce midi et dans la séquence diffusée lors du JT de RTL de 19h ce soir. Je me serais bien passé de cette prestation médiatique et n’avais vraiment pas le coeur à sourire face à la caméra. Mais – plusieurs responsables n’ayant pas pu se libérer un dimanche matin – il était important qu’un prêtre vienne pour affronter la colère et les légitimes questions du public.

La suite – confions-la à la prière.

 

 

Heroes – M…Belgique p.10

Ci-dessous, voici ma chronique, parue ce mois en p.10 de M… Belgique. Merci à la rédaction de me donner cet espace d’expression.

Etre un héros – voilà bien le rêve secret de tant d’entre nous. Enfant – au gré des générations – nous étions Zorro, Batman, ou Goldorak. Ce qui n’empêche pas les questions et le doute. En ma tête Goldman fredonne : « Et si j’étais né en 17 à Leidenstadt ; Sur les ruines d’un champ de bataille ; Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens ; Si j’avais été allemand ? » Vester Lee Flanagan, qui commit en direct le meurtre de deux anciens confrères journalistes et en diffusa les vidéos sur ses comptes Twitter et Facebook, pensait sans doute être un héros. Et les djihadistes de Daech qui décapitent et violent des innocents, avant de détruire des temples antiques, se croient également des héros. A contrario – Claus von Stauffenberg, l’auteur de l’attentat avorté contre Hitler, fut considéré comme un traitre par la majorité de ses concitoyens de l’époque.

Le véritable héros est celui qui ne cherche pas à l’être, mais qui – le moment venu – fait ce qui doit être fait. C’est ce qui touche dans l’histoire des héros du Thalys. Alors que la plupart des passagers étaient pétrifiés par la vue du terroriste armé d’une kalachnikov, ces gars-là ont simplement dit : ‘let’s go’. De jeunes Américains et un Britannique d’âge mûr qui sauvent des Européens. Un air de déjà-vu. Puisse la vieille Europe – face aux défis des migrations et de la crise de l’euro – trouver le ressort nécessaire pour dire ‘let’s go’‘We can be Heroes, just for one day’, chantait Bowie.

Le Christ ou Superman ? – 24° dimanche, Année B

 « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ». (Marc 8, 27-35)

Jésus est entouré de disciples depuis plusieurs mois déjà. Autour d’eux, les ragots vont bon train : qui est ce rabbi qui parle et agit avec autorité et fait des guérisons surprenantes ? Une réincarnation de Jean le Baptiste ? d’Elie ? d’un des grands prophètes d’autrefois ? Alors le Maître les prend à l’écart et leur pose la question dans le blanc des yeux : « Pour vous qui suis-je ? » Pierre se fait le porte-parole des autres et proclame avec assurance : « Tu es le Messie ».

Bonne réponse…mais demie-vérité : de quel genre de messie s’agit-il ? A partir de ce moment-là, Jésus leur annonce sa passion. Là, Pierre n’est plus d’accord. Si Dieu est tout-puissant, son Elu ne peut être que victorieux. Le prenant à part, le futur prince des apôtres « se mit à lui faire de vifs reproches ». En clair: il engueule Jésus. Alors le Maître le remet publiquement à sa place : « Passe derrière moi tentateur ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

Rien n’a vraiment changé : les foules rêvent d’un Messie « Superman » qui change le monde, alors que Dieu envoie son Fils convertir les cœurs. Le Christ ne promet pas des lendemains qui chantent, mais une vie digne des enfants de Dieu. Chemin exigeant, s’il en est : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».