« La confiance du Semeur » – 15° dimanche, Année A

 «Voici que le semeur est sorti pour semer…». (Matthieu 13, 1-23)

Nous connaissons tous l’explication de la parabole du semeur, telle qu’elle se trouve en l’évangile selon saint Matthieu. Elle est juste et judicieuse, mais sans doute ne date-t-elle pas de Jésus, mais bien de l’époque de la rédaction de l’évangile – quelque quarante années plus tard. Il s’agissait alors d’encourager la jeune Eglise, faisant face aux premières persécutions : « Soyez comme une bonne terre ! Ne vous découragez pas et ne laissez pas les soucis du monde, vous détourner de l’Evangile. » Voilà un message d’encouragement, qui invite à être une « bonne terre, qui accueille la semence ».

Quand Jésus raconte la parabole, le contexte est cependant différent. Il est suivi par des jeunes disciples, qui croient qu’Il est le Messie et comprennent d’autant moins que « rien ne bouge ». Ils le harcèlent donc de questions : « Quand vas-tu prendre le pouvoir ? Chasser les Romains ?  Rétablir un culte juste et la place du royaume d’Israël face aux nations ? » Face à tant d’impatience, Jésus répond : « Mon Père – lui – ne raisonne pas comme vous : Il sème Sa parole à tous vents. Pour les bons comme pour les méchants. Il sait qu’une partie de la semence ne germera pas. Mais Il garde confiance. Celle qui tombera en terre et portera du fruit, rapportera au centuple. » Ici, l’accent de la parabole est mis sur la confiance – un message qui murmure à notre âme : Tel le Père, soyons des semeurs d’amour et d’Evangile à tous vents – auprès des bons, comme des méchants.

La marche des imams

Comment expliquer le peu de succès de la marche des imams de hier sur Bruxelles ? C’est la bonne question que pose l’édito du quotidien La Libre de ce jour : A cela, je réponds que – sans doute – les réseaux ne furent pas assez alertés. Personnellement, je ne l’ai appris que la veille (et donc trop tard pour m’y rendre), sans qu’aucune plateforme de dialogue interreligieux ne me prévienne. Elodie Blogie, la journaliste du quotidien Le Soir donne une autre explication : l’imam de Drancy sera perçu comme une « imposture », un tartuffe ou clown qui agacerait nombre de musulmans. L’explication est fondée, car je l’ai déjà entendue de la bouche de théologiens modérés de l’islam.

Il ne me revient pas de la réfuter. Tout juste de dire que l’homme que j’ai entendu hier soir dans l’émission radio « Au bout du jour » d’Eddy Caekelberghs ne me semblait pas un « sot », mais bien un citoyen courageux.
Mais il y a davantage : Il y a quelques semaines, j’ai participé à un événement interreligieux à Bruxelles. Au moment où j’allais entrer dans le lieu de culte, une voiture officielle s’arrête devant moi, avec trois gardes du corps pour protéger le même imam de Drancy. Ici apparaît – dans toute sa force – le drame de l’islam aujourd’hui. Un tartuffe ou clown catholique, laïque ou juif n’aurait pas besoin de protection policière. Mais l’islam vit une crise. Qui n’est ni propre ou unique à cette religion, car ce fut la crise de l’inquisition catholique, du péril rouge ou de la peste brune dans le passé. Mais une crise qui, aujourd’hui, est celle de l’islam. Voilà pourquoi je dis à mes amis musulmans : Pensez ce que vous voulez de l’imam Chalghoumi, mais battez-vous pour qu’aucun de vos coreligionnaires – si clown ou tartuffe vous semble-t-il – ne doivent vivre sous protection policière. Rappeler ce simple fait, mérite bien une marche des imams.

Fête nationale flamande.

L’édito de Bernard Demonty dans « le Soir » de ce jour est, comme d’habitude, bien pensé.
Qu’il me soit cependant permis un contre-chant. Je vais bientôt partir en vacances. C’est le moment où je cherche à acquérir des livres qui berceront mon temps de repos. Ma préférence, quand je le puis, est de lire un ouvrage dans sa langue d’origine. Je souhaitais donc acquérir cette semaine deux livres, bien connus, en néerlandais, mais… introuvables sur Liège.
Savez-vous combien de livres en néerlandais sont disponibles dans les principales librairies de la Cité ardente ? Aucun dans deux d’entre elles et une vingtaine dans la troisième. « Parce que personne ne les achète », me répondra-t-on. OK. Mais n’est-ce pas là, justement le problème ? Pareille ignorance à quelques kilomètres de l’autre grande communauté du pays…
Tout comme le fait qu’aucune chanson en flamand n’est jamais diffusées sur nos ondes, même publiques… (Le contraire se faisant régulièrement sur les ondes flamandes).

Bref – tout ceci pour conclure que le fond de la question communautaire est loin d’être vidée dans ce pays. A un sentiment de supériorité économique flamand répond un sentiment de supériorité culturelle francophone.
Il ne revient pas au « zinneke communautaire » que je suis, de faire la leçon à qui que ce soit. Mais je ne puis que constater que – sans un vrai intérêt et une réelle connaissance de l’autre – toute cohabitation demeure douloureuse.

La sagesse du Petit Prince – 14° dimanche, Année A

 «Ce que Tu as caché aux sages et aux savants, Tu l’as révélé aux tout-petits». (Matthieu 11, 25-30)

Si « le Petit Prince » de Saint-Exupéry est un tel succès littéraire mondial, c’est parce que ce petit livre touche du doigt une réalité fondamentale : « les grandes personnes », soit les humains qui se prennent trop au sérieux, passent à côté de l’essentiel de la vie. Dans le monde de la spiritualité chrétienne, sainte Thérèse de Lisieux a rappelé la même chose. Il ne s’agit nullement d’un éloge de l’infantilisme, mais bien d’un plaidoyer pour l’enfance spirituelle. Seul l’adulte libre et responsable peut comprendre que face au Mystère ultime (« Dieu » pour le croyant, « la Réalité » pour les autres), il est comme un enfant – appelé à se recevoir avec gratitude et confiance. Alors seulement, nous sentons-nous un peu moins écrasé par le poids de nos vies – parfois pourtant pétries de souffrance – à commencer par le poids de notre propre ego. « Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et Moi, Je vous procurerai le repos. »      

Blog : bilan du mois de juin

En juin 2011, ce blog recevait 3464 visites et 5721 pages furent visionnées ; (pas de chiffres pour juin 2012) ; en juin 2013 4236 visites pour 6339 pages vues ; en juin 2014 3686 visites pour 4571 pages vues ; en juin 2015, 2898 visites pour 3391 pages vues ; en juin 2016, il reçut 4333 visites pour 8030 pages vues. Ce mois de juin 2017, ils reçut 1800 visites pour 3184 pages vues.

Le lectorat belge compte 1339 visites. La France suit avec 154 visites, puis le Royaume-Uni suit avec 128 visites.

L’article le plus fréquenté fut « Collez-les contre le mur » du 7 juin avec 174 visites. Vient ensuite « Trois fois saint » du 9 juin avec 152 visites et « Bilan du mois de mai »  du 6 juin avec 151 visites.

Merci aux lecteurs et suite au mois prochain.

« Qui perd gagne » – 13° dimanche, Année A

 «Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera». (Matthieu 10, 37-42)

Avec le début des mois d’été, la société va vivre au ralenti et beaucoup partiront en vacances. Un moment de détente et de repos nécessaire et souvent salutaire. Il est, en effet, heureux que chacun puisse un peu plus penser à soi-même et à ses proches pour recharger ses batteries.

Attention cependant de faire du loisir et des vacances l’idéal de notre vie. Vivre uniquement en fonction d’un épanouissement égoïste, est un piège. Bien vite, cette « vie de rêve » étouffe l’âme. Seul ce qui nous tire vers le Haut, offre un bonheur durable. Et souvent, ceci passe par le renoncement, voire le sacrifice : aider son prochain, servir les plus démunis, vivre radicalement les Béatitudes,…

Qui accepte de « perdre » un peu de son confort de vie au nom du Christ et de Son Evangile, « gagne » bien davantage – car il devient spirituellement plus vivant.

« En plein soleil » – 12° dimanche, Année A

 «Ne craignez pas…» (Matthieu 10,26-33)

La fin de l’année scolaire, politique, judiciaire, ou autre… s’annonce avec le début de l’été. Notre pays est baigné en plein soleil. Que nous partions en vacances ou non, profitons de ce temps où tout se ralentit pour faire le point. Si souvent, de petites peurs nous paralysent. « Que va-t-il penser, si je lui dis ceci ? » « Que va-t-il arriver, si je fais cela ? »  Arrêtons d’avoir peur de notre ombre. Apprenons à vivre au grand jour – en plein soleil.

« Ne craignez pas ! » dit le Christ. Vous êtes dans la main du Père. « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés ». La seule chose qui pourrait nous perdre, c’est de renoncer à cette dignité d’enfant de Dieu. Ou comme le rappelle Jésus : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais bien ceux qui pourraient vous faire perdre votre âme.

« Le Pain qui Christifie » – Fête du Corps et du Sang du Christ, Année A

 «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui». (Jean 6, 51-58)

Le dimanche de la fête du Corps et du Sang du Christ – appelé communément « la Fête-Dieu – est d’origine liégeoise. Comme le rappela le pape Paul VI en 1965 : « elle fut célébrée la première fois au diocèse de Liège, spécialement sous l’influence de la Servante de Dieu, sainte Julienne du MontCornillon, et Notre Prédécesseur Urbain IV l’étendit à l’Eglise universelle » (encyclique Mysterium Fidei n°63).

Plus de 750 ans plus tard, cette fête rappelle encore que l’Eucharistie est le sacrement qui – par excellence – exprime l’Eglise : Si le Christ se rend sacramentellement présent dans l’Eucharistie, c’est afin que ceux qui communient à Lui soient « Christifiés », c’est-à-dire qu’ils deviennent présence du Christ dans le monde. «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui», déclare Jésus. Ou, comme l’enseignait saint Augustin aux chrétiens qui participaient à l‘Eucharistie : « Deviens ce que tu contemples, contemple ce que tu reçois, reçois ce que tu es : le Corps du Christ ».