Miséricordieuse vieillesse…– 5edimanche de Carême, Année C

« Ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés » (Jn. 8, 1-11)

L’histoire de la femme adultère révèle toute la finesse psychologique de Jésus. Au lieu de plaider l’acquittement de la coupable « car il faut bien être chrétien – n’est-ce pas mon bon Monsieur ? »,Jésus met une condition à sa lapidation : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre ».

Avec humour, l’évangéliste note : « Ils s’en allaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés ». La vieillesse a cela de bon, qu’elle rend souvent l’homme plus lucide sur lui-même… Et parfois même, plus miséricordieux envers les autres. 

D’autant plus qu’un chrétien sait que Celui qui est sans péché, ne jette – Lui – jamais la pierre : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »     

Tsunami boursier en vue…. – La Libre p.39

Ce vendredi 5 avril est parue ma chronique du mois dans le quotidien La Libre en p.39. 

Attention – pour une raison mystérieuse, une coquille s’est insérée dans la version papier: « L’alternative à ce new deal est cependant pas un retour aux années 1930… » Ce « pas » doit être supprimé, bien entendu.  

Pour lire la chronique, cliquez sur « Tsunami boursier en vue ». Merci à La Libre de m’offrir cet espace d’expression. 

#Brexit : la solution – enfin – trouvée

Il suffisait d’y penser et d’aucuns s’interrogent: comment personne n’y a-t-il songé plus tôt? Ce 1er avril, un accord vient d’être conclu, qui règle définitivement l’épineux dossier du #Brexit. 

En effet, rien de plus simple: au lieu de gérer la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, c’est l’intégration de l’Union dans l’Empire britannique qui est devenue effective. Le président du Conseil de Sa Majesté, Lord Donald Tuskson, a déclaré être enchanté de cette solution. Nous citons ici ses paroles exactes, qui résument bien la situation: ‘I jolly dare say, old chap, this is rather something, isn’t it? ‘ Quant au président de la Commission de Sa Majesté, le très honorable John-Claude McJuncker esq., il a décrété que toute activité s’arrêterait au Berlaymont, chaque jour à cinq heures précises, afin de prendre le thé. Enfin, ceci règle la difficile question du changement d’horaire: ce sera dans toute l’Europe l’heure de Greenwich. Of course

Seul petit souci: à la surprise de tous les politologues, Dublin a déclaré ne pas accueillir cette solution avec un enthousiasme exagéré (termes exacts utilisés: ‘with undiluted pleasure’). Heureusement, Londres a apaisé les esprits, en annonçant qu’il règlerait aisément ce détail, vu que le Gouvernement de Sa Majesté comptabilise quelques siècles d’expérience en la matière. 

‘Death Canon’ – James Bond au service de… Sa Sainteté

Scoop – le scénario du prochain James Bond dévoilé

Fuite orchestrée par la société de production de films ‘April’s Fool’, ou  dévoilement accidentel? Difficile de répondre, mais une chose est claire : la trame du prochain James Bond vient d’être rendue publique sur les réseaux sociaux. 

Intitulé ‘Death Canon’ (en français «  le Chanoine de la Mort »), le film s’ouvre sur une découverte qui met le MI 6 en émoi: l’organisation criminelle « Spectre » ne serait que la filiale d’une réseau bien plus vaste et sombre encore, dénommé « Oufti Cartel ». Celui-ci est dirigé par le glaçant ‘Death Canon’ (le « Chanoine de la Mort »), un psychopathe froid comme un poisson, ayant pour couverture sociale, la fonction d’un honorable ecclésiastique veillant aux affaire temporelles d’un évêché d’Europe de l’Ouest.    

Alors qu’il se met en chasse, 007 reçoit une invitation codée à se rendre au Vatican. Il se présente à son hôte mystérieux: « Mon nom est Bond, James Bond ». Celui-ci lui répond : « Mon nom est François, Pape François ». Le pape en personne apprend à Bond que « l’Oufti cartel »  est non seulement responsable de trafics peu recommandables, mais qu’en plus, il pilote la résistance aux réformes du Souverain Pontife, en ayant organisé un « lobby triste » au coeur du Vatican et dans toute l’Eglise. Suite à ces révélations, ‘M’ demandera a son agent de se mettre au service du Pape. 

James Bond au service de Sa Sainteté… Le film d’espionnage se veut familial, mais une mise en garde s’impose, car certaines scènes détonnent par leur violence extrême. Ainsi, cet épisode de duel entre le chanoine de la mort et l’agent secret, à coup d’affonds (pour les profanes: boire un verre à-fond) de pécket (pour les profanes: un genièvre local) aromatisé au cuberdon (pour les profanes:une délicatesse locale, qui commence à peser sur la digestion à partir d’une douzaine). S’ensuit la tentative de ‘Death Canon’ de faire mourrir le héros d’une overdose de boulets sauce lapins (pour les profanes: menu local) et de gaufres toutes aussi locales.

La suite à l’écran…. Grande inconnue: l’identité de l’acteur qui jouera le super-méchant n’a pas encore été dévoilée.   

«  Sordida », le best-seller qui aurait inspiré le scénario du  nouveau James Bond.

Il semblerait que le livre « Sordida » ait inspiré le scénario du nouveau James Bond. 

Pour rappel, « Sordida » est ce best-seller, publié récemment en plusieurs langues, suite à l’enquête du journaliste Fishtic Mackerel. L’auteur a vérifié et confirme une rumeur qui circulait depuis des années déjà au Vatican:  au coeur de l’Eglise catholique, un « lobby triste » ferait la guerre à toute réforme spirituelle.

Ce « lobby triste » se reconnaîtrait aux maladies ecclésiales que le Pape dénonça lors de son discours à la Curie romaine de décembre 2014, avec des mots on ne peut plus explicites, citant, entre autre l’« Alzheimer spirituel » ; la maladie de la rivalité et de la vanité ; la rumeur, la médisance et le commérage ; la maladie de diviniser les chefs ; l’indifférence aux autres ; le « visage lugubre » ; les « cercles fermés » ; la maladie du profit mondain et des exhibitionnismes…

Malgré des approximations et exagérations, un des mérites du livre de Mackerel, est de démontrer que ces maladies existent et contaminent toute l’Eglise. Ceux qui en sont le plus atteints et qui refusent de se laisser soigner par la Grâce, forment le fameux « lobby triste » dont traite le livre Sordida. Ce lobby étouffe par ses discours anxiogènes et moroses, tout élan spirituel et combat ce Pape, qui a fait de la joie de l’Evangile, son programme pastoral.

Chacun l’aura compris: ce nouveau James Bond semble clairement s’inspirer de cette actualité, qui concerne chacun. C’est sans doute pourquoi le 1er avril tombe souvent en Carême, temps propice à la conversion du coeur. 

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« La parabole du bon garçon »– 4e dimanche de Carême, Année C

« Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi » (Luc 15, 1-32)

Mi-carême. Dimanche de la « laetare » (joie). En guise de cadeau, l’Eglise reçoit comme Evangile la plus touchante des paraboles racontées par Jésus. A tort, on l’appelle la « parabole du fils prodigue ». En fait, le personnage central, c’est le fils aîné. Cette parabole devrait donc se nommer : la « parabole du bon garçon ». Relisez la parabole avec les yeux de ce fils exemplaire et elle prend une toute autre perspective.

L’aîné de famille se crève au travail pour son père, tandis que le cadet s’amuse. Un jour, ce dernier « se casse » en emportant sa part d’héritage. L’aîné ne dit rien, mais redouble d’ardeur – sans râler. Plus tard, il apprend que son jeune frère a dilapidé sa fortune et se dit : « bonne leçon ».

Un soir, ce fils sans reproche rentre tard, épuisé par le labeur des champs. Il entend des bruits de fêtes. Là, il apprend que son cadet indigne est rentré et que son père lui fait la fête. Alors, son indignation explose : « Il y a tant d’années que je me crève à ton service et je ne t’ai jamais rien demandé. Mais quand ce vaurien rentre après avoir dilapidé ton bien avec des filles, tu fais tuer le veau gras ! Et moi alors, qui suis-je pour toi ? »

Colère bien compréhensible du juste, face à un Dieu qui pardonne si facilement. C’est ici que vient la phrase-clef de la parabole. Le père répond : « Mais toi, mon enfant, tu es toujours avec moi. Et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il faut se réjouir… ! Car celui que tu appelles « vaurien » est ton frère. Tu pensais qu’il profitait de la vie, mais en fait, il était spirituellement mort. Et maintenant, il commence à revivre. Alors, je t’en supplie, partage ma joie. »

« Miséricordieuse patience »– 3edimanche de Carême, Année C

« Seigneur, laisse-le encore cette année… Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir » (Luc 13, 1-9)

La patience n’est pas une vertu facile. Quand notre entourage se méconduit, cela nous déçoit. Et nous pensons que Dieu ferait bien de montrer qu’Il n’est pas content, Lui non plus. Voilà pourquoi, quand arrive une catastrophe, beaucoup y lisent la « main de Dieu ». Comme on disait jadis aux gosses : « Le petit Jésus t’a bien puni ». Ceci, malgré le livre de Job qui explique que le juste souffre autant que le coquin.

Au temps de Jésus, la vision archaïque d’un « Dieu punisseur » était encore fort répandue. Le Christ s’en distancie avec vigueur : Ces gens massacrés par Pilate, ou écrasés par une tour ? Cela pourrait être chacun de nous. Raison de plus pour ne pas les juger coupable de quoi que ce soit, ou de nous croire innocent de tout. « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez de la même manière ».

Puis, le Fils de l’homme explique que son Père – lui – prend patience. Tel ce jardinier qui demande au propriétaire d’un figuier stérile de lui laisser sa chance. « Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir ». 

In memoriam Mgr Godfried Danneels – le Cardinal-Conciliateur

C’était en 1985. Le pape Jean-Paul II avait convoqué un synode extraordinaire, afin de faire le point 20 ans après la fin du concile Vatican II. Le cardinal Danneels en fut nommé « rapporteur ». Au cours des séances, deux cardinaux s’affrontèrent sur le bilan du Concile. L’un pensait que l’après-concile avait trop oublié la continuité avec le passé. L’autre affirmait, au contraire, que l’après-conclie n’avait pas été suffisamment audacieux pour honorer la volonté de rupture des pères conciliaires. La presse demanda à l’archevêque de Malines-Bruxelles, quel était son avis sur la question: « Le cardinal X voit le verre à moitié vide », répondit-il de sa voix placide, « le cardinal Y voit, lui, le verre à moitié plein. Moi, ce qui m’intéresse, c’est ce qu’il y a dans le verre ». Il n’avait rien dit. Mais il avait tout dit. Ainsi était le cardinal Danneels: un conciliateur. 

J’ai appris à encore mieux le connaître entre 2002 et 2010, quand je fus le porte-parole francophone et in fine porte-parole national de la conférence épiscopale de Belgique. Il aura fallu un peu de temps à ce prélat timide pour m’apprivoiser, mais une fois que la confiance fut établie, son soutien fut sans faille. Combien de fois ne lui ai-je pas envoyé un SMS (notre mode de communication) en urgence tôt le matin ou tard le soir, car il fallait réagir tout de suite. En quelques phrases, je lui résumais la situation et ma proposition de réaction. Quelques minutes plus tard, apparaissait sur l’écran de mon téléphone Blackberry « OK Eric. Bon courage et merci ».   

Quelques semaines après un couac de communication, je me trouvais avec mon confrère flamand de l’époque, face aux principaux rédacteurs-en-chef du royaume. L’un d’entre eux nous interrogea sur l’incident. Comme il se doit, mon confrère et moi assumions toute la responsabilité de l’affaire – histoire de protéger le patron. Mais le cardinal Danneels nous interrompit et insista pour prendre sa part dans le mea culpa. C’était imprudent, car il mettait sa position en danger. Mais cela dénotait sa grandeur d’âme. Il voulait être honnête et, aussi, soutenir ses collaborateurs. Ce genre de loyauté « inversée »  – tellement différente de ces chefs qui rejettent toute faute sur un subordonné – m’a fortement impressionnée.  

Il lui fut reproché une gestion des abus sexuels parfois timide. Jamais n’ai-je observé chez lui une volonté de cacher quoi que ce soit. Mais ce désir, si profondément ancré en lui, de concilier, fit en sorte qu’il se sentit par moment dépassé face à l’inconciliable. 

Le cardinal Danneels savait écouter longuement – le doigt posé sur les lèvres  comme s’il disait «  chut » à son âme, afin de mieux accueillir ce qui lui était confié. Puis; il résumait en quelques mots les enjeux que son interlocuteur avait exposé et avec une image, esquissait une pistes de solution. A la conférence épiscopale, il parvenait toujours à trouver les points de convergences et dégager des décisions. Un grand conciliateur…

Je suis persuadé que Notre Seigneur fera bon usage de ses talents diplomatiques, comme intercesseur pour l’Eglise en Belgique. A-Dieu donc, Monsieur le Cardinal. Et merci. 

Non, Monsieur l’Abbé…

L’Abbé de La Morandais est un franc-tireur dans l’Eglise de France, non dénué d’intelligence ou de talent. Cependant, il a dérapé « grave » en expliquant qu’en matière d’abus sexuels « ce sont les enfants qui cherchent de la tendresse ». Fort heureusement, ses propos furent immédiatement condamnés par son évêque, l’archevêque de Paris. 

Bien sûr que les enfants recherchent de la tendresse et certains – plus fragiles – peuvent jouer la séduction avec des adultes. Bien sûr que les adolescents sont curieux par rapport à la sexualité et certains – plus fragiles – cherchent des expriences adultes.  C’est pourquoi un adulte doit connaître sa place face à un mineur d’âge. Et ne jamais la quitter, sous peine de sanction. En effet, quand la perversion prend le dessus,  celle-ci déstructure le mineur, incapable d’intégrer ce qui lui arrive. 

Imaginons un père qui surprend son fils ado en train de consulter du porno. Il n’y a pas à dramatiser. C’est l’occasion d’une bonne discussion. Mais le père qui dirait à son fils: « attends, je vais te faire découvrir des sites encore plus chauds », déraperait gravement en sortant complètement de son rôle. Imaginons un responsable scout qui découvre certains de ces gars en train de faire « touche-pipi ». Ce n’est pas la fin du monde, mais l’opportunité d’un recadrage et, ensuite, d’une calme mise au point. Mais l’animateur qui dirait à ses scouts : « je viens jouer avec vous », déraperait gravement en sortant complètement de son rôle.  

Que dire alors de l’adulte – laïc ou prêtre – qui entretiendrait des relations sexuelles avec un mineur d’âge? Celui qui s’en dédouanerait de surcroit, en argumentant que « l’enfant cherchait de la tendresse », ajouterait à son forfait l’aveu de sa totale inconscience et – sans doute aussi – de sa grave immaturité. 

PS. J’apprends le lendemain de la publication de mon « post » ci-dessus, que le prêtre en question est revenu sur ses propos et a envoyé à l’AFP cette rectification bienvenue :  Une polémique est née de propos que j’ai tenus dans l’émission de LCI Audrey & Cie sur la pédophilie. Des propos que certains ont interprétés comme une manière de dire que les enfants sont responsables du fléau dont certains d’entre eux sont victimes. Je tiens à indiquer haut et fort que mon expression – confuse et incomplète, je le reconnais et le déplore – et la manière dont elle a été perçue ne reflètent en rien ce que je pense. Les agresseurs sont bien les adultes. Et les enfants des victimes innocentes ».