Le Pape et la pédophilie

Sale temps pour le pape François…
Sa déclaration improvisée sur le nécessaire accueil par tout parent d’un enfant homosexuel a été médiatiquement balayée par sa mention fugace d’un possible recours à un psychiatre. Et certaines rédactions de conclure: il sous-entend que l’homosexualité est un trouble psychiatrique. La Vatican a beau expliquer et contextualiser, auprès de beaucoup le mal est fait.
Mais ce n’est pas tout: un nonce à la retraite demande à François de démissionner, en l’accusant d’avoir couvert un cardinal américain, récemment sanctionné pour pédophilie et inconduite morale.
Enfin, de nombreuses victimes de la pédophilie accusent le Pape de beaucoup parler et de peu agir.
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Loin de moi de penser que le Pape soit parfait. Ou que sa gestion du dossier de la pédophilie soit sans failles. Mais – soyons francs – qui d’entre nous peut se vanter de pouvoir gérer une question aussi délicate sans parfois commettre des faux-pas? Pas moi en tous les cas. En tant que porte-parole des évêques, j’ai eu à piloter médiatiquement  la démission de l’évêque de Bruges et ce, en trois jours. Dieu m’est témoin: à ce moment-là, j’ai agi dans l’urgence et à l’instinct. J’ai été bien conseillé et entouré, mais j’aurais tout aussi bien pu me planter magistralement. Alors, dans la position du Pape, je pense que la tâche devient titanesque. J’invite donc tous les catholiques à prier pour leur Pape, afin que l’Esprit l’inspire.
Cela est d’autant plus difficile qu’il est pris en tenaille entre une faction ultra-conservatrice qui veut l’empêcher de poursuivre sa mission et voit l’ombre d’un « lobby gay », complaisant envers la pédophilie, dans son entourage. Et de l’autre, une faction ultra-progressiste, qui veut révolutionner la vision traditionnelle de l’Eglise concernant la sexualité.
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Voici quelques pistes qui me semblent importantes pour que l’Eglise soit à la hauteur du défi de la pédophilie:
1. Il faut continuer à nettoyer les écuries d’Augias. Je ne suis donc pas choqué (mais bien sûr fort peiné) par les révélations du grand jury de Pennsylvanie. Je pense que d’autres dossiers vont continuer à sortir. Au lieu de commenter la chose en disant « vous voyez que l’Eglise ne fait rien », j’invite la presse à expliquer que ceci démontre au contraire que la culture du silence et la protection des contrevenants – c’est fini. Que cela se fasse laborieusement et maladroitement, j’en conviens. Mais il s’agit de soutenir ceux qui accompagnent ce mouvement – dont le pape – plutôt que de les clouer au pilori. Car cela fait le jeu de leurs adversaires.
2. Il s’agir de lutter contre cette maladie spirituelle, appelée par le Pape le « cléricalisme ». Elle consiste pour un clerc à se penser au-dessus du commun. Que les séminaristes soient donc éduqués à la collaboration et à l’écoute des femmes et des hommes dans la société et des baptisés dans l’Eglise.
3. Le célibat consacré (tout comme le mariage) ne peut être vécu de façon équilibrée que sur base d’une intégration harmonieuse de sa sexualité. Le fait de renoncer à fonder un couple et à vivre une sexualité active ne fait pas de vous un être angélique (ou un robot clérical) sans pulsions sexuelles et sans affectivité. De saines et saintes amitiés avec des hommes et des femmes, vécue avec la prudence voulue, ne détournent pas le prêtre de sa mission, mais l’y enracinent. Je me souviens des commentaires grivois lorsque le monde découvrit l’amitié entre saint Jean-Paul II et une philosophe américaine. Jusqu’au moment où le pape François réagit en déclarant: « Moi ce qui m’inquiète, c’est un prêtre incapable de vivre une amitié juste et saine avec une femme ».
Certains affirment que le célibat consacré est un risque en soi de dérapage, par frustration. S’il est imposé, il ne pourra épanouir. Par contre, s’il est librement accepté comme réponse adulte à un appel, je pense qu’il est porteur de sens et n’empêche pas la joie et le bonheur. D’ailleurs, le phénomène #Metoo démontre qu’une vie sexuellement « libérée », n’est – hélas – pas non plus une garantie de sexualité pacifiée et non-violente.
4. Le prêtre est un homme du spirituel et de l’invisible. S’il ne vit plus dans la prière, qui le relie à l’Esprit et à l’invisible de Dieu – il devient le plus perdu des hommes. Un vendeur de chaussures, s’il perd le goût de sa profession, agit néanmoins dans le visible et le concret et ceci le raccroche à la réalité. Un prêtre qui oublie le sens de Dieu devient – lui – un pantin pathétique. Invitons donc les prêtres à rester accroché à la prière et aidons-les sur ce chemin, en les encourageant. Et en priant pour eux.

68 réflexions sur « Le Pape et la pédophilie »

  1. Belle réflexion bien sur. Mais tout incident doit être analysé à la lumière des facteurs humains qui le génère, punir les fautifs , aussi indispensable soit il, laisse en place les facteurs qui soustendent l incident, appelé de facto à se reproduire inexorablement. Le prête est un humain qui aspire au spirituel et à l invisible. A mon sens, Il ne peut y arriver qu en acceptant son humanité et son extraordinaire banalité. Dont sa sexualité… La refouler sans la comprendre et la vivre harmonieusement ne peut guère l aider à sortir de l impasse. Le prêtre est un homme, devrait être une femme, comme les autres…

  2. oui, prions pour nos prêtres
    Il me semble que nous oublions, que nous ne savons plus d’où nous venons,
    je voudrais dire qu’en arrivant , jeune femme, avec une éducation fort janséniste dans un village de Wallonie, j’ai découvert avec étonnement les attouchements auxquels beaucoup de petits garçons et filles se livraient le plus simplement du monde ; pas tous, certains seulement, cela dépendait des familles
    ensuite une dame âgée à l’époque, elle est décédée aujourd’hui m’a raconté qu’il était tout-à-fait normal qu’un curé joue avec des jeunes garçons … Ah bon. Elle le pensait vraiment.Bien sûr toutes ne pensaient pas ainsi.
    La vie des enfants à la campagne était souvent très dure . Les gens étaient durs , avaient peur de l’ inconnu, ne savaient que rarement dialoguer
    La société toute entière a évolué : nos familles ne sont plus des familles nombreuses, les enfants uniques sont parfois seuls à la maison, en attendant le retour des parents fort occupés. Le monde a changé, nous exigeons que nos enfants à l’extérieur de la maison soient à l’abri de prédateurs et nous avons raison, le meilleur abri cependant est une parole qui est échangée les uns avec les autres et là est bien le plus difficile : ce dialogue parfois si difficile lorsque nous nous découvrons différents et devons accepter que la différence est richesse et pas un danger

    1. Oui, Godelieve, les choses étaient tout autres , avant. Quand, dans ma petite école mixte, une jeune élève ( 14, 15 ans ….) avait une histoire avec un prof masculin, la honte était pour elle. Bien sûr , si les choses avient été trop loin, le professeur était muté, sans plus. Mais c’était aux filles de savoir se tenir. Nous n’osions pas en parler à nos parents.

  3. Merci, Eric, pour le courage que vous montrez en confrontant le sujet „ en pleine tempête“ .
    Cette lettre du nonce prouve en tout cas une chose: que le Pape actuel a des ennemis, et cela dans les plus hauts rangs de l‘Eglise, qui ne reculeront devant rien pour lui enfoncer un poignard dans le dos, de préference sur la place publique. Certains n‘ont pu cacher leur joie à ce spectacle.

    Sur la pédophilie elle-même….
    Nous avons affaire à un gigantesque fléau, rien de moins.
    Le crime est extrêmement grave: rien ne peut être plus précieux que le bonheur des enfants.
    J‘ai appris, il n‘y a pas longtemps, que dans le village de mon enfance aux Pays-Bas cinq garçons ont été abusés par un membre du clergé dans les années soixante.
    Lorsqu‘ils se sont confiés à leurs familles, on a refusé de les croire.
    Quattre d‘entre eux se sont suicidés à différents moments…
    Le cinquième est devenu clochard à Amsterdam et est mort jeune.
    Le clergé a exercé des pressions sur les familles pendant des années pour que la chose reste secrète.
    En vain: dans le village c‘était devenu un secret de polichinelle.
    Puis, quelqu‘un n‘en pouvait plus et a écrit aux journeaux, cinquante ans après…

    Ce membre du clergé est mort depuis longtemps.
    Mais ses actes ont causé la mort de quattre adolescents.
    L‘Eglise, elle, s‘est uniquement pré-occupée de la sauvegarde de sa réputation. Son hypocrisie donne la nausée…

    Ce cas est un parmi des centaines, non des milliers (!), d‘autres à travers le monde.
    Quelle a bien pu être la foi de ses membres du clergé dont la pédophilie était devenue, non pas une aberration ponctuelle, mais un „ life style“ ?
    Comment, bon sang, voulez-vous que nous continuons de croire en recevant les sacrements de leurs mains?

    Qui, de ma géneration, aurait pu croire qu‘une telle situation se produirait un jour?

    1. Bonjour Kees,

      Commentaire très pertinent je trouve.
      Je n’en rajouterai pas sur la communication du pape, au minimum très maladroite sur un sujet aussi explosif.
      Je suis interpellé par deux choses par contre.
      La première, dans le billet ci-dessus, est la mention d’une faction au sein de la Curie romaine qui postule l’existence d’un « lobby gay » qui serait complaisant envers la pédophilie. Ceci est vraiment grave, puisqu’on crée là un amalgame inadmissible entre deux comportements, l’un parfaitement normal, l’autre totalement déviant.
      La deuxième est le rapport que l’on trouve couramment affirmé entre célibat des prêtres et pédophilie. A mon avis ceci est au mieux simpliste et plus probablement simplement faux. Des individus pédophiles vont fréquemment tenter de se placer en position d’influence sur des enfants, par exemple en tant qu’enseignant, prêtre ou éducateur (pas uniquement dans l’Eglise donc). Mais dans le cas particulier des Églises, ceci est associé de longue date à un déni voire à un camouflage systématique en cas de découverte. Rien d’étonnant dès lors à retrouver un nombre anormalement élevé d’individus pédophiles dans la prêtrise, soit de purs manipulateurs opportunistes, soit (la nature humaine étant complexe) justifiant à leur propres yeux leurs agissement par l’ensemble de leur pratique ecclésiastique. A mon avis, tant que cette réalité très dure à intégrer ne sera pas perçue et prise en compte, les dérives continueront.

      Cordialement,
      Th

      1. Vous évoquez très bien les  » prêtres ou éducateurs » fautifs également dans des dossiers de pédophilie. Comment envisagez-vous « d’intégrer cette réalité très dure et de la prendre en compte » ? Comment allez-vous les débusquer et les reconnaître ?

        1. Pire encore : comment lutter contre les faits de pédophilies présents dans les familles, sachant que les enfants seront encore davantage enclins à se taire pour des raisons évidentes ?

          1. C’est la même chose dans le cas d’enseignants ou d’éducateurs. La hiérarchie doit pratiquer la transparence et renvoyer vers la justice. Plus difficile par contre de prévoir un « filtrage psychologique » dont on voit mal comment il pourrait être accepté ne serait-ce que par les syndicats.

        2. La première chose est certainement d’adopter une « tolérance zéro » en renvoyant systématiquement les cas vers la justice civile et en démettant les personnes de leurs fonctions. Ensuite, au niveau du recrutement il faut sans doute procéder à une analyse psychologique poussée des candidats.

      2. Merci Thierry!

        Je vous rejoins totalement lorsque vous parlez des deux amalgames „homosexualité-pédophilie“ et „prêtres-pédophilie“.

        Mais lorsque vous écrivez

        „La première, dans le billet ci-dessus, est la mention d’une faction au sein de la Curie romaine qui postule l’existence d’un « lobby gay » qui serait complaisant envers la pédophilie. Ceci est vraiment grave, puisqu’on crée là un amalgame inadmissible entre deux comportements, l’un parfaitement normal, l’autre totalement deviant“

        il importe, je crois, de contextualiser la mention d‘un „lobby gay“ dans le texte d‘EDB.

        En effet, rien dans le texte d‘EDB n‘indique qu‘il prend à son compte l‘existence d‘un soi-disant „lobby gay“ au sein de la Curie romaine.
        Au contraire, il le mentionne comme une accusation provenant de factions ultra-conservatrices au sein de l‘Eglise.
        Ces gens ne reculeront devant rien pour atteindre leur but final, quitte à tomber dans le travers des pires „conspiracy theories“

        1. Kees, je l’avais bien compris ainsi. Mais il est justement ahurissant qu’on puisse encore faire de tels rapprochements. Ceci dénote une déconnexion complète du terrain de la sexualité et c’est plutôt à ce niveau que le célibat constitue un handicap.

        2. A Kees,
          Actuellement , les associations de gays sont tellement puissantes ( j’ evite le mot lobby pour vous faire plaisir) que , dans de très nombreux pays occidentaux , la loi permet, entr’autre de faire des expériences éducatives sur des enfants ( 2 pères, pas de mère, un enfant) et de réduire en exclavage des femmes de pays pauvres (  » choisissent par misère  » de porter l’enfant d’un homosexuel et sont contraintes de l’abandonner à sa naissance parcequ’  » elles ont signé  » ).
          Moi aussi, l’ombre des lobbies homosexuels me fait peur et je ne suis pas ultra catho pour autant.

          1. Où est le problème?
            Tout cela est merveilleux.
            Moi, mon lobby milite en faveur d‘une éducation sans aucun parent: juste deux gorilles.
            Le retour à la nature, quoi!

            Répandez la nouvelle, après tout..vous l‘avez lue sur l‘internet!

          2. A Kees,
            L’homoparentalité et l’enfant-objet sont des sujets qui ne me font pas rire.
            Le mot  » lobby  » non plus. Surtout depuis l’ annonce en France, ce matin, de la démission de Nicolas Hulot.

          3. A Muriel 3 Sept….

            Vous dîtes: l‘arbre (lobby ou réseau) sera jugé à ses fruits.

            Mais, pour certains l‘Eglise Catholique est LE lobby par excellence.
            Peut-on leur donner entièrement tort?

            Sommes-nous prêts à être jugés à nos fruits?

          4. merci de me répondre Kees. En effet, au début de ma conversion, la dame qui me faisait la catéchèse pour adultes me demanda :  » Que penses tu de l ‘Eglise, Muriel. Que crois- tu qu’elle est  » . Je n’osais pas lui répondre  » Une grande secte qui a réussi  » mais je répondis quelque chose d’approchant. Alors elle, de sa voix douce :  » Non, l’ Eglise est le Corps du Christ « . Heureusement j’ avais déjà lu et relu  » Le journal d’un curé de campagne « . J’avais déjà éprouvé une infinie reconnaissance envers ces moines copistes qui recopiaient, parfois la rage au coeur, je présume :  » Et Moi Je vous dis d’aimer vos ennemis, de bénir ceux qui vous persécutent »…. Heureusemnt…
            Et depuis, quoique ouvrière de la dernière heure, fille prodigue, bonne laronne, en un mot : pècheresse ( pardonnée) , j’ y vis la liberté des enfants de Dieu.

          5. PS ( pour répondre à Kees) : J’ai oublié de dire que je pense devoir avoir accepter qu’ « on juge l’arbre à ses fruits » ( puisque c’est une expression de Jesus lui- même ).
            Ecouter attentivement, avec bienveillance et empathie les victimes. Exiger réparation. Ne pas fuir le debat, demander pardon à Dieu, seule et collectivement. Partout où l’ Eglise pèche, juge les personnes, manque de miséricorde….etc…Elle est devenue ma famille, en quelque sorte.

  4. Merci pour ce bel article qui nous rafraîchit après la somme d’accusations excessives et infondées qu’on a pu lire à propos du Pape et de son mot « psychiatrie ». Pour moi, je m’étonne que la suite de la phrase « pour voir comment sont les choses » n’est jamais évoquée. Je comprends cela comme « étudions la situation et voyons ce qu’il en est réellement » et pas du tout comme « il faut soigner cet enfant »! Comme parent, j’aurais certainement eu recours à une aide psychologique ou psychiatrique ne fût-ce que pour m’AIDER à adopter la meilleure attitude dans une situation tout à fait nouvelle pour moi !

    Je pense qu’il est super important de lutter contre la pédophilie (partout et pas seulement dans l’Eglise) car c’est une abomination. Je suis quand même indignée de voir comme on jette le bébé avec l’eau du bain et les prêtres honnêtes et dévoués avec les mauvais… Cette tendance à la généralisation plaît dans le public qui n’aime pas trop les analyses de fond.

    Donc, encore merci pour votre article qui ouvre à la réflexion au lieu d’ouvrir à la haine !

    1. Mais pourquoi donc parler ici de psychiatrie, même si c’est « pour voir comment sont les choses » ? Si un adulte – quelle que soit d’ailleurs son orientation sexuelle – souhaite l’aide d’un professionnel pour se comprendre un peu mieux, soit – c’est même une excellente chose. Mais un enfant ? En l’absence de pathologie, laissons-le tout simplement grandir tel qu’il est et il aura tout le loisir de faire une psychanalyse s’il le souhaite, une fois devenu adulte.

      1. La phrase contestée parlait de jeunes enfants; je me dis qu’un enfant de 8 à 10 ans, par exemple, ne dispose pas des « mots » pour dire son questionnement; comme parent, si je vois un enfant qui se tourmente (quelle qu’en soit la raison), je vais évidemment m’adresser à un spécialiste.

        Pour les adolescents, c’est différent et le Pape l’a très bien souligné. Seul le mot « psychiatrie » choque mais le Pape aurait dit « psychologie » et la tempête n’avait pas lieu.

        Je me souviens d’un problème relationnel avec l’un de mes jeunes; nous nous aimions mais n’arrivions plus à nous parler efficacement. Une aide extérieure a été bienvenue et a permis de ré-instaurer un dialogue confiant, comme avant.

        Je pense (étant seule aux commandes) avoir fait le meilleur choix en lui proposant ces entretiens (ensemble, puis séparément) avec un spécialiste. En quelques semaines, le problème (mineur) était éclairci. Sans cette aide, peut-être aurions-nous continue à nous crier dessus sans résultat …

        1. Bien sûr qu’une aide extérieure est bénéfique en cas de problèmes relationnels, que ce soit entre parents et enfants, entre conjoints… Mais je pense qu’un enfant qui « découvre » une tendance homosexuelle en lui n’aura pas besoin d’en parler car pour lui ce ne sera pas un problème. Je crois que ce n’est qu’à la découverte de l’érotisme – c’est-à-dire à la puberté – que la découverte d’une attirance pour des personnes du même sexe peut être une source de questionnement et de souffrance. Alors, oui, si le jeune montre un mal-être, cela aura du sens de l’emmener voir un spécialiste qui l’aidera à mettre des mots et à se pacifier. Mais je persiste à penser que dans l’enfance, cela n’a pas lieu d’être.

  5. Je voudrais ajouter qu’on accorde (à mes yeux) une place énorme à la sexualité et je pense qu’il y a pas mal de personnes qui, même en n’étant pas engagées dans la vie religieuse, vivent en dehors de la sexualité et ne s’en portent pas plus mal.

    Toute la question est « engagement volontaire ou obligation » ? Et une autre question « ose-t-on le dire et prendre le risque de passer pour anormal » ?

    Mais supposer que le mariage des prêtres règlerait la question est à mon avis une erreur totale et on a vu assez de cas d’hommes mariés coupables de ces faits !

  6. Une chose est sûre: en répondant à l’accusation gravissime de Mgr Vigano par une sorte de fin de non-recevoir (pas de commentaire), le pape renforce l’idée de ceux qui considèrent l’Eglise comme une mafia, comme une organisation pratiquant l’omerta. S’il n’est pas coupable, pourquoi ne le dit-il pas? Pourquoi ne dément-il pas formellement ce qu’affirme par écrit Mgr Vigano dans sa lettre détaillée de onze pages contenant des faits précis? Si les propos de ce prélat ne sont que de la diffamation, si ce qu’il affirme est grotesque, farfelu, mensonger, qu’attend le Vatican pour le dire et pour le prouver? Stratégie du silence, face à un fait qu’on ne peut contester?

  7. Thierry Marique, Je pense que faire passer une analyse psychologique poussée à tous les candidats vers un poste les mettant en relation vec des enfants est assez irréaliste. Mais envoyer les fautifs devant la justice civile, est une évidence ! Seulement là, le mal est déjà fait…

    1. Bonjour Marie-Madeleine,

      Je pensais plus spécifiquement aux candidats à la prêtrise.
      Renvoyer vers la justice civile n’est une évidence que au mieux depuis tout récemment, la plupart des cas sont d’ailleurs prescrits. Le souci est donc que depuis d’autres aussi nombreux ont dû se camoufler depuis dans la structure. Je crains que en effet le mal ne soit déjà fait et continue d’avoir lieu. Si l’impunité n’avait pas perduré jusqu’à récemment, on aurait au moins pu espérer endiguer partiellement le phénomène. Encore une fois, je pense que les Églises (pas seulement catholique) sous-estiment grandement le nombre de personnes infiltrées dans leurs rangs. J’ajoute que je comprends bien que ceci est extremement difficile à gérer.

      1. Merci Thierry Marique pour votre souci d’objectivité en parlant de  » personnes infiltrées ».Trop souvent on nous regarde comme si  » suivre Jesus en se groupant  » était déjà un mal en soi.

        1. Oui Muriel. Ceci étant certains se retrouvent à des hautes positions et sont donc juge et partie ce qui complique les choses et les rend particulièrement graves. Je ne voudrais pas avoir à gérer celà

          1. Oui, Thierry, sans parler du centralisme romain et de la sensibilité aux sirènes des medias.

      2. Un des éléments du problème est que pas mal de plaintes sont arrivées après le délai de prescription. J’ai toujours dit à mes enfants qu’ils avaient le droit de se défendre contre n’importe qui s’ils se sentaient attaqués. Heureusement, de toute notre vie, ce n’est arrivé à aucun des miens !
        Mais donc, dépister de mauvais penchants, c’est une idée qui n’est pas réaliste !

    2. Je me demande d’ailleurs si les lois sur le contrat d’emploi autorisent une analyse de ce type ! Je note que demander par exemple si on pratique une religion ou pour une dame si on est enceinte n’est pas autorisé !

      1. J’ai trouvé quelques indications sur le net; j’imagine que si on ne peut pas aborder la question de la santé, on ne peut pas non plus proposer un examen psychologique ou autre … « Derrière les questions liées à la condition physique du candidat se cache souvent le besoin du recruteur de se prémunir contre les arrêts maladie à répétition. Cela est bien évidemment illégal car discriminant. La seule possibilité pour l’employeur est d’attendre la visite médicale d’embauche qui montre si l’employé est apte ou non à exercer la fonction concernée (mais il ne pourra avoir accès à aucun autre détail, compte tenu du secret médical). »

          1. non, mais là en général on ne retrouve pas de déni ou de camouflage comme il a pu y en avoir dans l’église. L’ampleur est tout autre chez les prêtres.

          2. Je vais tout de même m’autoriser à être un peu provocateur quoique absolument sérieux. A partir du moment où le pape trouve légitime d’envoyer vers un psychiatre les enfants présentant des signes d’orientation homosexuelle (pourquoi pas les autres aussi, puisque homo ou hétéro sexualité sont deux comportements parfaitement normaux quoique différant par la fréquence?), ne serait-il pas normal de faire une évaluation psychologique des candidats à la prêtrise dans la mesure où une orientation vers un célibat définitif dénote à tout le moins une conception anormale (au sens étymologique) de la sexualité et risque donc de couvrir pour certains de graves perturbations voire de la perversion? Attention, j’admet parfaitement que pour certains, la prêtrise et ses contraintes ne soient nullement pathologiques ou déviantes.

  8. Ne considérant pas le pape comme un intouchable, comme quelqu’un qui serait au-dessus des lois, comme un demi-dieu enveloppé des pieds à la tête par l’Esprit Saint, j’attends du pontife actuel qu’il nous dise sans louvoyer qu’il ne savait absolument rien des agissements de Mgr Carrick depuis 2013. J’attends aussi que le Vatican nous prouve que ce qu’avance l’ancien nonce apostolique des Etats-Unis (personnage particulièrement bien placé pour connaître les évêques de ce pays) ne sont que balivernes, purs mensonges. Jusqu’à présent, je constate que la stratégie des fans de François ne consiste qu’à essayer de discréditer celui qui aurait menti non seulement au monde et à L’Eglise mais à Dieu lui-même; à ce Dieu dont il redoute le jugement. Non, il ne suffit pas de salir quelqu’un pour prouver que ce qu’il dit est faux. Quand un étudiant rend une thèse, trouverait-on normal que le jury juge l’étudiant et non la thèse? Non, je ne serai jamais de ceux qui accepteront de donner raison d’office au plus fort, au plus puissant, à celui qui occupe les plus hautes fonctions. Simple citoyen ou Président d’une république, sacristain ou Pape, personne ne peut être le jouet d’une justice à géométrie variable. Une chose est sûre: s’il s’avère (comme tout l’indique) que l’Eglise (et le Pape en particulier) est incapable de nier la véracité des déclarations circonstanciées de Mgr C.M Vigano, elle doit se poser la question de savoir si elle peut se payer le luxe de garder à sa tête quelqu’un qui a couvert un prédateur sexuel. Et sans doute devrait-elle aussi se poser la question de savoir pourquoi un certain cardinal Maradiaga (l’un des plus proches collaborateurs du Pape actuel), soupçonné à la fois de malversations financières et d’avoir protégé Mgr Pinada (lui aussi prédateur sexuel) est toujours en place.

    1. Jean Pierre Snyers Il me semble que se définir comme « fan » de François ou le contraire est un peu simpliste; depuis le début de son pontificat, ce Pape est critiqué pour son côté social; personnellement, c’est cela que j’attends de lui mais d’autres le jugent un peu trop « socialiste » et le fait qu’il ait ramené avec lui des musulmans est jugé « à charge ». Or, je pense que c’est exactement ce qu’aurait fait le Christ en pareille circonstance.

      Pour les affirmations des uns et des autres, je ne SAIS rien, pas plus que l’ensemble des catholiques !

      1. Aucun démenti du Vatican au sujet de ce qu’à écrit Mgr Vigano. Vous trouvez cela normal? Il serait pourtant simple de dire clairement et preuves à l’appui que le pape n’était PAS au courant depuis 5 ans de ce qu’a fait Mgr Carrick. Encore faut-il évidemment que ce soit le cas. Où est la transparence de l’Eglise dans tout ça? En attendant, cette stratégie du silence ne fait que mettre de l’eau au moulin de ceux qui la considère comme une mafia, comme une organisation qui pratique l’omerta… pratique dont les fruits se laissent deviner.

  9. Eh! oui, comme dit le Père de Beukelaer, le Pape est pris en tenaille.
    Et nous n’ avons perdu que trop de temps et d’ énergie à pinailler avec ces factions ultra tradi et ultra modernes. Les premiers voudraient que nous surveillions la communion des divorcés remariés, que le Pape ne lache pas un spontané  » Qui suis-je pour juger  » quand on lui parle d’ homosexualité, qu’il n’ accueille pas de musulmans au Vatican etc…
    Les seconds veulent nous faire signer des pétitions demandant à la fois le mariage des prêtres et la prêtrise des femmes, une liberté sexuelle tous azimuths comme dans le monde etc…
    Que de temps et d’énergie perdus pour un combat efficace de la pedophilie, une tolérance zero.

    1. Muriel, vous venez de reproduire exactement mon questionnement et mon malaise ! Je pense, par rapport à toutes les libertés revendiquées, qu’être chrétien est un choix et que « choisir, c’est renoncer ».

  10. A traduire, à lire :  » Ongeordende Liefde  » ( Wim Houtman in gesprek met Antoine Bodar).
    ( écrit en 2006, réédité à la demande de nombreux lecteurs. Le prêtre et écrivain, Antoine Bodar est ce qu’on appelle un  » ervaringsexpert » en matière d’homosexualité . » Ongeordende Liefde  » est un livre très touchant qui sonne juste.
    Par ailleurs, il me semble avoir compris beaucoup de choses sur l’ephebophilie en lisant ( il y a très longtemps)  » La Confusion des Sentiments  » de Stefan Zweig.

  11. Le Père Eric est appellé sur l’autre ligne, sur l’autre article :  » Vous allez tous disparaître  » ( voir le dernier commentaire : une dure réalité. On ne peut que prier …..

    1. Thierry Marique

      « le pape trouve légitime d’envoyer vers un psychiatre les enfants présentant des signes d’orientation homosexuelle » ! c’est là que le bât blesse : ce n’est absolument PAS ce que le Pape a dit !

      1. je vous suggère de regarder la vidéo (entre 1;30 et 0.58 où il a prononcé le mot psychiatrie). Si vous y voyez un diagnostic (!) ou une idée de traitement médical, alors, nous ne parlons plus la même langue !

        1. J’avais bien vu l’intégralité de la vidéo. Le pape se situe selon moi dans la frange progressiste d’une organisation extrêmement conservatrice, ce qui le place au final comme simplement conservateur. Je pense que cet homme intelligent et fin lettré n’emploie pas les mots à la légère et ne fait pas de sortie sur un sujet aussi sensible sans avoir préparé la chose au préalable. Il préconise très précisément de consulter un psychiatre en cas de questionnement sur l’identité sexuelle, en particulier homosexuelle. Qu’on le prenne n’importe comment, ceci est stigmatisant pour les homosexuels. On ne préconise par contre pas de le faire en cas de manifestation de tendances hétérosexuelles. De plus, le pape ne parle pas de simplement consulter un psychologue, mais bien un psychiatre, c’est à dire un médecin spécialiste des maladies mentales. Ma conviction est que le pape, pour bienveillant qu’il soit, reste en son chef persuadé que l’homosexualité est anormale et dommageable pour celui qui l’est. Mon point de vue personnel est par contre que l’homosexualité est non seulement normale mais positive de par la diversité et la richesse qu’elle apporte au comportement humain.

          1. Pourquoi se comparer? Parfois l’ aveugle ( le non voyant) développe d’autres sensibilités. Mais pas toujours. Chaque personne aveugle est une personne unique.
            La jeune fille anorexique peut connaître d’autres soifs, d’autres faims bien plus intéressantes que la nourriture ( et quoi de plus ennuyeux que de toujours devoir manger) mais son corps souffrira de ne pas avoir faim d’aliments. Son corps peut en mourrir.
             » Car celui qui est vraiment bon ne dit pas à celui qui est nu :  » Où sont tes vêtements? « .( in  » Le Prophète » de Khalil Gibran).
            Cependant , tous les monothéismes condamnent l’ acte homosexuel. Pour ces 3 religions, c’est un péché. Mais ce n ‘est sûrement pas le plus grave, ni le plus grand. Ni celui qui détruit le plus le prochain. Sauf exceptions. comme toujours.

          2. Et bien, je pense exactement le contraire; je pense que « consulter un psychiatre en cas de questionnement » est une réaction tout à fait appropriée (qui d’autre ?) et on peut voir un psychiatre en étant hétérosexuel pour un tas de raisons qui n’ont rien à voir avec la maladie mentale ! Le Pape n’a d’ailleurs PAS parlé de maladie !

            J’en resterai donc là car la sexualité (quelle qu’elle soit) me paraît n’être qu’UNE des composantes de la personne et j’estime qu’on lui donne une importance tout à fait surestimée ! Bien à vous !

        2. Thierry Marique « non, mais là en général on ne retrouve pas de déni ou de camouflage comme il a pu y en avoir dans l’église. » Je me demande bien comment on peut affirmer cela. L’enseignement en général n’est pas mis sous la loupe comme l’est l’Eglise et les cas qui ont été portés à la connaissance du public sont considérés comme des faits individuels et non pas comme relevant de la profession. En clair, mon avis personnel est que la pédophilie est très largement répandue dans la société. Je reviens à ma remarque sur les faits « au sein des familles » qui sont, et de loin, les plus nombreux mais toujours cachés par les malheureuses victimes elles-mêmes pour des raisons évidentes … Je ne suis pas sociologue mais ces faits atroces ne sont-ils pas largement causés par le manque de morale généralisé dans la société d’aujourdhui ?

          1. Oui , Marie- Madeleine,  » la pédophilie est très largement répandue dans la société « .Les instances de protection de la jeunesse, les familles d’accueil, les institutions pour jeunes, le savent et, en effet, pour protéger l’enfant, très peu de personnes sont mises au courant ( comme famille d’ accueil nous apprenions les faits par hasard ou longtemps après).
            Et oui, notre société est sursexualisée. N’ayons pas peur d’être ringard en le disant.
            Mais celà n’excuse en rien les crimes de pedophilie dans l’ Eglise , évidemment.
            C’est un autre combat.

          2. Quel manque de morale? Notre societe n’est pas plus ou moins morale ou amorale qu’auparavant. La pédophilie est unanimement condamnée. Èlle existe de fait hélas tant de la part d’enseignants et dans les familles. Mais seule l’église a jusqu’à récemment systematiquement nie le,problème en son sein et protégé ses membres tout en prétendant être l’autorité morale de référence.

          3. A Thierry Marique,
            N’ayant connu moi même que des écoles laïques je crois pouvoir dire qu ‘ à l’ époque, les professeurs,les éducateurs d’internat fautifs étaient simplement mutés. Mais je n’ai aucune donnée objective et les internats du réseau officiel étaient minoritaires.

          4. chère Marie-Madeleine,
            Je pense qu’ à part maintenir le dialogue avec tous et prier , nous ne pouvons pas grand’ chose. Pedo pornographie sur internet, tourisme sexuel …. les prédateurs sont malins.
            Autrefois les gens lisaient Montherlant et André Gide sans état d’âme ….. mais pas tous comme dirait Godelieve Istas ci dessus. ( nous, les filles, étions horrifiées mais littéralement  » sans parole « ).

    1. C’était une question-piège. Quelle qu’eût été la réponse, le Pape aurait eu tort.
      Moi- même, après avoir envoyé les quelques lignes ci dessus, j’ai ressenti comme une gêne.
      Et puis il y a toutes ces choses incompréhensibles- parfaitement incompréhensibles- pour notre génération qui ne parlait pas de sexualité en public : le mot  » gay pride « , (  » fierté homo » ) par ex. Pourquoi et comment peut on être fier d’une pratique sexuelle ? Nous n’ étions même pas fiers d’ un bon résultat scolaire de peur de faire des jaloux….
      Et , en effet, quand on ne comprend pas quelque chose, il vaut mieux aller chez le psi.
      En cas de dépression, d’envie de mourir ,par ex. ( et beaucoup de dépressions ne sont pas des maladies psychiâtriques en ce sens qu’une dépression et même certaines psychoses ne reviennent jamais. Les étiquettes psychiâtriques, la liste de l’ OMS sont surtout utiles pour les congés-maladie ). Mais là aussi,la Foi donnera de toutes autres réponses que la psychiâtrie ( je parle de ce que j’ ai vécu moi même).
      Je pense aussi que beaucoup d’ enfants latinos n’osent pas parler homosexualité avec leurs parents. D’où le recours au psi.
      En face de journalistes avides de scoop il ne faut surtout pas penser tout haut.

      1. Pardonnez moi l’ accent circonflexe sur le a de psychiatre et de psychiatrie Mon pauvre prof de grec doit se retourner dans sa tombe.

    1. Jean-Pierre Snyers On peut s’échanger des articles de presse autant que l’on veut, je ne suis pas sûre que cela élève le débat et encore moins nos coeurs !

  12. Chère Muriel, rien en effet n’excuse la pédophilie ni la pédopornographie.

    Est-ce que nous vivons encore dans un monde civilisé et un minimum instruit ou bien dans un monde où les pulsions sexuelles nous dirigeraient ? Je sais que je vais tenir un discours rétrograde mais comment espérer créer une génération saine si des adultes donnent ces exemples de « jouissances à tout va et à tout prix » ?

    Je déteste aborder ces sujets et utiliser ce genre de termes mais je crois que donner des principes et un exemple de vie est quelque chose d’essentiel. Il y aura toujours des cas malheureux mais il devrait y en avoir de moins en moins !

    Et comme vous dites, prier et armer nos coeurs contre ces dérives…

  13. Dans l’immédiat : tolérance zero dans l ‘Eglise.

    A long terme et pour finir en souriant : mettez dans votre moteur de recherche : princesse de clèves polémique Sarkozy .
    En souriant, à cause de la polémique , mais le sujet est grave.
    Et beaucoup de jeunes ( plus qu’on ne pense) savent que le sujet de l’adultère est grave. Au moment de la polémique, des professeurs en ont témoigné.

  14. Chère Muriel, j’ai trouvé une citation – que vous connaissez peut-être déjà – et qui me semble aller
    dans le sens de votre commentaire daté 4 septembre :

    « Si le scandale vient de la vérité, il faut supporter le scandale plutôt qu’abandonner la vérité »
    Saint Grégoire le Grand

    J’aime cette phrase  » ouvrière de la dernière heure, fille prodigue, bonne laronne, en un mot : pècheresse ( pardonnée) et j’ajouterais « comme nous tous » !

    à bientôt,

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