Spiritualité citoyenne – suite et pas fin (II)

C’est une réelle aubaine d’être invité sur un plateau de JT pour parler de sa dernière publication. C’est ce qui m’est arrivé aujourd’hui pour « Credo politique », lors du JT de la RTBF de 13h. Cela tombait bien : le livre sort ce 22 juin en librairie et c’est la saint Thomas More, patron des politiciens.

L’interview fut cordial, mais je n’ai pas échappé à la petite pointe d’usage : un prêtre peut-il se « mêler » de politique ? N’est-ce pas violer la séparation entre l’Eglise et l’Etat ? J’ai répondu que mon livre ne donnait pas de recettes au formateur royal et encore moins des consignes de votes. Il se voulait une réflexion sur les principes fondateurs du fait politique – un fait qui nous concerne tous, en tant que citoyens.

Qu’il me soit permis de lancer à mon tour une sympathique pointe : Quand un prêtre parle de morale familiale (et sexuelle !) on lui dit qu’il se mêle de ce qu’il ne connaît pas, lui le vieux célibataire. Quand il traite de morale sociale et politique, on lui reproche de violer la séparation entre l’Eglise et l’Etat. Quand il annonce l’Evangile ou la tradition de l’Eglise, on lui rétorque que son message est déconnecté de la vie concrète. Bref, mis à part annoncer l’horaire des Messes, il aurait juste le droit de se taire. Curieux, tout de même : quand mes amis du Centre d’Action Laïque prennent position sur tous ces sujets, un reproche identique ne leur est jamais fait… :-)

De par l’incarnation, rien de ce qui fait partie de l’humain n’est étranger à l’Eglise. Sans se vouloir aucunement infaillible, mon livre « Credo politique » pose un regard situé – celui du prêtre que je suis – sur la dimension politique de l’existence en ce début de 3° millénaire. Le fait que les médias semblent s’y intéresser, est pour le moins le signe que l’entreprise ne laisse pas indifférent. Quant au contenu, pour en juger, je ne puis que suggérer ce que la voix intérieure murmurait à saint Augustin : « Tolle, legge » (« Prends et lis »).

3 réflexions sur « Spiritualité citoyenne – suite et pas fin (II) »

  1. Je vous ai croisé il y a quelques mois à Bruxelles au cours de la marche pour la vie (je ne manquerai d’ailleurs pas de vous y saluer la prochaine fois, si nous y sommes tous les deux!). Malheureusement, j’ai l’impression que, lors de telles interviews dans les médias, vous craignez d’aborder la notion primordiale de « principes non négociables », qui devraient guider le choix politique de chaque électeur, particulièrement de celui qui se dit « catholique »:

    – Protection de la vie, de la conception à la mort naturelle
    – Protection de la famille traditionnelle, l’union entre un homme et une femme fondée sur le mariage
    – Liberté des parents pour l’éducation religieuse de leurs enfants

    C’est pourtant la base du discours du Pape Benoît XVI dans le domaine, et il ne s’est d’ailleurs pas privé de le rappeler encore lors de son dernier voyage en Espagne (avril 2011).

    Si c’est pour entendre les propos lénifiants habituels sur les « bienfaits » de la multiculturalité et de « tolérance », il n’est peut-être pas nécessaire pour la RTBF de prendre la peine d’inviter un prêtre sur son plateau…

    1. Cher Michel,
      Merci pour ce commentaire. Je ne pense être du genre lénifiant ou apôtre de la « tolérance » gnangna. Dans la société dans laquelle nous vivons, les principes « non-négociables » que vous invoquez à juste titre, sont ceux que nous peinons déjà à faire accepter par nos frères en baptême. Je le regrette, mais c’est le monde dans lequel nous vivons. Par contre- permettez-moi cette franchise – je suis irrité d’entendre des frères baptisés vous traiter de « tiède » et vous faire charitablement la leçon quand vous rappelez cet autre principe évangélique: l’accueil de l’étranger. Je vous conseille de lire mon écrit et – si vous avez le temps – de relire le début de la « lettre aux anglais » de Bernanos (écrite en ’40). Bien fraternellement.

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