Judéo-christianisme pour les nuls – 31° dimanche, Année B

« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ». (Marc 12, 28-34)

Les théologiens de l’époque aimaient se lancer dans de longues dissertations religieuses. Il y avait chez les Juifs 613 commandements : 365 négatifs (« tu ne dois pas ») et 248 positifs (« tu dois »). Le scribe qui interroge Jésus, lui demande donc : « Quel est le plus grand de ces commandements ? »La réponse du Seigneur ne se fait pas attendre : « Aimer – Dieu, son prochain, soi-même. »Pourquoi ? Parce que « Dieu est amour »(1 Jean 4, 8). Comme nous sommes créés à Son image (Genèse 1, 27), l’amour est source de toute vie authentique. Tous les autres commandements dépendent donc de l’invitation à aimer. Saint Paul le rappelle: « J’aurai beau avoir toute la science de la terre et du ciel, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. »(1 Co 13).

Contrairement aux illuminés sectaires et leurs enseignements mystérieux, Jésus parle un langage simple… Mais d’autant plus exigeant. En effet, « aimer » c’est tout donner. Le scribe a donc raison quand il ajoute que cela vaut mieux que tous les sacrifices. Le Christ le souligne, en lui lançant avec approbation:  « Toi, tu n’es pas loin du royaume de Dieu ».

40 réflexions sur « Judéo-christianisme pour les nuls – 31° dimanche, Année B »

  1. Aimer, c’est ce qu’il y a de plus difficile; on est loin des manifestations affectueuses : il s’agit de voir en chacun le visage de Jésus et il faut reconnaître que parfois cela ne va pas de soi :-)

    1. Et en plus, Marie Madeleine,  » Ce n’est pas un travail vite fait que d’aimer  » disait Marie Noël (pourrait être béatifiée un jour. Demandez lui un miracle, ça fait avancer les choses ).

  2. Dans son livre intitulé « L’homme immortel », Paul Nothomb (docteur en études hébraïques et juives de la Sorbonne), écrit que la phrase de Jésus « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » doit s’entendre non pas dans le sens de: « Tu aimeras ton prochain comme (tu t’aimes) toi-même », mais dans celui de: « Tu aimeras ton prochain (qui est) comme toi-même ». J’ai trouvé cette remarque intéressante.

  3. d’autre part , il n’est pas un juif (du moins c’est ce que je connais d’eux)qui reconnaîtra la phrase : « aimer, c’est tout donner  »
    aimer, c’est agir comme Abel  » faire venir des aînés de ses ovins et leur graisse »en offrande…s’il donnait tout, il n’aurait plus de troupeau, ce troupeau dont il est responsable face à la communauté.
    Vous me rétorquerez oui, mais Jésus lui a tout donné , parce qu’il a donné sa vie…Son âme ,son esprit , il les a préservés et il nous les a donné , si nous le suivons, et cela jusqu’à aujourd’hui. Il a confié sa mère à Jean,et à Pierre les clefs de l’Eglise, pour moi , il a agi avec discernement, sans se faire d’illusions sur l’homme. De la même manière un parent qui donne « tout » à son enfant, lui donne de manière pour le moins inappropriée….

    1. A Godelieve Istas

      Vous écrivez:

      „, il n’est pas un juif (du moins c’est ce que je connais d’eux)qui reconnaîtra la phrase : « aimer, c’est tout donner »
      aimer, c’est agir comme Abel » faire venir des aînés de ses ovins et leur graisse »en offrande…s’il donnait tout, il n’aurait plus de troupeau, ce troupeau dont il est responsable face à la communauté“

      Mais qu‘est-ce qui vous fait dire une énormité pareille, Madame?
      C‘est vrai que vous la qualifiez en disant „ du moins, c‘est ce que je connais d‘eux“

      1. hum, je comprends bien que , à vos oreilles ou plutôt à vos yeux, j’ai écrit une énormité. Je pense ne pas comprendre en quoi vous trouvez cela une énormité ?…la leçon était d’Armand Abécassis , peut-être l’a-t-il reprise dans un de ces livres, je ne sais pas, c’était il y a déjà pas mal d’années, le prof. Abécassis donnait des cours le soir à l’ULB…, je ne connais plus la fréquence des cours : c’étaient des expéditions dans la nuit , car pour moi elle commençait à vélo pour rejoindre un couple extraordinaire qui m’avait invité à les accompagner, le noir de la nuit était profond .
        Le prof. Robberechts, me semble-t-il, et d’autres organisaient des camps « Davar » 2 théologiens juifs, 2 théologiens catholiques enseignaient. … J’ai suivi quelques camps avec grand intérêt , puis bien plus tard, suivi plusieurs cours à l’institut hébraïque de Jérusalem. Internet permet depuis quelques années ce qui était inimaginable à tout habitant éloigné des grandes villes. En attendant avec intérêt votre réponse, je vous salue

        1. Ce sont les deux premières lignes de votre texte:

          „ Il n‘est pas un juif ( du moins c‘est ce que je connais d‘eux ) qui reconnaîtra la phrase „ aimer, c‘est tout donner“

          qui ont eu sur moi, vous l‘avez deviné, un effet de pîqure de guêpe…

          Que peut bien vouloir dire cette phrase?
          De qui est-elle?
          Comme vous dîtes „ du moins c‘est ce que je connais d‘eux“ elle doit être vôtre ou alors vous la reprenez à votre compte…

          Que peut bien signifier cette phrase?
          Que rien dans le judaïsme ne permet de conclure que l‘amour consiste à tout donner?
          Qu‘il n‘y a pas de verset dans le Torah, qui y fasse explicitement référence?
          Ou, plus sinistrement, que le juif aurait quelque difficulté à tout donner?
          Je suis un peu perdu, je dois dire, mais chaque fois la réponse doit être „ NON“
          Mais alors, où allons-nous?

          Je suis absolument persuadé qu‘il n‘y avait aucune intention dans votre chef d‘insulter qui que ce soit dans cette phrase, pourtant elle avait quelque chose de très blessant, à votre insu, je suis sûr.

          Je viens de suivre, il y a quelques jours en video depuis Londres, la célébration, à l‘école juive New Yorkaise de deux de mes petits-enfants, du début du nouveau cycle annuel des lectures hebdomadaires de la Torah.
          Une choréographie magnifique où les enfants louaient, en anglais et en hébreu, les „ valeurs juives“ qu‘ils découvrent à travers la Torah.

          La plus grande de ces valeurs, celle que Saint Paul a si merveilleusement décrite en disant „ si je n‘ai pas l‘Amour, je n‘ai rien“….n‘est-elle pas l‘essence même du sacrifice d‘Abraham, prêt à donner son fils?

          1. Je connais mal l’ Ancien Testament mais Abraham n’est -il pas un exemple d’amour envers Dieu plutôt que d’amour envers le prochain ? Une épreuve exemplaire, unique dans l’histoire ? ( comme l’ épreuve, le test de Job tout aussi unique, ou David et Bethsabée ? ). Si Abraham était venu après Moïse, le terrible cas de conscience ne se serait même pas posé.  » Tu ne tueras pas  » aurait prévalu et Abraham se serait dit que la demande de sacrifice venait du Diable.
            Plus simplement, nous, pauvres humains, pouvons nous avoir autre chose, quelle que soit notre religion ou notre absence de religion, que l’intention d’aimer ? Intention à renouveler chaque jour , parfois d’instant en instant.
            Les croyants sont sûrs de l’ aide de Dieu , dès qu’il s’agit d’aimer. Mais si un père ou une mère de famille s’esquinte la santé pour nourrir ses enfants, accepte un travail ingrat, ennuyeux, humiliant par amour, n’auront ils pas tout donné, eux aussi ? De même une infirmière qui, suivant son coeur s’exilerait au bout du monde ….. ? ou le sauveteur qui meurt ou reste handicapé ….. ? Le don de soi reste un mystère. Divin, ajouteront les croyants.

  4.  » Aimer c’est tout donner et se donner soi même  » ( Thérèse de Lisieux. Ce poème est devenu un chant catholique. Voir you tube ).
    Et en effet, prêtres, moines et moniales donnent tout . Corps et âme ……  » mes biens intérieurs et extérieurs et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures ….. » précise Louis Marie Grignon de Montfort dans sa Consécration à Jesus Christ par les mains de Marie ( très belle mais trop longue pour être reproduite ici ).
    Aimer serait aussi donner tout avoir, tout pouvoir, tout valoir si j’ ai bien compris le Père Eric.( sinon corrigez moi sans problème car j’ essaie de donner tout l’amour propre qui me reste- J’essaie )
    Certains saints, reconnus ou non reconnus, considéraient toute personne rencontrée comme supérieure, de plus de valeur, qu’eux mêmes.
    Mais comme le disait non sans humour C.S.Lewis ( je le cite de mémoire ) :
     » Chaque matin, je donne toute ma journée à Dieu, mais je n’ai pas encore fini de me raser que l’essentiel en est déjà repris …. ».

    1. Quand j’ écris : ce poème de Thérèse de Lisieux est devenu un chant catholique, je voulais simplement dire que j’aime beaucoup la version chantée par  » Catholique de France  » . Rien de plus.

  5. PS
    Renoncer à tout amour propre ….. L’ Evangile :- les miettes de la table, la nourriture pour les petits chiens.
    – le publicain et le pharisien
    – le centurion ;  » Seigneur je ne suis pas digne ….
    etc….
    Saint Paul :  » Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous mêmes ». ( Ph. 2, 3 )

  6. « Aimer c’est tout donner et se donner soi-même  » évoque  » la folie de la croix « . La croix est une folie pour beaucoup.

  7. A Muriel 17.06

    L‘interprétation que chrétiens et juifs donnent au sacrifice d‘Abraham n‘est pas la même.
    Pour les chrétiens, Dieu a voulu tester Abraham: es-tu prêt a tout sacrifier pour moi, jusqu‘à ton fils?
    Pour les juifs….c‘est plus compliqué:
    ils y voient un test de maturité: Abraham avait encore du chemin à faire, puisqu‘il était prêt à tuer au nom d‘un sacrifice, violant, ce faisant, le principe de sacro-sainteté de la vie qui est LA valeur centrale du judaïsme.

    1. A Kees,
      Merci. Toujours heureuse d’en savoir plus sur nos frères aînés et nos Pères dans la Foi . Et donc merci aussi à Godelieve. Je suis heureuse de voir que vous vous êtes remis.

  8. à Kees
    « aimer, c’est tout donner »
    je pense que le prof. Armand Abécassis nous répondait selon la sagesse de son peuple, de sa longue histoire, des enseignements, des questions que chacun se pose
    Au 2e chap. de la Gn, v. 18 « Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. » en hb (Chouraqui) : » Je ferai pour lui une aide contre lui « ( André Wénin, théologien belge) lui traduit : vis-à-vis de lui) C’est cet amour-là que je recherche : à la fois  » pour » et « contre » lui (en hb. le mot a les 2 significations )
    « Aimer , c’est tout donner », je l’entends comme un amour fusionnel qui ne fait pas advenir l’autre dans sa différence, dans sa gloire , dans l’épanouissement de son être.
    Nos Saintes ont trouvé leur chemin, il est vrai ….
    Cependant si tant de couples de nos jours , se séparent , n’est-ce pas parce qu’ils ne trouvent pas entre eux la bonne distance : pour et contre- contre n’a-t-il pas gardé son double sens à travers l’histoire ? : bien sûr , je simplifie fort…
    Que vos petits enfants soient bénis , les valeurs » juives » qu’ils découvrent dans la Torah sont belles
    ce sont elles qui sont l’assise de notre monde,  » là où la justice et le droit se concertent  »
    Et si vous demandiez à vos enfants ce qu’ils pensent de ce petit bout de phrase qui est l’objet de notre discussion ?
    Il y a aussi autre chose : n’est-ce pas gratuitement que je loue Dieu pour les bienfaits qu’il me donne et m’a donné, les bienfaits et les épreuves , oublierais-je cela? me les aurait-il donné pour que je les lui rende ? et non plutôt pour que je lui rende grâce et les mettent en valeur ?

      1. oui, bien sûr
        car je vous ai piqué sans m’en rendre compte
        je suis désolée de vous avoir blessé
        sans le savoir j’ai réveillé quelque chose d’important, d’essentiel
        …… »Que peut bien vouloir dire cette phrase?
        De qui est-elle?
        Comme vous dîtes „ du moins c‘est ce que je connais d‘eux“ elle doit être vôtre ou alors vous la reprenez à votre compte… »

        oui, c’est cela , ce que j’ai retenu d’une ancienne leçon, jamais oubliée, une aide ,je pense dans mon propre parcours

        « Que peut bien signifier cette phrase?
        Que rien dans le judaïsme ne permet de conclure que l‘amour consiste à tout donner? »

        il est vrai qu’un prof. n’est pas tout le judaïsme, …. mais oui, c’est pourtant ce que je retiens , mais quand même si Saint François se déshabille et rend ses vêtements à son père, le pape François ne peut faire ce qu’il veut des richesses du Vatican, heureusement, de même ma vocation n’est pas d’aller sur la place du marché vendre l’argenterie familiale, ni de visiter les malades sans me préoccuper du repas du soir de la maisonnée…
        Que les étudiants étudient, et les hommes entreprennent, que Bill Gates et autres philanthropes donnent. Que les parlements légifèrent… En tout nous œuvrons en discernant , .
        J’y songe enfin : il y avait une petite histoire juive qui parlait des saints et des fous, eux seuls donnaient tout
        Peut-être est-elle là la réponse?
        peut-être chacun doit trouver et assumer sa propre réponse
        , j’aime ce : » je te donnerai jusque là et pas plus loin, maintenant c’est à toi… »
        « Aimer c’est tout donner » peut enfermer, étouffer, empêcher autrui de devenir

        « Qu‘il n‘y a pas de verset dans le Torah, qui y fasse explicitement référence?
        Ou, plus sinistrement, que le juif aurait quelque difficulté à tout donner? »

        mais en quoi ne pas tout donner, donner quelque chose mais pas tout, serait-il sinistre?
        n’est-ce pas ce que nous faisons tous ? n’est-ce pas ce qui se fait partout dans le monde?
        en plus s’il ou elle reste à l’intérieur de l’institution église, un homme , une femme sont assurés du gîte et du couvert , de soins médicaux etc….

        « Je suis un peu perdu, je dois dire, mais chaque fois la réponse doit être „ NON“
        Mais alors, où allons-nous? »
        Oui, nous ne connaissons que bien peu des 2000 ans et + de commentaires qui encadrent la Bible qu’elle soit hébraïque ou Chrétienne

        1. Qu’on nous laisse quand même aimer et admirer ceux et celles qui ont tout donné.
          Dans le monde, dans certains milieux, leur choix est déjà suffisemment moqué et méprisé.
          Parcequ’on ne les connait pas. Parcequ’on ne les comprend pas. Et qu’on ne cherche pas à les comprendre.
          Non pas qu’ils désirent tant être compris. Simplement ils ont voulu se donner les moyens de suivre Jesus, d’aimer Dieu, d’aimer leur prochain. Ils ont tout donné  » pour l ‘ amour de l’ Amour « .

          1. Oui, ces jeunes qui font des choix radicaux. ça vaut la peine d’essayer de les comprendre. Si c’étaient, notre fils, notre fille ….
            L’ humour, afin de sourire à travers nos larmes, peut alors être utile ( le film :  » Tout mais pas ça « . Ou imaginer une mère juive disant :  » Quoi, tu veux partir dans un kibboutz sans nous amener avec toi ?  » ….Ou Chesterton, ou CS Lewis …

      2. la petite histoire juive, m’ est revenue
         » ce qui est à moi est à moi, ce qui est à toi est à toi,  » tel est le propos de l’homme normal
         » ce qui est à moi est à moi , ce qui est à toi est à moi  » tel est le propos du tyran, du despote,
        « ce qui est à moi est à toi, ce qui est à toi est à moi » propos de l’innocent, niais, ignorant (je ne sais
        plus sa qualification exacte)
        « ce qui est à moi est à toi, ce qui est à toi est à toi » propos du saint ,et du fou

  9. On peut ne pas être d’accord, et comme je l’ai dit plus haut, le rencontrer dans d’autres religions, y compris l’ athéisme, mais depuis Jesus, l’ amour fou envers le prochain existe davantage : Père Damien, Mère Theresa, tous ceux qui soignaient les pestiférés, tous ceux qui ont sacrifié leur vie en secret et en gardant le sourire (  » parfume toi la tête  » ) ….. Sans oublier tous les contemplatifs qui se tiennent en prière devant Dieu , jour et nuit, et intercèdent pour nous.

  10. De même que  » Les Lumères « , par ex. , ont introduit des idées neuves en politique , de même, Jesus , en religion, nous demande  » d’aimer nos ennemis  » , de  » bénir ceux qui nous persécutent « .
    ( Si nos ennemis savaient que nous les aimons en secret, à force de prier pour eux , la face du monde serait changée ).

    1. En écrivant  » la face du monde serait changée  » je me suis laissé influencer par Pascal ( Si le nez de Cleopatre …..). Ma première idée était :  » Si nos ennemis savaient que, en secret, nous las aimons, nous les bénissons ……. ils seraient ….. très contents « .

  11. La Folie de la Croix, n’est pas visible seulement le jour du Vendredi Saint mais tout au long de la vie de Jesus : le bon larron, Marie-Madeleine, le fils prodigue, la brebis égarée, prendre sur son nécessaire, vendre tout ce qu’on a pour le donner aux pauvres, le lavement de pieds, l’indissolubilité du mariage ……plus simplement : un Roi monté sur un âne, les premiers qui deviennent les derniers, le baiser au lépreux ….. la liste est longue. Ajouterais-je que le préalable à toutes ces folies est le renoncement à l’avoir au pouvoir, au valoir ?
    Cependant, il ne faudrait pas trop vite, reculer d’effroi et refuser….
    Car  » en contrepartie  » ( quel vilain mot mais le vieil homme en nous sait calculer) nous aurons le bonheur de Le suivre, Lui dont  » le joug est doux et le fardeau léger « , nous verrons avec les yeux de l’äme que le Royaume est parmi nous, nous serons heureux du bonheur des  » Beatitudes », et un jour,  » il essuiera toute larme de nos yeux « …..

    1. Petite réflexion au sujet des Béatitudes… En lisant ce magnifique texte (aussi bien dans St Matthieu que dans St Luc), je constate que Jésus met le verbe au futur (et non au présent) quand Il parle du bonheur. « Heureux les affligés, car ils seront consolés, les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde, ceux qui ont le coeur pur, car ils verront (et non pas voient) Dieu… ». Ce faisant, Celui qui, sur la croix s’est écrié avec angoisse et désespoir « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné », nous montre que ce n’est pas dans l’ici-bas mais dans l’au-delà que se situent les promesses du bonheur promis. Le dernier verset des Béatitudes est d’ailleurs très explicite: « Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse car votre récompense sera grande dans les cieux ». Dans les cieux et non pas sur cette terre qui, selon l’Ecriture, est considérée comme un exil, comme un endroit où le démon est le prince, comme une « vallée de larmes », selon le Salve Regina. Et c’est encore dans ce sens que la Vierge a dit à Bernadette de Lourdes: « Je ne te promet pas d’être heureux dans ce monde mais dans l’autre ». Perdre de vue cette perspective, attendre (en vain) dans le temporel des promesses divines qui ont trait à l’éternité peut, je le pense, conduire à l’athéisme

  12. En effet, JeanPierre. On ne peut s’empêcher de craindre pour ceux qui se lancent dans l’amour fou du prochain sans le secours de la Foi. Et pourtant, certains réussissent. Pouvons nous faire l’hypothèse d’une aide surnaturelle ?
    Plus je vieillis et plus je réalise la folie de cette religion. (le côté débile, pour parler familièrement). Le bons sens y est clairsemé. Historiquement aussi. Et comme je l’ avais déjà suggéré il n’y a pas longtemps : Darwinniennement parlant nous n’aurions pas dû l’emporter.
    Alors de deux choses l’une, soit l’hypothèse darwinienne n’explique pas tout. Soit nous recevons des aides surnaturelles dès lors que nous choisissons d’aimer le prochain , l’ennemi …..( entre le prochain et l’ennemi, il y a toute une série de nuances: le pauvre type, celui – qui- l’ a bien cherché, le facho,le stal, le minable, le malade,le fou dangereux, le sous-homme, ….celle qui ne veut pas s’en sortir, la dinde, l’hystérique, la teigne, la garce, la cheffe,la manipulatrice ….bien sûr, nous n’employons pas ces vilains mots mais oserais- je jurer que l’un ou l’autre ne me vient jamais à l’ esprit ? ( Matthieu : 5 – 22 ) ?
    L’amour fou du prochain nous donne l’ espérance.
    Belle fête de Sainte Elisabeth de la Trinité à tous. Grosse bise à Marie Paul Stevens ( auteur du livre
     » Guérie « ).

    1. Vous avez tellement raison, chère Muriel, de souligner ce caractère « fou » de la foi. Saint Paul est avec vous, lui qui écrit: « Car la prédication de la croix est une folie pour ceux qui périssent,mais pour nous qui sommes sauvés, elle est une puissance de Dieu » (1 Cor 1: 18)
      Ne m’abonnez-pas dans vos prières, J-P

      1. cher Jean-Pierre, je penserai sûrement à vous dans mes prières,vous l’ ayant un jour promis.
        Mais priez aussi pour moi. Voulant ci- dessus illustrer Matth. 5 -22 ( ( ne traite personne de « fou  » ou de « racca ….. ) ,j’ai énuméré une série de mots injurieux qui maintenant me poursuivent. Des mots nés du grave péché de colère. Je les croyais depuis longtemps sortis de ma tête grâce à la prière pour les ennemis. Hélas ….. Dieu merci, je n’ai pensé à personne de précis en les érivant mais quand même ….alors, pardonnez -moi, priez pour moi …..

    1. En rapport avec l’essentiel, en rapport avec ce qui a été toujours pour le Christ et les apôtres la priorité numéro 1 (à savoir notre salut éternel), permettez-moi de vous citer une parole de Gustave Thibon. A la question: « Quel est selon vous le plus grand mal de notre époque? », celui-ci a répondu: « Exiger du temps qu’il tienne les promesses de l’éternité. Simone Weil a tout dit: Dieu et l’homme sont comme deux amants qui qui se sont trompés sur le lieu du rendez-vous: l’homme attend Dieu dans le temps et Dieu attend l’homme dans l’éternité ». D’une manière ou d’une autre, cette réalité là, je n’aurai jamais cessé de l’écrire sur ce blog (et ailleurs) avec cette impression douloureuse qu’on ne l’a jamais entendue

  13. A la bonne et attentive attention de, par ordre d’apparition à l’écran : Marie-Madeleine clobus, muriel lehembre-bailleul, Jean-Pierre Snyers, Godelieve Istas, Kees Scholtes.
    ‘’Amour, amour…’’ dit la chanson, et répètent tous les cœurs enamourés, sans toujours savoir ce dont il s’agit, ni de quoi, ni comment.
    S’il est une parabole célèbre entre toutes concernant LE COMMANDEMENT ESSENTIEL, c’est bien le chapitre 13, et particulièrement les versets 14 à 35 de l’évangile de Jean. Une lecture attentive nous éclaire :
    Ayant lavé les pieds de ses disciples, Jésus dit :
    13,14 : SI DONC JE VOUS AI LAVE LES PIEDS, MOI LE SEIGNEUR ET LE MAÎTRE, VOUS AUSSI VOUS DEVEZ VOUS LAVER LES PIEDS LES UNS AUX AUTRES.
    13,15 : CAR C’EST UN EXEMPLE QUE JE VOUS AI DONNE, POUR QUE VOUS FASSIEZ, VOUS AUSSI, COMME MOI J’AI FAIT POUR VOUS.
    *Il s’agit donc ‘’de prendre soin de’’ et non ‘’d’aimer’’, verbe qui a perdu toute signification (précise) tant il a été mis à toutes les sauces !
    Et Jésus poursuit :
    13,15 : CAR C’EST UN EXEMPLE QUE JE VOUS AI DONNE, POUR QUE VOUS FASSIEZ, VOUS AUSSI, COMME MOI J’AI FAIT POUR VOUS.
    13,16 : EN VÉRITÉ, EN VÉRITÉ, JE VOUS LE DIS, LE SERVITEUR N’EST PAS PLUS GRAND QUE SON MAÎTRE, NI L’ENVOYÉ PLUS GRAND QUE CELUI QUI L’A ENVOYÉ.
    *Faites donc vous aussi comme moi, que vous désignez comme votre Maître je l‘ai fait pour vous car nous sommes tous égaux, alors même que vous suivez mon enseignement (…Et écoutez donc ce que je vous dis !). Et,
    13,17 : SACHANT CELA, HEUREUX ETES-VOUS, SI VOUS LE FAITES’’.
    ….Amen, amen. Et adieu, je retourne définitivement à mes cieux laïcs et chargés.

        1. Purgatoire dès ici-bas? En voyant l’ambivalence de l’univers qui comporte le meilleur et le pire, la vie et la mort, j’aurais tendance à le penser aussi sans nier pour autant qu’il existe également dans l’au-delà) Nous sommes sur une terre qui n’est pas notre véritable patrie mais nous portons en nous comme une nostalgie d’un Paradis perdu. « Notre véritable cité est dans les cieux d’où nous attendons notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ qui transformera notre corps humilié pour le rendre semblable à son corps de gloire » (St Paul, épître aux Philippiens 3: 20-21)

          1. « Si l’on me demandait de dire clairement quelle est la plus grande menace de tout le vingtième siècle, je ne trouverais rien d’autre à dire que ceci: l’homme a oublié Dieu » Alexandre Soljénitsyne

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