Journée de l’Europe – Peu en parlent, 70 ans après… Il faut pourtant en parler…

Il y a 70 ans, un 9 mai 1950, Robert Schuman – alors ministre français des affaires étrangères – propose dans un discours à Paris de rassembler sous une autorité commune la production de charbon et d’acier. Ceci marque le début de l’aventure européenne. Coincée entre le 75° anniversaire de la victoire sur le nazisme (hier) et le 80° anniversaire du début de la guerre pour notre pays (demain), cette date anniversaire passe quelque peu au bleu. A peu près personne n’en parle, si ce n’est les eurocrates. A cause de la lutte contre le coronavirus? Pas uniquement.  


L’Europe a mauvaise presse. Son projet économique semble une affaire d’élites, sourdes et aveugles aux inégalités sociales. Et chacun sait que les « bons arguments » des messieurs en costume trois-pièces, ne portent pas quand quelqu’un se demande, dès le 20 du mois, comment il va payer ses factures et se nourrir. Pourtant, face à la récession économique qui s’annonce, la Banque Centrale Européenne agit, en permettant aux pays membres d’emprunter à un tau unique. Mais déjà la Cour constitutionnelle allemande grogne que de telles actions sortent du cadres des traités européens. 

Alors, les souverainistes prospèrent. Je lisais un philosophe de gauche français, appelant à rassembler les opposants à « l’Europe de Maastricht » de gauche comme de droite. La gauche radicale qui s’allie à l’Altright, ce n’est pas banal et nous ramène aux années précédant la dernière guerre mondiale. Qu’y a-t-il de mal à vouloir une Europe de nations libres et solidaires? Rien – bien sûr. Mais, la nature humaine est ainsi faite que – plus il y a des frontières, moins il y a de solidarité. « Le nationalisme, c’est la guerre », avertissait Mitterrand. 

Je me permets ici une anecdote personnelle: Il y a des années, j’étais curé dans une paroisse où existait une rivalité entre l’association qui soutenait la paroisse et celle qui soutenait l’école paroissiale. Les bénévoles en charge de la paroisse reprochaient à ceux en charge de l’école, de sans cesse demander des sous. Les autres, reprochaient à la paroisse, de manquer de générosité. A un moment donné, j’ai choisi de faire passer les responsables de l’école les plus virulents… dans l’association paroissiale. Quelques mois plus tard, leur discours avait changé du tout au tout. Parce qu’ils s’occupaient désormais des affaires paroissiales, ils trouvaient que l’école exagérait dans ses demandes d’aide… Oui, l’humain défend naturellement les intérêts de ce dont il se sent responsable. 

C’est exactement ce que Robert Schuman et les autres pères de l’Europe avaient compris. Mettons ensemble la production de ce qui fait vivre l’économie européenne et une solidarité naîtra. Le demi-échec de ce projet s’explique par la semi-construction de l’Union, par le nombre de ses adversaires internes et externes et par le temps que prends la naissance d’une conscience commune.

Et maintenant? L’appel au retour à un état protecteur et à des chaines de productions plus locales, est unanime. Avec plus ou mois d’Europe?  Bien malin qui peut prédire l’avenir, mais rappelons que les  commémorations des 8,9 et 10 mai sont liées. Il n’y aurait pas de projet européen sans seconde guerre mondiale. C’est pour prémunir l’Europe d’un retour à la rivalité entre nations, que l’Union fut créée. Le 10 mai ’40 fut la date d’entrée en fonction de Winston Churchill, l’homme qui avant tout autre, décida de résister au nazisme. Dès 1946, lors d’un discours prononcé à Zurich, il évoqua la nécessité d’unifier l’Europe, pour que cesse la guerre sur le continent.  

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