« La confiance du Semeur » – 15° dimanche, Année A

 «Voici que le semeur est sorti pour semer…». (Matthieu 13, 1-23)

Nous connaissons tous l’explication de la parabole du semeur, telle qu’elle se trouve en l’évangile selon saint Matthieu. Elle est juste et judicieuse, mais sans doute ne date-t-elle pas de Jésus, mais bien de l’époque de la rédaction de l’évangile – quelque quarante années plus tard. Il s’agissait alors d’encourager la jeune Eglise, faisant face aux premières persécutions : « Soyez comme une bonne terre ! Ne vous découragez pas et ne laissez pas les soucis du monde, vous détourner de l’Evangile. » Voilà un message d’encouragement, qui invite à être une « bonne terre, qui accueille la semence ».

Quand Jésus raconte la parabole, le contexte est cependant différent. Il est suivi par des jeunes disciples, qui croient qu’Il est le Messie et comprennent d’autant moins que « rien ne bouge ». Ils le harcèlent donc de questions : « Quand vas-tu prendre le pouvoir ? Chasser les Romains ?  Rétablir un culte juste et la place du royaume d’Israël face aux nations ? » Face à tant d’impatience, Jésus répond : « Mon Père – lui – ne raisonne pas comme vous : Il sème Sa parole à tous vents. Pour les bons comme pour les méchants. Il sait qu’une partie de la semence ne germera pas. Mais Il garde confiance. Celle qui tombera en terre et portera du fruit, rapportera au centuple. » Ici, l’accent de la parabole est mis sur la confiance – un message qui murmure à notre âme : Tel le Père, soyons des semeurs d’amour et d’Evangile à tous vents – auprès des bons, comme des méchants.

13 pensées sur “« La confiance du Semeur » – 15° dimanche, Année A”

  1. le semeur est sorti pour semer…Paxomin pourriez-vous nous expliquer d’où vient ce que vous avez écrit sur le Rwanda, sur nos missionnaires en Afrique ?
    Nous, en famille avons vécu au Maniéma (dans l’ex-Zaïre) après l’indépendance. Ce que nous avons vécu, les témoignages des anciens, les relations avec les Africains, l’histoire de la mine où nous étions , ne correspondent pas à votre description.Le Rwanda était proche….le pays des collines, le pays de milles collines…

    1. Je comprends votre question, Godelieve . Moi-même étant convertie à Bruxelles à l’ âge adulte,j’ ai rencontré plus de proselytisme, moins de désintéressement chez les protestants, les évangéliques que chez les cathos . Mais bon, je ne vais pas faire de statistiques à partir de mon seul moi même. ;-)

      1. Par ailleurs nous aurons toujours un devoir de mémoire, un difficile retour sur nous même, une exigence d’humilité envers le terrible génocide du Ruanda. L’etude objective des causes nous incombe.

    2. Bonjour Mme Istas, désolé d’avoir tardé à répondre, mais je suis mal à l’aise pour discuter de cela.
      Il me semble qu’au Rwanda, les missionnaires ont, volontairement contribué à détruire les structures sociales en abolissant une hiérarchie qui existait entre les Tutsis qu’on pourait assimiler à l’aristocratie, et les Hutus, avec la bénédiction des les autorités politiques que cela arrangeait pour leurs propre domination (de même que la domination politique arrangeait les missionnaire pour leurs fins de conversions).
      Cela a mené à finalement mené, à une sorte de révolution de 1789 violente comme en France, aggravée de facteurs ethniques.
      Cela ne veut pas dire que pendant les faits eux-même, l’église était du côté de la violence, pas du tout.

  2. Si cette parabole là ne date peut-être pas de Jésus, il est tout de même curieux (voire piquant) de voir que le texte de l’évangile met en scène des disciples qui questionnent Jésus sur la raison pour laquelle Il parle en paraboles. Saint Mathieu aurait donc mis une parabole « classique » (voir Isaïe du même jour) dans la bouche de Jésus pour ensuite questionner la manière dont Il s’exprime.

    1. Ce n’est, ni curieux, ni piquant. Les Evangiles ne sont pas des biographies ou des récits journalistiques. Ce sont des écrits théologiques, où abondent les mises en scène. Cela n’en fait pas moins des récits inspirés par l’Esprit. Sinon, comment comprendre qu’un « sermon sur la montagne », soit un « sermon dans la vallée » dans un autre récit? Ou que la date de la mort du Christ, par rapport à la fête juive de Pâque, varie selon les versions? Enfin, il est probable que l’Evangile selon saint Matthieu ne soit pas le récit d’un seul auteur, mais bien d’une communauté se réclamant de la paternité d’un apôtre (ayant sans doute vécu en son sein et ayant inspiré la rédaction). Ceci, contrairement à saint Luc, qui serait bien un auteur unique…

      1. J’aime beaucoup quand, en faisant un peu d’éxégèse, on n’oublie pas de nommer l’inspiration de l’ Esprit . C’est une sorte de politesse du coeur.

      1. théologiques et tellement humains : je m’y reconnais si bien, et mes frères et soeurs aussi
        nous multiplions les préoccupations, les projets, la terre ensemencée sent bon, l’avoine , le blé grandissent, les ronces restent dans les sous-bois ou au bord des chemins, est-ce une image : le royaume semble s’être élargi et nos enfants n’imaginent plus que nous pourrions connaître la famine….à moins qu’ il ne s’agisse que d’une apparence de confiance…

  3. « Ne laissez pas les soucis du monde vous détourner de l’Evangile… » Jésus ne s’est jamais comporté comme un homme politique. Son but n’était pas de changer les structures et ceux qui croyaient qu’Il le ferait en ont été pour leurs frais. « Cherchez d’abord le Royaume des cieux »; un Royaume éternel qui n’est pas de ce monde et que l’homme n’est nullement appelé à construire mais à recevoir, à chercher sans relâche. Contrairement aux idéologies horizontales (telles l’humanisme ou le communisme), ce qu’à mon sens propose Jésus est de découvrir toujours plus une « autre dimension », une transcendance qui donne un véritable sens à un monde matériel qui n’en n’a aucun par lui-même.

  4. ce monde matériel : et s’il avait un sens, celui de mettre l’espèce « Sapiens »à l’épreuve…. plus que toute autre espèce nous avons reçu du pouvoir, croyants ou non, ; seigneurs et/ou esclaves et/ ou domestiques et/ou hommes et femmes plus ou moins libres, individus ou clans

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