Suivre l’étoile – Epiphanie du Seigneur, Année C

« Les mages ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe ». (Matthieu 2, 1-12)

« Epiphanie »signifie en grec : « manifestation ». Dans le calendrier chrétien, cette fête est plus ancienne que celle de la Nativité (fixée en 354 par le pape Libère à la date du solstice d’hiver – soit le 25 décembre). Jusqu’au milieu du IVe siècle, se célébrait au cours de l’épiphanie toutes les manifestations du Christ sur terre : de sa naissance à son premier miracle, lors des noces de Cana.

Aujourd’hui, l’Eglise latine fête l’Epiphanie avec le récit des mages : elle voit dans le périple de ces trois sages suivant l’étoile depuis fort loin, le signe de la manifestation de la lumière du Christ à toutes les nations. En ce dimanche de l’Epiphanie, prions donc spécialement avec nos frères chrétiens du monde entier. Race, langue, culture nous séparent – mais le Christ est la grande lumière qui fait notre unité.

Comme les mages, venons l’adorer et offrons-lui, avec cette année nouvelle –  toutes nos réussites (l’or, symbole de tout ce qui est précieux), tous nos échecs et souffrances (la myrrhe, une herbe amère) et toutes nos prières (l’encens, ce parfum dont la fumée monte vers le ciel).

Oui, mettons-nous en route en 2019. Suivons l’étoile. Allons vers l’Enfant de la crèche, qui manifeste la lumière de l’amour de Dieu pour notre monde.

Crise d’adolescence ? – Sainte Famille, Année C

« C’est chez mon Père que je dois être. »(Luc 2, 41-52)

L’évangéliste Luc rapporte le surprenant épisode d’un Jésus, âgé de douze ans, qui fausse compagnie à Joseph et Marie pour demeurer dans le Temple de Jérusalem. Cette « fugue » est-elle le symptôme d’une crise d’adolescence ? Oui et non. Non, car le jeune Jésus n’est nullement en révolte contre l’autorité parentale. Mais oui, en ce sens que l’adolescence est le commencement de l’autonomie adulte. Autonomie qui passe par une prise de distance par rapport au cocon familial.

Arrivés à l’adolescence, les enfants adoptés recherchent souvent leurs parents biologique – non pas par ingratitude envers les parents adoptifs – mais afin de découvrir leurs racines. C’est un peu ce que fait Jésus en séjournant dans le Temple – lieu symbolique de la présence de Dieu en Israël. Quand Marie et Joseph le retrouvent après trois jours de recherche, sa mère lui lance de façon humainement bien compréhensible : « Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! »Alors Jésus rétablit son lien de filiation : « Ne le saviez-vous pas ? C’est chez ‘mon’ Père que je dois être. » 

L’enfant Jésus se dévoile à eux comme le Christ. Plus tard, Il invitera ses disciples à quelque part l’imiter : « N’appelez personne votre « père » sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père Céleste. »(Mathieu 23:9) Il ne s’agit pas de rejeter nos parents selon la chair, mais de comprendre que selon l’Esprit, seul Dieu donne vie.  

Noël ou la pudeur de Dieu – La Libre p.37

Ce lundi 24 décembre est parue ma chronique de Noël dans La Libre en p.37.Pour la lire, cliquez sur « Noël ou la pudeur de Dieu ».
Merci à La Libre de m’offrir cet espace de réflexion. 
PS. Sur la p.36 du même journal, je salue la belle chronique de Calixte et Hugues Boquet (« Invitation à adopter un nouveau style de vie »). Cela fait vraiment plaisir de voir de jeunes plumes catholiques s’exprimer avec fraicheur et conviction. 

Le début d’un monde nouveau – Nativité du Seigneur, Année C

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur. »(Luc 2, 1-14)

L’année s’achève. Elle fut difficile pour nombre de nos concitoyens. Beaucoup se demandent : « où va notre société ? »Et pourtant…  avec Noël, nous célébrons le début d’un monde nouveau.  Un monde où l’homme n’est plus jamais totalement seul. En l’Enfant de la Crèche, Dieu fait une alliance de chair avec l’humanité. Désormais, le Très-Haut verra le monde avec nos yeux, sentira les odeurs avec nos narines et le goûtera les saveurs avec notre langue. Il partagera nos joies et nos peines, l’amitié comme la trahison, la vie comme la mort. Et de son premier cri de nouveau-né jusqu’à dernier souffle de supplicié, c’est d’Amour infini qu’Il embrassera la terre.

Cette nuit-là, à Bethléem, un monde nouveau est né. Un monde qu’aucune violence ne peut défaire. « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Sera-ce la tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l’épée ? (…) J’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. »(Romain 8, 35-39) Avec Noël, est né un monde qui a la solidité de Dieu. 

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur. »      

« Chut… ! »– 4edimanche de l’Avent, Année C


« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »(Luc 1, 39-45)

Bientôt Noël. Certains vivent cette période dans l’agitation, car ils reçoivent à la maison leurs enfants et petits-enfants. Il y a un repas à préparer, une dinde à commander, un sapin à décorer et des cadeaux à trouver. D’autres vivent ce temps dans une relative solitude. Peu de gens viendront les voir et ils ne sont guère attendus. Dans un cas comme dans l’autre, essayons de ne pas vivre Noël « du dehors », mais bien « de l’intérieur ». Prions Marie. Elle nous y aidera. Alors – « chut… !» – faisons un instant silence. Afin que notre cœur devienne une crèche intime. Une crèche où l’Esprit pourra faire naître l’Enfant-Dieu. Comme cela s’accomplit d’une façon unique pour la Vierge. Afin que l’on puisse dire de nous, ce qui est proclamé à son sujet : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » 

Réaction à la chronique de « Paul Robert » – La Libre de ce 14 décembre pp.42-43

Dans une opinion publiée ce jour dans La Libre, en pp.42-43, un haut-fonctionnaire fédéral, signant sous le pseudonyme de « Paul Robert », explique que la mentalité sous-jacente au pacte migratoire, est celle qui prévoit, ni plus ni moins que la disparition des peuples européens et leur remplacement par les « migrants ». Et l’auteur de citer, pour appuyer sa thèse du « grand remplacement », nul autre que Charles Maurras -soutien du régime français de Vichy. Comme lui, il  fustige le « peuple visible » – soit les élites – qui ânonnent leur mantra multi-culturaliste contre le « peuple réel », qui lui se rebiffe. Sa critique n’épargne pas au passage, l’Eglise « qui semble avoir décidé de confondre le globalisme niveleur et déracinant du libéralisme avec l’universalisme du Christ ».

Qu’il me soit permis de réagir en trois points:

  1. L’auteur reproche aux politiques migratoires de vouloir remplacer nos populations vieillissantes… Mais, que je sache, ce n’est pas suite à un complot des élites ou à une trahison de l’Eglise, que nous vivons une baisse de la natalité en Europe de l’Ouest depuis un demi-siècle. Et le fait de signer ou non le pacte migratoire n’y changera rien. Par contre, sans l’accueil de populations étrangères pour entrer sur le marché de l’emploi, qui payera nos pensions? Bref, cette chronique semble supputer qu’en stoppant les migrations à nos frontières, les femmes chez nous auront plus d’enfants. Chacun comprend – je pense -que celui qui écrit cela, prend son rêve pour la réalité.
  2. Opposer les « élites » au « peuple réel » est une rengaine dangereuse. Bien sûr que les migrations font peur. Peur aux personnes précarisées à qui on fait croire – à tort – que ces étrangers viennent prendre leurs emplois. Peur aussi aux bourgeois qui doutent de notre civilisation post-moderne, face à l’arrivée de populations majoritairement d’origine musulmane. Cette peur est un signe de faiblesse. Ici, je cite le ministre de la justice Koen Geens, dans une interview, ce jour même dans le quotidien « le Soir » (p.22):   « La migration met-elle en cause notre civilisation? Sommes-nous faibles à ce point? Pour ne pas avoir peur, il faut avoir une identité propre – qui n’est pas nécessairement l’identité chrétienne, mais celle des Lumières et en tout cas autre chose que le simplisme de nos « normes et valeurs ». On ne peut s’ouvrir à l’autre  qu’en étant un peu rassuré sur soi-même. » Au lieu de hurler au loup, invitons donc le « peuple réel» à retrouver un peu de confiance en cette civilisation des droits de l’homme, née il y a 50 ans sur les ruines de la seconde guerre mondiale et héritière, tant du Judéo-Christianisme que des Lumières.
  3. Enfin, accuser l’Eglise de confondre« le globalisme niveleur et déracinant du libéralisme avec l’universalisme du Christ », est aussi facile que gratuit. L’Eglise ne confond rien du tout. Elle tente de prêcher l’Evangile. Que cela plaise ou non au « peuple réel ». Car le « peuple réel » n’est pas automatiquement du bon côté de l’Evangile. C’est ce «  peuple réel » qui jadis réclama la libération de Barabbas et la mise à mort du Sauveur. Sans vouloir faire la leçon à qui que ce soit, l’Eglise rappelle que ces immigrés sont nos frères en humanité. Ce faisant, elle sait qu’elle ne se rend pas populaire. Mais elle ne peut échapper à la parole du Maître: « J’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. (…) Toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites » (Matthieu 25, 36 – 40)

Voici ce que j’écrivais à ce sujet dans l’édito de « Entrées libres » de novembre, le journal du SeGEC:

Devoir d’humanité

Une connaissance me raconta son récent jogging matinal du dimanche dans le parc d’une commune bourgeoise en région liégeoise. A peine avait-il commencé à s’échauffer qu’il tomba sur un groupe de sans-abri. « Même ici, on en trouve », se dit-il, vaguement agacé par cette irruption dans sa quiétude dominicale. Dépassant son malaise, il alla cependant leur parler, prenant le temps d’écouter chacune de leurs histoires. L’un d’entre eux lui expliqua qu’il dirigeait une petite entreprise, qui fit faillite suite à un mal de dos aigu, qui le mit en chômage technique. S’ensuivit un sale divorce, qui finit par le mettre sur la paille. Notre joggeur, lui-même indépendant, fut touché par ce récit d’une mésaventure, qui aurait pu être la sienne. Il renonça à poursuivre son sport matinal et alla tous leur acheter des cafés et des croissants….

Parce qu’il avait pris le temps de s’arrêter et de les écouter, ces « sans-abris en situation irrégulière » étaient devenus les noms et visages de frères en humanité. Il en va de même pour ces personnes qui hébergent des réfugiés du parc Maximilien ou d’ailleurs. En prenant la peine d’ouvrir leur foyer et leur cœur à ces illégaux, ceux-ci ont quitté l’abstraction des statistiques pour devenir une histoire. Le philosophe Emmanuel Levinas décrit ce phénomène comme « l’épiphanie du visage » : quand nous regardons un autre humain dans les yeux, il nous devient impossible d’encore le traiter comme un problème à régler. Il s’impose comme un humain à rencontrer.

En ce temps qui nous prépare à la fête de Noël, il ne s’agit pas de pécher par naïveté en prétendant qu’avec un peu de bonne volonté, toute la misère du monde et le drame des migrations sauvages pourraient être réglés. Ce n’est pas le cas. Et les politiciens qui doivent affronter ces délicates questions, méritent notre estime. Il s’agit cependant de ne jamais oublier que les sans-abris et les sans-papiers sont et restent des frères en humanité. Et que plutôt que de stigmatiser un prétendu « délit de solidarité », il s’agit d’encourager un « devoir d’humanité ». Ce n’est d’ailleurs pas anodin si l’évangéliste saint Luc raconte qu’à la naissance de l’Enfant-Dieu, sa mère « l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » (Luc 2, 7).

Que l’Esprit de la Nativité nous rappelle, chaque fois qu’un visage en détresse croise nos joggings matinaux et autres activités, que c’est le Christ que nous accueillons en tous ces pauvres. En d’autres mots, que le Souffle de Dieu nous ramène à notre élémentaire… devoir d’humanité.

 

Gaudete… – 3edimanche de l’Avent, Année C

« Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. »(Luc 3, 10-18)

Le troisième dimanche de l’Avent est surnommé ‘Gaudete’– dimanche de la joie. Pour nombre de nos contemporains, il y a peu de joie en ce temps de fin d’année. Notre société de consommation a fait de Noël la fête de la réussite : belle famille, bonne santé, beaux cadeaux. Beaucoup sont privés de tout cela. Le mois de décembre leur rappelle donc plus cruellement encore, l’échec apparent de leur vie. Certains crient leur colère en gilet jaune, d’autres se cachent pour ne pas être exposé à la honte de la précarité.

Jean le Baptiste invite à un autre chemin vers la joie – celui du partage et de la droiture :« Ne faites de violence à personne ; n’accusez personne à tort et contenez-vous de votre salaire. »Celui de l’attente, aussi : « Il vient Celui qui est plus puissant que moi. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ».

Le feu de l’Esprit réchauffe les cœurs et éveille à une autre joie. Pas une joie qui se mesure à notre niveau de réussite, non. Une joie qui se réchauffe dans l’étincelle du regard de notre prochain. « Être capable de trouver sa joie dans la joie de l’autre : voilà le secret du bonheur », écrivait Bernanos 

M… de mémoire

Il y a quelques jours, c’était le 70° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Dans quelques semaines (janvier 2019), ce sera le 100° anniversaire de l’ouverture de la Conférence de Paris, qui donnera le traité de Versailles.
Deux étapes de conclusion des deux guerres mondiales. Avec une différence: malgré les insistances du président américain, le traité de Versailles (1919) posa un regard profondément nationaliste sur le monde. Il chercha donc à punir ou affaiblir les nations perdantes. Une génération plus tard, celle-ci – ivres de vengeance – offrirent le pouvoir au monstre nazi. La suite est connue. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, par contre, dans le prolongement du « traité de l’Atlantique » entre Churchill et Roosevelt (1941) subordonna la nation au bien-être des peuples et des personnes. En ’45, l’Allemagne ne fut donc pas « punie », mais bien dénazifiée et reconstruite. Et 70 années plus tard, l’Europe vit en paix.
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M… de « mémoire ». Mais aussi de « misère », « malaise », « marasme »… Les héritiers de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ne semblent plus convaincre. La lettre « M » ne porte pas chance aux politiques européens du moment: Merkel? En bout de course. May? Dans l’impasse. Macron? Bloqué. Michel? Plus personne ne sait.
La question posée aux citoyens d’aujourd’hui est la suivante: Continuons-nous à nous inscrire dans la filiation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ou allons-nous reprendre les vieilles recettes nationalistes? L’histoire invite à bien réfléchir, car avec le traité de Versailles, nous savons où le nationalisme aboutit. « Le nationalisme, c’est la guerre », disait… Mitterand.

Sans ‘gilet jaune’, mais plus rugueux que saint Nicolas – 2e dimanche de l’Avent, Année C

« L’an quinze du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, et Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d’Iturée et de Traconitide, et Lysanias prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, le fils de Zacharie, dans le désert. »(Luc 3, 1-6)

Avec l’Avent nous sommes entrés dans une année liturgique nouvelle, consacrée à l’évangéliste Luc. Cet intellectuel grec, disciple de Paul, aime situer son propos dans le temps et dans l’espace. Lisons l’extrait de ce dimanche : Il y retrace règnes et pontificats. Comme pour mieux souligner un paradoxe. Au cœur de ces dynasties, qui complotent et se jalousent, un événement d’un autre type advient. La Parole fut adressée à Jean. Alors, jaillit un cri : « Préparez les chemins du Seigneur ! »

Qui se souvient de Lysanias, prince d’Abilène ? Par contre, la voix du Baptiste – elle – résonne toujours. Plus rugueuse que celle du grand saint Nicolas, elle n’en est pas moins pertinente. En ce temps de l’Avent, accueillons-la dans nos déserts spirituels. Et, alors que s’entend à Paris ou à Bruxelles le cri des « Gilets jaunes », prions pour une société qui s’écoute et qui partage. A défaut, notre monde se transformera en désert social, de par ses affrontement sourds et aveugles. 

In memoriam – Robert Stéphane (RTBF)

Robert Stéphane – administrateur-général émérite de la RTBF – faisait partie de la vie du quartier liégeois où j’habite. Un jour, il m’invita à partager un repas avec lui. Ce fut l’occasion d’échanges et de souvenirs. Ses yeux malicieux pétillaient d’intelligence. Il était animé d’une curiosité taquine, mais nullement malveillante. Un peu Tintin reporter, mais doté de l’esprit de Tchantchès.
Depuis, nous nous saluions toujours avec cordialité, en échangeant quelques paroles complices. Il y a quelques jours encore, je l’apercevais boulevard Piercot, ayant garé sa voiture de façon audacieuse et portant une caisse en se dépêchant… Tel un jeune homme.
Et voilà qu’il prend congé de ce monde, alors qu’il semblait tellement vivant. Puisse-t-il reposer en paix. Je prie pour lui et pour les siens. Avec son grand passage, cet éternel découvreur n’est peut-être pas au bout de ses surprises.