« Notre jumeau » – 2° dimanche de Pâques, Année B

« Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu !» (Jean 20, 19-31)

Le prénom Thomas signifie « jumeau ». Et de fait, l’apôtre Thomas est un peu notre frère jumeau : comme lui, nous aimerions bien « un peu voir », histoire d’« un peu plus croire ».

Mais il s’agit d’un piège : celui qui voit, est convaincu. Il ne devient pas pour autant plus croyant. La foi chrétienne est une adhésion du cœur bien plus encore que de l’intelligence. Elle met en mouvement et transforme une vie. Ainsi, celui qui déclare « croire en quelqu’un », ne dit pas tant qu’il est convaincu que cette personne existe, mais bien qu’il est assuré que cette personne est digne de confiance. De même, la foi chrétienne n’implique pas tant de « croire que Dieu existe ». D’ailleurs beaucoup disent : quand je vois le monde comme il ne tourne pas rond – même s’Il existe – à quoi ce Dieu me sert-il ? Non, la foi, c’est avant tout saisir dans son cœur que « j’existe pour Dieu ». Depuis ma conception, ce Dieu de l’alliance marche avec moi. En Jésus, Il a donné Sa vie par amour pour moi.

Ce n’est que cela qui donne de tomber à genoux comme Thomas et de s’écrier : « mon Seigneur et mon Dieu ! »

Titanic: “ have struck an iceberg and sinking”.

Parmi les illustrations qui ornent les murs de mon appartement, il y a un poster du Titanic au départ de Southampton. La photo fut prise en avril 1912 par, Beken of Cowes,  le « pape » de la photographie maritime. Sur le pont du bateau de croisière, on distingue au loin les passagers. Ils saluent avec enthousiasme et fierté. Rien ne peut leur arriver. Ils sont invincibles: Titanic – fleuron de la marine marchande britannique –  est non seulement le plus grand et le plus puissant navire au monde, il est surtout insubmersible. On connaît la suite.

Pourquoi ce poster ? Il s’agit d’une parabole cruelle du XXe siècle et de l’histoire récente de notre bel Occident. Porte-drapeau du progrès et orgueil du plus vaste empire de tous les temps, une simple montagne de glace l’envoya par le fond. Deux ans plus tard, une terrible guerre des tranchées saborda la vieille Europe. Puis ce fut la tornade financière de ’29 à Wall Street. Puis la grande guerre de civilisation de 40, qui – après le naufrage du grand peuple allemand – vit le principe même de civilisation manquer de sombrer corps et bien.

Et aujourd’hui ? Notre société ressemble au Titanic, à la différence près que tout le monde voit l’iceberg, mais que personne n’a le courage de donner l’impopulaire coup de gouvernail qui nous fera éviter l’obstacle. Un dicton populaire rappelle sans ménagement : « Dieu pardonne toujours ; l’homme pardonne parfois ; la nature ne pardonne jamais ». La question écologique ne met en pas en danger la survie de la planète – qui en a vu d’autres – bien celle de l’humanité. Dans trois siècles, les populations survivantes sur notre planète bleue, seront-elles formées uniquement de fourmis et de scarabées ?

Et l’Eternel de gémir : « fils d’Adam, que fais-tu du jardin que je t’ai confié ? » A la manière des prophètes d’autrefois, l’épave du Titanic nous met en garde. Un siècle plus tard, son ombre doit continuer à nous hanter.

« Alléluia ! » – Nuit et jour de Pâques, Année B

« Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazaréen que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. » (Marc 16, 1-8)

La mort biologique est la seule certitude humaine que nous ayons. Tous nous allons mourir. Même Jésus, le Verbe divin fait homme, a connu la mort. Et la mort horrible et injuste sur une croix.

Mais pour nous chrétiens, la mort n’est pas une réalité ultime. C’est ce que les chrétiens proclament à la face du monde depuis plus de 2000 ans : « Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazaréen que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. »  

Pâques signifie « passage ». Passage par la mort vers une vie autre, une vie plus vive, une vie en Dieu. Tel est le grand signe que nous donne la résurrection du Christ, prémices et gage de notre propre résurrection. Dés maintenant, ne laissons pas la peur, l’égoïsme et les ténèbres prendre pied dans nos vies. Vivons en enfants de la résurrection et de la lumière. Alléluia !

Des œufs et des cloches (Hebdo ‘Dimanche’ p.3)

Ci-dessous ma chronique « Etat d’âme », parue dans l’hebdomadaire ‘Dimanche’ de Pâques (p.3).

Pâques… Fête des cloches et distribution d’œufs en chocolat. Souvent, les chrétiens soupirent devant pareil détournement commercial du sommet de l’année liturgique. Ils n’ont pas tort. Et pourtant…

Parlons de l’œuf : On nous répète à souhait que l’œuf est un symbole païen de fertilité. C’est exact, mais avec un peu d’imagination, il devient un authentique symbole de Pâques. Pensons au petit poussin qui – le moment d’éclore venu – casse laborieusement la coquille protectrice de son œuf. Jadis, cette parois le protégeait. Maintenant elle l’étouffera s’il ne s’en libère pour vivre au grand air. Telle est l’action de l’Esprit du Ressuscité en chacun de nous. Le Souffle de Dieu nous invite à nous libérer de nos cocons protecteurs – nos biens, notre position professionnelle, notre image sociale,… – afin de vivre dans une plus grande vérité envers nous-mêmes, nos prochains et Notre Père. Car « la vérité rend libre » (Jean 8, 32).

Quant aux cloches… D’abord, elles nous représentent plutôt bien. Pas besoin d’une longue démonstration pour convaincre que nous sommes tous un peu « cloches ». Et malgré cela, la cloche sonne fièrement au milieu du brouhaha de la ville. La plupart des habitants l’entendent distraitement. Pour quelques-uns seulement, elle signifie un appel à la prière. Mais si elle se taisait pour de bon, même les plus insensibles sentiraient que quelque chose « cloche » au cœur de la cité. Ainsi en est-il des baptisés. Malgré tout ce qui cloche en nous, le Ressuscité nous envoie : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création » (Marc 16,15). La plupart de nos contemporains ignorent – voire moquent – nos timides et maladroits efforts d’évangélisation. Mais si la voix des chrétiens se taisait – avec le son des cloches – quelque chose de fondamental et de profond serait étouffé au cœur même de notre société.

A toutes et à tous, je souhaite une sainte fête de Pâques.

 

La presse écrite de Pâques

La Libre ouvre ses colonnes à une méditation de l’abbé Grégoire sur le mystère de Pâques au cœur de nos vies (pp.60-61). Le Soir est tout en contraste, comme sa ligne éditoriale. Il y a l’habituel plaidoyer pour élargir la loi sur l’euthanasie (p.10), car ses partisans ont le sens du symbole : ils savent que Pâques signifie passage par la mort. Et puis, il y a l’interview du cardinal Ries (pp.34-35) par Ricardo Gutierrez. Ce n’est pas qu’un grand savant… La nouvelle éminence possède une réelle jeunesse de cœur et de regard sur la foi et l’Eglise. Enfin, Mgr Bonny donne une interview au Standaard. Sa réponse à une question sur l’éventuelle ordination à la prêtrise d’hommes mariés, fait un petit buzz dans les médias. Pourtant, ce n’est pas la première fois que l’évêque d’Anvers exprimait qu’il n’y était pas opposé. C’est cela le dilemme : soit un homme d’Eglise évite de donner son avis sur ce genre de questions et on l’accuse de pratiquer la langue de buis, soit il donne son avis et sa réponse évacue tout le reste – en particulier l’annonce de la Pâques. Prions pour nos évêques. Ils n’ont décidément pas la tâche facile.

In memoriam Roger Ramaekers

J’apprends le décès de Roger Ramaekers. Le grand public ne le connaissait guère, mais il était une des éminences grises du Parti Socialiste et un proche de notre Premier Ministre actuel (qui s’est associé à l’annonce nécrologique). Je l’avais rencontré lors d’une soirée à Liège et – magie de la rencontre – il avait pris plaisir à converser avec moi. J’ai découvert un homme intelligent et un personnage puissant : au cours de notre discussion, nombre d’élus venaient le saluer avec une déférence qui en disait long sur son pouvoir réel. Laïque et franc-maçon, il ne cachait pas son admiration pour certains hommes d’église, dont il disait apprécier l’honnêteté intellectuelle. A ses proches et à sa famille, je présente mes sincères condoléances. Il ne m’en voudra pas de prier pour lui.

Paradoxal hommage aux Médias Catholiques

Depuis des années, les Médias Catholiques font un effort pour se professionnaliser. Leur directeur, le diacre Luc Tielemans y travaille avec acharnement et ses efforts commencent à payer. Depuis peu, Jean-Jacques Durré – un journaliste chevronné – pilote la rédaction. Sous son égide, les Médias Catholiques développent une ligne éditoriale précise et la signature médiatique en sort renforcée. Le fait qu’une attaque informatique concertée ait mis à terre leur site Catho.be à l’approche de Pâques, constitue un acte lâche et un déni du droit à la libre expression. Il s’agit surtout d’un paradoxal hommage aux médias catholiques. Cet organe de presse (Catho, Cathobel, Dimanche,…) commence à compter et à se faire entendre sur la place publique. Les Médias Catholiques font donc peur à d’aucuns. Ceux-ci veulent les faire taire… comme on fit taire le Christ.

Passage à vie – Le Vif 12 avril p.56

Cette semaine sainte est parue ma première chronique dans l’hebdo Le Vif/l’Express, sous le titre générique « l’Esprit du temps ».
Elle traite tout naturellement de Pâques. Je veille cependant à ne pas oublier que je m’adresse dans cet hebdomadaire à un public fortement pluraliste.
Vous pouvez lire ce que j’ai écrit en cliquant sur le lien suivant :  Passage à vie.

Merci à la rédaction du Vif de m’offrir cet espace d’expression.

Un millier de participants au chemin de croix dans les rues de Liège

C’est sous un soleil de printemps que se vécut le chemin de croix dans les rues de Liège de ce vendredi 6 avril – vendredi saint. Présidé par Mgr Jousten, évêque de Liège, il rassembla – selon les chiffres de la police – un milliers de participants. Parmi la foule, des enfants, des jeunes, des parents et des grands-parents. Nombre de prêtres, diacres, religieux et religieuses, aussi. Quelques élus du peuple étaient présents.

Le chemin de croix a débuté en l’église Saint-Pholien, a fait un arrêt sur la place Saint-Lambert et s’est achevé à la cathédrale. C’est là que Mgr Jousten présida l’office du vendredi saint dans une cathédrale bondée, comme aux grands jours.