« Notre jumeau » – 2° dimanche de Pâques, Année A

« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu !» (Jean 20, 19-31)

Le prénom Thomas signifie « jumeau ». Et de fait, l’apôtre Thomas est un peu notre frère jumeau : comme lui, nous aimerions bien « un peu voir », histoire d’« un peu plus croire ». 

Mais il s’agit d’un piège : celui qui voit, est convaincu. Il ne devient pas pour autant plus croyant. La foi chrétienne est une adhésion du cœur bien plus encore que de l’intelligence. Elle met en mouvement et transforme une vie.

Ainsi, celui qui déclare « croire en quelqu’un », ne dit pas tant qu’il est convaincu que cette personne existe, mais bien qu’il est assuré que cette personne est digne de confiance. De même, la foi chrétienne n’implique pas tant de « croire que Dieu existe ». D’ailleurs beaucoup disent : quand je vois le monde comme il ne tourne pas rond – même s’Il existe – à quoi ce Dieu me sert-il ? Non, la foi, c’est avant tout saisir dans son cœur que « j’existe pour Dieu ». Depuis ma conception, ce Dieu de l’alliance marche avec moi. En Jésus, Il a donné Sa vie par amour pour moi.

Ce n’est que cela qui donne de tomber à genoux comme Thomas et de s’écrier : « mon Seigneur et mon Dieu ! » 

Pâques en confinement – Jour 31 – On s’habitue…

La semaine passe vite. Même en confinement, le boulot ne manque pas. Le soir, je clôture une série de dossiers, en luttant contre la fatigue. Le lendemain, je me réveille en pensant: « tu as encore oublié le petit mot que tu avais promis d’écrire quotidiennement sur ton blog, tant que durerait le confinement ». 

Cela fait donc trois jours que j’oublie. Jusqu’à appeler mes parents. Depuis le début du confinement, je leur téléphone tous les jours. Et là, j’oublie. Ce sont donc eux qui m’ont appelé ce soir pour me demander si je n’étais pas malade.

Non, je vais heureusement bien.  Mais l’habitude du confinement a pris le dessus, au point de me faire oublier tous ces petits réflexes de temps de crise que je m’étais fixés. 

Pâques en confinement – Jour 28 – A vous dégouter de tomber malade…

Une connaissance devait passer à l’hôpital pour un problème de santé de routine. Elle témoigne que tous sont de bonne volonté, mais que la fatigue et le stress sont palpable chez les soignants. Bref, si vous avez le choix… ne tombez pas malade pour le moment😉.

Hélas – les malades n’ont guère le choix. Raison de plus pour être prudent en ce temps de confinement. Respectons l’épuisement du corps médical, en première ligne dans la lutte contre le virus. 

Pâques en confinement – Jour 27 – Combien de temps encore?…

C’est long. Beaucoup s’impatientent. Au lendemain de Pâques, certains relâchent l’effort. Les autorités mettent garde… Oui, ce confinement dure.

Et pourrait se prolonger longtemps encore. Je me doute que ce n’est pas simple pour les familles ne sachant plus que faire de leurs adolescents. Mais c’est encore plus difficile pour le personnel soignant et les aidants en maison de repos. 

Alors, ensemble – gardons le cap. Le temps qu’il faudra. 

Pâques en confinement – Jour 26 – Alléluia!

Au yeux de chair, rien n’a changé en ce 26° jour de. confinement. Le nombre de décès du Covid reste stable et a même tendance à augmenter. 

Mais pour un regard chrétien en Esprit, la fête de Pâques rappelle que la vie l’emporte sur la mort et l’amour sur la haine.

Christ est ressuscité, alléluia…!

Carême en confinement – Jour 24 – La croix dressé sur le monde

En ce jour du Vendredi saint, lors de l’office « confiné » à la Cathédrale, les parole du psaume 30 ont résonné en moi comme jamais: «  On m’ignore comme un mort oublié, comme une chose qu’on jette. »

 Et ma prière a été vers tous ses pensionnaires de maison de repos, qui meurent loin de leurs proches et sont enterrés sans cérémonial et assistance. Tel le Christ mis au tombeau…

Lumières de Pâques, venez nous donner force et paix. 

Carême en confinement – Jour 23 – Le studio et la cathédrale…

Jeudi saint – jour de l’institution de l’Eucharistie, où les prêtres se remémorent plus particulièrement leur vocation. En ce temps de confinement, tout est différent. 

Ce matin, sur RCF, dans l’émission « Serrons-nous les coudes », j’ai passé la matinée à écouter des confrères et d’autres responsables de paroisses, parler de ce triduum pascal en confinement. Magie des ondes, qui permet à ceux qui ne sortent guère de chez eux, de vivre une forme de communion.

Ce soir, j’ai participé à l’office « confiné » à la cathédrale de Liège, avec mes confrères chanoines. L’eucharistie était filmée et fut suivie sur You tube par une centaine de personnes. Vide, la cathédrale me semblait comme en prière silencieuse. Ces vénérables pierres nous parlaient du haut des siècles, témoins de tant de générations de croyants dans les jours de joie comme de peine. 

Carême en confinement – Jour 22 – Statistiques…

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J’ai encore célébré des funérailles « a minima » ce jour. Les funérailles d’une gentille et courageuse personne qui habitait depuis quelques années chez son neveu, sa seule famille. Ce neveu est un ami. Lui et son épouse ont attrapé un sale virus. Pendant une semaine, ils furent en mauvais état. Sans doute le Covid, vu les symptômes, mais – sans test – aucun label. Pourquoi pas de test? Parce qu’ils n’étaient pas assez malades pour être emmenés à l’hôpital. La vieille tante a fini par attraper la crasse et en est morte.

Aucun test et donc, pas de statistiques. Combien sont dans ce cas? Je pense que nous pouvons multiplier les chiffres des défunts officiels du covid par trois ou quatre, pour avoir une estimation plus juste du nombre de personnes que le virus aura emporté. Principalement des personnes âgées, cela va de soi. Come quoi, les statistiques sont utiles, mais peuvent parfois devenir l’arbre qui cache la forêt. 

Belle entrée dans le Triddum Pascal à chacun. Que la puissance de la Croix traverse les limites imposées par le confinement. Et n’oublions jamais: la Vie est plus forte que la mort.