L’enfant du divorce

« Terrible drame, hier, en Brabant Flamand. Un adolescent de 12 ans a mis fin à ses jours parce qu’il ne supportait pas le divorce de ses parents». Soyons clairs : le divorce de ces parents n’est pas « la cause » de pareille terrible nouvelle. Le suicide des préadolescents est, hélas, une fréquente cause de mortalité. Ceci étant dit, pareil drame domestique rappelle que le coût social d’un divorce n’est pas à négliger, de par la souffrance qu’il engendre chez de nombreux jeunes enfants ou adolescents. Evidemment, ce n’est pas en criminalisant le divorce ou en culpabilisant les parents que l’ont va améliorer les choses. Par contre, je plaide pour une nouvelle « écologie du mariage » qui promeuve son « développement durable ». Comment ? En faisant à nouveau une paisible promotion du mariage durable et en offrant un coaching adéquat aux jeunes couples qui – à la suite de Kate et William – s’engagent dans l’aventure. Et que, si divorce il y a, celui-ci soit accompagné – surtout en vue du bien des jeunes enfants. Sans culpabiliser, bien entendu. (Qui sait ? Si je n’étais pas prêtre, je serais peut-être aussi divorcé aujourd’hui…) Mais il est tout de même curieux que notre société banalise parfois davantage le naufrage d’un couple que la faillite d’une entreprise. Il y a là quelque chose à rééquilibrer. Je faisais hier un appel aux intellectuels catholiques. Je fus comme exaucé par le bel article du professeur Rudolf Rezsohazy, paru en ce jour dans La Libre (p.55) : « (…) La société a impérieusement besoin de la solidité de sa cellule de base, la famille. (…) Nous sommes dans un domaine où les changements sont lents et à peine perceptibles, car il s’agit de la modification des mœurs et cela ne se commande pas. Cela ne signifie pas que l’action par la politique familiale, la fiscalité, la création d’une infrastructure pour la petite enfance et d’autres services qui appuient les familles, une atmosphère plus positive dans les médias, ainsi de suite – ne soit point nécessaire. Il me semble que ceux qui qualifient ces exigences d’“ultraconservatrices” ou “ringardes” méconnaissent dramatiquement les intérêts vitaux de la société ».

3 réflexions sur « L’enfant du divorce »

  1. Merci mon père pour ce commentaire encore une fois très bien écrit. Je ne me lasse pas de vous lire depuis que j’ai découvert – par hasard – votre blog.
    J’aimerais rajouter deux pensées personnelles toutefois. Aujourd’hui, le mariage n’est plus une obligation sociétale, mais un choix personnel des jeunes couples. Et bcp de ceux-ci passent d’abord par une union libre et/ou une cohabitation légale avant d’envisager un mariage. Mais ils se retrouvent dès lors excommuniés de fait. Et ce même sort funeste est réservé aux couples divorcés souhaitant tourner la page d’un échec par une nouvelle union pleine d’amour.
    Ne croyez-vous pas qu’une attitude moins accusatrice de notre Église favoriserait ce coaching en n’excluant plus les jeunes couples, et éviterait cette culpabilité en n’excluant plus les divorcés?
    Je vous remercie d’avance pour vos réponses.
    Cerehal

    1. Votre question est bonne, mais le fait de déconseiller à quelqu’un de communier n’est pas équivalent à une excommunication. Jean-Paul II rappelait aux divorcés-remariés qu’ils faisaient partie de l’Eglise et se devaient de pratiquer leur foi. Ceci étant dit, il y a matière à réflexion.

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