A juste titre, les consciences encore quelque peu éveillées sur notre terre, saluent le courage de la capitaine Carola Rackete, qui s’est mise en situation d’illégalité pour mettre en sécurité des migrants épuisés. Croisement moderne de Robin des Bois et de Surcouf, elle a le courage des rebelles et des héroïnes.
Face à elle, la mâle figure du ministre italien Salvini, fermant ses frontières à la marée de misère qui essaie d’atteindre Lampedusa, fait aisément office de « brute ».
Mais le portrait ne serait pas complet sans les « poltrons ». Il s’agit… de nous. L’union européenne est incapable de mettre sur pied une politique globale de gestion des migrations sauvages et laisse ses membres frontaliers, dont surtout l’Italie, fort seuls face à l’afflux de personnes à accueillir. Faut-il, dès lors, s’étonner du soutien que le ministre de l’intérieur Salvini obtient parmi sa population? Au lieu de pointer vers la paille dans l’oeil italien, contemplons la poutre dans nos yeux.
Il en va de même pour le Brésil. Chacun a beau jeu (et raison) de réprouver la « brute » présidentielle, qui veut livrer la forêt d’Amazonie aux cupides exploitants. Il n’empêche… Si cette forêt est le poumon du monde, la communauté internationale devrait rémunérer pour le maintien de ce « patrimoine mondial » le pays qui se doit de le préserver comme sanctuaire.
Les « brutes » en ce monde doivent être appelées par leur nom. A condition de ne pas oublier de nommer les « poltrons » que – trop souvent, hélas – nous sommes.