DSK – Secret bancaire, secret d’état, secret d’alcôve

Je m’abstiendrai religieusement de commenter le fond de l’affaire DSK, d’autant plus que personne ne sait vraiment qu’en penser. Qu’un des hommes les plus puissants et brillants de la planète agresse sexuellement une employée d’hôtel, dépasse ce que le bon sens peut comprendre. Soit nous avons affaire à un délinquant sexuel, soit il y a un piège visant à faire tomber l’homme public. Quoi qu’il en soit, cette glauque histoire illustre une fois de plus qu’en démocratie, ce qui fait chuter les puissants, est soit l’incompétence – et ici, chacun reconnaît que DSK est tout sauf incompétent – soit la part d’ombre devenue ingérable – ou présentée comme telle par un piège. Bref, quand l’affreux Mister Hyde déborde trop sur le brave Docteur Jekyll. Et pour ce qui est de l’ombre tapie en chacun de nous, il n’y a guère d’originalité à attendre. Comme l’écrivait Dostoïevski, les trois tentations du Christ au désert résument toutes celles qu’un homme puisse connaître : avoir, pouvoir, valoir. « Posséder, dominer, séduire »… Qui d’entre nous n’est pas parfois enivré par une de ces trois liqueurs – voire par toutes les trois à la fois ? Voilà pourquoi – et depuis toujours – les petits ou grands secrets bancaires, secrets d’état et secrets d’alcôve constituent une belle matière à scandale, à chantage, à piège ou plus communément – à rumeur. Ah, la rumeur… A l’époque où j’avais une fonction publique, combien de fois ne m’a-t-on pas glissé « innocemment » quelque secrets sulfureux sur un de nos décideurs ? Les trois-quarts du temps, je pense qu’il s’agissait de calomnies, mais – qu’importe – la rumeur salit tout ce qu’elle touche. Les trois-quarts du temps aussi, le messager de la rumeur ne me semblait pas particulièrement malveillant, mais – que voulez-vous – c’est si gai de dire du mal de son prochain. Ce faisant, cela nous dédouane un peu de nos propres ombres. Chacun le perçoit mieux aujourd’hui : le clergé catholique n’est nullement épargné en matière de part d’ombre. Et éviter la calomnie ne signifie pas entretenir une culture du silence. En pleine tourmente médiatique, le porte-parole que j’étais se disait parfois en souriant qu’il aurait été plus tranquille s’il était resté laïc. Mais avant de découvrir ma vocation à la prêtrise, mon rêve secret était de finir ma carrière comme directeur du FMI. Aujourd’hui, je me rend compte que la fonction n’aurait pas été moins exposée…

VATICAN – CIRCULAIRE EN MATIERE D’ABUS SEXUEL SUR MINEUR

Ci-dessous le texte de la Circulaire publiée en ce jour par la Congrégation pour la doctrine de la foi:

CITE DU VATICAN, 16 MAI 2011 (VIS). La Congrégation pour la doctrine de la foi publie ce jour la circulaire aux Conférences épiscopales relative aux lignes directrices destinée à faire face aux abus sexuels sur mineurs de la part de membres du clergé. Le document, signé par le Cardinal William Joseph Levada et par Mgr.Luis F.Ladaria, SJ, respectivement Préfet et Secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est daté du 3 mai 2011.

« L’obligation de donner une réponse adéquate aux cas éventuels d’abus sexuel commis à l’égard de mineurs par des clercs dans son diocèse, figure parmi les responsabilités importantes de l’évêque diocésain, en vue d’assurer le bien commun des fidèles, et la protection des enfants et des jeunes en particulier. Cette réponse implique la mise en place de procédures appropriées pour aider les victimes de ces abus, ainsi que la formation de la communauté chrétienne en vue de la protection des mineurs. Elle devra assurer l’application de la législation canonique en la matière et simultanément tenir compte des dispositions du droit civil.

I. Aspects généraux : a) Les victimes d’abus sexuel. A travers la personne de l’évêque ou de son délégué, l’Eglise doit se montrer prête à écouter les victimes et leurs familles, ainsi qu’à s’engager à leur fournir une assistance spirituelle et psychologique. Au cours de ses voyages apostoliques, Benoît XVI a donné un exemple particulièrement important de par sa disponibilité à rencontrer et à écouter les victimes d’abus sexuel. Lors de ces rencontres, le Saint-Père a voulu s’adresser aux victimes avec des paroles de compassion et de réconfort, comme le montrent ses propos dans la Lettre Pastorale aux catholiques d’Irlande: « Vous avez terriblement souffert et j’en suis profondément désolé. Je sais que rien ne peut effacer le mal que vous avez subi. Votre confiance a été trahie, et votre dignité a été violée. b) La protection des mineurs. Dans certains pays, des programmes éducatifs de prévention ont été initiés au sein de l’Eglise, afin d’assurer un « environnement sûr » pour les mineurs. Ces programmes visent à aider les parents et les agents pastoraux ou ceux qui travaillent dans le monde scolaire, dans l’identification des signes d’abus sexuel et l’adoption de mesures adéquates. Souvent ces programmes ont été reconnus comme des modèles dans l’engagement visant à mettre fin aux cas d’abus sexuel sur des mineurs dans les sociétés actuelles. c) La formation des futurs prêtres et religieux. Jean Paul II a déclaré en 2002 qu’il n’y a pas de place dans le sacerdoce et dans la vie religieuse pour quiconque pourrait faire du mal aux jeunes. Ces paroles rappellent la responsabilité particulière des évêques, des supérieurs majeurs et de ceux qui sont responsables de la formation des futurs prêtres et religieux. Les indications données dans l’exhortation apostolique Pastores Dabo Vobis, ainsi que les instructions des dicastères compétents du Saint-Siège, acquièrent une importance croissante pour un juste discernement de la vocation et pour une saine formation humaine et spirituelle des candidats. En particulier, on s’emploiera à faire apprécier aux candidats la valeur de la chasteté et du célibat. De même, on leur fera prendre conscience des responsabilités liées à la paternité spirituelle du clerc, tout en les aidant à approfondir leur connaissance de la discipline de l’Eglise en ce domaine. Des indications plus spécifiques peuvent être intégrées dans les programmes de formation des séminaires et des maisons de formation prévus dans la Ratio Institutionis Sacerdotalis de chaque pays et institut de vie consacrée et société de vie apostolique. En outre, un soin particulier sera réservé à l’obligation d’échanger des informations sur les candidats au sacerdoce ou à la vie religieuse qui passent d’un séminaire à un autre, entre différents diocèses ou entre les instituts religieux et les diocèses. d) L’accompagnement des prêtres. 1. L’évêque a le devoir de considérer tous ses prêtres comme un père et un frère. En outre, il veillera, avec une attention particulière, à la formation permanente du clergé, surtout au cours des premières années après l’ordination sacrée, en mettant l’accent sur l’importance de la prière et du soutien mutuel dans la fraternité sacerdotale. On informera les prêtres du dommage causé à la victime d’abus sexuels par un ecclésiastique et de sa responsabilité au plan canonique et civil. On lui enseignera aussi à reconnaître ce qui pourrait être les signes d’abus éventuels commis par quiconque sur des mineurs. 2. Les évêques feront tout ce qui est requis pour traiter les cas d’abus qui leur sont signalés, selon la discipline canonique et civile, dans le respect des droits de toutes les parties. 3. Le clerc accusé bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à preuve du contraire, même si l’évêque peut, par mesure de précaution, limiter l’exercice de son ministère, en attendant de clarifier les accusations dont il est l’objet. Le cas échéant, on fera tout pour réhabiliter la bonne réputation du clerc qui a été injustement accusé. e) La coopération avec les autorités civiles. L’abus sexuel de mineurs n’est pas seulement un délit au plan canonique. C’est aussi un crime qui fait l’objet de poursuites au plan civil. Bien que les rapports avec les autorités civiles diffèrent selon les pays, il est cependant important de coopérer avec elles dans le cadre des compétences respectives. En particulier, on suivra toujours les prescriptions des lois civiles en ce qui concerne le fait de déférer les crimes aux autorités compétentes, sans porter atteinte au for interne sacramentel. Bien sûr, cette coopération ne se limite pas aux seuls cas d’abus commis par les clercs ; elle concerne également les cas d’abus impliquant le personnel religieux et laïc qui travaille dans les structures ecclésiastiques.

II. Résumé de la législation canonique en vigueur concernant le délit d’abus sexuel de mineurs commis par un clerc: Le 30 avril 2001, Jean Paul II a promulgué le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela, par lequel l’abus sexuel commis par un clerc sur un mineur de 18 ans fut inséré dans la liste des Delicta Graviora réservés à la Congrégation pour la doctrine de la foi. La prescription pour ce délit fut fixée à 10 ans à partir du moment où la victime accomplit ses 18 ans. Cette normative du Motu Proprio est valable tant pour les clercs de rite latin que pour ceux de rite oriental, ainsi que pour le clergé diocésain et religieux. En 2003, le Cardinal Ratzinger, alors Préfet de la CDF, a obtenu de Jean Paul II la concession de certaines facultés spéciales pour offrir une plus grande flexibilité dans les procédures pénales concernant les Delicta Graviora, entre autres le recours au procès pénal administratif et la requête de démission ex officio dans les cas les plus graves. Ces facultés furent intégrées dans la révision du Motu Proprio, approuvée par Benoît XVI le 21 mai 2010. Selon les nouvelles normes, la prescription est portée à 20 ans. Dans le cas d’abus de mineur, elle commence à courir à partir du moment où la victime accomplit ses 18 ans. La CDF peut éventuellement y déroger dans des cas particuliers. On a également spécifié le délit canonique d’acquisition, de possession ou de divulgation de matériel pédopornographique. La responsabilité du traitement des cas d’abus sexuels sur des mineurs est d’abord du ressort des évêques ou des supérieurs majeurs. Si l’accusation paraît vraisemblable, l’évêque, le supérieur majeur ou leur délégué doivent procéder à une enquête préliminaire, selon le canon 1717 du CIC, le canon 1468 du CCEO et l’article 16 de SST.

Si l’accusation est jugée crédible, le cas doit être déféré à la CDF. Après l’avoir examiné, la CDF indiquera à l’évêque ou au supérieur majeur les pas ultérieurs à accomplir. Dans le même temps, la CDF donnera des orientations pour que des mesures appropriées soit prises, à la fois en vue de garantir un procès équitable à l’égard des clercs accusés, dans le respect de leur droit fondamental à la défense, et pour la sauvegarde du bien de l’Eglise, y compris celui des victimes. Il est utile de rappeler que l’imposition d’une peine perpétuelle, comme la Dimissio de l’état clérical, exige normalement un procès judiciaire pénal. Selon le droit canonique (canon 1342 CIC), les Ordinaires ne peuvent infliger de peines perpétuelles par décrets extrajudiciaires. A cette fin, ils doivent s’adresser à la CDF, à laquelle revient le jugement définitif quant à la culpabilité et à la non-idonéité éventuelle du clerc pour le ministère, ainsi que l’imposition subséquente d’une peine perpétuelle (SST, article 21,2). Les mesures canoniques appliquées à un clerc reconnu coupable d’abus sexuel sur un mineur sont généralement de deux genres: 1. des mesures qui restreignent le ministère public de manière complète ou qui excluent du moins tout contact avec les mineurs. Ces mesures peuvent être accompagnées par un précepte pénal, 2. les peines ecclésiastiques, dont la plus grave est la Dimissio de l’état clérical.

Dans certains cas, à la demande du clerc lui-même, la dispense des obligations inhérentes à l’état clérical, y compris le célibat, peut être concédée Pro Bono Ecclesiae. L’enquête préliminaire et tout le procès doivent être menés dans le respect de la protection de la confidentialité des personnes concernées et avec l’attention requise à leur réputation. A moins de graves raisons contraires, le clerc accusé doit être informé de l’accusation portée contre lui, afin d’avoir la possibilité d’y répondre, avant que le cas soit déféré à la CDF. Avec prudence, l’évêque ou le supérieur majeur déterminera les informations qui devront être communiquées à l’accusé lors de l’enquête préliminaire. Il est du devoir de l’évêque ou du supérieur majeur de pourvoir au bien commun en fixant les mesures de précaution à prendre, comme le prévoient le canon 1722 du CIC et le canon 1473 du CCEO. Conformément à l’article 19 de SST, ces mesures doivent être prises une fois commencée l’enquête préliminaire. Enfin, il convient de rappeler que, lorsqu’une conférence épiscopale veut se doter de normes spécifiques, sous réserve de l’approbation du Saint-Siège, cette normative particulière doit être comprise comme un complément à la législation universelle et non s’y substituer. La normative particulière doit donc être en harmonie avec le CIC /CCEO et avec le Motu Proprio Sacramentorum Sanctitatis Tutela (30 avril 2001), tel qu’il a été mis à jour le 21 mai 2010. Au cas où la conférence déciderait d’établir des normes contraignantes, elle devra demander la Recognitio aux dicastères compétents de la Curie romaine.

III. Indications aux Ordinaires sur la manière de procéder:

Les directives préparées par la conférence épiscopale devraient offrir des orientations aux évêques diocésains et aux supérieurs majeurs, dans le cas où ils seraient informés d’abus sexuels présumés de mineurs commis par des prêtres présents sur le territoire de leur juridiction. Ces directives devront tenir compte des observations suivantes: a) la notion d »abus sexuels sur des mineurs’ doit correspondre à la définition donnée par le Motu Proprio SST, article 6 (le délit contre le sixième commandement du Décalogue commis par un clerc avec un mineur de moins de dix-huit ans), ainsi qu’à la pratique interprétative et à la jurisprudence de la Congrégation pour la doctrine de la foi, en tenant compte des lois civiles du pays. b) la personne qui dénonce le délit doit être traitée avec respect. Dans les cas où l’abus sexuel est lié à un autre délit contre la dignité du sacrement de la pénitence (article 4), le plaignant a le droit d’exiger que son nom ne soit pas communiqué au prêtre qu’il accuse (article 24). c) les autorités ecclésiastiques doivent s’engager à fournir une assistance spirituelle et psychologique aux victimes. d) l’enquête sur les accusations doit être menée dans le respect de la sphère privée et de la réputation des personnes. e) à moins de graves raisons contraires, le clerc accusé sera informé des accusations dès la phase de l’enquête préliminaire, en lui offrant l’opportunité d’y répondre. f) les organes consultatifs de surveillance et de discernement des cas individuels, prévus en certains pays, ne doivent pas se substituer au discernement et à la Potestas Regiminis de chaque évêque. g) les directives doivent tenir compte de la législation du pays où se trouve la conférence épiscopale, en particulier en ce qui concerne l’éventuelle obligation d’informer les autorités civiles. h) lors de toutes les étapes des procédures disciplinaires ou pénales, le clerc accusé devra bénéficier d’un moyen de subsistance digne et équitable. i) est exclu un retour du clerc au ministère public, si ce ministère présente un danger pour les mineurs ou un scandale pour la communauté.

Conclusion: Les directives préparées par les conférences épiscopales visent à protéger les mineurs et à aider les victimes à trouver assistance et réconciliation. Elles devront indiquer que la responsabilité du traitement des délits d’abus sexuels sur mineurs de la part de clercs appartient en premier lieu à l’évêque diocésain. Enfin, ces directives devront contribuer à une approche commune au sein d’une même conférence épiscopale, en aidant à harmoniser au mieux les efforts de chaque évêque dans la protection des mineurs ».

Amnestie – Geen communautair debat, AUB

Op 12 mei heeft de Senaat een wetsvoorstel in overweging genomen tot amnestie voor de bestraffing van de collaboratie. Met uitzondering van Groen! stemden alle Vlaamse partijen voor het in overweging nemen, en alle Franstalige (en Duitstalige) partijen ertegen. We zijn dus lekker weer communautair bezig in dit land. Kan het ook eventjes anders? Laten we misschien eerst de feiten bekijken. Ik ben geen specialist, maar het ziet ernaar dat, op basis van een recent doctoraatsonderzoek van Koen Aerts (UGent), zou blijken dat de tekst van het wetsvoorstel enkele manifeste feitelijke fouten bevat. Die doctoraatsverdediging gaat door op woensdag 18 mei 2011 om 16u in de zaal Vermeylen, Het Pand, Onderbergen 1, 9000 Gent. Ik hoop dat de media een zo gevoelig dossier op de voet zal volgen, en liefst op basis van correcte informatie. Vervolgens, aangezien dit vooral een Vlaamse aangelegenheid is, moeten de Vlaamse vertegenwoordigers van de slachtoffers van de laatste wereldoorlog prioritair aan het woord gelaten worden. Ter gelegenheid van de mogelijke voorwaardelijke vrijlating van Michèle Martin, kregen Paul Marchal en anderen terecht de aandacht van de pers. Wel, in het debat rond amnestie verdienen het Forum der Joodse Organisaties (FJO) en andere dergelijke organisaties diezelfde volle aandacht. Pas dan kan er eerlijk en oprecht over dit gevoelig item gedebatteerd worden. De zaak verdient beter dan gekleurd te worden met ons habitueel communautair tintje.

Ouganda – criminaliser l’homosexualité, c’est légaliser la peur

Comme tous sujets qui concernent l’intime, le débat autour de l’orientation sexuelle génère passions et peurs. En Occident, que de peurs quand on évoque l’idéal de la famille traditionnelle : monogame, durable et se vivant dans la complémentarité des sexes. Le bon vieux catho que je suis a connu ses débats les plus houleux quand il expliquait à certains représentants d’associations gays et lesbiennes pourquoi il n’était pas favorable à une assimilation entre mariage et union unisexuelle. Bien que ma position reflétait une tradition multiséculaire en Occident, je me trouvais face à un mur d’indignation : « Comment peut-on encore penser ainsi de nos jours ? C’est contraire aux droits de l’homme ! » Curieusement, c’est également le sujet de l’homosexualité qui me valut le plus de critiques de la part de catholiques se considérant… disons – encore plus « catholiques » que moi et sans doute aussi que le Pape. Quand ils m’entendirent rappeler que le commandement : « tu aimeras ton prochain comme toi-même », devait toujours primer chez le chrétien, et ceci quelle que soit l’orientation sexuelle de ce prochain, ils en conclurent que je glissais avec volupté sur la pente savonneuse du relativisme moral. Bref, même après 40 ans de « libération » sexuelle, la question de l’orientation sexuelle ne se vit que rarement dans la sérénité, car elle charrie sa dose de peurs tous azimuts.
Que le continent africain cherche à réaffirmer les valeurs familiales traditionnelles face au matérialisme occidental, je ne puis que l’applaudir. Qu’un gouvernement africain le fasse en criminalisant l’homosexualité, est par contre totalement inacceptable – comme le rappela l’archevêque catholique de Kampala dès 2009. Chaque fois qu’une société agit de la sorte, c’est à sa peur qu’elle donne un statut légal. Et cela est contraire à une civilisation digne de l’homme dans toutes sa complexité. Je ne puis donc qu’approuver l’administration Obama quand celle-ci déclare, hier encore, « odieux » le projet de loi durcissant la répression de l’homosexualité en Ouganda. Elle invite en conséquence le parlement ougandais à le rejeter : « Ni des amendements, ni d’autres changements ne peuvent justifier le passage de cet odieux projet de loi contraire aux droits de l’homme », a déclaré Mark Toner, le porte-parole de la diplomatie américaine. Les Britanniques en ont fait autant. Mais il n’y a pas que les gouvernements occidentaux à penser ainsi. Quelqu’un a dit : « Que celui d’entre vous qui est sans péché, jette la première pierre » (Jean 8, 7). Eh bien, Messieurs les députés ougandais, que celui d’entre vous qui – adolescent – n’a jamais eu de phantasme ; que celui qui – marié – n’a jamais rêvé d’une autre femme que son épouse ; que celui – fatigué – n’a jamais vu son imagination échapper à sa volonté,… Bref, que celui dont les pulsions sexuelles se déploient depuis toujours – en pensées, en paroles ou en actes – intégralement selon l’idéal chrétien de pureté et de chasteté ; que celui-là vote en premier cette odieuse loi.

Antisémitisme à l’école – Forcer la rencontre entre élèves

Une dépêche Belga a de quoi inquiéter. Elle reprend une étude menée par une plateforme de la VUB. D’après celle-ci, la moitié des élèves bruxellois de confession musulmane serait antisémite. L’étude est intitulée “Jong in Brussel” et fut menée par la plate-forme « Onderzoek Jeugd ». Ses sont publiés ce jeudi dans De Morgen. “Un chiffre très élevé et inquiétant” selon le sociologue Mark Elchardus de la VUB. “Ce qui est grave, c’est que ces sentiments anti-juifs n’ont rien avoir avec un niveau social ou culturel peu élevé, ce qui est le cas parmi les autochtones racistes. Chez les élèves bruxellois autochtones, 10pc sont antisémites. “L’antisémitisme chez les élèves à une inspiration théologique et il y a un lien direct entre le fait d’être musulman et celui d’éprouver des sentiments antisémites”, selon le scientifique. “Chez les catholiques ayant des sentiments antisémites, ceux-ci sont loin d’être aussi forts”, souligne M. Elchardus qui plaide pour davantage d’attention pour l’entente mutuelle au sein d’écoles comptant de nombreux musulmans. L’étude met aussi en évidence le fait que les jeunes belges, marocains, turcs et Européens du Sud cherchent des liens dans leur propre culture. Ils se font encore toujours difficilement des amis dans une autre communauté ethnique que la leur, aussi et surtout en ce qui concerne leurs relations amoureuses.
L’antisémitisme n’est pas un sentiment anodin. Il s’en prend à la minorité religieuse la plus ancienne et la mieux harmonieusement intégrée de notre pays. Bref – et même si une bonne dose d’anti-sionisme (ce qui n’est pas la même chose) explique le phénomène – l’antisémitisme est un symptôme du refus de pluralisme dans une société. Il constitue un des principaux baromètres de la santé démocratique d’une population. Cette étude de la VUB n’est donc pas à banaliser. Faut-il pour autant réagir à cet antisémitisme par un surcroît de sentiment antimusulman ? Ce serait tomber dans le piège infernal. Au rejet répond le rejet. Les colombes sont écrasées et les faucons de tous côtés triomphent.
Il existe une alternative. Elle consiste à forcer la rencontre entre jeunes musulmans, jeunes juifs, jeunes laïques et jeunes chrétiens – et ceci dans le cadre même de l’école. Sur ce blog, j’écrivais la chose suivante le 25 mars dernier, en écho à la proposition du député Richard Miller (reprenant le projet d’Hervé Hasquin) de remplacer une partie des cours philosophiques par des cours de philosophie: « Je garderais les cours convictionnels (ou philosophiques), car ils offrent des racines aux élèves, ce dont ils n’ont jamais eu tant besoin. Cependant, je ferais en sorte que durant le 3e degré du secondaire (les 5e et 6e années) un cours philosophique sur deux soit « collectif ». C’est-à-dire que les élèves des différents cours philosophiques se retrouveraient ensemble pour partager sur un sujet en commun et ceci – sous la modération collective de leurs différents professeurs. Ainsi, les élèves pourraient être invités à présenter aux autres un point particulier de leur tradition religieuse et/ou laïque, ou encore à envisager en commun certains enjeux moraux à partir des différents regards convictionnels. L’autre cours – « séparé » – permettrait à chaque courant d’évaluer la discussion commune et de relancer des idées pour la prochaine rencontre. Il ne faudrait surtout pas chercher à noyer les différences et éventuelles confrontations entre élèves au nom du « politiquement correct », mais bien insister sur l’apprentissage d’une culture du débat respectueux. Ainsi formerait-on les citoyens de demain pour notre démocratie plurielle. Pourquoi cette idée ? Parce que mon expérience personnelle (en 5° et 6° année de secondaire, je me trouvais dans un collège international qui pratiquais quelque chose de cela – voir www.uwc.be) m’a appris que le contact engagé et non pas « neutre » avec d’autres convictions, permet au jeune de se réapproprier ses racines propres, tout en l’immunisant contre la tentation fondamentaliste. Il ne s’agit donc pas de promouvoir un modèle « melting pot », qui voudrait gommer les différences, mais bien un modèle « patchwork » qui donne de comprendre par le concret de la rencontre que nos couleurs sont différentes, mais que – bien loin de constituer une menace – pareille diversité nous enrichit ». (Cours philosophiques ou cours de philosophie ? Débat. Modèle « patchwork »)
J’apprends donc avec satisfaction qu’un futur décret est en préparation en Communauté Wallonie-Bruxelles. Un de ses objectifs serait pareille mise en œuvre. Alain Maingain, conseiller de la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet, y explique : « Il est prévu qu’une partie commune aux différents cours dits philosophiques soit construite. Ce ne sera pas l’occasion d’initier sérieusement les élèves à la philosophie en soi. Mais bien de confronter les élèves de différentes confessions. Des activités interconfessionnelles pourront être organisées au sein des cours de religion existant. Tous les profs de morale, de religion catholique, protestante, islamique,… seront alors présents. Pas question donc de toucher au cadre actuel des cours de religion. Mais il s’agit de profiter de ces cours pour initier les jeunes aux autres grands courants de pensée et à l’éducation à la citoyenneté ». (Catherine Ernens, Vers l‘Avenir) Gageons que – pour être signifiant – ce projet nécessitera des collaborations entre établissements scolaires, tous réseaux confondus. Ce ne sera pas facile à mettre en œuvre, mais ne nous y trompons pas : il y a urgence et l’objectif est prioritaire. En effet, ce que nous semons aujourd’hui dans nos têtes blondes… ou brunes, constituera la récolte de demain.

Twitterpolitics et Banques Centrales

D’abord deux mises au point : Primo, sur le site de RTL, un sondage demande : « Est-ce le rôle de l’Eglise d’accueillir d’anciens condamnés et/ou des délinquants ? » Sans surprise, la réponse est à 83% négative. Mais la question est mal posée. La plupart de ces gens veulent dire (à tort ou à raison, je n’entre pas dans le débat) que Michèle Martin n’aurait pas dû être libérée conditionnellement. Ce que ce sondage aurait dû demander est : « Si une personne est libérée de prison et qu’elle ne sait où aller, un couvent peut-il être une solution ? » Question trop compliquée, m’objectera-t-on. Deuxio, en p.2 des quotidiens du groupe Sudpresse, on me fait déclarer que « je ne puis me résoudre à parler de pardon ». Je n’ai pas dit cela. Pour un chrétien, le pardon doit toujours rester l’objectif à atteindre. J’ai simplement signalé (lire mon ‘post’ de hier sur ce blog) que humainement, ce pardon semblait parfois surhumain à donner. Mais je sais… une fois de plus, l’idée est trop compliquée. Pourtant, la réalité se trouve souvent dans les nuances. Elle ne se réduit pas aux 140 caractères d’une dépêche sur Twitter. Maître Magnée le déclare en p.4 du Soir : « Aujourd’hui, on s’occupe de madame Martin et demain, s’il y a un incendie à l’Inno, on s’occupera de l’incendie à l’Inno. On est dans une civilisation d’événements et de communication où c’est le dernier fait qui marque, surtout quand il a lieu près de nous ». Que certains députés en profitent pour revenir avec leur agenda politique au nom d’un « opportunisme tout à fait assumé » (le Soir p.5), est de bonne guerre. Mais d’autres le rappellent : « on ne légifère pas sous le coup de l’émotion, mais bien au nom de la raison » (RTL). La politique a toujours été influencée par les émotions du moment, mais les médias modernes renforcent cela. Sans garde-fous, pareille évolution est dangereuse, car elle donne un blanc-seing au populisme le plus sombre – celui dont le moteur est alimenté par les colères et peurs collectives.
La politique ne peut être populiste, mais se doit de rester populaire – c’est-à-dire pas déconnectée du peuple. Une fois de plus, la vérité se cache dans les nuances. Ainsi, à l’opposé de l’émotion hyper-médiatisée causée par la libération conditionnelle de Madame Martin, se situe la réunion « secrète-discrète-privée » de vendredi à Luxembourg, rassemblant certains ministres des finances des pays appartenant à l’Eurogroupe. Thème de la discussion : la dette de la Grèce et du Portugal (et de… l’Espagne ?) + – selon certaines sources – une possibilité de sortie de l’Euro pour certains pays trop endettés. Je comprends le besoin de rencontres loin des caméras, surtout pour évaluer des enjeux complexes dont la simple évocation peut faire souffler un vent de panique sur les marchés boursiers. Cependant, à un moment donné, il est important d’informer la population. Car telle serait une autre dérive populiste : confier la politique entre les seules mains d’experts se réunissant loin des regards et laisser le bon peuple à ses émotions collectives. Donnez-leur du pain et des jeux, disaient les patriciens romains qui dirigeaient la République. Mais dans une démocratie digne de ce nom, le souverain ultime est le peuple. Il faut lui expliquer les vrais enjeux du débat politique dans toutes ses nuances. Plutôt que de surfer sur l’émotion du jour, on est toujours gagnant d’inviter à la réflexion. Bref, il s’agit de prendre le peuple au sérieux.

Michèle Martin – Quand le pardon semble inhumain

Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, quand mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois ». (Matthieu 18, 21-22) La réponse du Seigneur est limpide : le pardon ne connaît pas de limites. Ceci est renforcé par la demande du Notre-Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Cette phrase n’est pas un divin chantage, du genre : « si tu ne pardonnes pas, alors Dieu ne te pardonnera pas non plus ». Non, ce n’est pas un chantage mais une vérité implacable : tant que je ne pardonne pas, quelque chose en moi restera noué et fera en sorte que je ne pourrai accueillir à mon tour le pardon de Dieu. Et de fait… les gens durs avec les autres sont durs avec eux-mêmes. Pour être prêt dans son cœur et ses tripes à accueillir le pardon divin – et à se pardonner à soi-même ses ombres les plus noires et failles les plus profondes – il faut pouvoir vivre ce pardon vis-à-vis des autres.
Ceci étant rappelé, il y a des jours où le pardon semble surhumain, voire – oserais-je ? – inhumain. En pensant à Michèle Martin, chacun ne peut que souscrire à ce qu’écrit Jean-Claude Matgen dans La Libre de ce jour: « On ne parvient pas à imaginer qu’une institutrice, qu’une maman ait pu laisser mourir sans soins des fillettes innocentes, soumises aux caprices pervers de son mari, jetées dans un cul de basse fosse, livrées aux ténèbres d’une cave sordide et succombant, in fine, aux souffrances et à l’angoisse qui les accompagnèrent à chaque seconde de leur agonie sans nom ». Et, en écrivant cela, je me dis : « Si ces petites avaient été mes enfants, comment réagirais-je aujourd’hui ? » Rien que d’y penser, une colère sourde s’élève en moi, alors que je ne suis pas un proche de la famille. Comment, dès lors aussi, ne pas rejoindre Marc Metdeppenningen qui titre son édito dans Le Soir par : « une libération inéluctable mais révoltante » ?
Et pourtant, la parole de l’Evangile demeure : le pardon doit pouvoir avoir le dernier mot. Même quand le remord du coupable semble nébuleux. Chacun comprendra ici qu’il s’agit sans doute d’une des exigences les plus dures de l’Evangile. Bien plus dure que toutes ces balises chrétiennes en matière de sexualité qui mobilisent tant l’espace médiatique en Occident. Je comprends donc mieux la remarque de ce vieux renard de la politique liégeoise qu’un jeune loup venait de débarquer d’un de ses mandats stratégiques. Au journaliste qui lui demandait : « est-ce que vous lui pardonnez ? », ce libre-penseur répondit : « pardonner ? Voilà bien un mot chrétien. Ce n’est pas pour moi ». Je ne pense pas que le pardon soit le monopole des baptisés, mais il reçoit chez les chrétiens la crédibilité d’un Dieu crucifié qui murmure en son dernier soupir : « Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). Quand le mal et l’injustice vous transpercent la chair, il faut être Dieu pour trouver la force de pardonner. Comment, dès lors, ne pas respecter celui qui n’arrive pas encore à le faire, car trop écrasé par la douleur ? Le sage cardinal Danneels donnait à ceux-là le conseil suivant : « Quand c’est trop dur, ne priez pas en demandant : Dieu permets-moi de pardonner. Dites : Dieu, donne-moi un jour la force de pardonner ».

Le maître-atout des Latins du Nord

La petite phrase prononcée ce dimanche par Louis Tobback lors de l’émission de la VRT, « De Zevende Dag » mérite d’être méditée bien au-delà de la crise institutionnelle que traverse notre pays. Selon ce vieux sage de la politique, la Belgique serait devenue une dépendance de l’Allemagne sur le plan économique et de la France pour sa politique énergétique. Ceci fait écho à la vraie-fausse boutade que le ministre Magnette avait sortie en octobre 2010 : « Si on doit se rattacher un jour, ce sera plutôt avec l’Allemagne. C’est plus dans l’intérêt industriel de la Wallonie ». Joignons à cela une dépêche annonçant ce matin que les exportations allemandes sont les plus élevées depuis 1950, notre grand voisin n’étant que dépassé par la Chine.
Quel intérêt tout ceci a-t-il pour les francophones de Belgique ? Loin de moi l’idée d’évoquer ici un quelconque plan A, B ou C… Une fois de plus, je ne souhaite pas entrer dans le domaine de la politique politicienne, car tel n’est pas mon rôle. A chacun ses options. Mon propos est de souligner une réalité qui doit être mise en avant, quel que soit l’avenir politique des francophones de Belgique : ils sont les Latins habitant le plus au nord de l’Europe. Notre cœur lorgnant tout naturellement vers Paris (TF1 est la chaine de TV la plus regardée chez nous…), la tentation est grande de considérer notre localisation périphérique comme une calamité. Nous serions des Francs encerclés par les hordes germaniques, bataves, saxonnes, etc. Pour résister, il s’agirait donc de se replier en accentuant une francophonie d’autant plus exclusive qu’elle se voudrait défensive. Ce serait une colossale erreur, même – et surtout – en cas d’hypothétique rattachement à la France. En effet, une des forces vitales qui anime l’Europe est la rencontre entre cultures multiséculaires. Et l’atout-maître de la Belgique est de se situer – comme l’Alsace-Lorraine – à un des croisements constitutifs de l’identité européenne : celui qui départage la latinité de la germanité. S’ils veulent se déployer sur l’échiquier européen, les francophones de Belgique ont dès lors pour vocation naturelle de devenir les meilleurs ambassadeurs de l’axe Paris-Berlin – la colonne vertébrale de l’Europe – sans oublier Londres et Rotterdam – les fenêtres sur l’Atlantique. En cela, Wallons et Bruxellois se retrouvent alliés naturels de la Flandre et – plus largement – du Benelux. Concrètement, cela implique que les jeunes francophones de Belgique soient éduqués dans un amour sans complexe de la francophonie, mais pas pour autant dans le mépris des langues et cultures voisines. Pour exister, ils se doivent d’être naturellement polyglotte et curieux de mieux connaître leurs voisins. La connaissance passive du néerlandais et de l’anglais sera bientôt dans nos contrées un minimum vital sous lequel guettera l’analphabétisme socio-économique. Et pour les cadres, une bonne connaissance du néerlandais et de l’anglais est dès maintenant un réel passeport d’avenir, sans négliger la maîtrise de l’allemand.
Utopie ? Allez voir les Luxembourgeois ou les Germanophones de Belgique et vous verrez que cela rien du rêve, mais de l’état d’esprit. Un état d’esprit qui fait la différence entre un territoire qui doute de son identité et une région consciente que sa place sur la carte européenne est un atout à ne pas gaspiller. En ce jour où la RTBF célèbre son implantation liégeoise au centre commercial « Mediacité », il est intéressant de se pencher sur l’origine du chiffre d’affaire de ce nouveau pôle. Les achats par cartes de crédit démontrent que la majorité des clients y sont allemands et néerlandais. Que viennent-ils donc chercher dans la Cité ardente, alors que la riche Maastricht et l’historique Aachen se trouvent à un jet de pierre ? Ils viennent prendre un bain de latinité, tout près de leurs frontières. Voilà un exemple qui montre la voie aux francophones de Belgique. Les Latins du Nord ont une chance unique. Pour nous – et bien plus encore pour les générations à venir – ce serait vraiment idiot de ne pas jouer de notre maître-atout. Un peu comme ce personnage de l’Evangile qui s’en excusait par ces mots : « j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre » (Matthieu 25, 25)

Fête des mères…

Dans un monde où tout se marchande, les mères font de la résistance. Les mères sont à l’image de la vie qu’elles nous donnent : comme la vie, une mère ne s’achète ni ne se vend, mais se reçoit. Parce qu’Il a pleinement partagé notre humanité, le Verbe de Dieu a vécu cela de l’intérieur. Voilà pourquoi, en nous engendrant à la vie de l’Esprit, Il nous donna aussi sa Mère afin qu’elle nous accompagne sur les chemins de la croissance spirituelle.

Koning zonder krant

N.a.v. het boek ‘koning zonder land’ van Samyn en Buxant, heb ik maar één commentaar: Het duo heeft zijn werk gedaan. Wanneer men met een journalist praat, kan men toch niet verwachten dat hij of zij van de info geen gebruik zou maken. Als woordvoerder van de bisschoppen heb ik daarom steeds mijn best gedaan om alleen maar ‘dat’ te communiceren wat ik ook ooit gepubliceerd wilde zien. Zelfs met bevriende journalisten. En dit heeft niets met een ‘doofpotcultuur’ te maken. Ik heb geen weet van ‘stinkende geheimen’ diep verborgen in een kast of in het graf van een overleden aartsbisschop. Neen, het gaat hier om het dagelijks omgaan met leiders – kerkelijke, politieke, economische… noem maar op. Wie denkt dat Barack, Albert (II of Frère – u kiest maar), Benedictus, of nog André-Jozef…. 24 uren per dag en 365 dagen per jaar, alleen maar met geniale uitspraken opkomen die als quote zonder meer de krantenkoppen kunnen halen – is echt, of waarschijnlijk eerder ‘onecht’, naïef. Iedereen beseft inderdaad maar al te goed dat leiders ook flauwe grappen maken, kleine kanten hebben en soms een situatie of een man helemaal verkeerd inschatten. Kortom: ze blijven menselijk. Daarom is er nood aan discretie binnen het vertrouwd entourage. Wanneer een intimus zijn mond voorbijpraat, riskeert hij dat de ‘flauwe grap’ van gisteren, de volgende morgen een zure en dure grap wordt – eens gepubliceerd als ‘statement’ in alle kranten van het koningrijk. Daartoe dient trouwens het ‘colloque singulier’ van een koning, president of bisschop: De verzekerde discretie laat hem toe in vertrouwen luidop te denken, pistes af te toetsten en zich ook binnen gesloten deuren te vergissen. Albert II die in het kader van het ‘colloque singulier’ een ‘over mijn lijf met verkiezingen’ laat passeren – terecht of niet, dat is een politieke analyse waarmee ik hier niet bezig ben – is iets heel anders dan wanneer het staatshoofd met precies hetzelfde zinnetje zijn troonrede afsluit. Wanneer er dan toch lekken zijn – en die komen meer en meer voor in onze twittercultuur – is het dan ook de taak van serieuze politieke commentatoren om het ‘breaking news’ rustig in te kaderen. Een daverende quote buiten context opkloppen, heeft immers weinig te maken met ‘correcte informatie’ of ‘democratische transparantie’. Het komt alleen ten goede aan de uitgever die de krant of het boek verkoopt.