Temps ordinaire en déconfinement – Jour 77 – Que ce pays est catholique…

Ce jour, en écoutant la radio « Première » (RTBF), dont je suis un auditeur en alternance avec RCF – bien entendu – j’ai souri en pensant : «  que ce pays est catholique! » Je m’explique: vous avez peut-être entendu parler de la démarche de la théologienne féministe Anne Soupa, qui s’est portée candidate au poste d’archevêque de Lyon? Il s’agit, bien entendu, d’une provocation, destinée à faire réfléchir et forcer le débat. 

Par trois fois j’ai entendu disserter longuement de cette info sur la Première : un chroniqueur du matin, une journaliste en fin de matinée et une interview en soirée. Comme quoi… dans un pays où il est de bon ton de se présenter comme « n’ayant plus grand-chose à voir avec l’Eglise catholique », voilà une radio publique qui analyse la vie interne de cette Eglise, comme si cela la concernait hautement. Bref… en catholique. J’y vois le signe que la vaste majorité de nos concitoyens de culture chrétienne, est bien plus catholique qu’ils ne veulent l’admettre. Même si c’est pour critiquer l’institution… comme l’adolescent le fait de ses parents. S’ils étaient totalement indifférent à une Eglise « ringarde et has been », ils n’attacheraient pas une telle importance à ce qui se passe en son sein.

« Fort bien… », penseront certains en me lisant, « mais avec cela, vous noyez le poisson, en ne nous disant pas ce que vous pensez de la démarche d’Anne Soupa… »  

Je respecte Anne Soupa, mais son analyse ecclésiologique ne tient pas la route, quand elle prétend que sa démarche ne vise qu’à renverser un interdit de droit canonique. Non, elle s’attaque à un enjeu proprement théologique, vu que l’on ne peut devenir évêque en restant laïque. L’évêque est le « clerc » par excellence. Et la question de l’ordination exclusivement masculine, est une question théologique : quelle est la place de l’homme et de la femme dans l’Eglise? Il n’est pas de mon intention d’entamer ici ce délicat débat. Je l’ai fait ailleurs.

Là où Anne Soupa a raison, c’est qu’il faut un plus grand brassage des états de vie pour diriger l’Eglise. Et que ceci aidera à limiter les abus. De fait, je pense qu’avec plus de femmes en situation de responsabilité dans l’Eglise, il y aurait, par exemple, eu plus rapidement la clarté sur les abus sexuels. Mais ceci n’implique pas l’ordination…  Avec trois femmes dans le nouveau Conseil épiscopal de son diocèse, l’évêque de Liège montre la direction.  

Pentecôte en déconfinement – Jour 75 – Reprise des cultes…

Une fête de Pentecôte confinée… encore et toujours. Il n’empêche: sauf énorme et douloureuse surprise, la semaine qui s’annonce devrait voir confirmé que la reprise des célébrations – sous conditions sanitaires – serait pour le lundi 8 juin.

Trop tard, sans doute, mais en ce jour du Souffle d’En-haut, autre chose m’anime. Durant le confinement, nous avons souvent entendu: « la société ne pourra reprendre comme avant ». Je voudrais prolonger: « et si le culte ne reprenait pas… comme avant? ».

De fait, combien ne participent pas à l’Eucharistie en se lamentant d’un curé qui prêche trop longuement ou mal, d’un micro qui fonctionne peu, d’un sacristain indiscret, etc… C’est humain, bien sûr. Mais pourquoi ne pas vivre l’Eucharistie en se rendant compte que c’est un cadeau que Dieu nous fait et qui nous aide à renouveler nos coeurs et nos esprits?

Viens Esprit Saint. 

« Souffle intérieur » – Pentecôte, Année A

 « Il répandit sur eux son souffle et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20 19-23)

Il y a quelques années, j’attendais sur le parvis d’une église du centre-ville que des funérailles commencent. Et je vis un petit enfant jouer devant le cercueil de son arrière-grand-père. Image d’une vie qui file comme l’air.

Et chacun de se demander ce qui n’expire pas. La réponse est : « le souffle ». C’est le même air qui passait dans les poumons du défunt et de son arrière-petit-fils. Mais le souffle est surtout intérieur : celui de l’Esprit – cette Force d’En-Haut qui nous « inspire ». Comme le dit le chant traditionnel « Veni Creator Spiritus », l’Esprit est « l’hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur ».

Le nombre de nos années est court. Vivons donc à pleins poumons spirituels. Demandons l’Esprit du Christ pour nous et pour tous ceux qui nous sont confiés.

Ascension en déconfinement – Jour 70 – Sécheresse…

C’était un petit article dans le quotidien « le Soir » de ce jour. Un petit article peu visible, comme ces petits articles qui parlaient, il y a quelques mois, d’un nouveau virus apparu en Chine… Un article qui parlait de sécheresse en Belgique.

S’il faut commencer à espérer la pluie dans ce pays, c’est que quelque chose est vraiment en train de changer. Et pourtant, c’est de cela qu’il s’agit. Nous sommes dans la seconde moitié du mois de mai et les pelouses sont sèches comme une fin d’été. Les agriculteurs sont inquiets. Les réserves d’eau s’amenuisent dans le pays. 

Rien de dramatique encore, mais le signe que le climat change. Et même s’il y a plus de soleil, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.  

Ascension en déconfinement – Jour 68 – La sagesse du chat…


Pourquoi les chats sont-ils tellement populaires dans une société où ils ont perdu leur principale utilité sociale, soit la mission de chasser les rats dans les granges des fermiers?

Parce que ces animaux libres et fiers fascinent. Dans une société où l’homme court après le temps, le chat se pose et ronronne. Il est comme ce fou du roi, qui gentiment se moque de son maître. Il est comme ce philosophe pauvre, que sa sagesse rend plus riche que les notables. 

Si le confinement nous pèse, posons donc parfois notre regard sur le chat…

Ascension en déconfinement – Jour 67 – Viens Esprit-Saint…


Nous sommes dans les neuf journées qui séparent l’Ascension de la Pentecôte. L’Eglise – toujours confinée – attend le don de l’Esprit.

Alors que les société se remet en route, l’absence de culte semble encore plus irréelle. Pareil manque, donne de creuser le désir. Si souvent, nous vivons les sacrements comme une habitude. Alors qu’ils sont un Don. 

Viens Esprit-Saint…

« Gloire à Dieu » – 7° dimanche de Pâques, Année A

« Glorifie ton Fils, afin  que le Fils Te glorifie. » (Jean 17, 1-11)

Nombreux sont nos contemporains qui rejettent un Dieu dont la « gloire » écraserait toute liberté humaine. Pour comprendre l’Evangile, c’est cette représentation de la « gloire » qu’il s’agit de changer.

La gloire de Dieu n’a, en effet, rien à voir avec le phantasme de toute-puissance qui écrase notre liberté. Au contraire, la gloire de Dieu est celle de l’amour qui triomphe quand l’humain se libère. Tout comme la gloire de parents, est de voir leurs enfants devenir des adultes responsables – de même, la gloire de Dieu est de nous aider à devenir des humains, tenant débout dans notre cœur et notre âme. L’Esprit du Ressuscité nous aide, en effet, à croître spirituellement.

Au cours de cette ultime semaine qui nous sépare de la Pentecôte, prions donc chaque jour pour ce Don de l’Esprit qui – en nous libérant de nos peurs – glorifie notre Père du ciel.           

« Esprit de liberté » – Solennité de l’Ascension, Année A

« Et moi, Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 16-20)

Si le Ressuscité avait voulu nous garder sous sa coupe, Il se serait contenté d’apparaître de temps en temps dans les églises ou au coin des rues. Plus besoin d’Evangile, de Vatican, de curés et chacun serait convaincu…

Convaincu, oui. Croyant, non. Il faut être libre pour vivre l’aventure de la foi. Le Christ – qui est Liberté suprême – ne s’impose pas à notre conscience. Avec l’Ascension, Il retourne dans la gloire de Son Père et nous envoie Son Esprit. C’est cet Esprit de liberté qui nous guide vers toutes les nations, pour annoncer la Bonne Nouvelle et baptiser au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Neuf journées séparent l’Ascension de la Pentecôte – fête du don de l’Esprit. Prions chacune de ces neuf journées. Demandons que le Souffle de Dieu nous renouvelle.  Avec l’Esprit, le Christ « est avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde ».