Nouvelle règle de participation au débat sur ma page FaceBook

Cela fait quelque temps que d’aucuns me conseillent de bloquer sur ma page FaceBook des participants trop intrusifs (aussi nommés « trolls »).
Je m’y suis toujours refusé, car je souhaite que cette page demeure un lieu de débat où chacun a voix au chapitre (même en désaccord frontal avec moi).
Jusqu’ici la seule exclusive était de respecter les autres et un minimum de savoir-vivre.
Cependant, je me dois de préserver les échanges contre des pseudos qui monopoliseraient la communication sous de fausses identités.
Afin d’éviter cela, je signale une nouvelle règle de débat sur cette page: ne seront désormais admis que les commentaires d’intervenants avec une photo de profil effective.
Ceci permettra un minimum de contrôle des identités.
Toute personne qui s’y refuse (et c’est son droit) pourra avoir accès à ma page, mais ses commentaires seront écartés et – en cas d’insistance – la personne sera bloquée.
C’est la seule manière que j’ai trouvée de n’écarter personne de façon arbitraire, tout en vérifiant de ne pas avoir affaire à des trolls agissant sous pseudos.
Merci à chacun de prendre bonne note de cette nouvelle règle de débat, désormais applicable sur ma page FaceBook… et de s’y conformer.

Le changement climatique – un thème pas fort sexy

Imaginons un instant que je vous annonce dans la foulée qu’il va faire beau demain, que je vais m’acheter une chemise, que vous souffrez d’un cancer fulgurant et que notre club de foot a gagné un match… Chacun comprend que cela serait incongru. L’annonce dramatique du cancer n’a rien à voir dans cette série d’anecdotes du quotidien. C’est un peu l’impression que j’ai eue ce lundi matin, avec l’annonce du rapport du GIEC sur le réchauffement climatique, coincée entre les élections communales et la victoire du Standard. 
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Et pourtant – c’est ainsi. Nous vivons tous avec la réalité lancinante du réchauffement climatique et de ses effets à venir. Mais pourquoi réagir? Cela impliquerait un changement de société maintenant, en vue d’obtenir un résultat dans plusieurs années… Et cela n’est pas sexy du tout. J’avais de nombreux points de désaccords avec le professeur de Duve, mais je le rejoignais dans son analyse de ce qu’il appelait la « génétique du péché originel ». L’humain a évolué avec des réflexes pour survivre face au danger immédiat. Par contre, un danger lointain, mais prévisible – cela ne le fait guère bouger. « Après moi, le déluge » se dit-il. Avec le réchauffement climatique, cet adage risque de se réaliser au sens le plus littéral du terme.
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Voilà pourquoi, dès le lendemain de l’annonce, le rapport du GIEC fut classé par beaucoup dans les dossiers à suivre, mais sans trop d’urgence. Ou pire – chez nombre de contemporains, il est carrément rejeté par une sorte de populisme anti-intellectualiste. La stratégie du déni sur base du «  grand complot des élites bienpensantes ». J’avoue ne pas arriver à comprendre l’argument climatosceptique. Prétendre qu’il y aurait une stratégie des climatologues et autres scientifiques pour faire peur au monde, afin de vendre des éoliennes, cela ne tient pas debout. Je confesse que, face à ce genre d’arguments, j’ai du mal à réagir en gardant mon calme. Quand ce sont des fondamentalistes qui prétendent que Darwin est un imposteur et que les réponses biologiques sur l’évolution se trouvent dans la Bible ou le Coran, car d’ailleurs « la théorie de Darwin n’a jamais été prouvée… », j’arrive encore à sourire. Mais pour le climat, j’ai du mal. Nous sommes sur le Titanic et chacun voit l’iceberg. Prétendre qu’il ne s’agit que d’un mirage ne va pas nous aider, sauf à vouloir encore un peu paresser dans le vieux monde de l’économie du déchet, plutôt que d’évoluer vers une économie circulaire. Vive la politique du court terme. Pour le long terme, on verra demain. 
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Décidément, le changement climatique n’est pas un thème fort sexy. Alors, n’y pensons plus. Parlons plutôt de la victoire du Standard (soupir)

Quand le meilleur devient le pire – 27° dimanche, Année B

« Au commencement de la création, Il les fit homme et femme ». (Marc 10, 2-6)

« Les hommes viennent de Mars et le femmes de Vénus… ». Un titre de best-sellerqui résume bien que l’union conjugale n’est pas une affaire de sentiments à l’eau de rose. Elle est si mince, la frontière qui sépare l’« alliance des sexes » de la « guerre des sexes ». Quand l’amour est soumis à l’épreuve de la durée, le meilleur se révèle toujours – à un moment donné – sous le visage du pire. Il y a un demi-siècle encore, les couples qui se séparaient, étaient mis au ban de la bonne société catholique. Cette attitude n’était pas digne de l’Evangile. Aujourd’hui – avec sept mariages sur dix qui connaissent le naufrage – il y a lieu de s’interroger. Outre la souffrance des partenaires, il y a le coût social que cela représente pour l’éducation des enfants. Se lamenter ou condamner tous-azimuts, ne sert cependant à rien. Le rôle prophétique des chrétiens n’est pas de juger ceux qui connaissent l’échec, mais de rappeler le rêve de Dieu : « L’homme quittera son père et sa mère. Il s’attachera à sa femme. Tous deux ne feront plus qu’un ». La suite n’est pas une menace, mais une prière : « Ce que Dieu a uni, que l’homme le sépare pas ».Prions pour le synode sur les jeunes, qui s’est ouvert à Rome. Puisse-t-il éveiller les jeunes, appelés au mariage, à la beauté exigeante de l’amour humain.   

Massacre à la tronçonneuse… – 26° dimanche, Année B

 « Celui qui n’est pas contre nous, est pour nous ». (Marc 9, 38-48)

Jésus offre parfois un portrait bien contrasté. Dans l’évangile de ce dimanche, le Fils de l’homme tient des propos d’une sévérité inouïe : « Celui qui entraînera la chute d’un de ces petits (…) qu’on le jette à la mer. Si ta main t’entraîne au péché, coupe-là (…) Si ton pied t’entraîne au péché, coupe-le (…) Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le… » Prenons ces paroles à la lettre et la vie chrétienne se transformera bien vite en un « massacre à la tronçonneuse », qui laissera nombre d’entre nous borgne et manchot. Pourtant, un peu plus tôt dans l’évangile, le même Jésus fait preuve d’une grande mansuétude : « Celui qui vous donnera un verre d’eau (…) ne restera pas sans récompense ».  Comment comprendre pareil changement de ton? Le Christ utilise le langage des rabbins de son époque. Comme eux, Il force parfois le trait. Non pas pour nous arracher mains et pieds, mais pour avertir que le mal n’est pas qu’une innocente question de faiblesse humaine. En effet, le péché ne corrompt pas que nos membres, mais l’humain tout entier. Surtout quand ce mal s’en prend aux plus faibles (pensons aux souffrances des victimes de la pédophilie). Par contre, ajoute le Christ, celui qui fait un peu de bien – ne fut-ce qu’offrir verre d’eau – rachète bien des péchés. Et cela vaut même pour les plus grands criminels. Car si le mal étouffe notre humanité, le bien – lui – dit notre condition de créature de Dieu. Que l’on soit chrétien ou non : « Celui qui n’est pas contre nous, est pour nous ».

Jaloux, moi ? – 25° dimanche, Année B

« Sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand ». (Marc 9, 30-37)

Déjà dans la cour d’école, le besoin de se démarquer nous chatouille. Qui ne s’est jamais vanté que :« Mon papa a une plus grosse bagnole que le tien » ?  Et tout au long de la vie, la tentation d’être au centre des attentions tenaille. Chacun rêve à sa manière d’être la reine du bal, le manager de l’année, la tête de liste politique, le médaillé d’or, etc. La recherche d’excellence n’est pas mauvaise en soi – que du contraire. A condition de se réjouir de l’excellence du voisin. Vouloir être performant – fort bien. Ne pas accepter qu’un autre le soit tout autant, voire bien davantage – cela est problématique. Saine émulation ne rime pas avec jalousie.

La jalousie est un sentiment omniprésent en l’homme. Et pourtant, peu le reconnaissent. Rare est celui qui confesse : « oui, il m’arrive d’être envieux ».  Contemplons les disciples de Jésus : « Sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand ». Alors le Christ, prenant un enfant, leur enseigne que le plus grand est celui qui accueille les plus petits ; que le premier est celui qui prend la place du serviteur. Même parmi les baptisés, pareil enseignement n’a jamais été évident. C’est ce qu’illustre l’épître de saint Jacques : « Vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre ».(Jacques 4, 2) Et pourtant, une petite voix nous murmure à la conscience : Jaloux, moi ? Jamais de la vie. L’autre, je ne dis pas… Mais pas moi, moi, moi…

Un messie peut en cacher un autre – 24° dimanche, Année B

 « Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ». (Marc 8, 27-35)

Jésus est entouré de disciples depuis plusieurs mois déjà. Autour d’eux, les ragots vont bon train : qui est ce rabbi qui parle et agit avec autorité et fait des guérisons surprenantes ? Une réincarnation de Jean le Baptiste ? d’Elie ? d’un des grands prophètes d’autrefois ? Alors le Maître les prend à l’écart et leur pose la question dans le blanc des yeux : « Pour vous qui suis-je ? »Pierre se fait le porte-parole des autres et proclame avec assurance : « Tu es le Messie ».

Bonne réponse…mais demie-vérité : de quel genre de messie s’agit-il ? A partir de ce moment-là, Jésus leur annonce sa passion. Là, Pierre n’est plus d’accord. Si Dieu est tout-puissant, son Elu ne peut être que victorieux. Le prenant à part, le futur prince des apôtres « se mit à lui faire de vifs reproches ». En clair: il engueule Jésus. Alors le Maître le remet publiquement à sa place : « Passe derrière moi tentateur ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

Rien n’a vraiment changé : les foules rêvent d’un Messie qui change le monde, alors que Dieu envoie son Fils convertir les cœurs. Le Christ ne promet pas des lendemains qui chantent, mais une vie digne des enfants de Dieu. Chemin exigeant, s’il en est : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ».

« Effata ! »– 23° dimanche, Année B

« Il fait entendre les sourds et parler les muets ». (Marc 7, 31-37)

Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus guérit un sourd-muet avec un peu de salive et une parole étonnante, citée pour cette raison en version originale: « Effata ! », c’est-à-dire « ouvre-toi ». Jésus n’a pas guéri tous les sourds-muets de son époque. Par son geste, Il fait comprendre qu’Il vient délivrer l’homme de sa surdité et de son mutisme spirituel. Le dicton énonce avec justesse : « Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ».Et de fait, quand on me demande quel est mon pire défaut, je réponds que c’est sans doute celui dont je n’ai pas encore conscience. Tant que je le nie, mon péché me domine et me rend aveugle, sourd et muet. Je me contente d’objecter avec véhémence : « mais non, je ne suis pas comme ça ! »Par contre, le jour où je prends conscience de ce travers – je « vois » mon défaut, « j’entends » les reproches de mon entourage, « j’exprime » une demande de pardon. Vous l’aurez compris : Jésus n’est pas là pour nous conforter dans le sentiment que nous sommes des « gens biens ». Il n’a pas, non plus, pour mission de nous reprocher que nous sommes des « vauriens ». Non, Il vient à notre rencontre par l’Esprit et dit : « Ouvre ton cœur. Afin que tes oreilles entendent ce que tu n’entendais pas et que ta langue exprime ce qu’elle n’arrivait pas à dire ».« Effata !ouvre-toi ».

Messes TV – Faut-il interdire la Marseillaise?

Je ne suis pas encore intervenu sur le débat concernant la Messe télévisé du WE dernier en Flandre, où des politiciens s’étaient scandalisés de la lecture d’un extrait d’une épitre de Saint-Paul aux Ephésiens (« femmes, soyez soumises à vos maris »), réclamant la fin des Messes télévisées. (Oubliant au passage que l’apôtre précise que la mesure de cette soumission était celle du Christ, qui a donné sa vie pour l’Eglise.) 
La lettre de Paul est, bien sûr, écrite dans une culture patriarcale, qui n’est plus la nôtre. Ce qui importe est donc de voir comment elle est relue et vécue par les chrétiens aujourd’hui. Si beaucoup reste à faire pour le droit des femmes dans la société et dans l’Eglise, constatons que nous progressons.
Mais le coeur du débat se situe ailleurs. S’il faut filtrer tout texte qui choque, comment encore oser chanter la Marseillaise? « Qu’un sang impur abreuve nos sillons… » S’ils étaient logiques avec eux-mêmes, nos censeurs du jour devraient inviter au boycott de l’hymne national français.  A moins que leur objectif était de viser l’Eglise catholique et non les textes anciens aux paroles parfois dérangeantes…