Pâques en déconfinement – Jour 61 – L’important, c’est la rose…

En l’absence de reprise des cultes et avec une société encore pour une bonne part confinée, tout continue à être encore un peu « flottant ». Les repères habituels ne sont plus là. Semaines, WE’s, fêtes chrétiennes… tout semble devenu – comme virtuel.

En voyant des roses éclore dans les jardins, cela m’a ramené à la simple beauté d’une fleur qui se donne à admirer. Pareil retour a réel, fait du bien.  

Pâques en déconfinement – Jour 60 – Deux mois…

Ce soir, mes pensées vont vers tous ces petits commerces, obligés de fermer depuis deux mois. Surtout ceux qui ne pourront pas encore reprendre. 

Combien de restaurateurs, de cafetiers, d’organisateurs d’événements festifs auront les reins assez solides pour ne pas devoir fermer définitivement? Nul, en sait.

Courage à chacun. 

« L’Esprit de vérité » – 6° dimanche de Pâques, Année A

« Le monde est incapable de Le recevoir, parce qu’il ne Le voit pas et ne Le connaît pas ; mais vous, vous Le connaissez, parce qu’Il demeure auprès de vous et qu’Il est en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins.» (Jean 14, 15-21)

L’actuelle pandémie nous l’enseigne chaque jours : si la politique est importante, elle n’est pourtant pas toute-puissante. En effet, la recherche laborieuse du bien commun, n’apporte pas le salut. Un politicien peut promettre de combattre le Covid, mais pas de nous assurer une vie sans maladie avec la mort tout au bout.

Qui nous assurera la paix de l’âme ? Ceci est de l’ordre de l’Esprit – un Don que le Christ fait à ceux qui le Lui demandent. La vie de baptisé n’est pas bordée de promesses de bonheur terrestre. D’ailleurs, les chrétiens ne souffrent pas moins que les autres et Jésus, lui-même, a fini sa vie humaine sur une Croix. Non – le Sauveur ne promet qu’une chose : l’Esprit de vérité.

Qui accueille l’Esprit, n’est plus orphelin. Même au cœur de la détresse la plus noire, il goûte à une Présence d’amour infini.  

Pâques en confinement – Jour 59 – Mon royaume pour un coiffeur…

Les hommes chauves envient ceux qui ont gardé leurs cheveux. C’est vrai que c’est une chance.

Mais en ce temps de pandémie, ma coiffure rassemble de plus en plus au « look Beatles » de l’adolescent de 16 ans que j’étais. Avec ma tête de 56 ans, cela fait « vieux 68-tard sur le retour ». 

Bref, tous les matins, dans mon miroir, je pense à mon coiffeur.Il va ouvrir la semaine prochaine! Allez, j’anticipe et téléphone ce vendredi. Je tombe sur son épouse qui me dit qu’il peut me prendre… samedi 30, car tout est complet jusque-là.

J’attendrai donc. Peut-être devrais-je me mettre à la guitare et chanter: « Yesterdaaaaay… » ? 😊 

Pâques en déconfinement – Jour 58 – Toujours pas de cultes…

Le gouvernement belge a décidé que les cultes ne seraient pas dans la phase « deux »  du déconfinement. Pourquoi? Par peur d’une fin de Ramadan chahutée? Non. Les experts veulent y aller graduellement. Et vérifier si l’ouverture des écoles ne crée pas un regain de la pandémie.

Pas de cultes donc, au moins jusqu’au 8 juin. Pas de Messe à la Pentecôte… C’est une souffrance. Et cela manifeste que le culte n’est malheureusement pas une priorité aujourd’hui. La religion n’est plus au coeur de notre société, mais bien à sa lointaine périphérie. Certains s’en étonnent et ne le découvrent que maintenant?  

Faut-il pour autant s’agiter – comme j’entends certains le faire – et traiter nos évêques de pleutres parce qu’ils ne montent pas aux barricades, sabre au poing pour réclamer un retour au culte ?  En qui mettons-nous notre espérance…? «  Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » (Jean 2, 19) Même quand nos « temples » religieux semblent disparaître, le Ressuscité est le Temple et Il demeure au milieu de nous. 

Gardons donc la tête froide – malgré l’absence prolongée de culte – et peut-être entendons-nous l’Esprit nous parler dans ce manque. C’est ce que j’ai tenté d’expliquer lors de l’émission « un prêtre vous répond » sur RCF, hier soir.

Pâques en déconfinement – Jour 56 – We’ll meet again…

Teacher's Pet » VE Day - We'll Meet Again Colouring Activity

C’est une légende Outre-Manche. « Dame » Vera Lynn (anoblie par la Reine) a fait chanter le Royaume-Uni en guerre, par sa chanson sortie en 1939: ‘We’ll meet again’.« Nous nous reverrons… »  
Ce 8 mai, pour le 75e anniversaire de la victoire contre le nazisme, il y eut un émouvant discours de la Reine, reprenant le discours de son père. Mais aussi un peuple entier qui chanta, en confinement: ‘We’ll meet again’.

Parmi toutes ces voix, résonna même celle d’une vieille dame de 103 ans. Vera Lynn vit toujours et accompagne la fin du chant. Emouvant… Comme l’exprima la Reine dans son discours, l’esprit de résistance reste présent dans ce peuple. Oui… ‘We’ll meet again’.

Pâques en déconfinement – Jour 55 – Super-héros…

C’est une gentille petit fille qui confine et joue dans son joli petit jardin. Ses parents, depuis un mois et demi, veillent sur elle.

Elle crie vers son papa: « Super-héros, super-héros! Viens ici, super-héros, j’ai besoin de toi ». Le voisinage entend et sourit, se demandant quel jeu le père a bien pu inventer pour l’occuper… Un jeu de super-héros.

Enfantillage? Non – ces parents qui tiennent le coup depuis tant de jours, sont à bien des égards de vrais super-héros. 

Pâques en déconfinement – Jour 54 – Entre deux eaux…

La semaine qui s’ouvre verra le déconfinement se poursuivre.

Un relâchement des distanciations sociales se remarque un peu partout. Je comprends ce besoin de goûter le peu de liberté retrouvé, mais n’oublions pas que le virus – lui – ne part pas en vacances. Plusieurs pays commencent à re-confiner, vu le retour des infections. 

Nous sommes entre deux eaux: encore en confinement, mais plus tout à fait… Déconfinons donc, mais sans perdre de vue les règles de prudence. Surtout dans les lieux publics, tels les magasins. 

Bonne semaine de déconfinement progressif à chacun.  

Journée de l’Europe – Peu en parlent, 70 ans après… Il faut pourtant en parler…

Il y a 70 ans, un 9 mai 1950, Robert Schuman – alors ministre français des affaires étrangères – propose dans un discours à Paris de rassembler sous une autorité commune la production de charbon et d’acier. Ceci marque le début de l’aventure européenne. Coincée entre le 75° anniversaire de la victoire sur le nazisme (hier) et le 80° anniversaire du début de la guerre pour notre pays (demain), cette date anniversaire passe quelque peu au bleu. A peu près personne n’en parle, si ce n’est les eurocrates. A cause de la lutte contre le coronavirus? Pas uniquement.  


L’Europe a mauvaise presse. Son projet économique semble une affaire d’élites, sourdes et aveugles aux inégalités sociales. Et chacun sait que les « bons arguments » des messieurs en costume trois-pièces, ne portent pas quand quelqu’un se demande, dès le 20 du mois, comment il va payer ses factures et se nourrir. Pourtant, face à la récession économique qui s’annonce, la Banque Centrale Européenne agit, en permettant aux pays membres d’emprunter à un tau unique. Mais déjà la Cour constitutionnelle allemande grogne que de telles actions sortent du cadres des traités européens. 

Alors, les souverainistes prospèrent. Je lisais un philosophe de gauche français, appelant à rassembler les opposants à « l’Europe de Maastricht » de gauche comme de droite. La gauche radicale qui s’allie à l’Altright, ce n’est pas banal et nous ramène aux années précédant la dernière guerre mondiale. Qu’y a-t-il de mal à vouloir une Europe de nations libres et solidaires? Rien – bien sûr. Mais, la nature humaine est ainsi faite que – plus il y a des frontières, moins il y a de solidarité. « Le nationalisme, c’est la guerre », avertissait Mitterrand. 

Je me permets ici une anecdote personnelle: Il y a des années, j’étais curé dans une paroisse où existait une rivalité entre l’association qui soutenait la paroisse et celle qui soutenait l’école paroissiale. Les bénévoles en charge de la paroisse reprochaient à ceux en charge de l’école, de sans cesse demander des sous. Les autres, reprochaient à la paroisse, de manquer de générosité. A un moment donné, j’ai choisi de faire passer les responsables de l’école les plus virulents… dans l’association paroissiale. Quelques mois plus tard, leur discours avait changé du tout au tout. Parce qu’ils s’occupaient désormais des affaires paroissiales, ils trouvaient que l’école exagérait dans ses demandes d’aide… Oui, l’humain défend naturellement les intérêts de ce dont il se sent responsable. 

C’est exactement ce que Robert Schuman et les autres pères de l’Europe avaient compris. Mettons ensemble la production de ce qui fait vivre l’économie européenne et une solidarité naîtra. Le demi-échec de ce projet s’explique par la semi-construction de l’Union, par le nombre de ses adversaires internes et externes et par le temps que prends la naissance d’une conscience commune.

Et maintenant? L’appel au retour à un état protecteur et à des chaines de productions plus locales, est unanime. Avec plus ou mois d’Europe?  Bien malin qui peut prédire l’avenir, mais rappelons que les  commémorations des 8,9 et 10 mai sont liées. Il n’y aurait pas de projet européen sans seconde guerre mondiale. C’est pour prémunir l’Europe d’un retour à la rivalité entre nations, que l’Union fut créée. Le 10 mai ’40 fut la date d’entrée en fonction de Winston Churchill, l’homme qui avant tout autre, décida de résister au nazisme. Dès 1946, lors d’un discours prononcé à Zurich, il évoqua la nécessité d’unifier l’Europe, pour que cesse la guerre sur le continent.