Allez voir le dernier film d’Al Gore!

An Inconvenient Sequel – Une Suite qui dérange… Tel est le film d’Al Gore sur les changements climatiques, que j’ai été voir ce soir. Je vous invite tous à en faire autant. Bien sûr, le documentaire a ses faiblesses, dont celle de voir le personnage central un peu trop se mettre en scène (comme dans la premier film). Mais – bon sang – c’est pour la bonne cause: Quel souffle! Quelle claque dans la gueule de tous ceux qui continuent à nier l’évidence du réchauffement climatique. Quelle dénonciation des lobbys qui étouffent le salutaire changement.
An Inconvenient Sequel  est un film citoyen et nécessaire, que j’invite chacun à aller voir en famille.
Quand on lui demande s’il songe à se représenter à la présidentielle, Al Gore répond qu’il est en convalescence de la politique. Il est vrai que la blessure de son élection manquée, continue à le marquer. Et que ces engagements actuels le font davantage vibrer. A la fin de ce film, on se surprend à soupirer: « Dommage… » 

#Religioptimist, la presse, les trains qui arrivent à l’heure

Ce 4 octobre eut lieu au coeur du Sénat, le colloque #Religioptimist. L’idée que soit organisé un colloque sur les bienfaits de la religion dans une société, plutôt que de rester obsédé par les déviations qui défraient la chronique, fut lancée par le  ministre de la justice, en charge des cultes reconnus et des convictions philosophiques non-cultuelles. Les cultes reconnus ont saisi la balle au bond et organisé un colloque sous le signe de l’optimisme.

En ces temps de quête identitaire, la religion – comme la politique – peut se pervertir en force de repli. Quand elle résiste à pareille tentation et reste fidèle à sa mission première, les cultes et Eglises se révèlent, bien au contraire, des moteurs qui invitent à l’ouverture et à la construction d’une société digne de l’humain. C’est cet aspect citoyen de la religion que le présent colloque a voulu illustrer. « Un pessimiste voit une difficulté dans chaque opportunité. Un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté », disait Churchill. Ce colloque se voulut résolument « religioptimiste ».

Pour marquer leur ancrage au coeur de la démocratie, les cultes choisirent de tenir leur colloque dans un lieu aussi symbolique que le sénat, où ils furent fort bien accueillis.

Les orateurs furent des autorités (dont Hervé Hasquin, laïque notoire), mais aussi à des témoins du terrains. Ceux-ci – principalement des femmes – expliquèrent en quoi leur foi les aidait dans leur vie de citoyen. Enfin, la parole fut données aux jeunes. Il y eut un excellent débat avec eux, après le petit film qu’ils avaient tourné. https://www.youtube.com/watch?v=cNQdzHerVDg 
 
De l’avis de tous, la journée fut une réussite. Un regret? Le peu d’écho médiatique. A l’exception de la presse spécialisée et d’un article dans « La Libre », il n’y eut rien sur ce colloque. Nada. Schnoll… La raison? Un anticléricalisme primaire des médias? Je ne pense pas. Simplement, un manque de temps et de moyens pour envoyer un journaliste, même stagiaire, suivre une journée de colloque. Et puis surtout, cette loi qui veut que les trains qui arrivent à l’heure et les religions qui s’entendent bien et diffusent un message optimiste – cela ne fait pas vendre. Si jamais le colloque avait parlé de relancer une guerre de religion – là, les rédactions se seraient manifestées. C’est la loi du genre et je ne vais pas me lamenter. L’ancien porte-parole que je suis, l’a suffisamment pratiqué pour en connaitre les contours. 
 
Mais justement… Parce que je connais un peu le monde des médias, je m’autorise de parfois en décoder les failles. Une société où les « bonnes nouvelles » ont beaucoup moins de chance d’être diffusées que les mauvaises, est une société où le taux de méfiance et défiance ne peut qu’augmenter. En cela, les rédactions ont leur part de responsabilité. Le lendemain, je me trouvais dans une église, pour les funérailles d’une jeune fille dont le père est un ami. Laïque et franc-maçon, celui-ci a pris la parole de façon émouvante en cette enceinte sacrée. Dans l’assemblée, chrétiens et athées convaincus se tenaient côte à côte, unis par un même chagrin et une pareille confiance en l’humanité. Alors oui – plutôt que de nous méfier les uns des autres, choisissons résolument pour l’optimisme. Pas celui des naïfs. Celui des acteurs de progrès.  

L’hypocrisie… – 26° dimanche, Année A

« Lequel des deux a fait la volonté du Père ? » (Matthieu 21, 28-32)

L’hypocrisie est le vice… des personnes qui aiment la vertu. On ne dira jamais d’un gangster cynique qu’il est hypocrite. Parfois même, ce bandit peut surprendre par un élan du cœur ou une action généreuse. Par contre, les personnes qui cherchent à vivre selon un idéal, ont souvent du mal à y correspondre. Pour peu qu’elles ne sont pas lucides de cette faiblesse, une incohérence apparaîtra entre les beaux principes et la réalité vécue. C’est cela, l’hypocrisie. Quand le Christ proclame : « les publicains et prostituée vous précèdent dans le Royaume de Dieu », il ne fait pas l’éloge de leur état de vie. Il rappelle à tous les bienpensants de la terre, qu’il est spirituellement vain de se juger moralement supérieur aux autres. Que tous, nous serons en effet jugés sur l’Amour. Et que – s’il rend lucide sur les actes – le propre de l’Amour est justement de ne pas juger les personnes.

Sapiens… – La Libre p. 39

Ce mardi 26 septembre, est parue ma chronique du mois… d’octobre dans le quotidien La Libre  en p.39

Je l’avais intitulée « Sapiens », mais elle fut rebaptisée par le journal. Pour lire cette chronique, cliquez sur « La religion, un outil pour conquérir la terre? »

Merci à la rédaction de La Libre de m’offrir cet espace d’expression.

La comptabilité de la Grâce – 25° dimanche, Année A

« Parce que personne ne nous a embauchés » (Mt 20, 1-16)

Vous connaissez le dicton: « Il faut bien gagner son paradis ». Comprenez : « A force de vertu, nous finirons bien par obtenir le ticket d’entrée au Ciel ». Eh bien non – dit le Christ. D’où la parabole des ouvriers de la 11° heure : ceux qui ont sué depuis l’aube, ne reçoivent pas un meilleur salaire que ceux qui n’ont travaillé qu’une heure. Message de la parabole : Il n’y a pas de paradis à gagner. Il est offert. Tout est Grâce. « C’est un peu facile » murmure le bon Belge, en ajoutant : « Dans ce cas, pourquoi faire des efforts ? ». Enviables, les ouvriers de la dernière heure ? « Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? » leur demande le maître de la vigne. « Parce que personne ne nous a embauchés », soupirent-ils. Ils ont perdu leur journée. Alors, oui. Heureux les artisans de la première heure. Ceux qui triment pour le Christ sous la chaleur du soleil. Ils ne le font pas pour gagner un meilleur salaire. C’est le même salaire pour tous. Si les parents aiment leur enfant – que celui-ci leur obéisse ou pas – combien plus le Père céleste nous aime-t-il inconditionnellement ? « Un peu facile » ? Non, c’est ce qu’il y a de plus exigeant : vivre – non pas en comptabilisant ses mérites – mais par pur amour.

« Jeu collectif » – 23° dimanche, Année A

« Si ton frère a commis un péché, va lui parler » (Mt 18, 15-20)

Si le christianisme était un sport, il serait un sport collectif. C’est ensemble que les baptisés vivent du Christ et non pas chacun dans son coin – jouant à qui sera le meilleur chrétien de la classe. Ainsi, la parole que Dieu adresse au prophète Ezéchiel (1° lecture) : « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur ». En ce début de XXIe siècle, les progrès de la société n’ont pas libéré l’homme de sa conscience. Les mêmes questions qu’à l’époque d’Ezéchiel résonnent dans les cœurs : « Quel est le sens de l’existence ? Comment réussir sa vie ? Quel est le secret du bonheur ? » Les disciples du Christ se doivent donc d’être des « guetteurs » – des femmes et hommes capables de saisir l’enjeu spirituel des choses, d’avertir des impasses, d’inviter à une « conversion » – c’est-à-dire à un retournement de perspective. « Si ton frère a commis un péché, va lui parler », enseigne l’Evangile. Mais attention à la caricature. Sans l’Esprit, le « guetteur » devient vite une éternelle belle-mère, un insupportable donneur de leçons,…. Vous savez, ces braves personnes qui ont à la bouche en toute circonstance, une parole assassine du genre : « Je te l’avais bien dit… » D’où l’avertissement de saint Paul dans son épitre aux Romains (2° lecture) : « L’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour ». Soyons des guetteurs de l’amour. Mettons-nous à l’école de l’Esprit. En ce temps de rentrée scolaire, voilà bien une école ouverte tous les jours et à tous les âges. Une école de la réussite – où les baptisés restent élèves à vie.

Tel un château de cartes…

Me revoilà donc à la barre de mon blog, après le piratage du site qui l’accueillait, ce qui causa trois semaines d’absence.

Ce blog avait commencé en mars 2011, juste à l’époque du drame de Fukushima. Que d’articles et de réactions dans mes archives en plus de 6 années d’activité et d’échanges. Je me disais qu’un jour (après ma pension), je pourrais reprendre certains « posts » et faire une retrospective. Et puis… « pouf »: piratage et perte définitive d’une toute grosse partie de mes archives, malgré le travail acharné de celui qui gère ce blog pour récupérer ce qui peut l’être. Comment je vis cela? Curieusement – fort bien. Je suis « zen » comme disent les jeunes.

En effet, je trouve qu’il y a ici une parabole vivante de nos vies qui passent. Nous pensons bâtir des maisons, des cathédrales, des civilisations, etc… pour l’éternité. Mais non. Un jour, tout peut s’envoler, comme la mémoire de ce blog. Et encore: ce qui m’arrive est dérisoire – risible même – par rapport à ces pauvres gens au Texas ou aux Caraïbes qui ont vu toutes leurs possessions s’écrouler en un instant, tel un château de cartes.

« Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité. » (Ecclésiaste 1, 2) Tout serait donc vain? Non – l’Amour qui a créé le monde et l’a sauvé par La Croix – demeure et ne passe pas. Soyons donc vigilants. Tout peut nous être enlevé en un instant et s’écrouler devant nos yeux – tel un château de cartes – sauf la part intime de notre âme, créée par Amour et pour aimer. Celle-là, nous seuls pouvons la perdre.


« Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. ». (Matthieu 7, 24-27)

 

« La communion des saints, la résurrection de la chair, la vie éternelle » – Toussaint et commémoration des défunts

«Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu» (Matthieu 5, 1-12)

L’Eglise catholique fête ce dimanche 1er novembre tous ses saints, soit ces défunts – connus ou anonymes – qui ont été perméables à l’amour divin sur terre et qui participent désormais à la plénitude du ciel. Leur course terrestre s’est achevée, mais ils sont tout sauf spirituellement morts. En Dieu, ils sont plus-que-vivants. Voilà pourquoi à ceux qui les invoquent, ils servent de premiers de cordée sur le chemin de la conversion. La communion des saints est cette solidarité profonde qui unit spirituellement les vivants sur terre et les vivants en Dieu.

L’Eglise catholique commémore ce lundi 2 novembre plus largement tous les défunts, soit la multitude d’hommes et de femmes qui ont vécu leur grand passage. L’Eglise invite à prier avec eux, mais aussi pour eux. En effet, tout comme l’œil qui sort de la cave doit s’habituer à la lumière éclatante du soleil, de même beaucoup ont besoin d’une transition qui dilate leur cœur – état que l’Eglise du moyen-âge appela le « purgatoire ». La prière pour les défunts est donc une expression de la solidarité spirituelle qui unit les pèlerins de la terre à ceux du ciel.

Le culte des saints et la prière pour les défunts sont bien davantage que des fioritures de notre foi de baptisé. En voyant le nombre impressionnant de nos contemporains qui – en ce début de XXIe siècle – visitent encore les cimetières, nous constatons que l’affection pour « ces chers disparus » rejoint une intuition spirituelle profonde. En priant pour un défunt, nous l’accompagnons sur le chemin de notre commune destinée en espérance – la pleine communion dans l’Amour trois fois saint. Alors, l’adieu devient « à-Dieu ».

Toussaint – Présence catholique à Robermont et Sainte-Walburge

Ce dimanche – beaucoup de Liégeois iront se recueillir sur la tombe d’un cher disparu. En effet, les 1er novembre (Toussaint) et 2 novembre (journée de prière pour les défunts) sont traditionnellement consacrés à la mémoire de ceux que nous aimons par-delà la mort.

A cette occasion, la Pastorale Urbaine, qui organise diverses animations catholiques à Liège (chemin de croix dans les rues, procession Fête-Dieu, Messe du 15 août, présence catholique au salon Retrouvailles,…), reprend une initiative lancée avec succès, il y a quelques années à Bruxelles : Accueillir les visiteurs à l’entrée d’un cimetière et proposer à ceux qui le souhaitent, de prier avec eux sur la tombe de leur proche. Sous la responsabilité des doyens des deux rives de la ville (Rive-droite, doyen Jean-Pierre Pire et rive-gauche, doyen Eric de Beukelaer), des équipes seront présentes le dimanche 1er novembre entre 13h et 16h30, devant les cimetières de Sainte-Walburge et Robermont. Ces équipes commenceront l’après-midi en allant prier devant le « carré des indigents ». Puis, elles distribueront un texte de recueillement aux personnes qui le souhaitent et accompagneront celles qui le demandent, pour une courte prière sur les tombes.

Clairvoyance – 30° dimanche, Année B

 « Rabbouni, que je voie ». (Marc 10, 46-52)

Une foule opaque entoure le Maître, qui fait son entrée à Jéricho. Jésus est alors au sommet de sa popularité. Aujourd’hui, ses « fans » lui demanderaient sans doute de signer des autographes. Derrière la masse, un homme est assis dans l’anonymat. Il est aveugle. Pourquoi tous ces gens ? Il se renseigne. Apprenant que c’est le guérisseur de Nazareth qui passe, il crie sa détresse. Mais aussi un début de foi : « Fils de David » est, en effet, un titre  messianique. On essaie de le rabrouer, mais il insiste. Jésus entend et le fait venir. « Ta foi t’a sauvé », lui dit-il. Et l’homme voit.

Jésus n’avait pas pour mission de guérir tous les aveugles de Palestine. Il se laissa néanmoins toucher par la demande confiante de cet homme et, ce faisant, nous laissa un signe du Royaume : « les aveugles voient ». Tous, nous souffrons de cécité ou de myopie spirituelle. D’ailleurs, notre pire défaut est celui que nous refusons de voir en nous et qui, dès lors, nous mine de l’intérieur. Ne nous reposons donc pas trop sur notre clairvoyance. Demandons au Christ dans nos prières : « Fais que je voie ». Et Lui nous répondra : « Ta foi t’a sauvé ».